La grande maison-close sur le Potomac

La République des insouciants

Tandis que les Américains célèbrent le 4 juillet, ils peuvent contempler que l’union « d’Etats indépendants et libres », à l’instar de l’ancienne puissance coloniale britannique, a évolué dans sa manifestation finale – une maison-close totale. Tandis que les membres du parlement à Londres mettent en note de frais la moindre dépense personnelle, y compris la location de films X, un quotidien américain a mis aux enchères le reportage sur la politique publique jusqu’à ce que politico-com dévoile l’affaire.

A Washington, tout est à vendre, y compris l’intégrité des journalistes. Le Washington Post, qui a abandonné le reportage d’investigation il y a des lustres, a décidé de gonfler ses revenus en baisse en écartant les cuisses. La division business du Post a publié un prospectus proposant aux lobbyistes d’accéder à ces « quelques puissants » dans l’administration d’Obama, du Congrès et parmi les rédacteurs en chef et journalistes du Post qui décident de la politique de la nation, comme la santé, dans la luxueuse demeure de la patronne du Post.

Le prospectus du Washington Post offrait un prix discount de seulement 25.000 dollars pour une « discussion de salon » afin d’interagir avec les décideurs politiques et 250.000 dollars pour 11 sessions.

Hélas, des gens dotés d’un sens démodé de l’intégrité ont attaqué le nouveau business modèle du Washington Post, et la patronne du Post, Katharine Weymouth, a dû annuler cette offre qui aurait sauvé son journal en le transformant en « facilitateur pour les rencontres privées entre lobbyistes et officiels ».

Je dis : Que les moralistes démodés aillent en enfer ! L’Amérique serait mieux servie si le Washington Post vendait des accès aux lobbyistes au lieu de vendre les Opérations Psychologiques du gouvernement des Etats-Unis en Iran, en Afghanistan, en Irak, en Géorgie, en Ukraine, en Serbie, au Venezuela, au Honduras et partout ailleurs, pour lesquelles ce journal reçoit des miettes : le journaliste peut dire à son rédac chef qu’il a une source de première main au sein du gouvernement, à peine une récompense adéquate pour les guerres qui coûtent aux contribuables américains des centaines de milliards de dollars à un moment où les Américains ne peuvent rembourser les crédits hypothécaires sur leurs maisons.

L’Amérique s’en sortirait mieux si les putes du Washington Post tapinaient pour les lobbyistes plutôt que pour l’Etat impérialiste des Etats-Unis, qui n’a pas réussi à ajuster ses ambitions impérialistes à sa faillite. Comme exemple de tapinage pour l’impérialisme étasunien, le 2 juillet, le Washington Post a rapporté l’affirmation d’Obama selon laquelle le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, est une personne qui vit en partie dans le passé, avec un « pied dans les anciennes manières de faire des affaires et un pied dans la nouvelle manière ».

Si Poutine a « un pied dans la nouvelle [manière de faire des affaires] », il est en avance sur Obama, qui a les deux pieds dans le passé.

Obama a déclaré que Poutine a besoin d’apprendre que les « vieilles approches de la Guerre Froide » dans les relations avec les Etats-Unis sont « démodées ».

Le Post a rapporté ceci comme si un échec de Poutine mettait en danger les relations russo-américaines. Le Post n’a pas fait remarquer que c’est Obama, et non Poutine, qui a des guerres d’agression contre trois pays indépendants – l’Irak, l’Afghanistan et le Pakistan, avec une quatrième guerre qui menace avec l’Iran. Nous savons pour sûr que ces guerres trouvent leurs origines dans les mensonges et les tromperies de l’administration Bush, mais Obama poursuit ces occupations et étend ces guerres, soutenant ainsi ces tromperies.

C’est la maison-close de Washington qui a abrogé unilatéralement le traité contre les missiles anti-balistiques avec la Russie et commencé à construire des sites de missiles anti-balistiques destinés à nier la dissuasion nucléaire de la Russie. Si les armes nucléaires de la Russie peuvent être rendues inutiles, la Russie peut être soumise pour accepter la volonté hégémonique de l’Amérique et l’hégémonie des Etats-Unis avancera d’un nouveau pas.

C’est Washington qui encercle la Russie avec ses bases militaires : une base anti-balistique en Pologne, un radar de défense anti-balistique dans la République Tchèque, des « révolutions de couleur » fabriquées en Amérique, qui ont mis au pouvoir des gouvernements fantoches à la solde des Américains, en Serbie, en Ukraine et en Géorgie, avec des échecs dans les anciennes parties intégrantes de l’Asie Centrale soviétique.

L’OTAN, autrefois une alliance euro-américaine contre l’invasion soviétique de l’Europe occidentale est à présent une force mercenaire américaine combattant pour l’Amérique en Afghanistan et tentant d’encercler la Russie, de la Baltique à l’Asie Centrale.

Obama sera bientôt en route pour la Russie pour discuter si oui ou non la Russie est d’accord pour céder aux exigences étasuniennes de se prosterner devant l’hégémonie étasunienne. Obama espère monter le Premier ministre Poutine contre le Président Medvedev, à l’instar des discordes que Washington a facilitées entre les ayatollahs ambitieux qui dirigent l’Iran. Si Obama peut dresser Poutine et Medvedev l’un contre l’autre, la Russie sera neutralisée.

Cela laisserait la Chine comme unique obstacle à l’hégémonie mondiale des Etats-Unis.

Les Etats-Unis n’ont plus de presse. Mais ils ont un ministère de la propagande. Les Américains ont été programmés par des jours de propagande que l’Iran islamique, un membre de « l’axe du mal » désigné par les Etats-Unis, a volé l’élection aux électeurs iraniens. Selon le ministre étasunien de la propagande, le peuple iranien est allié au gouvernement des Etats-Unis contre le gouvernement iranien.

Même les gens qui sont considérés comme des experts sur l’Iran ont dit, sans la moindre preuve, que les élections ont été volées. L’un de leurs arguments est que trois heures ne suffisaient pas à compter tous les suffrages et pourtant il avait été annoncé qu’Ahmadinejad avait gagné. L’ignorance des « experts » a fait du vol [de l’élection iranienne] une certitude pour les téléspectateurs de la TV américaine.

Ces « experts », qui ont lancé cette affirmation, ignorent visiblement les procédures électorales iraniennes. Pour ces « experts » ignorants et les Américains trompés par eux, voici comment cela fonctionne :

Il y a plus de 45.000 bureaux de vote, ce qui veut dire moins de 1.000 bulletins de vote par bureau, un chiffre facile à compter et à rapporter en trois heures. A chaque bureau de vote il y a une douzaine ou plus d’observateurs, dont les représentants de tous les candidats, des représentants du Conseil des Gardiens et la police locale. Les bulletins de vote sont comptés en présence de tous et tous signent les documents attestant le résultat dans le bureau de vote.

Les totaux sont transmis à un bureau central dans la région qui a des représentants des candidats et du Conseil des Gardiens, où ils sont vérifiés par une douzaine ou une douzaine et demie de témoins ; De là, le décompte des voix est transmis au ministère de l’intérieur qui annonce le résultat.

A moins que ces procédures n’aient pas été suivies – et il n’y a aucune preuve que ce fut le cas – il est impossible de voler une élection iranienne. Il est beaucoup plus facile de voler une élection en Amérique, ce qui se produit régulièrement.

Il y a des milliers, en fait des dizaines de milliers de témoins, peut-être des centaines de milliers, dans les scrutins iraniens. Pourtant, Moussavi et ses supporters corrompus qui font partie de la riche élite iranienne, laquelle lutte pour le pouvoir personnel en Iran, contestent le vote. Les gosses dans les rues étaient les dupes habituels. A ce stade dans l’histoire, comment peut-on croire qu’il y a un candidat pur qui veuille amener la liberté et la justice au peuple ? Partout. Dans quelque pays que ce soit, y compris aux Etats-Unis.

Les « experts » ignorants ont fait beaucoup de bruit sur le fait que 50 villes ont eu des votes supérieurs aux électeurs enregistrés. Une fois encore, voici la démonstration de la totale ignorance des « experts sur l’Iran ». En Iran, les électeurs peuvent voter là où ils se trouvent le jour de l’élection. Les gens en vacances, les hommes d’affaires en voyage, les journaliers ; et l’absence partielle de bureaux de vote distincts peut produire un compte des suffrages excédant la population locale enregistrée.

Le Conseil des Gardiens a examiné ces différences, les ont additionnées et remarqué qui si le vote additionnel était frauduleux, le nombre était insuffisant pour affecter le résultat.

Le Conseil des Gardiens a accepté d’afficher tous les décomptes.

Avez-vous appris ces faits de Fox News, de CNN, du New York Times, de la CIA ou des bloggers du Mossad ? Bien sûr que non ! A chaque fois que « votre » média ouvre la bouche, sortent des mensonges qui servent la propagande hégémonique du gouvernement des Etats-Unis.

Le salut de l’Amérique repose sur Charles Pelton [le directeur général du Washington Post] et les managers en marge des affaires du Washington Post. Une fois les médias américains devenus, de toute évidence, des maisons-closes, ce qui est le cas, les Américains pourraient sortir de leur stupeur et apprendre à reconnaître les faits et à penser par eux-mêmes.

Mais ne rêvez pas ! De ce que j’ai vu, à quelques exceptions près, il n’y a pas plus idiots et insouciants que les Américains. Et ils pensent qu’ils sont le sel de la terre !

Article original : “The Big Whorehouse on the Potomac” , publié le 3-5 juillet 2009.

Traduction : JFG-QuestionsCritiques.

A propos :

Paul Craig Roberts, former Assistant Secretary of the US Treasury and Associate Editor of the Wall Street Journal, has held numerous university appointments. He is a frequent contributor to Global Research. Dr. Roberts can be reached at http://paulcraigroberts.org

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