Catastrophe nucléaire au Japon : Point sur la situation

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À un moment où la crise nucléaire au Japon prend de plus en plus la forme d’une catastrophe de grande ampleur que nous avons tant de fois redoutée, nos pensées vont d’abord vers les victimes de ce drame et vers les travailleurs des centrales accidentées qui s’efforcent au péril de leur vie de limiter les conséquences de la catastrophe. Nous souhaitons aussi exprimer notre solidarité avec nos amis des organisations écologistes et antinucléaires japonaises qui dénoncent depuis de longues années les risques insensés du programme nucléaire de leur pays et s’efforcent de poursuivre leur travail d’alerte dans des conditions extrêmement difficiles.

Catastrophe nucléaire au Japon :
3 réacteurs nucléaires et 4 piscines de combustible usé sans systèmes de refroidissement depuis 22 jours.

Le séisme, puis le tsunami qui ont frappé le Japon le 11 mars 2011 ont entraîné la défaillance de plusieurs des réacteurs nucléaires de deux centrales situées dans la région de Fukushima, à environ 250 km au nord de Tokyo. La situation au 2 avril:

Fukushima

Le 2 avril Tepco, l’opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, a annoncé la découverte d’une fissure sur une structure en béton du réacteur n°2 et indique que de l’eau radioactive s’écoule en mer. Selon lui la radioactivité mesurée à cet endroit est de 1.000 milliSieverts par heure. [Source]

Le 30 mars, la CRIIRAD a lancé un appel aux autorités japonaises pour que la population soit évacuée bien au-delà des 20 km d’exclusion. Le laboratoire a également encouragé le gouvernement japonais à fournir des denrées non-contaminées aux populations les plus exposées et a engagé la communauté internationale a apporter toute l’aide logistique et financière possible. [Source]

Dans le courant de la nuit du 31 mars, le gouvernement japonais a refusé d’élargir cette zone d’évacuation, malgré le “conseil” donné par les autorités japonaises au habitants du périmètre situé entre 20 et 30 km autour de la centrale, de partir”. [Source]

Le 31 mars, le taux d’iode 131 relevé à 300 m au large de la centrale de Fukushima était de 4 385 la norme admise. Une contamination en augmentation dramatique puisqu’elle atteignait 3 355 fois la norme mercredi 29 mars.[Source]

Le 31 mars, l’AIEA a indiqué avoir relevé un niveau de contamination des sols à l’iode 131 et au césium double au seuil d’évacuation, à 40 km de la centrale de Fukushima. [Source]

Le 31 mars, le gouvernement américain a décidé l’envoi au Japon de 140 spécialistes militaires NRBC (Nucléaire, Radiologique, Biologique, Chimique). Avant de rejoindre Fukushima, ils devraient d’abord échanger des informations et faire le point sur la situation avec l’armée japonaise. L’assistance apportée par les États-Unis au Japon concerne notamment la fourniture d’acide borique et le déploiement, au large de la centrale, de barges permettant l’approvisionnement en eau douce des pompes de refroidissement. [Source]

D’après les autorités japonaises, 500 à 600 personnes œuvrant à la stabilisation des réacteurs seraient présent 24/24h sur le site de la centrale de Fukushima dans des conditions sanitaires exécrables. D’après la mère de l’un de ces travailleurs, les ingénieurs et ouvriers qui interviennent sur les installations nucléaires sont conscients que leur surexposition aux radiations les condamne à une mort certaine dans les semaines à venir. [Source]

D’après la presse japonaise, les travailleurs engagés sur le site de la centrale de Fukushima ne seraient pas tous équipés de compteurs de radiation, ce qui rendrait impossible pour certains de déterminer leur exposition exacte à la radioactivité. Tepco a reconnu l’insuffisance des matériels mais a affirmé que les personnels non-équipés étaient ceux les moins exposés. [Source]

La catastrophe nucléaire dans le monde

Le 1er avril, des traces de radioactivités ont été relevées à Moscou, en Russie. Alors qu’elles sont composées d’iode-131, de césium-134, de césium-137 et de tellurium-132, les autorités sanitaires russes ont indiqué que cette radioactivité “ne posent pas de problèmes de santé publique”. [Source]

Le 17 mars, le gouverneur de New York a réclamé la fermeture de la centrale d’Indian Point, située à moins de 40 km de la mégapole américaine, après qu’un rapport de la Commission fédérale de régulation nucléaire ait souligné le risque sismique auquel cette centrale est exposée. [Source]

Le 30 mars, à l’occasion de la présentation du rapport annuel sur la sûreté nucléaire, André-Claude Lacoste, directeur de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), a reconnu devant le Parlement que « personne ne peut garantir qu’il n’y aura jamais d’accident nucléaire en France ». Il a par ailleurs indiqué ne pas exclure un moratoire sur le chantier de l’EPR de Flamanville, jugé « très compromis ». Un responsable régional de l’ASN a par ailleurs fait part de ses doutes sur la réalisation de l’EPR de Penly (Seine-Maritime), qui n’a pas encore été décidée. [Source]

Le 31 mars, une contamination radioactive à l’iode 131 a été détecté dans du lait produit en Californie et dans l’Etat de Washington. Selon la Food and Drug Administration, l’autorité sanitaire américaine,les quantités décelées ne représentaient pas de danger pour la santé. [Source]

Le 1er avril, des représentants de plusieurs cantons suisses ont rencontré à Bâle Philippe Richert, le président du Conseil régional d’Alsace, afin de réclamer officiellement la fermeture de la centrale de Fessenheim. Le 21 mars, le préfet de Fribourg avait déjà reproché devant la Commission Locale d’Information et de Surveillance (CLIS) de Fessenheim, la non-prise en compte de la combinaison du risque sismique et de la rupture de la digue du Canal d’Alsace qui surplombe la centrale. Par ailleurs, des députés verts du Parlement du Bade-Wurtemberg, en Allemagne, ont demandé au commissaire européen à l’énergie, Günther Oettinger, d’obtenir auprès des autorités françaises l’arrêt immédiat de Fessenheim. La semaine dernière, le Conseil régional de Franche-Comté avait déjà adopté une motion en ce sens. [Source]

200 à 300 sans-abris japonais auraient trouvé refuge dans la centrale d’Onagawa (3 réacteurs à eau bouillante), à 120 km au nord de Tokyo, seul bâtiment encore debout après le passage du tsunami. Un incendie s’était déclenché dans cette centrale après le raz-de-marée. Aujourd’hui à l’arrêt, l’exploitant assure que les réacteurs sont sous contrôle. [Source]

L’économie de l’industrie nucléaire

Le 31 mars, au cours de sa visite au Japon, Nicolas Sarkozy a indiqué qu’il organiserait en mai prochain une réunion du G20 pour discuter de la sûreté nucléaire. Il a également plaidé en faveur de normes de sûreté internationales. Une réglementation qui devrait favoriser commercialement l’EPR, dont les promoteurs prétendent que son prix élevé se justifierait par une sûreté accrue. [Source]

D’après les autorités ukrainiennes, il manquerait quelques 600 M€ aux 1,5 Md€ nécessaires à la construction d’un nouveau sarcophage pour la centrale de Tchernobyl. Cette somme devra abonder un fond géré par la Banque Européenne de Reconstruction et de développement (BERD), et financera un chantier remporté en 2007 par un consortium composé de Bouygues et Vinci. [Source]

Sources : Foxnews, Le Figaro, CRIIRAD, NHK world, Libération, Daily Mail, Le Point, New York Daily News, Kyodo News.

Articles Par : Global Research

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