AGENT ORANGE VIETNAM : 10 août 2007, 46ème anniversaire du premier épandage de défoliant

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La mangrove après l’ouragan chimique

L’Histoire de la guerre perpétuelle étasunienne éteint le soleil d’août,  particulièrement en Asie.  

C’est le 10 août 1961, par un petit matin calme, que le premier épandage de défoliant a lieu dans la province de Kontum, au centre du Viêt Nam.  À midi, au plus fort de la chaleur, l’effet maximum est atteint et les grands arbres séculaires fondent comme du goudron.  

Puis c’est le long de la rivière Saï Gon ainsi qu’autour de la ville du même nom, puis Binh Thuan et Bien Hoa. Vung Tau et la pointe de Ca Mau suivent. Les défoliants utilisés alors sont les Agents Pourpre et Bleu, ainsi que les Agents Vert et Rose en moindre quantité.  

Les Agents Blanc et Orange arrivent en 1965. Le plus nocif de tous, l’Agent Orange, représente 62% de la masse totale pulvérisée. La composition exacte de l’Agent Orange est un mélange (1/1) d’esters n-butyl d’acide 2,4-D dichlorophénoxyacétique et d’acide 2,4,5-T trichlorophénoxyacétique contaminé par la 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-para-dioxine (TCDD) à des degrés divers. 

Les 3/4 des 84 000 000 de litres de défoliant sont pulvérisés en 1967, 1968 et 1969.  

C’est l’ouragan chimique :Vallée d’A Luoi, piste Ho Chi Minh du Nord au Sud en débordant largement au-delà des frontières du Laos et du Cambodge, forêts tropicales de l’intérieur, forêts primitives des Hauts-Plateaux, forêts semi-inondées du Delta du Mékong, forêts de mangroves du littoral, rizières et cultures en général… tout y passe.

  

 Une mère lave son enfant victime de l’Agent Orange

Dans la version officielle, la guerre chimique au Viêt Nam dure de 1961 à 1971. En réalité, la terre vietnamienne boit le calice jusqu’à la lie, car l’aviation sudiste, supervisée par l’Armée américaine, finit les stocks et continue les épandages jusqu’en 1975.

Aujourd’hui, un procès se déroule à New York. Le 31 janvier 2004, des victimes vietnamiennes de l’Agent Orange ont porté plainte contre les fabricants du poison, en leur nom propre bien sûr mais aussi au nom des millions de victimes. La plainte de ces victimes est déboutée en Première instance le 10 mars 2005. Les victimes vietnamiennes font appel. La Cour d’appel reporte à trois reprises sa décision. Mais la plaidoirie a enfin eu lieu le 18 juin 2007. Depuis cette date, la Cour d’appel de New York a 6 mois pour se prononcer en faveur ou contre la recevabilité de la plainte vietnamienne.  

Dix août, journée des victimes de l’Agent Orange, soyons solidaires de ces victimes innocentes, la plupart d’entre elles sont nées longtemps après l’acte du crime. Relayons l’information, envoyez par e-mail cet article à vos ami(e)s parce que l’Agent Orange déversé sur le Viêt Nam reste une catastrophe du présent éclipsée par les médias : « Selon un recensement provisoire, le Vietnam compte actuellement entre 2 et 3 millions de victimes de l’agent orange dont 10% d’enfants. » (source VAVA) Il paraît impossible de chiffrer exactement les victimes du passé, celles du présent et, bien sûr, encore moins celles à venir. En effet, si bon nombre de pathologies sont reconnues comme liées à l’Agent Orange, nombreuses sont celles que la « science » tarde à lui attribuer alors qu’elles représentent un pourcentage démesuré parmi les gens exposés à ce défoliant comparativement aux autres populations.

 

 Enfant victime qui regarde la télévision à l’hôpital

Amie lectrice et ami lecteur, pendant que tu lisais cet article, au Viêt Nam, plus de quarante ans après l’épandage de l’Agent Orange, un enfant est né sans cerveau, ou bien avec deux têtes, sans bras ni jambe, ou encore sans yeux, peut-être avec les parties génitales au milieu du visage : dans tous les cas en enfer.

Si vous souhaitez aider l’Association des victimes de l’Agent Orange/Dioxine du Vietnam(VAVA) – B 17 Kim Liên Dông Da – Hanoi – VN

 

Compte bancaire d’Hanoi (Nord) : 001.1000.863681 Vietcombank 24596.630.0

 

Compte bancaire d’Ho Chi Minh-Ville (Sud) : 007.1001.691244  Vietcombank

André Bouny, père d’enfants vietnamiens, président du « Comité International de Soutien aux victimes vietnamiennes de l’Agent Orange et au procès de New York » (CIS).

Articles Par : André Bouny

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