La France a formé les forces de maintien de l’ordre de Bahreïn

Des coups de feu ont été entendus autour de la place de la Perle, à Manama, au Bahreïn.

Des coups de feu ont été entendus autour de la place de la Perle, à Manama, au Bahreïn.AFP/JOSEPH EID

La France a participé à la formation des forces de l’ordre de Bahreïn, rappelle Le Point, vendredi 18 février. L’hebdomadaire relève notamment que le gouvernement a noué en novembre 2007 un “accord de coopération bilatérale en matière de sécurité intérieure”, signé par Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l’intérieur, à la demande de Bahreïn.

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Contacté, le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Bernard Valero, affirme pourtant que cet accord “n’est jamais entré en vigueur, parce qu’il n’a pas été approuvé et ratifié par la partie bahreïnie”. Après vérification, un rapport parlementaire précise pourtant “qu’aucune procédure de ratification n’est légalement nécessaire à Bahreïn”. D’une manière générale, le Quai d’Orsay renvoie surtout vers le ministère de l’intérieur, responsable de la mise en œuvre de ce genre d’échange.

La précision du Quai d’Orsay n’exclut pas qu’une coopération ait eu lieu, éventuellement hors du cadre de l’accord en question, ce que le ministère n’exclut pas.

Dans un rapport parlementaire rendu en février 2010, avant que l’Assemblée nationale ne vote, à la suite du Sénat, l’accord, on lit en effet que le texte élaboré avec Bahreïn “vise simplement à donner un cadre juridique à la poursuite des opérations de coopération technique déjà lancées en reprenant des stipulations classiques”.

“La coopération privilégiée établie depuis quatre ans avec la direction centrale des compagnies républicaines de sécurité CRS a permis d’accompagner la professionnalisation des unités anti-émeute et d’améliorer la gestion des foules, dans un archipel où il n’est pas rare que les manifestations dégénèrent”, précise encore le député UMP Jean-Luc Reitzer, auteur du rapport.

“CONCILIER LIBERTÉ D’EXPRESSION ET MAINTIEN DE L’ORDRE”

La France mène assez couramment des accords de coopération de sécurité intérieure, rappelle l’élu, citant la Slovénie, l’Albanie, Israël ou la Libye, également en proie à un mouvement de protestation durement réprimé.

A Bahreïn, les manifestants, qui enterrent les victimes de violences des forces de sécurité et promettent de nouvelles actions, viennent d’essuyer vendredi des tirs à balles réelles. Dans la nuit de mercredi à jeudi 17 février, une action de répression a fait plusieurs morts – trois selon le gouvernement, quatre selon l’opposition, qui déplore une soixantaine de disparus dans son mouvement réclamant des réformes politiques.

Les brigades antiémeutes sont accusées d’avoir attaqué un campement de manifestants installé sur une place de la capitale Manama, utilisant des gaz lacrymogènes mais également, selon l’opposition, des balles en caoutchouc et des balles à fragmentation.

En février 2010, l’auteur du rapport parlementaire précisait : “Comptant de l’ordre de 6 000 hommes et femmes, la police de Bahreïn, dont le périmètre d’intervention est plus large que celui de la police française (…) manque d’expérience en raison du faible taux de délinquance, qui résulte probablement de l’extrême sévérité de la justice.” Les manifestations développées ces dernières années “sont principalement le fait de la population chiite, qui se dit – à bon droit – victime d’inégalités et de discriminations, surtout en matière d’emploi, de logement et d’accès à la propriété. Des policiers – qui sont tous sunnites – sont régulièrement pris à parti dans certains quartiers de l’archipel.”

“Le ministre de l’intérieur a donc à cœur d’adapter les techniques d’intervention de la police à la nouvelle donne démocratique afin de concilier liberté d’expression et maintien de l’ordre”, précisait encore le rapport.


Articles Par : Global Research

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