Graines de destruction : Le projet secret de la manipulation génétique

Graines de destruction : Le projet secret de la manipulation génétique

Ces trois ou quatre dernières années ont vu un certain nombre de livres, documentaires et articles sur les dangers des graines génétiquement modifiées (GM).

​​​​La majorité se focalisaient sur leur impact néfaste pour la santé et l’environnement, presque aucun sur la géopolitique des semences génétiquement modifiées, en particulier sur les graines en tant qu’arme de destruction massive. Engdahl a abordé cette question, mais la culture des semences n’est que l’une des nombreuses « graines de destruction » dans son livre.

​​​​Engdahl documente méticuleusement comment les fondements intellectuels de l’« eugénisme », la réduction massive des malades, des gens de couleur, et des autres races jetables, ont été effectivement établis pour la première fois, et même approuvés légalement aux États-Unis. La recherche eugénique a été soutenue financièrement par les Rockefeller et d’autres familles élitistes, et l’eugénisme a été expérimenté la première fois contre les Juifs dans l’Allemagne nazie.

​​​​C’est pur hasard que les plus pauvres nations du monde se trouvent aussi être les mieux dotées en ressources naturelles. Ces régions sont aussi celles dont la population est en pleine croissance. La peur chez les familles dirigeantes européennes, qui s’intègrent de plus en plus à la puissance économique et militaire des États-Unis, est que, si les nations pauvres deviennent développées, les ressources naturelles abondantes, en particulier le pétrole, le gaz, les minerais stratégiques et les métaux, peuvent se raréfier pour la population blanche. Cette situation est inacceptable pour le pouvoir blanc élitiste. 
 

​​​​La question centrale qui dominait l’esprit de la clique au pouvoir était la réduction de la population dans les pays riches en ressources, mais la question était comment manigancer un abattage massif dans le monde entier sans générer un puissant retour de manivelle comme il est tenu de se produire. En 1972, quand ses réserves de pétrole ont atteint leur maximum, et que les États-Unis sont devenus l’un des principaux importateurs de pétrole, la situation est devenue alarmante et l’ordre du jour a pris le centre de la scène. Kissinger, l’un des principaux stratèges de Nixon, nourri par les Rockefeller, a préparé ce qui est connu sous le nom de National Security Study Memo (NSSM#200), dans lequel il développait son plan de réduction de la population. Dans ce mémo, il vise en particulier treize pays : Bangladesh, Brésil, Colombie, Égypte, Éthiopie, Inde, Indonésie, Nigeria, Pakistan, Turquie, Thaïlande et Philippines.

​​​​L’arme qui devait servir était la nourriture, même si une famine alimentaire devait être utilisée pour entraîner la réduction de la population. Kissinger est connu pour avoir déclaré, « contrôlez le pétrole, vous contrôlez les nations, contrôlez la nourriture et vous contrôlez le peuple. » Comment un petit groupe de gens clefs a transformé la philosophie élitiste, du contrôle alimentaire pour contrôler le peuple, en possibilité opérationnelle réaliste en un court laps de temps est la toile de fond du livre d’Engdahl, le thème central s’étendant du début à la fin sur les Rockefeller et Kissinger, entre autres personnages principaux.

​​​​Il décrit comment les Rockefeller ont guidé la politique agricole des États-Unis, utilisant leurs puissantes fondations exemptées d’impôts dans le monde entier pour former une armée de jeunes scientifiques dans le domaine jusqu’ici inconnu de la microbiologie. Il retrace la façon dont le domaine de l’eugénisme a été rebaptisé « génétique » pour le rendre plus acceptable et pour cacher son véritable objectif. Grâce à des ajustements stratégiques progressifs dans une poignée de compagnies de produits chimiques, de nourriture et de semences, efficacement soutenus par des personnages clefs dans les principaux ministères du gouvernement étasunien, on a créé des monstres capables de réécrire le cadre réglementaire de presque chaque pays. Et ces graines de destruction des cadres réglementaires, construits avec soin pour protéger l’environnement et la santé humaine, ont été semées dès les années 20.

​​​​Une pause pour réfléchir : Une personne normale en bonne santé peut tout au plus se passer de nourriture pendant peut-être sept jours, mais il faut une saison entière, par exemple environ quatre mois, pour qu’une semence de culture vivrière pousse. À peine cinq compagnies de l’agriculture industrielle, toutes américaines (Cargill, Bunge, Archer Daniels, et autres) contrôlent le commerce mondial des céréales, et seulement cinq contrôlent le commerce mondial des semences. Monsanto, Syngenta, Bayer, DuPont et Dow Chemicals contrôlent les graines génétiquement modifiées. Bien que ces puissants oligopoles aient été imposés, les lois antitrust ont été diluées pour en exempter ces entreprises. Engdahl écrit : « Il n’est pas surprenant que la National Defense University du Pentagone, à la veille de la guerre d’Irak en 2003, ait publié un document déclarant : ” Le business agricole est aux États-Unis ce qu’est le pétrole au Moyen-Orient. ” L’agro-business est devenue une arme stratégique dans l’arsenal de la seule superpuissance au monde. » (page 143)

​​​​La « Révolution Verte » faisait partie du programme des Rockefeller pour détruire la diversité des semences et préconiser les intrants agricoles basés sur le pétrole et le gaz, dans lesquels ils ont leurs principaux intérêts. La destruction de la diversité des semences et la dépendance envers les hybrides a été la première étape dans le contrôle alimentaire.

​​​​Il est vrai que dans un premier temps les techniques de la Révolution Verte ont conduit à une poussée dans la productivité agricole. Mais ce fut au prix énorme de la destruction des terres agricoles et de la biodiversité, de l’empoisonnement des nappes phréatiques et de la dégradation progressive de la santé de la population, ce qui était le véritable ordre du jour des « partisans de la Révolution Verte. »

​​​​La véritable impulsion est venue avec la possibilité technique de l’épissage des gènes et de l’insertion de caractères spécifiques entre espèces sans lien de parenté.  Les formes de vie pourraient être modifiées. Mais jusqu’en 1979 le gouvernement étasunien a toujours refusé d’accorder des brevets sur ce qui touche à la vie. Cela a changé. Ce fut beaucoup aidé par un jugement favorable de la Cour Suprême des États-Unis accordant un brevet de protection à des bactéries mangeuses de pétroles, mises au point par le Dr Ananda Chakraborty. Les formes de vie pouvaient à présent être brevetées. Pour assurer que le monde abdique devant le régime des brevets des sociétés semencières, l’Organisation Mondiale du Commerce a imposé la discipline. Comment l’affaire a été menée n’est le fait de personne, mais le monde à été forcé d’accepter le droit de propriété intellectuelle de ces compagnies. Il y a eu de l’opposition, mais ces entreprises sont trop déterminées comme le décrit Engdahl.

​​​​« La stratégie claire de Monsanto, Dow, DuPont et du gouvernement de Washington était d’introduire les semences OGM aux quatre coins du monde, en priorité dans les pays sans défense . . . africains et en développement », écrit Engdahl (page 270). Toutefois, Engdahl a aussi décrit comment des terres agricoles canadiennes et étatsuniennes en sont venus aux OGM. Il était soupçonné que les OGM puissent poser une grave menace environnementale et pour la santé humaine et animale, pourtant les tentatives indépendantes d’évaluations des risques pour la vie ont été abandonnées. Les scientifiques menant à bien des études honnêtes ont été calomniés. Des établissements scientifiques de renom ont été réduits au silence ou mis au pas sur la voie qui soutient le contrôle alimentaire des Rockefeller et l’ordre du jour de réduction massive. La destruction de la crédibilité de l’institution scientifique est encore une autre graine de destruction dans le livre d’Engdahl.

​​​​Engdahl cite en exemple l’expérience d’un agriculteur allemand, Gottfried Glockner, avec du maïs génétiquement modifié. Glockner a planté du maïs Bt176 de Syngenta essentiellement pour nourrir ses vaches. Étant scientifique, il a commencé par 10% d’aliments GM et a augmenté progressivement la proportion en notant avec soin la production laitière et tout effet secondaire. Pas grand chose ne s’est passé dans les trois premières années, mais quand il est passé à 100% de nourriture GM, ses animaux « avaient des fèces gluantes blanches et de fortes diarrhées » et «le lait contenait du sang». Finalement, la totalité de ses soixante dix vaches sont mortes. Le professeur Angelika Hilbeck de l’Institut Fédéral Suisse de Technologie a trouvé dans le maïs Bt176 de Glockner des échantillons de toxines Bt « sous forme active et extrêmement stable». Les vaches sont mortes suite à de hautes doses de toxines. Même si l’alimentation humaine n’est pas contaminée à 100%, cela devrait faire réfléchir.

​​​​Aux États-Unis, les aliments GM non étiquetés ont été introduits en 1993, et 70% des supermarchés contiennent des aliments OGM à proportions variables dans ce qui devrait être appelé à juste titre la plus grande expérience biologique sur l’homme.  Puisque Engdahl a clairement déclaré que l’idée du gouvernement étatsunien et de l’agro-business est de contrôler les aliments en particulier dans le tiers monde, il a laissé à ses lecteurs le soin de déduire que les citoyens américains et européens sont aussi la cible de ce vaste programme. Et il y a d’autres armes meurtrières dans l’arsenal : les graines Terminator, les semences traîtres, et la capacité de détruire les petits agriculteurs indépendants à volonté partout dans le monde, et cela est puissamment présenté dans le livre. Engdahl fournit des preuves solides sur ces graines de destruction définitive et la décimation totale des civilisations du monde tel que nous l’avons connu.

​​​​Il s’agit d’un livre complexe, mais très lisible. Il est divisé en cinq parties, chacune contenant deux à quatre courts chapitres. La première partie traite des intrigues politiques pour assurer un soutien aux compagnies agro-alimentaires et semencières ; la deuxième traite de ce qui devrait être largement connu en tant que « Plan Rockefeller » ; la troisième traite de la manière dont les géants intégrés verticalement ont été préparés aux guerres silencieuses de Washington contre la planète Terre ; la quatrième partie traite de la manière dont les semences génétiquement modifiées ont été lâchées chez les agriculteurs peu soupçonneux ; et la dernière partie traite de la façon dont les élites poursuivent la destruction des aliments et des agriculteurs, ce qui pourrait en fin de compte provoquer la réduction massive de la population. Il ne propose aucune solution, il ne le peut parce que c’est au reste du monde, notamment aux Européens et aux Étasuniens, de se réveiller et de faire front contre ces criminels. Une lecture essentielle pour tous ceux qui mangent et pensent. 

Article original publié en anglais, Seeds of Destruction: The Hidden Agenda of Genetic Manipulation, Review of F. William Engdahl’s book published by Global Research,  le  19 juin 2008.

Traduction de Pétrus Lombard.

Seeds of Destruction

The Hidden Agenda of Genetic Manipulation

by F. William Engdahl

Global Research, 2007 ISBN 978-0-937147-2-2

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Articles Par : Arun Shrivastava

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