“Israël a violé le droit international”

L’utilisation par Israël de bombes à sous-munitions

L’utilisation par Israël de bombes à sous-munitions relance la polémique sur la légalité de telles armes.

L’utilisation par Israël de bombes à sous-munitions relance la polémique sur la légalité de telles armes. L’Etat hébreux a-t il violé le droit international ?

Anne Héry :

De notre point de vue, l’emploi de cette arme constitue une violation du droit International humanitaire pour deux raisons.

D’une part, elle tue indifféremment militaires et civils, or le droit international exige cette distinction.

D’autre part, en cas d’échec lors de l’explosion, les munitions deviennent des mines antipersonnelles, armes prohibées.

Cette arme est composée de mini-bombes regroupées dans une bombe-mère. Elle est larguée par voie aérienne ou lancée. Elle touche une zone pouvant atteindre plusieurs hectares. Les petites bombes n’explosent pas de manière simultanée. Le taux d’échec peut être important. Au Sud Liban, ce taux a pu atteindre les 50 %. Ces munitions qui n’ont pas explosé restent très sensibles. Elles sont de petites formes et de couleurs vives. Cette attention, à l’origine pour permettre de les repérer plus facilement, attire dramatiquement l’œil des enfants. Or, dans le Sud du Liban, on en trouve partout. Les missions d’observations ont recensé 405 sites touchés.

2.900 munitions ont été détruites à ce jour sur plusieurs milliers encore actives. Cela bloque les activités de reconstruction. Il y en a dans les décombres des maisons, dans les champs à cultiver.

Les Etats-Unis ont lancé une enquête pour savoir si leur matériel a été utilisé pendant la guerre. Connaît-on la provenance des munitions utilisées ?

A H :

Pour l’instant, on sait seulement qu’elles sont de fabriques américaine et israélienne. Un accord secret a été signé entre les Etats-Unis et l’Etat hébreux afin que ces bombes ne soient pas utilisées dans des zones civiles.

Or, étant donné le périmètre d’action de ces armes, les civils devaient forcément être touchés.

Ce qu’il faut, c’est interdire l’utilisation de ces armes.

Chaque pays interprète le droit international humanitaire à sa convenance. Ces armes ne sont pas sur la liste des armes prohibées, mais dans la pratique, elles y entrent. La Belgique a déjà signé un traité interdisant leur usage en février dernier. La France évoque le fait qu’elle dispose d’un protocole d’utilisation très stricte. Mais les contrôles sont trop fragiles. On ne maîtrise pas leur utilisation.

Depuis le traité d’Ottawa en 1997, le nombre de mines antipersonnelles régresse. Les bombes à sous-munition ayant les mêmes effets mettent à mal le traité. Il faut une volonté des gouvernements pour les faire interdire. La pyramide de chaussure à la Bastille le 30 septembre doit aider à la sensibilisation du gouvernement. Dans d’autres pays, des actions similaires s’organisent.

Kofi Annan demande à Israël de communiquer les zones d’impact des bombes. De quelle manière le Sud Liban a été touché par rapport à d’autres zones de conflits ?

A H :

La communication des zones bombardées permettra au moins de les répertorier avant que ces bombes ne causent un accident. De plus, il est difficile de faire une bonne prévention à cause des moyens de communication détruits.

Ces bombes ont été utilisées en Irak et en Afghanistan récemment, mais on sait déjà que le Sud Liban est particulièrement pollué, d’autant plus que l’essentiel des munitions a été utilisé au cours des derniers jours.

Anne Hery, déléguée d’Handicap International à Paris

Propos recueillis par Bernard Javet (le vendredi 1er septembre)


Articles Par : Anne Hery

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