Haïti. Les mercenaires de la foi prospèrent sur les décombres

Depuis qu’Haïti a été frappé par le séisme, le pays voit affluer en masse des groupes  religieux d’obédiences diverses et variées. Un avion affrété par l’acteur américain John Travolta a débarqué lundi à Port-au-Prince avec des missionnaires de l’Eglise de scientologie. Et des groupes chrétiens fondamentalistes tentent de s’implanter, comme le souligne Le Figaro et Le Devoir qui ont enquêté sur le sujet.

La scène remonte à lundi. Un peu plus d’une semaine après le séisme qui a frappé Haïti, un Boeing 707 venus des Etats-Unis se pose sur l’aéroport de Port-au-Prince. Rien d’exceptionnel à cela, si ce n’est que le pilote de l’avion n’est autre que John Travolta.

Parti de chez lui en Floride, le danseur vedette du film “Grease” a débarqué avec quatre tonnes de vivres et de matériel médical sur l’aéroport de la capitale haïtienne. Mais ce n’est pas tout, John Travolta était accompagné de plusieurs “ministres” à ne pas confondre avec les pontes de l’administration US. Ces “ministres”-là vêtus de tee-shirt jaunes, sont des ministres de la foi. La foi scientologue en l’occurrence.

Que font réellement ces “volontaires” ?

“Nous avons la possibilité de venir en aide au peuple haïtien et je ne peux tout simplement pas ne pas utiliser cet avion pour aider”, a déclaré John Travolta après avoir posé les pieds sur le sol de Port-au-Prince. “Cette aide est-elle utile ?”, s’interroge l’hebdomadaire québécois L’Actualité avant de préciser : “Ce ne sont ni les rations alimentaires, ni le matériel médical qui sont ici remis en question, bien sûr, mais plutôt ce que font les “ministres volontaires.”

L’AFP explique au travers d’un reportage que les scientologues présents à Haïti soignent les blessés du séisme à l’aide d’une technique pour le moins controversée :  “Nous sommes tous rompus au procédé d’assistance par le toucher. Cela consiste à rétablir la communication avec des parties du corps blessées ou malades”, explique une Parisienne qui dit simplement s’appeler Sylvie.

“J’ignorais qu’on pouvait soigner la gangrène grâce au toucher”

“Lorsque votre corps reçoit un coup, l’énergie reste bloquée. Alors nous, nous rétablissons la communication à l’intérieur du corps en touchant les gens à travers leurs vêtements”, poursuit-elle, très sérieusement. Cette Française fait partie d’une équipe de 80 volontaires de la Scientologie. C’est un généreux donateur anonyme qui leur a prêté son avion privé pour les envoyer avec 50 médecins Américains sur la zone sinistrée.

“J’ignorais qu’on pouvait soigner la gangrène grâce au toucher”, ironise un médecin américain extérieur au groupe en poste à l’hôpital central de Port-au-Prince. Mais les Scientologues convoyés ou non par des stars du show-business ne sont pas les seuls à avoir jeter leur dévolu sur Haïti en ruines, comme en témoigne un reportage du Figaro

Haïti, terre de mission pour les évangélistes

“Les groupes chrétiens fondamentalistes américains ont afflué en masse en Haïti, île catholique considérée comme terre de mission”, écrit le quotidien. Un exemple parmi d’autres : le Temple d’Antioch, une Église “indépendante” basée à Waco, Texas, qui agit sous couvert de l’ONG Act of Mercy. Ses représentants en Haïti se concentreraient sur les orphelinats.

A la Maison des enfants de Dieu, qui hébergeait 135 pensionnaires avant le tremblement de terre, une quinzaine de “missionnaires” d’Act of Mercy ont posé leurs bagages près du campement occupé par les enfants. Selon Le Figaro, le directeur adjoint de la Maison, Alexis Pierre-Delet, ignore l’origine de ces “Blancs” et leur mission : “Ils ont promis de nous aider mais ils n’ont rien donné. Je crois qu’ils veulent rapatrier les enfants aux États-Unis.”

“Ils sont venus prospérer sur la misère”

“Ils sont venus prospérer sur la misère”, déplore l’abbé Pierre-André, de l’église Sainte-Bernadette, à Martissant. Interrogé par le quotidien québécois Le Devoir, ce religieux catholique dénonce une situation qui n’a pas échappé pas non à plus au personnel médical présent sur place et aux diplomates. “C’est le déluge, on n’en a jamais vu autant”, estime l’un d’eux, cité par Le Devoir.

“Qui sont-ils? Comment sont-ils venus? Quels comptes rendent-ils?”, s’interroge Véronique Ductan, infirmière haïtienne venue de Montréal. Un médecin haïtien questionné par Le Devoir mentionne également que les avions utilisés par ces groupes religieux ont engorgé “l’aéroport tenu par les Américains dès le deuxième jour” et “retardé l’arrivée, parfois de 48 heures, de stocks vitaux de médicaments”.

 

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