Déformation des témoignages et enquête sélective: une analyse critique de CJPMO sur le rapport de la CPCCA sur l’antisémitisme

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Jason Kenney 

Considérant le fait que les ministres Baird et Kenney (ci-dessus) ont signé cette semaine le Protocole d’Ottawa sur la lutte contre l’antisémitisme, les fausses allégations de la CPCCA à propos des témoignages faisant autorité s’avèrent de grande importance. 

Le 7 juillet dernier, suite à une enquête de 2 ans, la Coalition parlementaire canadienne de lutte contre l’antisémitisme (CPCCA) a publié un rapport sur l’état de l’antisémitisme au Canada. CJPMO a effectué une analyse détaillée des conclusions de la CPCCA, à la lumière notamment des témoignages donnés à la CPCCA par des responsables de l’application de la loi et des administrateurs d’universités.

De manière très troublante, de nombreuses sections du rapport de la CPCCA dénaturent totalement ou ne tiennent pas compte de la plupart des témoignages faisant le plus autorité. Les conclusions de CJPMO à ce sujet et sur d’autres irrégularités préoccupantes de l’enquête de la CPCCA sont rassemblées dans la critique de CJPMO : «Misrepresentation of Testimony and Selective Fact-finding: A Critique of the Report of the Canadian Parliamentary Coalition to Combat Antisemitism» (disponible en anglais seulement).

Considérant le fait que les ministres Baird et Kenney ont signé cette semaine le Protocole d’Ottawa sur la lutte contre l’antisémitisme, les fausses allégations de la CPCCA à propos des témoignages faisant autorité s’avèrent de grande importance. La signature du protocole par le Canada constitue l’une des étapes suggérées par le rapport de la CPCCA et d’autres mesures de suivi, y compris des initiatives législatives relatives à l’antisémitisme et à la critique d’Israël, sont également attendues de la part du gouvernement.

Le résumé de l’analyse de CJPMO est transmis ci-dessous. Notez que vous pouvez accéder au document complet en cliquant ici.

1. Le 7 juillet 2011, la Coalition parlementaire canadienne de lutte contre l’antisémitisme (CPCCA) a diffusé un rapport d’enquête (ci-après nommé « le rapport ») selon lequel le nombre d’incidents antisémites était en hausse au Canada, en particulier sur les campus universitaires. Le rapport se penche de manière sélective sur certains des témoignages et des mémoires soumis au cours de l’enquête – ne tenant pas compte de ceux qui contredisent les conclusions prédéterminées de la CPCCA – et fait des recommandations qui, selon la coalition, sont nécessaires pour réduire l’incidence de l’antisémitisme au Canada.

2. Dans le cadre de son enquête, la CPCCA a reçu 200 mémoires. Parmi ceux-ci, elle en a considéré moins du tiers, qui émanaient pour la plupart  d’organisations pro-israéliennes, d’étudiants juifs, de groupes religieux et communautaires, et d’universitaires (dont bon nombre provenaient des États-Unis et d’Israël). Les groupes et les individus qui remettaient en question les assertions et les prémisses de la CPCCA ont essentiellement été écartés de la procédure d’enquête. Cette exclusion est allée jusqu’à prendre la forme d’un refus de reconnaître que des mémoires avaient été reçus de tels groupes.

3. L’enquête de la CPCCA est née de la première conférence de la Coalition interparlementaire pour combattre l’antisémitisme (ICCA, selon l’acronyme anglais), qui s’est tenue à Londres en février 2009. La ICCA est elle-même issue du Forum mondial pour combattre l’antisémitisme (GFCA, selon l’acronyme anglais), une agence du gouvernement israélien. Ainsi, la CPCCA agissait essentiellement pour le compte du gouvernement israélien : son financement, malgré des promesses de divulgation sur son site Internet, demeure en grande partie occulte. L’objectif principal de la CPCCA tel qu’il transparait de ses communiqués de presse initiaux, des commentaires formulés par les membres de la commission d’enquête lors des audiences, et de son rapport final, est d’élargir la définition de l’antisémitisme pour y inclure toute critique des pratiques et des politiques du gouvernement israélien, en particulier celles qui appartiennent à ce que l’on appelle l’«apartheid israélien».

4. Les principales assertions du rapport de la CPCCA n’ont aucunement été corroborées par les témoignages faisant le plus autorité entendus dans le cadre de l’enquête. Ainsi :

L’assertion selon laquelle l’incidence de l’antisémitisme s’accroît au Canada n’a pas été corroborée par des témoins responsables de l’application de la loi ou par des données de Statistique Canada.

L’assertion voulant que l’antisémitisme augmente sur les campus canadiens n’a pas été confirmée par les témoignages d’administrateurs d’universités entendus dans le cadre de l’enquête.

Le rapport de la CPCCA cite de manière sélective et pratiquement exclusive les témoignages appuyant ses prémisses de départ, publiée avant même la tenue des audiences.

5. Pratiquement aucun des témoins provenant d’organismes d’application de la loi canadiens ayant témoigné devant la commission d’enquête n’a indiqué avoir noté que l’activité antisémite s’accroissait ou qu’elle était un problème plus apparent que toute autre forme de racisme au sein de leurs communautés respectives.

6. Aucun des 12 administrateurs d’universités canadiennes ayant témoigné devant la commission  d’enquête n’a affirmé que l’antisémitisme était un problème sur leurs campus. Nombre d’entre eux se sont opposés à toute tentative pour élargir la définition de l’antisémitisme ou pour bannir la Semaine contre l’apartheid israélien, citant l’importance d’encourager la liberté des débats dans les milieux universitaires canadiens, même lorsqu’on y traite de sujets controversés et délicats. Leurs témoignages ont été presqu’entièrement éludés, dénigrés et même, dans certains cas, déformés de manière à leur faire dire le contraire de ce qu’ils affirmaient réellement.

7. La principale recommandation du rapport est que le gouvernement canadien et ses organismes d’application de la loi adoptent la définition ad hoc du terme « antisémitisme » mise de l’avant par l’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUCM, selon l’acronyme anglais). Cette définition, rédigée dans une version préliminaire en 2005, n’a aucun statut officiel : elle n’a été adoptée par aucun gouvernement et, dans les faits, a été créée par un membre reconnu d’un groupe de pression pro-israélien américain  extrémiste, l’American Jewish Agency. Si cette définition ad hoc est adoptée et incorporée à la loi, elle proscrira  effectivement presque toute critique à l’endroit d’Israël au Canada.

Pour plus d’informations, veuillez communiquer avec:

Patricia JeanCanadiens pour la justice et paix au Moyen-Orient
Téléphone: 438-380-5410

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