Récemment, Johann Hari nous expliquait l'histoire de la monoculture de la banane comme parabole du pouvoir entrepreneurial qui s'étend dans tout le secteur agricole (« El plátano, parábola de nuestro tiempo ». La Jornada, du 3 juin 2008 ). Ce fruit nous permet de connaître aussi le deux poids-deux mesures avec lesquels ses multinationales propriétaires s'arrangent, selon qu'elles opèrent dans un pays riche, ou qu'elles le font -elles définissent, visualisent et déprécient- dans une république bananière.
Les compagnies bananières étasuniennes, comme explique Augusto Zamora (Ambassadeur du Nicaragua en Espagne) dans le livre [de Vicent Boix Bornay]«El parque de las hamacas(Le parc des hamacs) », ont été pionnières dans l'implantation d'un modèle de spoliation qui excelle encore à souhait. L'entreprise en accord avec le gouvernement bénéficie d'un régime légal exceptionnel, en vertu duquel elle peut réaliser son activité dans le pays et employer une main-d'œuvre nationale avec des salaires de misère et privé de ses droits élémentaires. En échange, celle-ci paie au gouvernement quelques impôts, symboliques en proportion des bénéfices obtenus, et « embauche » comme employés hautement qualifiés des membres de l'oligarchie locale. Gouvernement et oligarchie sont les seuls qui bénéficient de l'exploitation du pays et de sa population".
Effectivement. L'ONG britannique Christian Aida étudié le comportement fiscal de quelques multinationales dans son travail quand elles opèrent dans les pays du sud par tout dans le monde. Ses calculs soulignent que dans ses périples dans le monde, avec escales dans des paradis fiscaux, prés de 160 milliards de dollars par an d'argent public sont détourné. Pour comprendre la valeur de ce chiffre, pensons que selon le sommet de la FAO à Rome sur la crise alimentaire, 30 milliards de dollars sont nécessaires pour relancer la production agricole et combattre la pauvreté et la malnutrition. Parmi ces multinationales, mégacorporations ou transnationales (ou comme il vous plait d'appeler ces Léviathans), on trouve justement les actuels Royaumes planétaires de la banane : Dole, Chiquita et Del Monte. Avec une forte probabilité, deux bananes sur trois que nous achetons est une banane qui vient de l'une de ces compagnies. Dans ce cas concret, elles font baisser leur fiscalité approximativement à 15 %, tandis qu'aux États-Unis -où l'on trouve leur siège social- elles seraient imposées autour de 35 %. Avec les investissements de tels amis, les investissements de tes ennemis ne sont pas nécessaires.
Le manque de scrupules avec lequel ces compagnies agissent dans des pays tiers, s'illustre avec les bananières qui continuent d'être des protagonistes macabres. Pour le traitement des plantations les techniciens des entreprises bananières ont mis au point dans les années 60 un pesticide, le dibromo chlore propane (Nemagon) qui est appliqué dans 15 pays du monde, la majorité au sud, qui -preuves de laboratoire faites- a de ses graves effets sur la santé humaine, et même après qu'il ait été interdit par les autorités des Etats-Unis. Être une travailleuse ou un travailleur d'une plantation bananière signifie avoir perdus ses terres, abandonnere une agriculture de subsistance pour travailler comme journalier dans une agriculture de monoculture et d'exportation, et être atteint par les fumigations comme un simple parasite. Un parasite sans droits qui a souffert et souffre des conséquences du mépris des entreprises bananières.
Article original en espagnol: La Jornada. Mexico, le 29 juillet 2008 .
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