Japon: Grosse inquiétude autour de la centrale nucléaire de Fukushima

Vue aérienne de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi (Japon), le 14 mars 2011

Vue aérienne de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi (Japon), le 14 mars 2011 HO NEW / REUTERS

CATASTROPHE – Une explosion a eu lieu au sein d’un réacteur ce lundi matin…

Alors que le bilan officiel du séisme et du tsunami est à l’heure actuelle de plus de 1.800 victimes et 2.300 disparus, dont 17 Français, l’inquiétude principale se porte toujours sur l’état de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi dont le réacteur n°3 a connu une explosion ce lundi matin.

La compagnie Tepco, qui exploite la centrale, a commencé à injecter de l’eau de mer dans le réacteur n°2 pour tenter de le refroidir. Une fusion du coeur du réacteur ne peut être exclue, selon l’agence Jiji. Tepco a déclaré que les barres de combustible nucléaire avaient pu être complètement exposées à l’air libre. Selon l’opérateur, les barres sont désormais à moitié immergées.

Le Japon demande l’aide des Etats-Unis

Le circuit de refroidissement du réacteur n°2 de la centrale atomique de Fukushima-Daiichi, endommagée par le séisme et le tsunami de vendredi dans le nord-est du Japon, a cessé de fonctionner lundi et il n’est resté de ce fait pratiquement plus d’eau à l’intérieur, avait annoncé auparavant Tepco. Le Japon a demandé l’aide des Etats-Unis pour l’aider à refroidir ses réacteurs.

Pour le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), les réacteurs sont intacts et les rejets radioactifs limités. «Les autorités japonaises travaillent aussi dur que possible, dans des circonstances extrêmement difficiles, pour stabiliser (la situation dans) les centrales nucléaires et assurer la sécurité», a déclaré Yukiya Amano, dans un communiqué transmis ce lundi aux Etats membres de l’AIEA.

Une catastrophe proche de Tchernobyl?

Le directeur de l’AIEA s’est par ailleurs dit convaincu que les autorités japonaises communiquaient toutes les informations à leur disposition. Il a en outre jugé très peu probable que l’accident de la centrale de Fukushima ne donne lieu à une catastrophe comparable à celle de Tchernobyl, survenue en 1986.

On en est pourtant proche d’après le président de l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), André-Claude Lacoste. L’accident survenu dans la centrale nucléaire de Fukushima pourrait être plus grave qu’annoncé et classé au niveau 5 voire 6 sur l’échelle internationale, a-t-il déclaré ce lundi. Les autorités japonaises ont classé l’incident au niveau 4 samedi, au lendemain du séisme et du tsunami.

«Pas de doute» sur un début de fusion

André-Claude Lacoste a précisé tenir ses informations de plusieurs sources différentes: les autorités japonaises, ses homologues étrangers et des «sources informelles». Selon ces informations, «il n’y a pas de doute» qu’il y a eu un début de fusion du coeur des réacteurs numéro 1 et 3 de la centrale de Fukushima et «sans doute début de fusion du coeur pour le réacteur numéro 2». Le scénario le plus redouté serait une fusion complète du coeur d’un réacteur et/ou la détérioration des enceintes de confinement, a dit l’ASN.

Dans le premier cas, l’accident serait «similaire» à celui de Three Mile Island, survenu aux Etats-Unis en 1979 et qui n’avait entraîné que de faibles rejets, dans le second cas, la situation serait «plus proche de Tchernobyl». «Nous sommes au début d’une crise qui peut durer des semaines», a prévenu André-Claude Lacoste.

Les autorités japonaises ont, par mesure de précaution, approvisionné les centres d’évacuation avec 230.000 unités d’iode. L’AIEA a souligné que ces pastilles d’iode, une substance qui peut prévenir le cancer de la thyroïde en cas d’exposition radioactive lors d’un accident nucléaire, n’avaient pas encore été distribuées à la population.

C.C. avec Reuters

Articles Par : Global Research

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