Depuis que G. W. Bush a défini l’Iran comme un « Etat voyou », une campagne est en cours contre ce pays à l’histoire plurimillénaire et contre son gouvernement : campagne brutale de diabolisation fondée sur le mensonge qui sert de toute évidence à aplanir la route à l’agression militaire. Nous nous souvenons tous de la façon dont fut préparée la guerre contre l’Irak. Tandis que les sanctions et l’embargo provoquaientun demi million de morts (des enfants surtout, à cause de l’absence de médicaments, de lait et de produits de première nécessité), l’Irak était accuséd’accumuler des « armes de destruction massive ». Comment oublier la grande mise en scène avec laquelle Colin Powell, pour justifier ce qui sera le plus grand carnage après le Vietnam, en arriva à tromper l’assemblée de l’Onu en leur montrant le fameux « pistolet fumant » ?
Les Etats-Unis, qui défendent leur suprématie mondiale avec des milliers de têtes nucléaires et la plus imposante machine de guerre de tous les temps, justifient les terribles sanctions à imposer à l’Iran et l’éventuelle attaque militaire par l’argument selon quoi la République islamique chercherait à se doter de la bombe atomique pour pouvoir attaquer Israël. L’accusation est repoussée avec mépris par Téhéran, mais la Maison Blanche utilise une fois de plus deux poids et deux mesures. Il est en effet notoire qu’Israël possède une centaine de têtes nucléaires, dont une bonne partie est pointée sur l’Iran, et dont chacune d’entre elles pourrait raser au sol Téhéran.
Les ennemis déclarés de l’Iran (avant tout Israël et les Etats-Unis, derrière lesquels l’Union Européenne vient se mettre en rang), dans leur tentative de tromper l’opinion publique et de combattre leur front interne, se parent du masque habituel : celui des paladins de la liberté, de la démocratie et de la non-violence. Ils contestent en particulier au gouvernement de Téhéran sa dure répression contre les protestations. Les sous signés n’aiment ni les dictatures, ni la suspension des droits de liberté, où que cela advienne, mais avant de donner des leçons de démocratie les ennemis de l’Iran devraient mettre fin à l’Etat de siège et à la menace militaire auxquels ils soumettent ce pays, étant donné que la guerre, comme l’enseigne l’histoire, est le plus grave obstacle à la liberté. Dans tous les cas, ne peuvent pas se poser en champions des droit de l’homme ces pays mêmes dont les troupes commettent des massacres en Afghanistan ou en Palestine, ces pays qui soutiennent des coups d’Etat pour renverser des gouvernements qui leur sont hostiles (Honduras), ces pays qui n’hésitent pas à avoir recours aux attentats terroristes ou à l’ « élimination ciblée » de représentants politiques ou de chercheurs considérés comme dangereux.
Tandis que s’aggravent les dangers de guerre, nous exprimons notre indignation pour les affirmations qu’a faites Berlusconi au cours de son voyage en Israël. Non seulement celui-ci a justifié les massacres indiscriminés contre les palestiniens de Gaza, non seulement il a défendu l‘idée raciste et ségrégationniste d’Israël comme Etat purement juif (avec l’exclusion substantielle de la population arabe de la jouissance des droits politiques). En piétinant les sentiments de paix du peuple italien et en commettant de graves dommages contre les intérêts nationaux mêmes, Berlusconi a assuré aux israéliens que l’Italie interrompra ses relations diplomatiques avec l’Iran et soutiendra en tout lieu la demande de sanctions très dures. En d’autres termes, Berlusconi a prêté main forte aux faucons israéliens, lesquels sont prêts, une fois obtenu le feu vert d’Obama, à déverser sur l'Iran des bombardements dévastateurs, sans exclure le recours à l’arme atomique.
Il faut arrêter l’escalade anti-iranienne et démanteler l’arsenal atomique israélien pour dénucléariser le Moyen-Orient.
Le siège israélien contre Gaza doit finir et le peuple palestinien doit enfin voir ses droits reconnus.
(Traduit de l’italien par m-a p)
Premiers signataires :
- Domenico Losurdo – Université d’Urbino
- Gianni Vattimo – Philosphe et député européen
- Danilo Zolo – Université de Florence
- Margherita Hack – Astrophysicienne
- Lucio Manisco – Journaliste, ex député européen
- Marino Badiale – Université de Turin
- Aldo Bernardini – Université de Teramo
- Giovanni Bacciardi – Université de Florence
- Enzo Apicella - Designer, Londre
- Fernando Rossi - ex sénateur, Per il Bene Comune
- Sergio Cararo - Revue Contropiano
- Maurizio Fratta - Coordinateur Rivoluzione Democratica
- Fausto Sorini - Rédaction de l'Ernesto
- Leonardo Mazzei – Campo Antimperialista
- Alessandro Leoni - Cpn Prc
- Riccardo Filesi - Comunisti Uniti Lazio
- Miriam Pellegrini - Partisane de Giustizia e Libertà
- Andrea Catone - Directeur de l'Ernesto
- Spartaco Ferri - Partisan de la Divisione Garibaldi
- Andrea Fioretti - Comunisti Uniti del Lazio
- Fabio Marcelli – Vice secrétaire Ass. Internazionale Giuristi Democratici
- Mary Rizzo - Palestine Think tank
- Andrea Torre - Ist. Naz. Storia del Mov. di Liberazione in Italia
- Vladimiro Giacché – Economiste
- Costanzo Preve – Philosophe, Turin
-Carlo Fabretti - Mathematicien,Accadémie de la Science New York
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