Guerre et injustice ne doivent plus rester la normalité

Après l’Obamanie

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Le 4 novembre, lorsque le nouveau président des Etats-Unis est élu et que le vainqueur des élections est fêté partout selon une mise en scène mondialement orchestrée,
•    40 civilistes meurent le même jour dans une attaque à la bombe par l’armée de l’air américaine dans le Sud de l’Afghanistan,
•    des gens crèvent dans la misère en Irak, en Palestine, au Congo, au Sri Lanka … et l’on n’en parle plus …,
•    des cercles gouvernementaux, militaires, des services secrets, de la finance, de l’économie, des médias et des agences de relations publiques américains, britanniques, israéliens, français … et aussi allemands sont responsables de tous ces morts, des blessés, des personnes déplacées, torturées, affamées, dépossédées et abaissées,
•    un important rédacteur de la «Neue Zürcher Zeitung» publie un article «sur le contour flou des futures guerres», d’après lequel le monde doit se préparer à un état de guerre permanent, où également des guerres entre Etats seront à l’ordre du jour, où la Russie pourrait être le futur adversaire et où la guerre doit être une normalité comme le fait de se brosser les dents,
•    le sinistre grand stratège Henry Kissinger bavarde dans le «St. Galler Tagblatt» (traduit en allemand de l’«International Herald Tribune») sur «les leçons» que le futur président peut tirer des guerres américaines depuis la guerre du Vietnam, à savoir: «Si l’Amérique entre en guerre, elle doit être consciente de ce que vaincre signifie et comment la victoire peut être atteinte.»

Est-ce de la sinistrose? Pas du tout! Il nous manque plutôt les mots pour exprimer l’horreur devant la «normalité» de la guerre, devant l’état barbare de notre politique dans son abandon du chemin de l’humanité.

La joie du succès électoral du candidat Barack Obama est pour beaucoup une expression de l’espoir qu’il y ait finalement un tournant vers une meilleure vie. Nombreux sont ceux qui s’accrochent à une brindille, parce que la situation est devenue si insupportable pour tellement de gens.

C’était et c’est bien la plus grande malignité des «Public Relations» à travers l’aura du futur président américain: la tromperie du sentiment naturel des hommes. Une tromperie amère devant le désir de paix et de justice.

Et tandis que la paix et la justice sont tellement éloignées de nous – en sommes-nous déjà au point où une ambiance produite par les mass médias efface la raison et la réalité?

Obama n’a encore pris aucun engagement concret que son pays et son futur gouvernement respectent à l’avenir le droit international et les droits de l’homme et que les guerres dévorant des milliers de personnes se terminent; il n’a pas davantage dit que les Etats-Unis arrêteraient d’exploiter le reste du monde pour leurs objectifs ni qu’ils cesseraient de vouloir «diriger» le monde. Au contraire: Obama est conseillé par Zbigniew Brzezinski, le stratège de grande puissance, qui rêve toujours d’une suprématie américaine sur le continent eurasien et du morcellement de la Russie, et qui voit dans ce but maintenant une «seconde chance».

Peter Scholl-Latour a donné à son nouveau livre le titre de «Der Weg in den neuen Kalten Krieg» ([Vers une nouvelle Guerre froide] ISBN 9783549073575). Obama veut envoyer deux brigades de combat de plus pour conti­nuer la guerre en Afghanistan. Son équipe de conseillers est pleine de bellicistes qui ont déjà infesté l’ère Clinton, et il confie à un lobbyiste de la politique israélienne un des postes les plus importants à la Maison Blanche. Condoleezza Rice a déjà annoncé que le nouveau gouvernement américain ne va rien changer à la présente politique israélienne.

Le désir de paix et de justice est juste. Mais pourquoi toujours souhaiter vivement une «bonne» Amérique? – et l’Allemagne le fait spécialement avec son Obamanie qui est presque pathologique. Pourquoi ne pas arrêter d’espérer que d’autres prennent les choses en main afin que la situation dans le monde devienne meilleure! Pourquoi ne pas prendre plus de responsabilité soi-même! Et ne pas seulement espérer, mais plutôt exiger. Il faut exprimer des revendications concrètes, droites et déterminées. Monsieur Obama, Monsieur Brown, Monsieur Sarkozy, Madame Livni, Madame Merkel: Nous exigeons la paix et la justice, et si vous vous y opposez, vous devez vous en aller. L’Europe ne doit pas devenir le copain des Etats-Unis en voulant dominer le monde avec eux. Ces temps-là doivent être définitivement révolus. Il n’est pas possible que la guerre et l’injustice puissent rester la normalité.

Articles Par : Karl Müller

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