La diplomatie étasunienne et la dissidence cubaine

La diplomatie étasunienne et la dissidence cubaine

Introduction

            Depuis un demi-siècle, la politique étrangère de Washington à l’égard de La Havane, dont l’objectif est d’obtenir un changement de régime, se base sur deux piliers fondamentaux : l’imposition de sanctions économiques drastiques – qui affectent toutes les catégories de la société cubaine–, et l’organisation et le financement d’une opposition interne.

            Ainsi, le 6 avril 1960, Lester D. Mallory, sous-secrétaire d’Etat assistant pour les Affaires interaméricaines, rappelait dans un mémorandum à Roy R. Rubottom Jr., alors sous-secrétaire d’Etat pour les Affaires interaméricaines le but des sanctions économiques :

            « La majorité des Cubains soutiennent Castro. Il n’y a pas d’opposition politique efficace […]. Le seul moyen possible pour annihiler le soutien interne [au régime] est de provoquer le désenchantement et le découragement par l’insatisfaction économique et la pénurie […]. Tous les moyens possibles doivent être entrepris rapidement pour affaiblir la vie économique de Cuba […]. Une mesure qui pourrait avoir un très fort impact serait de refuser tout financement et livraison à Cuba, ce qui réduirait les revenus monétaires et les salaires réels et provoquerait la famine, le désespoir et le renversement du gouvernement1 ».

De 1959 à 1990, le programme de création d’une dissidence interne a été tenu secret. Ainsi, les archives étasuniennes partiellement déclassifiées font état de multiples programmes destinés à créer une opposition au gouvernement de Fidel Castro, laquelle servirait les intérêts des Etats-Unis qui souhaitaient un changement de régime. A partir de 1991, suite à l’effondrement de l’Union soviétique, le soutien financier et logistique aux dissidents cubains est devenu public et a été inscrit dans la législation étasunienne.

Le financement de l’opposition interne

            Lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale tenue le 14 janvier 1960, le sous-secrétaire Livingston Merchant déclarait : « Notre objectif est d’ajuster toutes nos actions de manière à accélérer le développement d’une opposition à Cuba ». De son côté, le secrétaire adjoint pour les Affaires interaméricaines, Roy Rubottom, affirmait que « le programme adopté [destiné à renverser le gouvernement cubain] nous a autorisé à apporter notre aide à des éléments qui s’opposaient au gouvernement de Castro à Cuba, pour faire croire que sa chute était le résultat de ses propres erreurs2 ».

            A partir de 1991, persuadés que l’heure finale de la Révolution cubaine était arrivée, les Etats-Unis n’ont pas hésité à affirmer publiquement leur soutien à l’opposition interne. La section 1705 de la loi Torricelli de 1992 stipule que « les Etats-Unis fourniront une assistance, à des organisations non gouvernementales appropriées, pour soutenir des individus et des organisations qui promeuvent un changement démocratique non violent à Cuba3 ».

La section 109 de la loi Helms-Burton de 1996 fait état de la même réalité : « Le Président [des Etats-Unis] est autorisé à fournir une assistance et offrir tout type de soutien à des individus et des organisations non gouvernementales indépendantes pour soutenir des efforts en vue de construire la démocratie à Cuba4 ».

Le premier rapport de la Commission d’assistance à une Cuba libre prévoit la mise en place d’un « solide programme de soutien favorisant la société civile cubaine ». Parmi les mesures préconisées, un financement à hauteur de 36 millions de dollars est destiné au « soutien de l’opposition démocratique et au renforcement de la société civile émergeante5 ».

Le 3 mars 2005, Roger Noriega, alors secrétaire assistant pour les Affaires de l’hémisphère occidental de l’administration Bush, a signalé que 14,4 millions de dollars avaient été ajoutés au budget de 36 millions de dollars prévu dans le rapport de 2004. Noriega a dévoilé l’identité de certaines personnes travaillant à l’élaboration de la politique étrangère étasunienne contre Cuba, à savoir Marta Beatriz Roque, les Dames en blanc et Oswaldo Payá6.

Le second rapport de la Commission d’assistance à une Cuba libre prévoit un budget de 31 millions de dollars pour financer davantage l’opposition interne. De plus, un financement d’au moins 20 millions de dollars annuels est alloué à ce même effet pour les années suivantes « jusqu’à ce que la dictature cesse d’exister7 ». Le plan prévoit également « d’entraîner et d’équiper des journalistes indépendants de la presse écrite, radiophonique et télévisuelle à Cuba8 ».

 

L’Agence étasunienne pour le développement international (USAID), dépendante du gouvernement fédéral, admet financer l’opposition cubaine. Selon l’Agence, pour l’année fiscale 2009, le montant de l’aide destinée aux dissidents cubains s’élevait à 15,62 millions de dollars. « La grande majorité de cette somme est destinée à des personnes se trouvant à Cuba. Notre but est de maximiser le montant du soutien dont bénéficient les Cubains dans l’île9 ».

L’organisation gouvernementale souligne également le point suivant : « Nous avons formé des centaines de journalistes sur une période de dix ans dont le travail est apparu dans de grands médias internationaux ». Cette déclaration met à mal les affirmations sur le caractère indépendant des « journalistes opposants » à Cuba. Ayant été formés et stipendiés par les Etats-Unis, ils répondent aux intérêts de Washington, dont le but est, comme le signalent les documents officiels du Département d’Etat », un « changement de régime » dans l’île10.

D’un point de vue juridique, cette réalité place de fait les dissidents qui acceptent les émoluments offerts par l’USAID dans la situation d’agents au service d’une puissance étrangère, ce qui constitue une sérieuse violation du code pénal à Cuba comme dans tout autre pays du monde. L’Agence, consciente de cette réalité, rappelle d’ailleurs que « personne n’est obligé d’accepter ou de prendre part aux programmes du gouvernement des Etats-Unis11 ».

La Section d’Intérêts Nord-Américains de La Havane, confirme ce fait dans un communiqué : « Depuis longtemps, la politique des Etats-Unis consiste à fournir une assistance humanitaire au peuple cubain, particulièrement aux familles des prisonniers politiques12 ».

            Laura Pollán du groupe dissident « Les Dames en blanc » revendique ouvertement ce financement : « Nous acceptons l’aide, le soutien, que ce soit de l’extrême droite ou de la gauche, sans conditions13 ». L’opposant Vladimiro Roca a également confessé que la dissidence cubaine était stipendiée par Washington, tout en déclarant que l’aide financière reçue était « totalement et complètement légale ». Pour le dissident René Gómez, le soutien financier de la part des Etats-Unis n’est « pas une chose qu’il faudrait cacher ou dont il faudrait avoir honte14 ». De la même manière, l’opposant Elizardo Sánchez a confirmé l’existence d’un financement de la part des Etats-Unis : « La question n’est pas de savoir qui envoie de l’aide mais ce que l’on en fait15 ». De son côté, Marta Beatriz Roque déclare que l’aide financière reçue du gouvernement étasunien est indispensable pour son activité de disidente16.

L’Agence France-Presse informe que « les dissidents ont pour leur part revendiqué et assumé ces aides financières17 ». L’agence espagnole EFE fait allusion aux « opposants payés par les Etats-Unis18 ». Selon l’agence de presse britannique Reuters, « le gouvernement étasunien fournit ouvertement un soutien financier fédéral pour les activités des dissidents, ce que Cuba considère comme un acte illégal19 ».

L’agence de presse étasunienne The Associated Press a fait part de cette réalité et a reconnu que la politique de fabriquer et financer une opposition interne n’était pas nouvelle : « Depuis des années, le gouvernement des Etats-Unis a dépensé des millions de dollars pour soutenir l’opposition cubaine20 ». Elle a également évoqué le train de vie des dissidents qui profitent à la fois des émoluments de Washington et du système social cubain :

« Une partie du financement provient directement du gouvernement des Etats-Unis, dont les lois préconisent le renversement du gouvernement cubain. L’agence internationale pour le développement  des Etats-Unis (USAID), qui supervise le soutien financier du gouvernement pour une ‘transition démocratique’ à Cuba, a alloué plus de 33 millions de dollars pour la société civile cubaine pour la présente année fiscale.

Presque tous les Cubains, y compris les dissidents, disposent d’un logement gratuit, d’un accès à la santé et à l’éducation jusqu’à l’université gratuits. Des rations de riz, de pommes de terre, de savon, et d’autres produits de base permettent aux personnes de satisfaire leurs nécessités de base pendant presque tout le mois21. »

Le quotidien français Libération note que l’opposant Guillermo « Fariñas n’a jamais nié avoir reçu des ‘dons’ de la Section des intérêts américains pour se procurer un ordinateur et exercer son métier de ‘journaliste indépendant’ sur Internet22 ».

Amnesty International admet que les personnes qu’elle considère comme étant des « prisonniers politiques » ont été condamnées « pour avoir reçu des fonds ou du matériel du gouvernement américain pour des activités perçues par les autorités comme subversives ou faisant du tort à Cuba23 ».

            Wayne S. Smith, dernier ambassadeur étasunien à Cuba, a confirmé le caractère subversif de la politique étasunienne. Selon lui, il est « illégal et imprudent d’envoyer de l’argent aux dissidents cubains24 ». Il a ajouté que « personne ne devrait donner de l’argent aux dissidents et encore moins dans le but de renverser le gouvernement cubain » car « lorsque les Etats-Unis déclarent que leur objectif est de renverser le gouvernement cubain, et qu’ensuite ils affirment qu’un des moyens pour y parvenir est de fournir des fonds aux dissidents cubains, ces derniers sont placés de facto dans la position d’agents payés par une puissance étrangère pour renverser leur propre gouvernement25 ».

Une dissidence coupée de toute base populaire selon Washington

            Malgré les moyens politiques, économiques, médiatiques et financiers mis à la disposition de l’opposition cubaine, celle-ci a toujours été coupée de toute base populaire. De plus, elle est profondément divisée et plutôt vieillissante. C’est le constat amer dressé par Jonathan D. Farrar, actuel chef de la SINA à La Havane, dans un mémorandum confidentiel du 15 avril 2009 intitulé « Les Etats-Unis et le rôle de l’opposition à Cuba », et adressé au Département d’Etat26.

Le diplomate note tout d’abord que le président cubain Raúl Castro se trouve actuellement dans « une position d’autorité non remise en cause ». Quant au rôle de la dissidence, il est « nul » car « les groupes d’opposition sont dominés par des individus à fort ego qui ne travaillent pas ensemble ». Farrar précise que « le mouvement dissident à Cuba est vieillissant et complètement déconnecté du quotidien des Cubains ordinaires ». En effet, en raison des émoluments perçus, la dissidence cubaine mène un train de vie qu’aucun citoyen moyen de l’île ne peut se permettre27.

Farrar reconnaît qu’il est en contact régulier « avec la plupart du mouvement dissident officiel à La Havane », dont les membres se rendent fréquemment à la SINA. Il remarque cependant qu’« aucune preuve ne permet de montrer que les organisations dissidentes dominantes à Cuba ont une influence sur les Cubains moyens. Les sondages informels réalisés auprès des demandeurs de visa et d’asile ont montré quasiment aucune connaissance des personnalités dissidentes ou de leur agenda28 ».

Farrar explique cela par l’âge des opposants dont la plupart ont entre 50 et 70 ans et cite Francisco Chaviano, René Gómez Manzano et Oswaldo Payá. « Ils n’ont que très peu de contacts avec la jeunesse cubaine, et leur message n’intéresse pas ce segment de la société ». Le diplomate regrette les luttes intestines au sein des différents groupes et le manque d’unité. Son jugement est implacable : « Malgré les affirmations selon lesquels ils représentent des ‘milliers de Cubains’, nous n’avons aucune preuve d’un tel soutien, du moins en ce qui concerne La Havane où nous nous trouvons ». Il ajoute qu’« ils n’ont pas d’influence au sein de la société cubaine et n’offrent pas d’alternative politique au gouvernement de Cuba29 ».

Cet avis est partagé par les autres diplomates européens, qui l’ont exprimé lors d’une rencontre avec Farrar. « Les représentants de l’Union européenne à la réunion ont disqualifié les dissidents dans les mêmes termes que ceux du gouvernement de Cuba, en insistant sur le fait qu’ils ‘ne représentent personne30’ ».

 

            Il y a une raison à cela et elle se trouve dans l’idiosyncrasie cubaine. La société cubaine est certes loin d’être monolithique et les secteurs insatisfaits de la population sont sévères dans leurs critiques à l’égard des autorités dès lors qu’il s’agit de dénoncer les contradictions, les aberrations, le sectarisme et les injustices parfois engendrés par le système cubain. Les reproches sont parfois acerbes et sans concessions et sont relayés par les médias cubains selon Farrar. La SINA note que « beaucoup d’articles de presse sont très critiques des politiques actuelles31 ». Néanmoins, malgré toutes les vicissitudes quotidiennes, les Cubains restent viscéralement attachés à leur indépendance et leur souveraineté nationales et ne peuvent concevoir qu’un de leurs compatriotes puisse accepter d’être au service d’une puissance étrangère qui a toujours rêvé de reprendre possession de l’île. Il s’agit là de l’héritage politique « anti-impérialiste » laissé par les grands hommes de l’histoire de la nation tels que José Martí, Antonio Maceo, Máximo Gómez, Julio Antonio Mella, Antonio Guiteras, Eduardo Chibás et Fidel Castro.

            La diplomatie étasunienne évoque également une autre raison : la persistante popularité de Fidel Castro auprès des Cubains cinquante ans après son arrivée au pouvoir. « Ce serait une erreur de sous-estimer […] le soutien dont dispose le gouvernement particulièrement auprès des communautés populaires et des étudiants32 ». Farrar souligne « la significative admiration personnelle pour Fidel » au sein de la société cubaine33.

La SINA fustige également le manque de programme ainsi que la cupidité des opposants, uniquement intéressés par les revenus que peut apporter le commerce de la dissidence : « Leur plus grand effort consiste à obtenir assez de ressources pour que les principaux organisateurs et leurs partisans puissent vivre convenablement. Une organisation politique nous a ouvertement et franchement affirmé qu’elle avait besoin d’argent pour payer des salaires et a présenté un budget dans l’espoir que la SINA prenne en charge les dépenses. En plus de la recherche de fonds qui est leur principale préoccupation, leur seconde priorité semble être critiquer ou marginaliser les activités de leurs concurrents, pour préserver leur pouvoir et l’accès aux ressources34 »

Néanmoins, Farrar insiste de nouveau l’importance de l’opposition dans la réalisation des objectifs étasuniens et, pour cela, « il faut la soutenir », tout en cherchant une alternative, afin de revigorer le mouvement dissident à Cuba35.

La priorité Yoani Sánchez

            La diplomatie étasunienne voit en la bloggeuse Yoani Sánchez une alternative crédible à la dissidence traditionnelle et place ses espoirs en elle, ce qui explique sa renommée internationale alors qu’elle est une parfaite inconnue à Cuba. « Nous pensons que la jeune génération de dissidents non traditionnels, tels que Yoani Sánchez peut jouer un rôle à long terme dans une Cuba post-Castro ». Farrar conseille ainsi au Département d’Etat de concentrer ses efforts sur cette dissidente et lui apporter davantage de soutien36.

            En effet, le parcours atypique de Yoani Sánchez suscite quelques interrogations. Après avoir émigrée en Suisse en 2002, elle a choisi de rentrer à Cuba deux années plus tard, en 2004. En 2007, elle décide d’intégrer l’univers de l’opposition à Cuba en créant son blog Generación Y, et devient un farouche détracteur du gouvernement de La Havane37.

Ses critiques sont acerbes et peu nuancées. Elle présente un panorama apocalyptique de la réalité cubaine et accuse les autorités d’être responsables de tous les maux. Selon elle, Cuba est « une immense prison, avec des murs idéologiques38 », un « bateau qui prend l’eau de toutes parts et qui est sur le point de faire naufrage39 », où « des être des ombres, qui tels des vampires s’alimentent de notre joie humaine, nous inoculent la crainte à travers les coups, la menace, le chantage40 ». Le blog de Yoani Sánchez décrit ainsi la réalité cubaine de façon terrifiante et aucun trait positif ne transparaît. De la même manière, elle élude minutieusement le contexte géopolitique singulier dans lequel se trouve Cuba depuis 1959.

Sánchez tient un discours bien précis qui se rapproche souvent de la position étasunienne. Ainsi, elle minimise l’impact des sanctions économiques – « une excuse » pour le gouvernement cubain – en affirmant que « le gouvernement cubain est responsable à 80% de la crise économique actuelle et 20% est dû sanctions économiques41 ». La communauté internationale, loin de partager cet avis, a condamné (187 pays contre deux) l’état de siège économique en 2010 pour la pour la 19ème fois consécutive, le considérant comme étant le principal obstacle au développement de l’île. Elle justifie cette situation par les nationalisations survenues dans les années 1960 et en raison de la crise des missiles42. Selon elle, « le blocus a constitué l’argument parfait pour le gouvernement cubain pour maintenir l’intolérance, le contrôle et la répression interne. Si demain on levait les sanctions, je doute que l’on en voie les effets43 ».

Concernant l’affaire des cinq agents cubains condamnés en 1998 à des peines de prison à vie aux Etats-Unis pour avoir infiltré des groupuscules responsables d’attentats terroristes contre Cuba, la bloggeuse adopte également le point de vue étasunienne et affirme que « les cinq réalisaient des activités d’espionnage » et qu’ils « ont fourni des informations qui ont engendré la mort de plusieurs personnes », assertion que le parquet du tribunal de Miami a reconnu être dans l’incapacité de démontrer44.

Pourtant, la Cour d’Appel d’Atlanta a reconnu qu’il ne s’agissait pas d’un cas d’espionnage, ni d’une atteinte à la sécurité nationale. Pas moins de dix Prix Nobel ont présenté une pétition Amicus Curiae auprès de la Cour Suprême étasunienne exigeant un procès équitable et la libération des cinq Cubains. Mary Robinson, ancienne Présidente de l’Irlande et Haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies entre 1997 et 2002, le Sénat mexicain à l’unanimité, toutes tendances politiques confondues, la National Association of Criminal Defense Lawyers, les Cuban-American Scholars, l’Ibero-American Federation of Ombudsmen, le National Jury Project, le William C Velazques Institute and the Mexican American Political Association, le National Lawyers Guild et la National Conference of Black Lawyers, le Civil Right Clinic de l’Howard University School of Law, l’International Association of Democratic Lawyers, la Florida Association of Criminal Defense Lawyers-Miami Chapter, le Center for International Policy et le Council on Hemispheric Affairs ont à leur tour demandé la libération des cinq Cubains45.

Cette affaire judiciaire a été dénoncée à plusieurs reprises. Amnesty International considère les cinq cubains comme étant des prisonniers politiques. De son côté, le colonel Lawrence Wilkerson, ancien chef d’état-major du cabinet de l’ex secrétaire d’Etat Colin Powell, a condamné le procès contre ces personnes. « C’est un comble : on condamne à la prison à vie des hommes qui sont venus ici pour déterminer comment et quand leur pays allait être attaqué par des personnes qui violent la loi américaine ». Selon lui, « il s’agit d’une parodie de justice. Ces hommes ne disposaient pas d’armes, n’ont planifié aucun dommage physique contre les Etats-Unis et étaient motivés par l’idée de protéger leurs compatriotes d’une invasion et d’attaques perpétrées par les cubains-américains vivant en Floride ». Puis il a ajouté : « Nous devons nous demander également comment sommes-nous arrivés à constituer un sanctuaire pour des présumés terroristes Comment est-il possible que les Etats-Unis d’Amérique puissent occuper notre propre liste de pays sponsors du terrorisme46 ».

De la même manière, Yoani Sánchez minimise les acquis sociaux du système cubain et affirme « qu’ils existaient déjà47 » dans la Cuba des années antérieures à la Révolution. Selon elle, sous la dictature de Batista, « il y avait une liberté de la presse plurielle et ouverte, des émissions de radio de toutes les tendances politiques48 ». Par ailleurs, elle défend la loi d’ajustement cubain – unique au monde – votée par le Congrès étasunien en 1966, qui stipule que tout Cubain qui émigre légalement ou illégalement aux Etats-Unis après le 1er janvier 1959 obtient automatiquement le statut de résident permanent au bout d’un an, ainsi que diverses aides socio-économiques49. Plus insolite, elle pense que l’écrivain colombien Gabriel García Márquez ne méritait pas son prix Nobel de littérature, en raison de son amitié avec Fidel Castro : « Je pense que beaucoup écrivains latino-américains méritaient le prix Nobel de littérature plus que Gabriel García Márquez50 ». Consciente que l’objectif du gouvernement des Etats-Unis est de renverser le gouvernement cubain, elle admet sans complexe partager le même objectif : « Les Etats-Unis souhaitent un changement de gouvernement à Cuba, et c’est ce que je souhaite également51 ». Sánchez réaffirme également sa volonté d’imposer « un capitalisme sui generis52 » à Cuba.

            Ainsi, en à peine un an d’existence, alors qu’il existe des dizaines de blogs plus anciens et non moins intéressants que celui de Sánchez, la bloggeuse cubaine a obtenu le prix de Journalisme Ortega y Gasset, d’un montant de 15 000 euros le 4 avril 2008, décerné par le quotidien espagnol El País. D’habitude, ce prix est accordé à des écrivains et journalistes prestigieux ayant une longue carrière littéraire. C’est la première fois qu’une personne du profil de Sánchez l’obtient53. De même, la bloggeuse a été sélectionnée parmi les 100 personnes les plus influentes du monde par la revue Time (2008), en compagnie de George W. Bush, Hu Jintao et le Dalaï Lama54. Son blog a été inclus dans la liste des 25 meilleurs blogs du monde de la chaîne CNN et la revue Time (2008) et elle a également obtenu le prix espagnol Bitacoras.com ainsi que The Bob’s (2008)55. Le 30 novembre 2008, le quotidien espagnol El País l’a inclus dans sa liste des 100 personnalités hispano-américaines les plus influentes de l’année (liste dans laquelle n’apparaissaient ni Fidel Castro ni Raúl Castro)56. La revue Foreign Policy l’a incluse en décembre 2008 parmi les 10 intellectuels les plus importants de l’année57. La revue mexicaine Gato Pardo en a fait de même pour l’année 200858. La prestigieuse université étasunienne de Columbia lui a décerné le prix Maria Moors Cabot59. Et la liste des distinctions est longue60.

Par ailleurs, le site Generación Y de Yoani Sánchez reçoit 14 millions de visites par mois et est le seul au monde à être disponible en pas moins de 18 langues (anglais, français, espagnol, italien, allemand, portugais, russe, slovène, polonais, chinois, japonais, lituanien, tchèque, bulgare, néerlandais, finlandais, hongrois, coréen et grec). Aucun autre site au monde, y compris ceux des plus importantes institutions internationales comme par exemple les Nations unies, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l’OCDE, l’Union européenne, ne dispose d’autant de versions linguistiques. Ni le site du Département d’Etat des Etats-Unis, ni même celui de la CIA ne disposent d’une telle variété61. Autre fait unique, le président étasunien Barack Obama a concédé une interview à Yoani Sánchez62.

            Jamais aucun dissident à Cuba – peut-être dans le monde – n’a obtenu autant de distinctions internationales en si peu de temps, avec une caractéristique particulière : elles ont rapporté à Yoani Sánchez assez d’argent pour vivre tranquillement à Cuba jusqu’à la fin de ses jours. En effet, la bloggeuse a été rétribuée à hauteur de 250 000 euros au total, c’est-à-dire une somme équivalant à plus de 20 années de salaire minimum dans un pays tel que la France, cinquième puissance mondiale. Le salaire minimum mensuel à Cuba étant de 420 pesos, c’est-à-dire 18 dollars ou 14 euros, Yoani Sánchez a obtenu l’équivalent de 1488 années de salaire minimum à Cuba pour son activité d’opposante63.

            Yoani Sánchez est en étroite relation avec la diplomatie étasunienne à Cuba comme l’indique un câble, classé « secret » en raison de son contenu sensible, émanant de la SINA. Elle est tenue en haute estime par l’administration Obama comme le montre la réunion secrète qui a eu lieu dans l’appartement de la jeune bloggeuse cubaine avec la sous-secrétaire d’Etat étasunienne Bisa Williams lors de sa visite à Cuba entre le 16 et le 22 septembre 2010. Lors de rencontre avec Williams, Sánchez a fait part de son souhait de pouvoir bénéficier des services de l’entreprise étasunienne de transfert d’argent Paypal – que les Cubains ne peuvent utiliser en raison des sanctions économiques – pour lutter plus efficacement en faveur d’un changement de régime à Cuba : « Savez-vous tout ce que l’on pourrait faire si nous pouvions utiliser Paypal ? ». Ce service permet de recevoir des transferts financiers du monde entier. L’opposante a obtenu gain de cause car le seul site cubain qui bénéficie des services de Paypal est Generación Y. Alors que la dissidente raconte régulièrement son quotidien sur son blog, on ne retrouve aucune trace de sa rencontre avec Williams, ce qui montre son caractère clandestin. Ce courrier diplomatique révèle ainsi les liens entre la médiatique bloggeuse cubaine et les représentants étasuniens à La Havane et l’importance accordée à l’opposante par Washington64.

Un autre mémorandum évoque également l’importance de l’interview accordée par le président Barack Obama à Sánchez, qui a contribué à la médiatisation internationale de l’opposante cubaine65.

Absence de perspectives pour l’opposition cubaine

Farrar est néanmoins réaliste : « Aucun dissident n’a de vision politique qui pourrait être appliquée dans un futur gouvernement. Même si les dissidents ne l’admettront pas, ils ne sont que très peu connus à Cuba en dehors du corps diplomatique et médiatique étranger […]. Il est peu probable qu’ils jouent un rôle significatif dans un gouvernement qui succèderait aux frères Castro66 ».

            La diplomatie étasunienne note que l’objectif est de « soutenir le bon travail du mouvement dissident » dans sa campagne contre le gouvernement de La Havane en axant la tâche sur le thème des « droits de l’homme » et des « prisonniers politiques », les deux raisons évoquées par Washington pour maintenir les sanctions économiques contre Cuba. Cette campagne est surtout destinée à l’opinion publique internationale car, selon Farrar, elle « n’intéresse pas les Cubains dont les principales préoccupations sont avoir un niveau de vie plus élevé et davantage d’opportunités de voyager plus librement67 ».

            Dans un autre câble, la SINA admet également qu’elle se trouve isolée sur la question des droits de l’homme à Cuba : « L’immense majorité des 100 missions diplomatiques étrangères à La Havane ne font pas face à un dilemme des droits de l’homme dans leurs relations avec les Cubains. Ces pays n’abordent pas cette question. Le reste, un groupe qui inclut une majorité de l’Europe, le Canada, l’Australie, le Japon et les Etats-Unis, affirme qu’il emploie des approches différentes pour évoquer la question des droits de l’homme à Cuba, mais la vérité et que la plupart de ces pays n’évoquent pas du tout la question à Cuba68 ».

            La SINA relève également que certains alliés des Etats-Unis tels que le Canada ne partagent pas le même avis sur la question des « prisonniers politiques », et évoque une discussion avec leurs homologues canadiens : « Nos collègues canadiens nous ont posé la question suivante : quelqu’un qui accepte de l’argent des Etats-Unis doit-il être considéré comme un prisonnier politique ? ». La diplomatie canadienne a rappelé ainsi que toutes les nations occidentales sanctionnaient également les individus qui étaient financés par une puissance étrangère dans le but de renverser l’ordre établi69.

            La diplomatie étasunienne ne se fait guère d’illusions sur l’efficacité des sanctions économiques étasuniennes contre l’île, qui ont plongé le pays dans une délicate crise économique. Selon elle, “le peuple cubain est habitué aux périodes difficiles et répondra aux restrictions gouvernementales futures avec une endurance similaire70 ». Elle écarte la possibilité d’une grave crise et note que « Cuba et les Cubains ne sont pas aussi vulnérables qu’ils l’étaient en 1989 avant la fin de l’aide soviétique ». Par ailleurs, « le standard de vie des Cubains, même s’il n’est pas aussi élevé qu’il y a vingt ans avant la fin de l’aide soviétique, est toujours bien meilleur que durant les jours les plus sombres de la période entre 1990 et 1993 lorsque le PIB a chuté de plus de 35% ». En outre, « l’économie cubaine actuelle est moins vulnérable […] grâce à des sources de revenus et de crédits plus diversifiées et à une population cubaine avec plus de ressources71 ».

Néanmoins, malgré les sanctions économiques imposées par Washington, la diplomatie étasunienne signale que les Cubains ne ressentent pas d’animosité particulière à l’égard des citoyens étasuniens, car ils ne tiennent pas le peuple du Nord pour responsable de la politique de Washington. La SINA souligne ainsi « les sentiments positifs à l’égard du peuple américain72 ».

Conclusion

            Près d’un demi-siècle après son élaboration, la politique étasunienne consistant à créer et soutenir une opposition interne à Cuba est toujours en vigueur. Cette stratégie, clandestine durant près de trente ans, est désormais revendiquée et publique, même si elle est considérée comme illégale aux yeux du droit international. Ainsi, le financement de l’opposition cubaine par les Etats-Unis atteint plusieurs millions de dollars par an. Face à l’érosion de la dissidence traditionnelle représentée par Oswaldo Payá, Elizardo Sánchez, Vladimiro Roca, Marta Beatriz Roque, Guillermo Fariñas et les Dames en Blanc, Washington mise désormais sur la nouvelle génération d’opposants dont la figure de proue est la bloggeuse cubaine Yoani Sánchez.

Les contacts diplomatiques de la bloggeuse dissidente lui permettent d’arriver jusqu’à la Maison-Blanche et elle rencontre régulièrement les hauts fonctionnaires étasuniens tels que Bisa Williams. Pour éviter les critiques, les Etats-Unis diversifient leur soutien à l’opposition cubaine. En plus de l’aide financière directement apportée, ils ont mis en place, grâce au puissant réseau politique et médiatique dont ils disposent, un système de financement « légal » qui consiste à récompenser l’opposition au gouvernement de La Havane en remettant des « prix » dotés de plusieurs dizaines de milliers de dollars, comme l’illustre l’avalanche de distinctions reçues par Sánchez, la nouvelle égérie de Washington, en l’espace de quelques mois.

Le but de Washington n’est plus de fédérer la population cubaine autour de ces personnes qui prônent un changement de système à Cuba, car il sait que leur discours n’est guère audible auprès des habitants de l’île, qui restent en grande majorité attachés au processus révolutionnaire, malgré les difficultés et les vicissitudes quotidiennes. L’opposition alliée aux Etats-Unis suscite dans le meilleur des cas l’indifférence de la part des Cubains et souvent le rejet. La guerre est plutôt d’ordre médiatique. En maintenant la présence d’une opposition interne, même sans envergure et coupée de toute base populaire, elle permet de justifier sa politique d’isolement et de sanctions à l’égard du gouvernement de La Havane au nom de la lutte pour les droits de l’homme et la démocratie.

Notes

1 Lester D. Mallory, « Memorandum From the Deputy Assistant Secretary of State for Inter-American Affairs (Mallory) to the Assistant Secretary of State for Inter-American Affairs (Rubottom) », 6 avril 1960, Department of State, Central Files, 737.00/4-660, Secret, Drafted by Mallory, in Foreign Relations of the United States (FRUS), 1958-1960, Volume VI, Cuba : (Washington : United States Government Printing Office, 1991), p. 885.

2 Marion W. Boggs, « Memorandum of Discussion at 432d meeting of the National Security Council, Washington », 14 janvier 1960, Eisenhower Library, Whitman File, NSC Records, Top Secret, in Foreign Relations of the United States 1958-1960 (Washington : United States Government Printing Office, 1991), pp. 742-743.

3 Cuban Democracy Act, Titre XVII, Section 1705, 1992.

4 Helms-Burton Act, Titre I, Section 109, 1996.

5 Colin L. Powell, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, mai 2004). www.state.gov/documents/organization/32334.pdf  (site consulté le 7 mai 2004), pp. 16, 22.

6 Roger F. Noriega, « Assistant Secretary Noriega’s Statement Before the House of Representatives Committee on International Relations », Department of State, 3 mars 2005. (site consulté le 9 avril 2005).

7 Condolezza Rice & Carlos Gutierrez, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, juillet 2006). www.cafc.gov/documents/organization/68166.pdf  (site consulté le 12 juillet 2006), p. 20.

8 Ibid., p. 22.

9 Along the Malecon, « Exclusive : Q & A with USAID », 25 octobre 2010. http://alongthemalecon.blogspot.com/2010/10/exclusive-q-with-usaid.html  (site consulté le 26 octobre 2010).

10 Ibid.

11 Ibid.

12 The Associated Press/El Nuevo Herald, « Cuba : EEUU debe tomar ‘medidas’ contra diplomáticos », 19 mai 2008.

13 El Nuevo Herald, « Disidente cubana teme que pueda ser encarcelada », 21 mai 2008.  

14 Patrick Bèle, « Cuba accuse Washington de payer les dissidents », Le Figaro, 21 mai 2008.

15 Agence France-Presse, « Prensa estatal cubana hace inusual entrevista callejera a disidentes », 22 mai 2008.

16 Tracey Eaton, « Factions Spar Over U.S. Aid for Cuba », The Houston Chronicle, 18 décembre 2010.

17 Agence France-Presse, « Financement de la dissidence : Cuba ‘somme’ Washington de s’expliquer », 22 mai 2008.

18 EFE, « Un diputado cubano propone nuevos castigos a opositores pagados por EE UU », 28 mai 2008.

19 Jeff Franks, « Top U.S. Diplomat Ferried Cash to Dissident : Cuba », Reuters, 19 mai 2008.

20 Ben Feller, « Bush Touts Cuban Life After Castro », Associated Press, 24 octobre 2007.

21 Will Weissert, « Activistas cubanos dependen del financiamiento extranjero », The Associated Press, 15 août 2008.

22 Félix Rousseau, « Fariñas, épine dans le pied de Raúl Castro », Libération, 17 mars 2010.

23 Amnesty International, « Cuba. Cinq années de trop, le nouveau gouvernement doit libérer les dissidents emprisonnés », 18 mars 2008. http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/cuba-five-years-too-many-new-government-must-release-jailed-dissidents-2  (site consulté le 23 avril 2008).

24 Radio Habana Cuba, « Former Chief of US Interests Section in Havana Wayne Smith Says Sending Money to Mercenaries in Cuba is Illegal », 21 mai 2008.

25 Wayne S. Smith, « New Cuba Commission Report : Formula for Continued Failure », Center for International Policy, 10 juillet 2006.

26 Jonathan D. Farrar, « The U.S. and the Role of the Opposition in Cuba », United States Interests Section, 9 avril 2009, cable 09HAVANA221. http://213.251.145.96/cable/2009/04/09HAVANA221.html  (site consulté le 18 décembre 2010).

27 Ibid.

28 Ibid.

29 Ibid.

30 Joaquin F. Monserrate, « GOC Signals ‘Readiness to Move Forward’ », United States Interests Section, 25 septembre 2009, cable 09HAVANA592, http://213.251.145.96/cable/2009/09/09HAVANA592.html  (site consulté le 18 décembre 2010).

31 Jonathan D. Farrar, « Key Trading Parters See No Big Economic Reforms », United States Interests Section, 9 février 2010, cable 10HAVANA84, http://213.251.145.96/cable/2010/02/10HAVANA84.html  (site consulté le 18 décembre 2010).

32 Michael E. Parmly, « Comsec Discusses Freedom and Democracy With Cubain Youth », United States Interests Section, 18 janvier 2008, 08HAVANA66, http://213.251.145.96/cable/2008/01/08HAVANA66.html  (site consulté le 18 décembre 2010).

33 Jonathan D. Farrar, « The Speculation on Fidel’s Health », United States Interests Section, 9 janvier 2009, cable 09HAVANA35, http://213.251.145.96/cable/2009/01/09HAVANA35.html  (site consulté le 18 décembre 2010).

34 Jonathan D. Farrar, « The U.S. and the Role of the Opposition in Cuba », United States Interests Section, 9 avril 2009, op. cit.

35 Ibid.

36 Ibid.

37 Yoaní Sánchez, « Mi perfil », Generación Y.

38 France 24, « Ce pays est une immense prison avec des murs idéologiques », 22 octobre 2009.

39 Yoaní Sánchez, « Siete preguntas », Generación Y, 18 novembre 2009.

40 Yoaní Sánchez, « Seres de la sombra », Generación Y, 12 de noviembre de 2009.

41 Salim Lamrani, « Conversations avec la bloggeuse cubaine Yoani Sánchez », 15 avril 2010, Voltaire, http://www.voltairenet.org/article164956.html#article164956  (site consulté le 20 décembre 2010). Yoaní Sánchez à propos des sanctions économiques (2)  

42 Ibid. Yoaní Sánchez à propos de la crise des missiles

43 Ibid. Yoaní Sánchez à propos des sanctions économiques

44 Ibid. Yoaní Sánchez à propos des Cinq

45 Supreme Court of the United States, « Brief of Amici Curiae of José Ramos-Horta, Wole Soyinka, Adolfo Pérez Esquivel, Nadine Gordimer, Rigoberta Menchú, José Saramago, Zhores Alferov, Dario Fo, Gunter Grass, and Máeread Corrigan Maguire in support of the petition for writ of certiorari », N° 08-987, http://www.freethefive.org/legalFront/amicusnobel.pdf  (site consulté le 12 mars 2009). Voir également http://www.freethefive.org/resourceslegal.htm (site consulté le 12 mars 2009)

46 Granma, « Ex ayudante de Colin Powell denuncia arbitrariedades contra los Cinco », 24 septembre 2007. http://www.granma.cubaweb.cu/miami5/enjuiciamiento/justicia/0093.html  (site consulté le 15 novembre 2008).

47 Salim Lamrani, « Conversations avec la bloggeuse cubaine Yoani Sánchez », op.cit. Yoaní Sánchez à propos des acquis sociaux

48 Ibid. Yoaní Sánchez à propos de la dictature de Fulgencio Batista.

49 Ibid.Yoaní Sánchez à propos de la loi d’Ajustement Cubain.

50 Ibid.Yoaní Sánchez à propos de Gabriel Garcia Márquez.

51 Ibid.Yoaní Sánchez à propos de l’objectif commun avec les Etats-Unis.

52 Mauricio Vicent, « “Los cambios llegarán a Cuba, pero no a través del guión del Gobierno” », El País, 7 mai 2008.

53 El País, « EL PAÍS convoca los Premios Ortega y Gasset de periodismo 2009 », 12 janvier 2009.

54 Time, « The 2008 Time 100 », 2008. http://www.time.com/time/specials/2007/0,28757,1733748,00.html  (site consulté le 25 novembre 2009)

55 Yoani Sánchez, « Premios », Generación Y.

56 Miriam Leiva, « La ‘Generación Y’cubana », El País, 30 novembre 2008.

57 Yoani Sánchez, « Premios », op. cit.

58 Ibid.

59 Ibid.

60 El País, « Una de las voces críticas del régimen cubano, mejor blog del año », 28 novembre 2008.

61 Yoani Sánchez, Generación Y.

62 Yoani Sánchez, « Respuestas de Barack Obama a Yoani Sánchez », Generación Y, 20 novembre 2009.

63 Yoani Sánchez, « Premios », op. cit.

64 Joaquin F. Monserrate, « GOC Signals ‘Readiness to Move Forward’ », United States Interests Section, 25 septembre 2009, cable 09HAVANA592, http://213.251.145.96/cable/2009/09/09HAVANA592.html  (site consulté le 18 décembre 2010) ; Yoani Sánchez, « Donar », Generación Y. http://www.desdecuba.com/generaciony/?page_id=2222 (site consulté le 20 décembre 2010).

65 Joaquin F. Monserrate, « U.S.-Cuba Chill Exaggerated, But Old Ways », United States Interests Section, 10 janvier 2010, cable 10HAVANA9, http://213.251.145.96/cable/2010/01/10HAVANA9.html  (site consulté le 18 décembre 2010).

66 Jonathan D. Farrar, « The U.S. and the Role of the Opposition in Cuba », United States Interests Section, 9 avril 2009, op. cit.

67 Ibid.

68 Joaquin F. Monserrate, « Feisty Little Missions Dent Cuba’s Record of Bullying Others to Silence on Human Rights », United States Interests Section, 9 novembre 2009, cable 09HAVANA706, http://213.251.145.96/cable/2009/11/09HAVANA706.html  (site consulté le 18 décembre 2010).

69 Ibid.

70 Jonathan D. Farrar, « Key Trading Parters See No Big Economic Reforms », United States Interests Section, 9 février 2010, op. cit.

71 Jonathan D. Farrar, « How Might Cuba Enter Another Special Period? », United States Interests Section, 4 juin 2009. http://213.251.145.96/cable/2009/06/09HAVANA322.html  (site consulté le 18 décembre 2010). 

72 Michael E. Parmly, « Comsec Discusses Freedom and Democracy With Cubain Youth », United States Interests Section, 18 janvier 2008, op. cit.

Salim Lamrani : Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009).

Contact : lamranisalim@yahoo.fr

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