Des groupes d’intérêt public partout au Canada exigent une enquête sur l’avenir du nucléaire

Montréal, le 31 mars 2011 — L’accident de Three Mile Island a démontré sans équivoque que le nucléaire est essentiellement dangereux. Avec Tchernobyl, le monde a été témoin de la redoutable puissance de la fusion complète du coeur d’un réacteur. À Fukushima, nous assistons à une fusion partielle dans 3 réacteurs et 4 piscines de combustible usé…

Le concept des réacteurs canadiens est différent, mais le potentiel d’une catastrophe est tout aussi présent. Ce n’est ni le tremblement de terre, ni le tsunami qui a causé la catastrophe nucléaire japonaise; c’est plutôt la panne de courant totale à la centrale : la perte de courant sur le site et hors site. Une telle panne peut se produire de bien des façons…

Comme pour d’autres pays, le Canada a besoin de réévaluer les risques et les avantages de la technologie nucléaire. C’est trop important pour laisser ça uniquement aux ingénieurs nucléaires; ce doit être une décision de société.

Les groupes d’intérêt public soussignés invitent les partis fédéraux à déclarer leur appui à l’établissement d’une commission royale d’enquête, vaste et non partisane, sur l’avenir de l’électronucléaire au Canada. Cette enquête devra être indépendante de l’industrie nucléaire et de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) et mise en place le plus tôt possible.

Les groupes soussignés demandent que cette enquête de la commission royale comprenne un arrêt de tout octroi de permis touchant les réacteurs nucléaires — que ce soit la construction de nouveaux réacteurs, la réfection de réacteurs ou le transport hors site de déchets radioactifs produits par les réacteurs — jusqu’au terme de l’enquête de la commission royale.

Des groupes de partout au Canada se joignent à cet appel dans l’espoir que le public canadien soit consulté adéquatement sur l’avenir de cette industrie foncièrement dangereuse. « La question fondamentale est la suivante : est-ce que le public Canadien souhaite l’expansion ou la sortie progressive de la production d’énergie nucléaire? » demande Gordon Edwards , du Regroupement pour la surveillance du nucléaire.

« Les groupes signataires sont unanimes à déclarer que l’industrie nucléaire, les instances réglementaires et les gouvernements provinciaux ont omis de diffuser suffisamment d’information objective et scientifique sur les dangers des réacteurs nucléaires, sur les dangers pour la santé touchant spécifiquement l’exposition aux matières radioactives et sur les conséquences écologiques potentielles d’un dysfonctionnement majeur des réacteurs dans un langage que citoyens et élus peuvent facilement comprendre », affirme Michel Duguay , coordonnateur du Mouvement Sortons le Québec du Nucléaire.

Ces groupes constatent à l’unanimité que l’imputabilité politique et la transparence ont été déficients dans le secteur nucléaire parce que les gouvernements ont souvent semblé dépendre presque exclusivement des conseils de l’industrie nucléaire canadienne et de la CCSN, en l’absence d’un processus suffisamment ouvert et démocratique au niveau politique.

Ces groupes demandent que les risques de l’énergie nucléaire soient évalués non seulement du point de vue des physiciens et ingénieurs qui dominent l’industrie nucléaire et son émetteur de permis, la CCSN, mais aussi du point de vue d’experts indépendants provenant du domaine biomédical, de la biologie, de l’écologie et des sciences sociales qui soient indépendants de la promotion du nucléaire, ainsi que de nos institutions démocratiques gouvernementales.

« Mais surtout, ces groupes croient que les citoyens ordinaires doivent avoir l’occasion de se prononcer sur le nucléaire et d’explorer les avantages des technologies et stratégies énergétiques non nucléaires », affirme Michel Fugère du Mouvement vert Mauricie.

Avant de s’avancer plus loin dans la voie nucléaire, nous demandons au gouvernement canadien d’enfin donner la chance aux Canadiens ordinaires de débattre des risques et avantages de l’électronucléaire par rapport aux autres options à l’intérieur d’un cadre politique sérieux.

Pour plus de renseignements, veuillez contacter :

Gordon Edwards, Ph.D., président RSN (514) 839 7214

Michel Duguay Ph.D., coordonnateur MSQN (418) 802 2740

Michel Fugère, Mouvement Vert Mauricie (MVM) (819) 532 2073

Documents références :

Fonte du cœur des réacteurs CANDU-faits connus

www.ccrn.org/Melt_CANDU_f.pdf  

Liste des organismes qui appuient la requête d’une Commission Royale d’Enquête sur le futur de l’énergie nucléaire au Canada ( au 31 mars 2011 )

www.ccnr.org/list_f.pdf  

Préoccupations de la CCSN concernant la sûreté de la technologie CANDU

www.ccnr.org/concerns_f.pdf  

Articles Par : Global Research

Avis de non-responsabilité : Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que le ou les auteurs. Le Centre de recherche sur la mondialisation se dégage de toute responsabilité concernant le contenu de cet article et ne sera pas tenu responsable pour des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes.

Le Centre de recherche sur la mondialisation (CRM) accorde la permission de reproduire la version intégrale ou des extraits d'articles du site Mondialisation.ca sur des sites de médias alternatifs. La source de l'article, l'adresse url ainsi qu'un hyperlien vers l'article original du CRM doivent être indiqués. Une note de droit d'auteur (copyright) doit également être indiquée.

Pour publier des articles de Mondialisation.ca en format papier ou autre, y compris les sites Internet commerciaux, contactez: media@globalresearch.ca

Mondialisation.ca contient du matériel protégé par le droit d'auteur, dont le détenteur n'a pas toujours autorisé l’utilisation. Nous mettons ce matériel à la disposition de nos lecteurs en vertu du principe "d'utilisation équitable", dans le but d'améliorer la compréhension des enjeux politiques, économiques et sociaux. Tout le matériel mis en ligne sur ce site est à but non lucratif. Il est mis à la disposition de tous ceux qui s'y intéressent dans le but de faire de la recherche ainsi qu'à des fins éducatives. Si vous désirez utiliser du matériel protégé par le droit d'auteur pour des raisons autres que "l'utilisation équitable", vous devez demander la permission au détenteur du droit d'auteur.

For media inquiries: media@globalresearch.ca