Brésil: Les mouvements sociaux dérangent l’entreprise VALE
Quand on parle de luttes sociales, on pense souvent d’abord aux mobilisations de mouvements sociaux, de syndicats ou d’organisations autour de revendications. Mais dans la lutte, par définition, il y a au moins deux acteurs, deux côtés. Dans ce dossier, constitué de deux textes sur le Brésil, nous vous proposons d’explorer l’autre côté de la lutte et les moyens de résistance mobilisés. Les deux articles sont issus du numéro 193 de la revue de la Commission pastorale de la terre (CPT) brésilienne, Pastoral da Terra (juillet-septembre 2008). Le premier, publié ci-dessous, a été rédigé par Antônio Canuto, qui fait partie du Secteur de la communication au Secrétariat national de la CPT. Il évoque l’arme que constituent les sondages pour imposer une problématique et des représentations [second texte, Jacques Távora Alfonsin, est avocat du MST. Procureur à la retraite de l’État du Rio Grande do Sul, il est aussi coordonnateur de l’ONG Acesso, Cidadania e Direitos Humanos (Accès, citoyenneté et droits humains). Il revient sur une autre arme de la lutte : l’instrumentalisation du pouvoir judiciaire.
Le 15 juin, le journal O Globo a rendu public les résultats d’une enquête réalisée par IBOPE [3] avait comme objectif de dessiner la représentation que se fait la population brésilienne des mouvements sociaux existant à l’échelle nationale, de leurs projets, leurs intérêts, leurs formes d’actions ainsi que des conséquences pour le pays.
L’enquête a été réalisée entre le 26 avril et le 6 mai. 2 100 personnes âgées de plus de 16 ans ont été interrogées : 1 204 personnes dans neuf villes et leurs banlieues (São Paulo, Rio, Belo Horizonte, Curitiba, Porto Alegre, le District fédéral [Via Campesina, le Mouvement des personnes atteintes par les barrages (MAB), le Mouvement des quilombolas [1] Voir aussi : Bourdieu, Pierre. « L’opinion publique n’existe pas ». Dans Questions de sociologie, p. 222-235. Paris, Minuit, 1984.
[2] L’Institut brésilien de l’opinion publique et des statistiques (IBOPE) est un institut de sondage.
[3] Entreprise minière brésilienne.
[4] Le District fédéral a un statut spécial contrairement aux autres États fédérés. Sa capitale est Brasilia.
[5] Les quilombolas sont à l’origine les esclaves fugitifs réfugiés dans de petites communautés, les quilombos. Cela désigne désormais les habitants de ces villages, descendants des premiers quilombolas.
Article original en portugais, Pastoral da Terra, n° 193, juillet-septembre 2008.
Dial – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 3030.
Traduction de Sandra Gassin pour Dial.


