L’Afrique est riche. Pourtant elle a faim.

L'Afrique est riche. Pourtant elle a faim.

«Ainsi donc, «le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain [...] dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, [ il ] reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.»

Nicolas Sarkozy-Discours de Dakar-juillet 2007

   Ce réquisitoire sans appel à l’endroit de l’Afrique a le mérite de la clarté. Le président Sarkozy tout en reconnaissant du bout des lèvres, «la grande faute», a toutefois refusé de formuler des excuses. Il a par ailleurs insisté sur le fait que la colonisation n’était «pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux, des génocides, des dictateurs, du fanatisme, de la corruption…» Exonérant, au passage, les complicités inavouables entre Paris et les potentats locaux de la Franceafrique toujours d’actualité en 2011.

   Est-ce à dire que c’est de la faute de l’Afrique d’être sous-développée? Oui, sans doute, mais la responsabilité du pouvoir colonial est  aussi, pleine et entière. La colonisation devant durer mille ans, il n’était pas nécessaire pour le pouvoir colonial de former une élite endogène. Les rares Africains étaient tellement bien «formatés» dirions-nous aujourd’hui qu’ils furent des pâles clones des maîtres qui les ont intronisés pour perpétuer une nouvelle forme de colonisation à distance. Le colon n’a plus de visage, mais, mondialisation aidant, il garde la mainmise sur les ressources des colonies, soit d’une façon soft soit par des interventions brutales. Résultat des courses, l’Afrique, un demi-siècle après les indépendances, est toujours en panne, donnant crédit à Hegel et à Victor Hugo pour qui c’est le continent de la nuit.

   Il ne faut pas s’étonner que Henri Guaino, le sherpa du président Sarkozy, s’en donne à coeur joie et fait dire au président ses pensées qui sont loin de la générosité et qui traduisent à leur façon le mythe des races supérieures cher à Renan Gobineau et Jules Ferry….Rien n’a changé…

   Notre propos sera d’essayer de décrypter les causes du début de famine actuelle qui a lieu dans la Corne de l’Afrique Cette récurrence de la famine a un goût de déjà-vu Lisons ce que disait Kofy Annan il y a quelques années: «L’aide d’urgence est essentielle, mais acheminer simplement des vivres ne suffit pas», a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan: il faut également s’attaquer à la pauvreté et aux autres causes de la famine.» «C’est une crise sans précédent, qui exige une réponse sans précédent», a affirmé le directeur exécutif du PAM, James Morris, à l’occasion de la séance du Conseil de sécurité du 3 décembre, consacrée à la menace que constitue pour la paix et la sécurité internationales la crise alimentaire en Afrique. Au cours du débat, M. Morris et d’autres orateurs ont souligné divers facteurs qui contribuent à la crise actuelle: la sécheresse et autres conditions climatiques défavorables dans de nombreux pays concernés, qui ont engendré de faibles récoltes et la hausse du prix des denrées alimentaires; l’effet incapacitant du VIH/sida, qui réduit la faculté des personnes infectées à surmonter les ravages de la faim et déstabilise les systèmes agricoles, en décimant par millions les rangs des agriculteurs les plus productifs d’Afrique; les conflits armés et l’agitation politique, comme en Côte d’Ivoire, en République démocratique du Congo, au Soudan et au Zimbabwe, et les difficultés rencontrées par des pays qui sortent d’un conflit récent, comme l’Angola, l’Ethiopie, l’Erythrée et la Sierra Leone; des politiques économiques inadaptées, notamment dans le secteur agricole, qui ont abouti, dans de nombreux pays concernés, à des investissements insuffisants dans la production agricole, dans l’infrastructure rurale ou dans les services sociaux de base. Cette situation est aggravée par le faible cours des exportations agricoles africaines sur les marchés mondiaux.(1)

   Le son de cloche est le même en 2011, les mêmes causes, les mêmes effets et le même appel au secours. Selon les Nations unies, la Corne de l’Afrique est frappée par la pire sécheresse que la région ait jamais connu depuis 60 ans. Jens Oppermann, chef de mission d’Action contre la faim (ACF) pour la Somalie, décrit, depuis le Kenya où il est basé, une situation sans précédent et appelle aux dons. Les Nations unies disent que la région connaît la pire sécheresse depuis 60 ans. Le confirmez-vous? Absolument, ce que nous voyons ici est sans précédent, et nous n’avons pas vu une situation comme celle-là depuis des dizaines d’années. Il y a 10 millions de personnes à travers la Corne de l’Afrique qui ont besoin d’une aide humanitaire. Ils sont à deux doigts de la famine. Ils n’ont accès ni à l’eau, ni à un logement, ni à des installations sanitaires. Ces gens ont marché pendant des jours et des semaines en Somalie, dans l’environnement le plus hostile que vous pouvez imaginer. Ils sont pauvres au point de ne pas pouvoir s’acheter à manger et ils atteignent nos centres, épuisés.(2)

Le continent de la vie

Le facteur principal est la sécheresse: le manque d’eau provoque une inflation des prix de la nourriture. Par conséquent, pour résoudre le problème de la Corne de l’Afrique, il faut commencer par la Somalie. Cela permettrait d’apporter l’aide humanitaire directement en Somalie et cela aurait un impact positif sur l’activité humanitaire au Kenya, en Ethiopie et à Djibouti. (…) Tout va dépendre de l’aide humanitaire que nous pourrons apporter. Nous avons commencé à lancer des appels d’urgence et nous avons intensifié nos activités. Nous espérons que nous recevrons des moyens supplémentaires de la part des donateurs (les pays et les donateurs individuels) pour accroître notre aide d’urgence aux populations. Dans le cas contraire, nous ne serons pas capables de répondre à cette crise.(2)

Pour Alexia Eychenne, face à une sécheresse exceptionnelle et la flambée des prix des matières premières, la Corne de l’Afrique est menacée d’une catastrophe humanitaire. Entre 10 et 12 millions de personnes manqueraient déjà de nourriture dans la Corne de l’Afrique, dont 2,6 millions en Somalie et autour de 3,2 millions en Ethiopie et au Kenya. Djibouti et l’Ouganda sont aussi touchés. (…) Le système d’alerte précoce des famines (USAid/Fews Net) qui scrute le risque des pays en fonction des précipitations, de la production agricole, des prix sur les marchés et de la nutrition, a déjà classé plusieurs régions au niveau 4: celui de l’urgence alimentaire, dernière étape avant la famine. Plus radicales, les ONG dont Action contre la faim parlent déjà d’une «catastrophe humanitaire» en Somalie, où 250.000 enfants souffrent de malnutrition sévère.(3)

   «A l’origine, poursuit Alexia Eychenne, c’est une sécheresse pérenne la plus sévère depuis soixante ans selon l’ONU qui a plongé dans la détresse des milliers de ménages déjà fragiles. Les saisons des pluies qui arrivent normalement à la fin de l’année, puis au printemps, sont passées quasiment inaperçues. Les récoltes agricoles ont fondu, privant les producteurs de ressources, et les éleveurs ont vendu leur bétail menacé de mort. L’envol des prix des aliments de base a fini de mettre à terre le pouvoir d’achat des paysans. Selon l’ONU, les prix des céréales dans les zones touchées par la sécheresse au Kenya sont de 30 à 80% supérieurs à la moyenne de ces cinq dernières années. En Ethiopie, l’indice des prix à la consommation pour l’alimentation a flambé de près de 41% en mai sur un an, mais la hausse la plus dramatique frappe la Somalie: 270% d’augmentation des prix sur la même période. S’y ajoutent des conflits régionaux qui empêchent la circulation des produits, gênent l’action des ONG et les politiques de soutien.(3)

 

La responsabilité diabolique   et l’impunité des spéculateurs

    Alexia Eychenne n’oublie pas de citer la spéculation Le rôle de la spéculation fait débat. Les spéculateurs avaient été pointés du doigt lors des dernières grandes tensions sur les prix alimentaires, en Afrique du Nord notamment. Jean Ziegler repart à l’attaque. «Il y a aussi les hedge funds qui, ayant perdu des sommes astronomiques au moment de la crise de 2007, se sont littéralement jetés sur la spéculation des matières premières agricoles. Avec à la clé des hausses de cours tellement importantes qu’elles empêchent les Etats les plus faibles d’importer ces matières premières», accuse le vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. «Reste à savoir si les promesses internationales seront tenues. Le Royaume-Uni a déjà annoncé qu’il verserait 52,5 millions de livres. Mais l’ONU a régulièrement du mal à financer ses programmes. L’appel de fonds 2011 pour Djibouti n’est d’ailleurs actuellement financé qu’à 30%. Celui pour la Somalie ne l’est qu’à 50% tandis que celui pour le Kenya est rempli à 54%. L’ONG ONE a rappelé la semaine dernière que, deux ans après le G8 de l’Aquila consacré à la lutte contre la faim, les donateurs n’ont déboursé que 22% des fonds promis pour l’agriculture d’ici à 2012».(3)

  Comme nous l’écrivions dans une contribution précédente, et au risque de nous répéter, les pays du Sud dépendent pour leur survie d’un Nord opulent qui, à bien des égards, est responsable de ces malheurs. Certes, le Nord jette des miettes sous forme d’APD qui, malheureusement demeure sans lendemain,.. Pour éradiquer ce fléau, il suffirait de seulement 30 milliards de dollars par an. En comparaison, le budget militaire de base du Pentagone est de 533,7 milliards de dollars pour l’exercice 2010. Par ailleurs, les institutions financières américaines vont distribuer pour cette année 2010 le chiffre record de 144 milliards de dollars en seul bonus, primes et stock-options à leurs dirigeants, c’est-à-dire aux responsables de la crise économique mondiale. Dans le même temps, le marché de la publicité avoisine les 500 milliards de dollars et celui des armes les 1200 milliards de dollars. Jean Ziegler a raison de dire que ceux qui laissent mourir les enfants – en effet, un enfant meurt de faim toutes les six secondes sont des criminels.»

   On le voit, les peuples du Sud sont soumis à une double peine; ils n’arrivent pas à se protéger contre les changements climatiques, dont ils ne sont pas responsables, ils meurent par milliers, Ils n’arrivent pas à acheter de la nourriture celle- ci étant trop chère, ils meurent de faim ou ils protestent et nous avons le scénario des émeutes qui gangrènent les pays du Sud. Par ailleurs, la flambée des prix des matières premières en général et des produits alimentaires a connu une accélération ces dernières années. 2010 aura été l’année de toutes les hausses. Faiblesse du dollar, croissance chinoise, spéculation, raréfaction de l’offre sont autant de facteurs qui tirent vers le haut le prix des matières premières. Tour d’horizon des plus fortes augmentations et prévisions pour 2011. Le prix du colza a crû de 75%. Le prix du blé a augmenté de 47,25% en un an. Pour le café +69,24% en un an, +80% ces 6 derniers mois. Pour le sucre depuis juin 2010: 140%.(4)

   La part des spéculateurs, justement,  sur les marchés alimentaires explique en partie la hausse continue des prix depuis l’été 2010. Les produits alimentaires sont devenus des actifs financiers comme les autres. Comme vient de l’exprimer le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, nous vivons le début d’une crise alimentaire similaire à celle de 2008. Pour Jean Ziegler, l’alimentation devient un droit de l’homme.

 

La famine « organisée » méthodiquement

  Bruno Parmentier parlant de Jean Ziegler , encore lui,  écrit: «Le premier rapporteur, le Suisse Jean Ziegler, avait la fougue du passionné; c’était un prophète qui dénonçait avec éloquence, poigne et humour nos faiblesses, nos indifférences, et les nombreux scandales de tous ceux, nombreux de par le monde, qui se nourrissaient fort bien de cette faim. Il était étonnant d’entendre, au milieu du langage habituellement feutré des Nations unies, des propos aussi carrés, aussi peu diplomatiques, dans la foulée de ceux par exemple qui avaient été écrits par Robert Linhardt à la fin des années 1970: «A mesure que je recueillais témoignages et données, la faim m’apparaissait avec une terrible netteté comme le produit d’un dispositif compliqué jusqu’au raffinement…Ce n’était pas une faim simple, une faim primitive. C’était une faim élaborée, une faim perfectionnée, une faim en plein essor, en un mot, une faim moderne. Je la voyais progresser par vagues, appelées plans économiques, projets de développement, pôles industriels, mesures d’incitation à l’investissement, mécanisation et modernisation de l’agriculture. Il fallait beaucoup de travail. Cette faim bourdonnait d’ordres d’achats, de lignes de crédit en dollars, francs, marks, yens, d’opérations fièvreuses sur les commodities markets, de transactions foncières, d’anticipations, d’astuces et de bons coups. Des commerçants, des banquiers, des armateurs, des chefs d’entreprise, des experts, des hommes d’affaires y avaient leur part, ainsi qu’une armée d’intermédiaires, de courtiers et de négociants. Et tous ces gens parvenaient à faire jaillir de cette faim, commissions, bénéfices, profits, rentes, loyers, dividendes…Oui, vraiment l’organisation minutieuse de cette faim m’apparaissait comme une chose prodigieuse.»(5)

Voilà qui est clair, la famine est d’une certaine façon «organisée». On peut le comprendre si le but recherché par le néolibéralisme est de précariser les pays, les plus vulnérables les amener à vendre leurs terres à des groupes internationaux pour une bouchée de pain (Groupes occidentaux, Chine mais aussi pays du Golfe). Pour Thierry Brun, la responsabilité des pays du Nord est totale. La crise agricole et alimentaire a disparu des écrans et des priorités des grands de ce monde. (…) Face à cette situation d’urgence, les gouvernements du G20 préfèrent favoriser les intérêts des entreprises agro-industrielles et des acteurs financiers plutôt que d’encourager et de soutenir les politiques agricoles des pays en développement. Les mêmes pays riches réclament cependant de nouvelles libéralisations au sein de l’OMC. Le cynisme était de mise lors du récent G20 agricole, car la question de constituer des réserves alimentaires d’urgence a été écartée. Au nom de quoi? Le stockage d’une centaine de millions de tonnes supplémentaires de céréales pour aider les pays pauvres pouvait nuire aux marchés… Il est urgent de changer de cap: c’est tout l’enjeu du prochain sommet du G20 à Cannes et des mobilisations citoyennes prévues en novembre».(6)

   L’Afrique ne manque pas de ressources, elle demande à l’Occident de la laisser en paix en ne s’ingérant pas et en n’intronisant pas des potentats aux ordres, de ne pas lui voler ses matières premières. Elle attend qu’on lui restitue sa dignité en lui permettant de former ses élites. Pour nous, le discours de Dakar, qui s’inscrit dans la plus pure tradition coloniale, devrait être pour nous un électrochoc. Basta à la Franceafrique au Commonwealth et à tous les subterfuges des anciennes puissances coloniales pour leur garder leurs privilèges! S’agissant de cette famine imminente, il est nécessaire de mobiliser 120 millions de dollars pour sauver des millions de vie humaine. Où est la générosité des télethons occidentaux à géométrie  variable. L’Europe  àtitre d’exemple ui s’apprête à injecter cent milliards de dollars pour sauver la Grèce en vain, ne peut pas distraire , moins de 0,1% pour sauver des vies humaines ! . Ceci dit, nous remarquons le silence assourdissant des Arabes et des potentats musulmans qui achètent pour des centaines de milliards d’armement mais qui sont incapables d’organiser une aide rapide pour donner une perspective à des enfants qui ne sont  pas nés pour souffrir.

Notes/Références

1. http://www.un.org/french/ecosocdev/geninfo/afrec/vol16no4/164foodf.htm  

2 .Jens Oppermann. «Ce que nous voyons dans la Corne de l’Afrique est sans précédent» Propos recueillis par Thomas Baïetto Le monde.fr 12.07.11

3. Alexia Eychenne – Pourquoi le spectre de la famine ressurgit en Afrique 19/07/2011

4. Elie Patrigeon. Ces matières premières qui flambent 05/01/2011

5. Bruno Parmentier. Préface Conférence de Olivier de Schutter – L’économie politique de la faim.

Garantir le droit à l’alimentation dans un monde de ressources rares – Leçon ESA 2010

6. Thierry Brun! http://moissacaucoeur.elunet.fr/index.php/post/16/07/2011/Le-monde-a-de-plus-en-plus-faim-par-Thierry-Brun

Articles Par : Chems Eddine Chitour

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