Déclin et chute de l’empire américain

Déclin et chute de l’empire américain

Le gouvernement des Etas-Unis et ses médias prostitués ont gaspillé du temps et de l’énergie en créant une hystérie à propos d’une “crise du plafond de la dette” non-existante. Après avoir lu la “nouvelle” au ministère de la propagande et avoir été témoin de la stupidité du gouvernement américain, le reste du monde est effaré par l’immaturité “de la seule super-puissance mondiale”.

Quelle est cette superpuissance, se demande le monde, qui est capable d’aller jusqu’à la 11ème  heure pour convaincre le monde, qui détient ses réserves bancaires et sa dette du trésor, que le gouvernement américain va faire défaut sur sa dette ?

Chaque nation du monde se préoccuppe maintenant de savoir si le jugement et la sanité du pays qui détient le plus gros arsenal nucléaire au monde, sont toujours opérationnels. Ceci est le résultat de l’action des républicains, qui ont pris une augmentation routinière du plafond de la dette, un évènement qui s’est déjà produit plusieurs fois au cours de ma vie, et en ont fait une crise menaçant le système financier mondial.

Soyons clairs; il n’y a jamais eu aucun risque de défaut sur la dette des Etats-Unis alors que le président Obama possède le pouvoir établi par George W. Bush sous la forme de la directive présidentielle 51 de déclarer la faillite de l’état américain comme une mesure d’urgence nationale et de mettre entre parenthèse le plafond de la dette et le pouvoir du congrès sur le porte-feuille de la nation et de continuer à créer toute la dette nécessaire pour financer les dettes du gouvernement américain et ses guerres.

Que la presse américaine ait pris pour argent comptant cette “crise” hyper-gonflée ne démontre que plus avant son statut de prostituée.

La dette publique des Etats-Unis augmente trop rapidement par rapport à son PIB, bien qu’elle soit toujours sous les pourcentages atteints lors de la seconde guerre mondiale. Le problème qui est ignoré par les idiots de Washington et la presse prostituée est que la dette augmente en relation à l’économie parce que l’économie n’augmente pas, mais les dépenses de guerres elles, augmentent.

Pourquoi l’économie ne se développe t’elle pas ?

Simplement parce qu’elle a été délocalisée. Ce qui était auparavant du PIB américain produit à Gary, Indiana; St Louis, Detroit, Silicon Valley et bien d’autres endroits aux Etats-Unis, est maintenant du PIB pour la Chine, l’Inde, l’Indonésie et d’autres pays où la main d’œuvre ouvrière et les professionnels des services peuvent être payés bien en dessous des salaires états-uniens.

Que se passe t’il avec la délocalisation ? La réponse est claire. Le PIB américain, le revenu du consommateur, les opportunités de carrière et la base fiscale quittent le pays. Les profits et bénéfices des entreprises augmentent à cause des moindres coûts du travail.

Tout cela pour quoi ?

La réponse est que cela n’est bon que pour Wall Street, les actionnaires d’entreprises et le management des corporations. Leurs revenus grimpent et le PIB diminue ainsi que les opportunitès d’emploi pour les Américains et la base fiscale pour le gouvernement.

L’autre destructeur de la perspective économique américaine a été la dérégulation du secteur financier. Les économistes ont théorisé que les marchés s’auto-régulaient d’eux-mêmes et ont créé l’illusion que la rapacité n’était jamais un problème. Ceci fut une douce musique aux oreilles de Wall Street. Le président de la réserve fédérale Alan Greenspan et la trésorerie états-unienne, propriété de Wall Street, sautèrent dans le train en marche. Ceux qui, comme Brooksley Born, reçurent le pouvoir légal de réguler les marchés dérivatifs furent virés de leur position par le président de la réserve fédérale, le ministre des finances et le président de la SEC.

Les institutions financières, libérées des accords Glass-Steagall, libérés des obligations de capital et libérés de tout contrôle, ont immédiatement appuyé la dette sur des paris irréalistes qu’ils ont emmenés à un niveau jamais vu. Quand la combine s’est effondrée, la réserve fédérale prêta aux banques américaines et à certaines banques étrangères la somme de 16 100 milliards de dollars, une somme plus importante que la dette nationale US et plus grande que le PIB américain.

Où diable la réserve fédérale a t’ele trouvé ces 16 100 milliards de dollars ? La Fed les a créé de l’air du temps sur quelques touches d’un clavier ordinateur.

Pendant que la Fed créait ces 16 100 milliards de dollars en nouveau prêts pour des banques privées, les banques ainsi sauvées passèrent au bulldozer les maisons repossédées des citoyens américains insolvables et expulsés.

http://news.yahoo.com/bulldoze-way-foreclose-102000063.html

Ainsi, en Amérique, la lumière du monde, les citoyens sont jetés à la rue afin que les banques puissent détruire leur maison.

Ceci n’a un sens qu’aux Etats-Unis.

Et ce ne sont pas que les Américains qui se retrouvent à la rue et sans abri grâce à la politique américaine. Des Afghans, Pakistanais, Irakiens, Yémenis, Somaliens, Libyens, sont également forcé à être sans abri à cause de la politique américaine. De plus, les guerres des Etats-Unis contre ces gens ajoutées au budget de soutien du complexe militaro-industriel et de sécurité, compte pour 70% du déficit du budget états-unien. En fait, le coût de ces guerres dépasse le futur budget planifié pour économiser dans les limites des nouveaux accords sur la dette.

En d’autres termes, le coût des guerres qui jettent à la rue des millions d’étrangers pompe les revenus que le gouvernement fédéral aurait pu utiliser pour sauvegarder les maisons des américains et garder des enseignants dans les écoles. Aussi loin que des républicains disent être concernés a propos de la dette publique, ces républicains ne sont pas du tout concernés pour ce qui est de faire des coupes franches dans le budget de 1200 milliards de dollars aloué aux dépenses militaires et de la sécurité ou pour augmenter la fiscalité bien trop basse des méga-riches.

Regardez ces titres datant du 30 Juillet, juste deux jours avant la date limite pour le défaut sur la dette; titres émanant d’un groupe en ligne: Stop NATO (NdT: Arrêter l’OTAN du journaliste Rick Rozoff):

- L’armée américaine va se cantonner en Australie pour contrer la Chine

- Avis d’expansion des opérations de contre-insurrection aux Philippines

- Les Etats-Unis pourraient moderniser des vaisseaux de guerre polonais pour la Mer Baltique

- Bulgarie: le Pentagone continue la modernisation des bases militaires

- Les Etats-Unis utilisent une base aérienne roumaine pour leur logistique dans la guerre en Afghanistan

- La station de partenariat américaine pour l’Afrique en Afrique de l’Est

- Mongolie: Les Etats-Unis mènent des exercices militaires avec l’OTAN et les alliés asiatiques de l’OTAN

- Guerre de Libye: Plus de 17 000 mission aériennes pour l’OTAN

- La grosse affaire: La guerre contre la Libye est la guerre contre l’Afrique

Que diable un pays au bord de la banqueroute se permet-il de faire des exercices militiares en Mongolie et en Asie centrale ? Que fait l’OTAN, créée pour contrer une poussée de l’URSS en Europe de l’Ouest, en Mongolie ?

Pourquoi ces dépenses militaires sont-elles vues comme nécessaires, mais pas celles qui permettraient d’empêcher la population sans logi aux Etats-Unis d’augmenter et d’empêcher que plus de maisons ne soient détruites ?

Pourquoi les républicains n’écoutent-ils pas quand le méga-milliardaire Warren Buffet leur dit que le ratio fiscal sur son revenu énorme est bien plus bas que celui imposé à sa secrétaire ?

La réponse est que les républicains ont un agenda: la guerre. Et les républicains veulent financer cette guerre, pas en imposant les gros revenus mais en coupant les programmes de soutien à ceux qui sont déjà à la rue et n’ont plus rien.

De toute façon: même si toutes les coupes interviennent, l’économie totalement affaiblie résultera en de nouvelles projections de déficit qui va balayer d’un coup les économie envisagées par l’accord sur la limite de la dette.

Que fera alors le gouvernement ?

Tant que les législateurs n’auront pas compris que l’économie a été délocalisée et ne prendront pas les mesures qui s’imposent pour la ramener à la maison, il n’y aura aucune solution au problème de la dette de l’Amérique, ni au chômage du reste.

Article original en anglais : http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=25872

Traduction : Résistance 71

A propos :

Paul Craig Roberts, former Assistant Secretary of the US Treasury and Associate Editor of the Wall Street Journal, has held numerous university appointments. He is a frequent contributor to Global Research.

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