L’ Obamania à l’épreuve de la realpolitik

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C’est assurément un signe de vitalité démocratique que de voir des consultations électorales être l’objet d’une intense charge passionnelle. Effectivement, les enjeux sous- jacents au jeu électoral sont tels que là où la citoyenneté s’exprime, l’euphorie se manifeste dans des proportions qui semblent défier toute rationalité. Cette euphorie, tout à fait légitime en tant que dimension de la subjectivité intrinsèque au mouvement social, traduit « la passion des politiques en quête de pouvoir, la passion du pouvoir pour persister dans son être et la passion des citoyens dans leur quête de bonheur », pour reprendre notre formulation dans l’Afrique face au défi de la modernité. Et quand cette consultation électorale se déroule aux Etats-Unis, première puissance économique, financière et militaire avec tout ce que cela suppose comme capacité de diffusion satellitaire, l’on comprend aisément la fièvre qui envahit les moindres coins et recoins de la planète-terre.

Pourtant, sans remonter jusqu’à leur indépendance, on peut s’accorder à penser que les Américains ont régulièrement organisé des scrutins présidentiels qui n’ont pas connu autant d’euphorie et de passion que celles ayant marqué ces présidentielles du 04 novembre. Dés lors, cette question s’avère incontournable : qu’est-ce qui a imprimé à cette élection cette particularité ? Est-il loisible de réduire les facteurs explicatifs à la candidature victorieuse du charismatique métis Barack Obama ? L’élection triomphale de « ce fils d’un fils d’Afrique » signifie t-elle l’avènement d’une Amérique qui renonce à ses visées hégémonistes pour se mettre au service de l’humaine quête d’un monde de justice, de paix et de fraternité ?

I / Une Amérique dans la tourmente

De toute évidence, la passion qui a imprégné le scrutin de novembre est indissociable de la personnalité intrinsèque de Barack Obama, premier homme de couleur à avoir bousculé, avec succès et jusqu’à leurs ultimes retranchements, les traditions en vigueur dans les partis politiques, en triomphant de l’immense obstacle Hillary Clinton, avant d’être si brillamment admis à la Maison Blanche.

Mais Obama n’a pas surgi, tel Minerve, de la cuisse de Jupiter. Il est le produit d’une histoire faite de combats épiques que rappelle Khadim Sylla : il a bénéficié des acquis stratifiés des luttes et des engagements des pionniers pour la restauration de la conscience historique du Noir, menés par les Martin Luther King, Malcolm X, Rosa Park, Marcus Garvey, Edward Wilmot Blyden, Steve Biko, Nelson Mandela, Amilcar Cabral, Robert Um Nyobe, Cheick Anta Diop, les Négres marrons anonymes des champs de canne, les victimes de la lutte pour les droits civiques à Montgomery, à Birmingham et partout ailleurs en Amérique, les millions de victimes de l’Apartheid, etc.

Outre ce facteur historique, son ascension a été « facilitée » par la gestion catastrophique des Etats-Unis sous les mandats traumatisants de la famille Bush. A ce sujet, cette déclaration d’une américaine d’origine coréenne est fort révélatrice. Expliquant au micro d’une radio européenne, sa forte émotion à l’annonce de la victoire du démocrate Obama, elle fait cette confidence : depuis huit ans, j’avais honte de me dire américaine.

Effectivement, cette séquence de l’histoire récente des USA est l’instance de cristallisation des frustrations les plus manifestes des Américains restés attachés à un certain nombre de valeurs fondatrices de l’humanitude. Cette circonscription dans le temps commence sans doute par ce mode d’élection rocambolesque de Georges Bush-fils qui donne l’impression que le pays de l’Oncle Sam est devenu une république bananière. En triomphant en 2000 de son adversaire, le démocrate Al Gore, qui l’avait pourtant devancé de quelques cinq cent mille voix, G B avait fini par rejoindre la communauté des présidents mal élus dont les membres jusqu’à cette date provenaient pratiquement d’Afrique au Sud du Sahara. Le verdict des urnes fut tout simplement renversant : Al Gore déteint la vox populi mais il n’est pas vainqueur. Les agissements du Frère Jeb Bush depuis la Floride qu’il dirigeait, conjugués au mode de calcul propre au système électoral américain, auront fait le reste. Ce mode d’ascension au pouvoir n’a pas tout simplement accentué les frustrations des démocrates et Américains attachés à la justice. Il a aussi largement terni l’image d’un pays qui entend orgueilleusement mettre à profit l’exemplarité de son système politique pour revendiquer et assumer à l’échelle mondiale un leadership incontestable.

Mais cette mascarade électorale ne tardera pas à livrer sa vérité. Elle a été conçue et finalisée vraisemblablement par les lobbies militaro – industriels et pétroliers. A preuve sitôt élu, il consolide l’héritage du père en ouvrant la seconde guerre du Golf sous l’argument fallacieux de diffusion de l’idéal démocratique. Les hommes épris de justice, américains ou non, sont d’autant plus outrés par cette initiative que sa justification est des plus fragiles. En effet, il n‘est pas besoin d’être fin analyste politique pour réaliser la duplicité à prétendre travailler à l’ancrage de la démocratie en se mettant au dos les Nations Unies, scrupuleusement attachées aux principes fondateurs de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyens tels qu’ils ont été formulés en 1948 aux Etats-Unis même. Cette fragilité devient crève -l’œil dés l’instant où dans cette croisade « pour la bonne cause » la stratégie mise en œuvre repose, en partie, sur l’alliance étroite avec des monarchies pétrolières qui en sont à l’âge du sultanat.

Cette Seconde guerre contre l’Irak, au lendemain de l’effondrement du mur de Berlin qui emporte le pôle soviétique qui assurait l’équilibre de la terreur, relève du terrorisme d’Etat dont l‘internationalisation a donné naissance au terrorisme de masse. En inaugurant son mandat par l’élaboration d’une nouvelle théologie et par l’usage musclé des tanks pour greffer la démocratie G Bush a fait prévaloir une logique de la volonté de puissance à laquelle des cibles ont résisté au prix de leur propre vie. Cette dialectique cause -effet a été bien campée par Dominique De Villepin comme cela transparaît dans son Discours prononcé le 27 mars à l’Institut International d’Etudes de Londres, : Si le système international continue d’être perçu comme injuste ; si la force semble l’emporter systématiquement sur le droit ; si l’opposition des peuples n’est pas prise en compte, alors les facteurs de désordre en sortiront renforcés, les programmes proliférants seront accélérés, les jeux de puissance se poursuivront inutilement et la manipulation de l’hostilité idéologique envers les démocraties occidentales se développera.

En toute logique, les Etats-Unis qui ne font pas leur cette préoccupation d’une bonne frange d’opinion internationale, seront l’objet de l’hostilité des peuples ou des collectivités victimes de leur hégémonisme, comme en atteste l’effondrement « mystérieux » du Trade World Center. A cette catastrophe, Bush ajoutera le double enlisement en Irak et en Afghanistan. Pourtant, malgré ce bilan des plus désastreux dans l’histoire de l’Oncle Sam, il bénéficiera d’un second mandat en signant sa victoire électorale contre le démocrate John Kerry, en novembre 2004.

Mais véritablement, ce mandat aura été celui de trop. Ayant dépensé des milliards de dollars non sans avoir sacrifié d’innombrables vies humaines, le prédécesseur d’Obama n’a à ce jour gagné aucun de ses paris. Pire, en mauvaise posture en Irak comme en Afghanistan, il enregistre avec la plus grande passivité le plus grand crash économique depuis celui de 1929.

Ainsi donc l’Amérique qui sort de l’ère des Bush est une Amérique belliqueuse, malade de son économie, de ses finances, des contre performances de son armée et même de sa démocratie. Du coup, c’est une Amérique qui doute d’elle-même et qui s’interroge sur ce qui reste de son rêve.

Barack Obama a eu suffisamment d’inspiration pour oser mettre son courage, son art oratoire et, évidemment, son sens stratégique dans une dynamique à la limite surréaliste de conquête du suffrage de ses compatriotes. Sous ce rapport, la couleur de sa peau loin d’être un facteur limitant, a, au contraire, été d’un apport certain d’autant qu’il n’a pas bâti sa campagne sur une quelconque approche identitaire encore moins confessionnelle. En cela, il a été fidèle à un slogan vraisemblablement payant et expérimenté depuis juillet 2004 à l’occasion de la Convention du Parti démocrate : il n’ y a pas une Amérique noire, une Amérique blanche et une Amérique hispanique ; il y a les Etats-Unis d’Amérique. Mais toute la question est de savoir si le futur locataire de la Maison Blanche a suffisamment de marge de manœuvre pour rendre l’Amérique le plus proche possible de cette image toute positive dont se nourrit l’obamania.

Certes les démocrates depuis Roosvelt ont relevé les défis en surmontant les périls que secrète le libéralisme américain. Le New Deal est venu à bout de la crise de 29, tandis que l’avènement de Bill Clinton a rétabli les équilibres macroéconomiques que la reaganomie avait ébranlé. Les démocrates aujourd’hui seront-ils à la hauteur du nouveau défi ?

II/ Logique électoraliste et volonté de puissance

Par delà l’euphorie ambiante, du reste bien compréhensible, il importe de jeter un bref coup d’œil sur les facteurs qui pourraient hypothéquer la réalisation de l’utopie positive prêtée à Barack Obama.

Dans cet esprit l’on pourrait se demander si cette force qu’a constitué cette prouesse à mener une campagne tambour battant en tant que partie d’une minorité ou des minorités ne sera pas demain une faiblesse. A ce sujet, cette réflexion du Professeur Khadiyatoulah Fall qui travaille sur les questions identitaires mérite attention : maintenant qu’il est élu, va t-il gouverner comme un Noir président ou comme un président qui est noir ?…Durant toute sa campagne, il évitait l’assignation raciale ou l’assignation identitaire. Obama n’a jamais voulu être identifié à un noir candidat à la présidence des Etats –unis. Il veut porter le statut d’un Américain président que les contingences naturelles ou biologiques ont fait noir. En ce sens, il n’a pas été un candidat noir comme Jessie Jackson

Ce propos invite à plus de circonspection dans l’analyse du phénomène Obama. Evidemment, l’on a eu raison de mettre en relief l’acquis historique dont a hérité le successeur de Georges Bush. Cependant il est loin d’être de la même trempe que Martin Luther King, Malcolm X, Rosa Park, Marcus Garvey, Edward Wilmot Blyden, Steve Biko, Nelson Mandela, Amilcar Cabral ou Robert Um Nyobe. Ces derniers n’étaient pas candidats à quoi que ce soit. Ils n’ont pas choisi leur rôle en tant qu’ils ont été projetés par l’histoire tumultueuse des luttes fondamentales pour la reconnaissance des droits civiques, pour l’exercice de ces dits- droits ou pour les indépendances politiques.

Partant la victoire de Obama n’est pas celle d’un homme mû par le même idéal de justice sociale, de paix et de liberté de tous les hommes de toutes les races et auquel les leaders historiques noirs ont sacrifié leur vie. Le premier noir élu est effectivement un Américain qui a pris toutes ses responsabilités pour se présenter à des consultations comme le lui autorise la Constitution de son pays. Ce faisant, il a bénéficié de toutes les commodités que peut offrir une démocratie aussi forte que celle des Etats-Unis d’Amérique. Mieux, comme pour montrer son degré d’intégration à l’american way of life, il a usé d’une manne financière d’une importance telle qu’elle pourrait relancer le débat sur le financement des consultations électorales : l’importance des moyens financiers dans les campagnes électorales américaines n’est pas une nouveauté. Ce qui est nouveau, c’est le niveau sans précèdent des fonds réunis par Barack Obama et sa décision de ne pas entrer dans le cadre du financement public.

Il se donne alors à lire que, sous se rapport, le candidat démocrate est allé beaucoup plus loin que Jessie Jackson en pêchant des voix hors de la communauté noire, hors de toutes les communautés. Aussi s’est-il évertué, non sans succès, à séduire l’électorat blanc et notamment certains milieux d’affaires des plus influents.

Et, aujourd’hui, si on ne sait pas quelles sont les fractions de la bourgeoise américaine qui ont porté sa candidature, sait- on au moins qu’il a une tendance pro- israélienne très prononcée. A ce sujet, cette approche de Momar Dieng est fort révélatrice : pro-israélien militant, déterminé à empêcher l’Iran de se doter de la bombe nucléaire par tous les moyens que lui confèrent ses pouvoirs, décidé à écraser les Talibans d’Afghanistan et du Pakistan après avoir négocié un retrait des GI ‘s d’Irak, le nouveau chef de la Maison Blanche va inscrire sa politique internationale dans le cadre d’une action moins unilatérale, mais qui sauvegardera encore plus nettement les intérêts d’une puissance en déclin politique, économique et diplomatique

La nomination de Rahm Emanuel, réputé lui aussi pro-israélien comme Secrétaire général de la Maison Blanche et tellement dur qu’il serait surnommé… Rambo, semble conforter cette hypothèse du chroniquer du journal Quotidien.

En tout état de cause, la stratégie de Obama est d’autant plus payante que le libéralisme qui a l’intelligence de ses intérêts ne se formalise point sur la coloration confessionnelle ou raciale de ceux qui ont les compétences requises pour gérer les leviers de commandes. Qui plus est, point n’est besoin d’être économiste pour savoir que la vitalité du capitalisme est fondamentalement liée à sa capacité de résorber ses contradictions majeures par la prise en charge des reformes. En Europe cette tâche est souvent dévolue aux partis social-démocrates. Par contre, les USA, chez qui le socialisme reste encore un spectre, c’est l’alternance démocrate- républicain conjuguée à l’entretien d’une aristocratie syndicale qui gère les crises. On comprend alors l’atout que peut constituer l’élection d’un démocrate de couleur dans la stratégie de guérir l’économie américaine, de redonner confiance aux Américains et de redorer l’image d’une Amérique hostile au monde.

Dés lors, il convient de ramener la portée de la victoire de Obama à des dimensions plus rationnelles. C’est important car l’esprit de libre examen permet d’amoindrir les futures désillusions dont les effets sur les démocrates et les peuples sont souvent inhibiteurs. Mieux, le gain psychologique du moment peut se transformer en son contraire : ceux qui sont prompts à faire du succès d’aujourd’hui celui des Noirs risquent de dire demain il a échoué car les Noirs ne sont pas capables

Donc en lieu et place de cet enthousiasme débordant, il importe de se poser un certain nombre de questions qui s’avèrent être quelques unes des contradictions- clé qui vont structurer le mandat du nouvel élu. Ainsi est-il loisible de se demander si la manière la plus judicieuse de traiter la question raciale dans un melting pot comme les USA peut résider dans son occultation. De même si Obama a réussi à triompher des conservateurs planqués dans le parti républicain et dans la « droite religieuse » jusqu’où pourra –t- il aller avec une Amérique mue par la volonté de puissance qui a fini d’installer un désordre dans le monde ? L’option déclinée dans la nomination des hommes autorise t-elle une résolution acceptable et durable de la guerre d’Irak où sont menacés la vie de 146000 soldats ? Quid de l’Afghanistan et du Pakistan ? Quel sort réservé à la question palestinienne ?

Enfin, cette élection, effectivement historique sous bien des rapports, débouche sur une certitude et sur une espérance. La certitude est que les pays occidentaux qui ont toujours fait montre de frilosité dans l’intégration politique de leurs minorités auront de plus en plus du mal à pérenniser ce statu quo. Ils sont interpellés par ce paradoxe consistant à encourager ailleurs ce qui n’est pas, jusqu’ici, de l’ordre du pensable sous leurs cieux comme en atteste cette appréciation du Professeur Khadiyatou Fall : quand je vois ce qui se passe en France, au Québec (…), en Allemagne ce ne sont pas des pays de grand modèle d’inclusion, et les minorités n y ont pas trouvé leurs places. Ces pays qui appuient la candidature montrent que ce qui se passe chez eux n’est pas un modèle d’inclusion des minorités raciales

Quant à l’espérance, elle réside dans cette capacité d’indignation dont le peuple américain a su faire preuve en se cherchant un leader qu’il pense à même de conduire le pays. Le fait que la jeune américaine d’origine coréenne citée plus haut soit de la majorité victorieuse rassure sur l’état d’esprit des Américains soucieux de l’image de leur patrie. L’émotion, l’euphorie et la passion qui ont charrié cette consultation électorale participe d’une subjectivité dont la positivité est indéniable pour la démocratie qui souffre de l’apathie. c’est, véritablement, la pérennité de cette subjectivité qui alimente, sous tous les cieux, ces nécessaires luttes citoyennes par lesquelles les gouvernants sont mis en demeure non pas de respecter leurs promesses électorales mais les droits et devoirs consignés en bonne et due forme dans La Loi fondamentale.

1-Mamadou Ablaye Ndiaye et Alpha Amadou Sy, L’Afrique face au défi de la modernité. (La quête d’identité et la modernité), Editions Panafrika, Dakar, 2006, p.267.

2-Khadim Sylla, Obama, le Monde et L’Afrique, Walfadjiry du 07/12/08/

3- Nous abordons ces questions dans L’Afrique face au défi de la modernité, (la quête d’identité et la mondialité), op cit

4-Cité dans L’Afrique face au défi de la modernité, (la quête d’identité et la mondialité), idem, p. 85.

5- Quotidien 05/11/08

6-ibidem

7-ibidem

Mamadou Ablaye Ndiaye et Alpha Amadou Sy, philosophes-écrivains


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