Est-il possible… ?

Terroristes en liberté, antiterroristes en prison ? Avec Bush, tout est possible !

1. Est-il possible que les Etats-Unis protègent les auteurs d’un attentat à la bombe contre un avion ? OUI. Le 6 octobre 1976, Orlando Bosch et Luis Posada Carriles ont tué 73 civils innocents, dont l’équipe d’escrime cubaine, en faisant exploser un D-C 8 cubain en plein vol. Même le Département US de la Justice a jugé Bosch « impliqué dans des attentats terroristes à l’étranger ». Néanmoins Bush père lui a octroyé un permis de séjour aux USA. Posada Carriles, employé de la CIA, s’est publiquement vanté d’être aussi responsable de plusieurs attentats à la bombe perpétrés à La Havane entre juillet et septembre 97. Actuellement, il se balade aux USA, protégé par les autorités US, et ne risque aucun procès. Washington refuse de l’extrader au Venezuela qui veut le juger depuis longtemps pour ses actes terroristes.

2. Est-il possible que les Etats-Unis ne fassent rien contre des groupes terroristes opérant à partir de leur territoire ? OUI. Des organisations armées cubaines exilées à Miami ont perpétré et préparent encore des actes visant à semer la terreur à Cuba. Particulièrement, lorsque ce pays s’est efforcé de développer le tourisme au début des années 90, ces groupes ont lancé une vaste campagne d’attentats pour dissuader les touristes de venir dans l’île. Un touriste italien, Fabio di Celmo, a été tué, des dizaines d’autres blessés. Depuis 40 ans, le terrorisme anti-cubain a tué plus de 3.000 personnes. Les protestations et démarches de Cuba n’ont mené à rien. Washington continue de tolérer et même protéger les activités de ces groupes.

3. Est-il possible que les Etats-Unis emprisonnent non les terroristes, mais ceux qui tentent d’empêcher des attentats ? OUI. Gerardo Hernandez, Antonio Guerro, Ramon Labanino, Fernando Gonzalez et René Gonzalez ont été arrêtés le 12 septembre 98 à Miami (Floride). Ces cinq Cubains avaient reçu pour mission d’infiltrer les milieux anticastristes terroristes et de signaler d’éventuels attentats en préparation. Ils n’avaient pas pour mission d’espionner les USA, mais de surveiller des criminels et d’informer La Havane sur leurs projets. Quand leurs preuves ont été fournies au FBI, celui-ci a arrêté non les terroristes mais ceux qui les dénonçaient ! Accusés d’espionnage et de vouloir « détruire les Etats-Unis » et condamnés en tout à quatre détentions à vie plus 75 ans de prison. Bien que d’ex-haut gradés de l’armée et des services secrets aient témoigné qu’il n’y avait eu aucun espionnage. Ils ont été séparés et détenus dans des prisons de haute sécurité.

4. Est-il possible que l’administration Bush manipule les tribunaux chargés de l’affaire ? Oui. Pour empêcher un procès équitable, l’affaire a été jugée à Miami en dépit de l’hystérie qui règne dans cette ville (il est interdit aux sportifs et artistes cubains de s’y produire). Le procureur de Miami a lui-même reconnu qu’il était impossible de garantir aux Cinq un procès correct dans cette ville. Pour cette raison, en août 2005, la Cour d’Appel d’Atlanta a annulé la sentence et ordonné un nouveau procès. Fait rarissime, le ministre de la Justice de Bush a été lui-même en appel et a fait casser cette décision. Depuis, la bataille juridique se poursuit…

5. Est-il possible que les Etats-Unis bafouent le droit pénitentiaire et le droit international en refusant les visites de deux épouses et d’enfants de prisonniers ? OUI. Depuis huit ans, les autorités interdisent à Adriana Perez de voir son époux Gerardo. Olga Salanueva n’a pu entrer aux USA depuis 2002. En fait, elle a été victime d’un chantage illégal : on l’a expulsée pour tenter d’obliger son mari à avouer. La petite Yvette Gonzalez (8 ans) n’a pas vu son père depuis sept ans. Une forme de torture morale particulièrement ignoble.

6. Est-il possible que les Etats-Unis jettent à la poubelle les protestations de l’ONU et d’Amnesty International ? OUI. En mai 2005, la Commission internationale des détentions arbitraires de l’ONU a jugé la détention des Cinq arbitraire, illégale et contraire aux conventions internationales de l’ONU. Amnesty a dénoncé la violation du droit de visite ainsi que le caractère suspect des condamnations. Harold Pinter, prix Nobel de Littérature, et 110 parlementaires britanniques ont réclamé le respect du droit de visite. Le Conseil National des églises chétiennes des USA a écrit à Mme Rice pour demander le respect du droit de visite au moins pour raisons humanitaires. Toutes ces protestations ont été jetées à la poubelle.

7. Est-il possible pour nous de faire quelque chose pour que Gerardo, René, Ramon, Fernando et Antonio soient enfin rendus à leurs épouses et leurs enfants ? OUI. Les gouvernements européens, alliés de Washington, se taisent devant ces crimes alors qu’ils prétendent lutter contre le terrorisme et pour les droits démocratiques. Les médias européens n’en parlent guère. Or, il s’agit du droit de chaque pays dans le monde de se défendre contre tous les terrorismes. Y compris ceux financés ou protégés par les Etats-Unis. Nous appelons chacun à signer la pétition présentée sur : http://www.freeforfive.org/home3/euro_camp/index.php?lang=fr  Et à interpeller les médias pour qu’ils en parlent enfin. Nous n’acceptons pas l’arbitraire de Bush qui protège des terroristes et emprisonne ceux qui tentent d’empêcher ces attentats !

Deux brèves interviews vidéo d’Adriana, épouse de Gerardo, et Irma, maman de René, à consulter sur : http://www.michelcollon.info/multimedia.php.


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