La mission du « Spirit of Rachel Corrie » vers Gaza : Briser le siège illégal

Les forceurs du Blocus : Partie II

La mission du « Spirit of Rachel Corrie » vers Gaza : Briser le siège illégal

Première partie de cet article : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=25808

Note de l’éditeur de Global Research

 

Le texte suivant raconte comment le siège de Gaza a presque été brisé par un navire humanitaire solitaire.

Ce que l’équipage et les passagers du Spirit of Rachel Corrie ont accompli constitue un acte de courage et de détermination qui a pris la marine israélienne complètement par surprise.

Julie Lévesque de Mondialisation.ca a participé à cette mission pour Gaza organisée par Perdana Global Peace Foundation (PGPF). Voici son compte-rendu saisissant du quotidien sur le navire de la mission Spirit of Rachel Corrie, relatant en détails les actions de ceux qui, solidaires de la Palestine, ont mis leur vie en danger dans le but de briser le siège illégal de Gaza.

Le 16 mai 2011, lorsque le Spirit of Rachel Corrie est entré inaperçu dans les eaux palestiniennes et a été attaqué par des patrouilleurs de la marine israélienne, les médias occidentaux ont décidé en bloc de ne pas couvrir cet événement novateur…


Michel Chossudovsky, le 7 août 2011

La marine a empêché et continuera à empêcher l’arrivée de la « flottille de la haine », dont les seuls buts sont d’affronter les soldats de la FDI [Force de défense israélienne], créer une provocation médiatisée et délégitimer l’État d’Israël. – Avertissement du commandant de la marine israélienne, l’amiral Eliezer Marom, aux organisateurs de la flottille de Gaza (Anshel Pfeffer, Israel Navy commander: ‘Hate flotilla’ to Gaza must be stopped, Haaretz.com 19 juin 2011. C’est l’auteure qui souligne.)

Le Centre Simon Wiesenthal a publié une liste de personnes qualifiées d’antisémites en 2010. Je figure parmi les 10 premiers. Je suppose que ce que j’ai dit en 2010 est vu par le Centre hébreu [Wiesenthal] comme de la calomnie, mais je ne faisais qu’exercer mon droit à la liberté d’expression pour dénoncer ce que je considérais comme une injustice. J’ai condamné Israël pour avoir enfreint le droit international, assiégé illégalement Gaza, attaqué et saisi le Mavi Marmara et le Rachel Corrie en eaux internationales, tué neuf travailleurs humanitaires turcs et parce qu’il continue de priver le peuple souffrant de Gaza de matériel médical, de matériaux de construction et de nourriture. (Tun Dr. Mahathir Mohamad, The Anti-Semitic, ancien Premier ministre de la Malaisie, 24 décembre 2010. C’est l’auteure qui souligne.)
 

Cliquez ici pour la première partie de cet article : Gaza: Les forceurs de blocus

À l’origine, l’idée d’envoyer des flottilles à Gaza est venue de Tun Dr. Mahathir Mohamad, 4e Premier ministre de la Malaisie et fondateur de Perdana Global Peace Foundation. Depuis des décennies il défend avec ardeur les droits des Palestiniens. Comme la plupart des gens s’opposant fermement aux actions illégales de l’État d’Israël, il a été qualifié d’« antisémite ». Ce genre d’attaque ad hominem constitue le dernier recours de ceux qui désirent défendre une occupation illégale et immorale.

Le but de PGPF’ est de criminaliser la guerre. « Nous ne pouvons pas permettre au gens de tuer et de glorifier la tuerie. Nous devons changer la mentalité et rejeter la guerre comme moyen de régler les disputes. Il s’agit du début d’une longue saga qui durera des années », explique Tun Mahathir.

Discours d’ouverture de Tun Dr. Mahathir Mohamad lors de la War Crimes
Conference and Exhibition en octobre 2009

En 2010, PGPF a participé à la Flottille de la liberté avec le « Rachel Corrie ». Cette année, l’organisation a décidé d’agir seule et d’envoyer son navire, le « Spirit of Rachel Corrie » (SRC) avant le départ de la Flottille de la liberté II. Le but ultime de la mission était d’« amener la liberté à Gaza [et] de prouver au monde qu’Israël n’a aucun droit d’imposer ce siège illégal » a déclaré Tun Mahathir aux participants de la mission sur le point de prendre la mer à bord du SRC.

Compte tenu de la récente tentative ratée de la Flottille de la liberté II, la mission SRC peut être considérée comme un succès : il s’agit de la seule à avoir pénétré les eaux palestiniennes cette année. Son modus operandi devrait servir d’exemple aux prochaines tentatives visant à briser le siège de Gaza.

Une « opération humanitaire sous faux pavillon »

Le 11 mai 2011. Un navire portant le nom MV Finch et battant pavillon moldave a quitté, inaperçu, le port grec du Pirée. Il s’agissait du Spirit of Rachel Corrie (SRC). À bord se trouvaient 12 passagers et membres d’équipage : 7 Malaisiens, 2 Indiens, 2 Irlandais et 1 Canadienne.

Craignant qu’on ne les empêche de naviguer vers leur destination, les organisateurs de la mission ont opté pour la discrétion plutôt qu’une vaste campagne médiatique. Ils n’ont ni dévoilé d’où ils partaient, ni où ils allaient.

Cela s’est avéré être une bonne idée. Contrairement à la Flottille de la liberté II, qui devait se rendre à Gaza, ils ont pu quitter le port grec sans aucune forme d’empiétement et naviguer vers la Palestine.

Il convient de mentionner qu’en décembre 2010, le Jerusalem Post rapportait qu’« une entente de plusieurs millions de dollars [était] en cours pour la vente de systèmes d’armes à la flotte de F-16 de la Force aérienne grecque » et qu’étant donné le marasme économique de la Grèce, « les représentants ont affirmé qu’ils cherchaient des moyens créatifs pour que la Grèce puisse payer les systèmes ». (Yaakov Katz, Israeli defense industries in talks with Greek army, The Jerusalem Post, 12 décembre 2010. C’est l’auteure qui souligne.)

Le reportage mentionne par ailleurs que les liens entre la Grèce et Israël se sont améliorés  « depuis le raid de la marine sur une flottille turque en mai » à la suite de quoi, « la Turquie a coupé tout lien militaire et politique avec Israël ». (Ibid.)

Si les autorités grecques avaient été mises au courant de la destination ultime du SRC, elles l’auraient empêché de quitter les eaux grecques comme elles l’ont fait avec la Flottille de la liberté récemment.

Le 16 mai 2011, 6h. Cinq jours plus tard, le SRC naviguait hors des eaux égyptiennes et entrait, inaperçu, dans les eaux palestiniennes, à la grande surprise des pêcheurs palestiniens, étonnés de voir sur un navire des passagers étrangers leur souriant et les saluant de la main.

Des bateaux tentent régulièrement de briser le siège. Des navires, non.

“Palestine! Palestine!”, criaient-ils avec étonnement en pointant l’eau, pensant probablement que le capitaine était perdu.

« Nous allons à Gaza! », a crié l’un des passagers. « Gaza? » Et ils se sont mis à pointer dans cette direction en souriant et en criant « Gaza! Gaza! »

Ils n’en croyaient pas leurs yeux.

Alors que tous à bord s’attendaient à un affrontement imminent avec la marine israélienne, cet événement a allégé l’atmosphère sur le navire. Mais pas pour longtemps. Le vaisseau a poursuivi sa course jusqu’à ce que les passagers et l’équipage voient deux embarcations de la marine israélienne venant vers eux.

« Ils arrivent », a lancé Jenny Graham, l’activiste irlandaise. Elle a commencé à faire un appel avec le téléphone satellite lorsque les premiers coups de mitraillette ont retenti.

La moitié des passagers ont couru chercher refuge dans un endroit clos sur la plateforme de service. Les autres passagers et l’équipage se sont réfugiés à l’intérieur sur la passerelle.

La marine israélienne a contacté le capitaine, Abd Jalil bin Mansor, lequel a expliqué que le navire livrait de l’aide humanitaire à Gaza et qu’il n’y avait pas d’armes à bord. On lui a demandé de rebrousser chemin. Il a refusé.

« J’ai reçu l’ordre d’aller à Gaza. »
 

Capitaine Jalil Mansor expliquant la route choisie pour pénétrer les eaux palestiniennes.

Entre-temps, trois rondes de tirs ont retenti. « Bienvenus dans mon monde », a lancé Jenny, stoïque, aux passagers couchés à ses côtés sur la plateforme.

De là, personne ne pouvait voir où se dirigeaient les « coups de semonce » ni d’où ils venaient. De temps à autre, nous pouvions apercevoir les bateaux tournant autour du navire.

L’un des passagers priait, l’autre avait les mains en l’air pour montrer qu’il n’avait pas d’armes, bien que nous seuls puissions le voir.

Derek Graham avait déjà vécu ce genre d’expérience. Il était à l’extérieur, fumait une cigarette et, les bras grands ouverts, regardait directement l’homme derrière la mitraillette, l’invitant à tirer.

En le voyant, Alang Bendahara, journaliste pour News Straits Time, s’est levé pour tenter de filmer les bateaux qui tiraient sur le navire.

C’est alors que nous avons entendu quelqu’un de la marine israélienne crier à la radio au capitaine : « Faites demi-tour! Faites demi-tour maintenant ou nous allons vous tirer dessus! »

Le capitaine a obéi. Le navire a changé de direction.

Une autre ronde de tirs a retenti, bien que le capitaine ait suivi les ordres de la marine.

Ensuite, la marine égyptienne, qui n’a jamais remarqué l’entrée et la sortie du navire de ses eaux territoriales, a répondu aux appels répétés de la marine israélienne et leur a demandé d’arrêter de tirer. Ce qu’ils ont fait.

Alors que le navire était escorté vers les eaux égyptiennes, les Israéliens ont remercié les Égyptiens pour leur coopération dans le maintien du blocus et ont continué à tirer sur les petits bateaux vulnérables des pêcheurs palestiniens.

Comme d’habitude, a expliqué Jenny outrée : « La fusillade contre notre navire va faire les manchettes, mais pas celles contre les petits bateaux de pêcheurs. Le plus triste dans tout ça, c’est qu’il s’agit de leur quotidien! »

Le SRC est demeuré dans la zone d’attente du port d’El-Arich en Égypte durant 7 semaines. Le navire a tenté de retourner à Gaza par les eaux égyptiennes une semaine après sa première tentative. Alors que le navire était escorté par la marine égyptienne, qui avait ordonné au capitaine de se diriger vers les eaux internationales, des difficultés techniques sont survenues et le navire a dû être escorté à nouveau jusqu’à la zone d’attente du port d’El-Arich.

Durant les premiers jours d’attente près du port d’El-Arich, il était interdit aux pêcheurs égyptiens d’approcher le navire. Comme la nourriture se faisait rare à bord, Derek et Satya, un membre de l’équipage d’origine indienne, ont mis le zodiac à l’eau pour aller acheter du poisson, mais sont revenus les mains vides.

Quelques jours plus tard les pêcheurs ont été autorisés à s’approcher du MV Finch et vendre leur poisson.

En dehors des deux activistes irlandais et de Matthias Chang, personne d’autre à bord n’avait pris part à ce genre d’aventure auparavant. L’officier mécanicien en chef, Zainuddin Mohamed, a accepté de prendre part à cette mission simplement parce qu’il « voulait voir de [s]es propres yeux ce qui se passe à Gaza ». Le capitaine Jalil Mansor a pour sa part affirmé : « J’en suis venu à un point dans ma carrière où j’avais besoin de relever un défi. » Puisqu’il avait eu une formation militaire dans le passé, il n’a pas été intimidé par les coups de feu de la marine israélienne et a trouvé sa confrontation plutôt « amusante ».

« Honnêtement, j’aurais souhaité que les Israéliens nous capturent » a admis un Malaisien qui souhaitait conserver l’anonymat. « La Malaisie n’a pas de relations diplomatiques avec Israël, donc c’est la seule façon pour moi d’entrer dans ce pays : si les Israéliens m’arrêtent et m’emmènent là-bas. Je suis un peu déçu. »

Les journalistes malaisiens, Alang Bendahara du News Straits Time et Mohd Faizal Hassan de Bernama.

Même s’ils n’ont pas été mis en prison, les gens à bord du Finch étaient en quelque sorte emprisonnés sur le navire. On ne leur a pas dit pourquoi on les empêchait de quitter le navire et on leur a promis à maintes reprises qu’ils seraient autorisés à accoster le jour suivant. L’ambassade canadienne en Égypte a confirmé que l’affaire était entre les mains du renseignement militaire et non du ministère égyptien des Affaires étrangères.

Les gens à bord ont fait preuve d’une extraordinaire solidarité durant plusieurs jours en refusant de quitter en petits groupes : c’était « tous ou personne ».

Dès le premier jour à El-Arich, les autorités portuaires ont promis que le navire pourrait accoster et que les passagers seraient autorisés à débarquer le lendemain.


 

Le chef de la mission Matthias Chang et Zainuddin Mohamed, officier mécanicien en chef, à la suite d’une autre promesse non tenue, environ deux semaines après l’entrée en eaux palestiniennes.

Puisque le navire n’était pas autorisé à accoster à El-Arich, la seule façon de se procurer de l’eau douce était de la faire livrer par bateau dans la zone d’attente. Les passagers et l’équipage devaient ensuite transporter les lourds contenants et les vider un par un dans le réservoir. Aucun des marins n’avait vécu cela avant.

L’équipage d’origine et les passagers ont finalement été autorisés à quitter le navire le 3 juin, 18 jours après avoir pénétré les eaux palestiniennes. Trois des Malaisiens avaient décidé de quitter le 31 mai. Le nouvel équipage a été retenu en eaux égyptiennes durant plus d’un mois. Le 6 juillet, la cargaison a été déchargée et livrée à Gaza peu après, le 12 juillet. Toutefois, elle n’a pas été livrée par le passage de Rafah, mais par Kerem Shalom, en Israël.

Promesses égyptiennes

Depuis le 28 mai, le passage de Rafah est censé être ouvert aux personnes et à l’aide humanitaire, selon les déclarations du gouvernement égyptien.

Ce n’est pas le cas. Les autorités égyptiennes ont refusé de laisser passer la cargaison de PGPF par Rafah, même s’il s’agissait d’aide humanitaire : des tuyaux de PVC rigide destinés à réparer le réseau d’assainissement de Gaza, où une crise de l’eau fait rage. Cette crise n’affecte pas seulement les Gazaouis, mais aussi les pays voisins comme l’Égypte et Israël, car la destruction du système d’égouts de Gaza par l’armée israélienne a donné lieu au déversement quotidien de 50 à 80 millions de litres d’eaux d’égout brutes dans la mer Méditerranée.

La cargaison du SRC a donc plutôt été livrée par Kerem Shalom en Israël. Les tuyaux ont été considérés comme du matériel de reconstruction et Israël exige que ce type de matériel soit livré par ses points de contrôle illégaux. Cette option a été offerte aux 12 passagers et membres d’équipage alors qu’ils étaient sur le navire et ceux-ci ont catégoriquement refusé que la cargaison soit transférée par Kerem Shalom ou tout autre point de contrôle israélien.

Tous les membres de l’équipage et les passagers tenant une banderole de fortune rejetant tout compromis à leur objectif. De gauche à droite : Alang Bendahara, Satya Prakash, Chandan Sharma, Faizal Hassan, Jenny Graham, Matthias Chang, Julie Lévesque, Jafri Arifin, Zainuddin Mohamed, Jalil Mansor, Derek Graham, Radzillah Abdulla.

Le refus des autorités égyptiennes de permettre la livraison de la cargaison humanitaire par Rafah suggère que le gouvernement militaire par intérim prend ses ordres de Tel Aviv et Washington. Lorsque le SRC était pris en eaux égyptiennes, les personnes à bord se sont fait dire que le navire n’était pas autorisé à accoster pour des « raisons de sécurité ». L’affaire était entre les mains du renseignement militaire.

Le renseignement militaire est lié au ministère de la Défense, dirigé par Mohamed Hussein Tantaoui, commandant en chef des Forces armées égyptiennes et chef d’État de facto.

Hussein Tantaoui est en liaison permanente avec son homologue de Tel Aviv, Ehoud Barak, et le secrétaire de la Défense Robert Gates à Washington. (Michel Chossudovsky, BREAKING NEWS: Humanitarian Ship to Gaza is a Floating Prison: Cairo is Obeying Orders from Tel Aviv, le 5 mai 2011.)

En mars 2011, peu après que Moubarak ait été chassé du pouvoir, un analyste politique de l’organisme égyptien Al-Ahram Center for Political and Strategic Studies a déclaré :

Dans le conflit israélo-palestinien, l’Égypte [...] durcira sa position envers Israël et jouera un rôle plus positif en appuyant la cause palestinienne. (Heba Fahmy, No drastic, immediate change in Egypt’s foreign relations, say analysts, Daily News Egypt, 29 mars 2011.)

L’issue de la mission SRC indique que le gouvernement égyptien post-Moubarak, plutôt que de « durcir sa position envers Israël », travaille toujours de concert avec Israël et les États-Unis. Cependant, le peuple égyptien, du personnel de la marine aux pêcheurs, a démontré qu’il appuyait fortement la mission malaisienne à Gaza.

Récemment, à la fin juillet, l’Égypte a tout de même permis à un convoi humanitaire britannique nommé Miles of Smiles 4 de se rendre à Gaza par le passage de Rafah. Entre-temps, le Comité spécial de l’ONU chargé d’enquêter sur les pratiques israéliennes dans les territoires occupés a été autorisé à entrer à Gaza pour la première fois en juillet, 43 ans après sa création. (IPS, End blockade now, says UN group in rare Gaza visit, le 1er août 2011.) 

Le comité a condamné « les horribles conditions de vie en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, l’effet dévastateur du blocus économique israélien [ainsi que] le mépris incessant d’Israël pour ses obligations en vertu du droit international ». L’ambassadeur du Sri Lanka à l’ONU a déclaré que « les conditions économiques, psychologiques, sociales, ainsi que la santé et l’éducation sont affectées par le blocus ». « Le blocus continu de Gaza par Israël contrevient aux droits humains du peuple de Gaza et au droit humanitaire international », a-t-il ajouté. (Ibid)

Une fois de plus, un comité de l’ONU dénonce les actions illégales d’Israël. Pourtant, avec le temps, ces accusations se sont avérées inutiles, puisque seul le Conseil de sécurité peut imposer des sanctions à Israël et il ne l’a jamais fait. En réalité, c’est plutôt le contraire. Les actions illégales d’Israël ont été protégées à maintes reprises par des vetos des États-Unis sur des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU critiquant Israël.

Bien qu’elles soient qualifiées d’« inutiles » par l’ONU et les gouvernements occidentaux, les flottilles et les tentatives solitaires visant à briser le siège ont eu un impact tangible sur la vie des Gazaouis.

Les tuyaux d’égout amenés par le Spirit of Rachel Corrie sont maintenant à Gaza, qui fait face à une importante crise de l’eau.

Physicians for Human Rights Israel a publié en 2010 un rapport intitulé « Humanitarian Minimum: Israel’s Role in Creating Food and Water Insecurity in Gaza » (Minimum humanitaire : Le rôle d’Israël dans la création de l’insécurité alimentaire et liée à l’eau à Gaza). Il aborde les conséquences du blocus israélien sur la santé publique dans la bande de Gaza.

Le rapport mentionne que « la diarrhée aqueuse et la diarrhée sanglante aiguë [...] sont les causes les plus importantes de morbidité dans la population » et que « selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), [ces maladies sont dues] à un mauvais approvisionnement d’eau, un assainissement des eaux inadéquat et à de mauvaises conditions d’hygiène ». (Physicians for Human Rights Israel, Humanitarian Minimum: Israel’s Role in Creating Food and Water Insecurity in Gaza, décembre 2010, p.69)  

Employées de PGPF Farlina Said et Maizatul Akmar Mohd Naim à Kuala Lumpur, en Malaisie.

Radzillah Abdulla de FELDA (Federal Land Development Authority), une organisation gouvernementale malaise, et Jenny Graham peu après le départ de la Grèce.

Leçons d’une « opération humanitaire sous faux pavillon »

Jusqu’ici cette année, le navire solitaire Spirit of Rachel Corrie a été la seule embarcation à pénétrer les eaux palestiniennes et à « percer » le blocus. Même si elle n’a pas brisé le siège, la mission devrait être considérée comme une petite victoire contre l’occupant illégal et sa stratégie devrait être prise en considération par ceux qui veulent tenter de briser le siège.

1- Favoriser un black-out médiatique : Afin d’éviter d’être déjouée, toute tentative de briser le siège devrait être camouflée. Les médias devraient être avisés uniquement lorsque le but a été atteint ou lorsque le vaisseau a été empêché de l’atteindre. Les vastes campagnes médiatiques ont peut-être l’avantage de lever le voile sur le siège illégal, elles révèlent également de l’information faisant obstacle à l’opération et aide l’occupant illégal. Le but ultime d’une telle entreprise devrait demeurer de briser le siège et non d’en faire la publicité.

2- Dissimuler le lieu de départ : Le pays de départ devrait être divulgué uniquement à ceux qui doivent être mis au courant à des fins logistiques.

3- Dissimuler la destination: Il est recommandé de mentionner une destination alternative aux autorités du pays de départ.
 
4- Utiliser la tromperie: La mission malaisienne SRC ou MV Finch battait pavillon moldave. Les Israéliens devaient savoir que PGPF envoyait une mission à Gaza puisque l’organisation malaise en avait fait l’annonce quelques semaines avant son lancement. Seules les dates ont été gardées secrètes. Les Israéliens s’attendaient probablement à une embarcation battant pavillon malaisien.

5- Utilisez un vaisseau rapide : Le MV Finch ne pouvait atteindre plus de 6 milles marins l’heure. S’il avait été plus rapide, il aurait pu se rendre au port de Gaza.

Satya Prakash et Chandan Sharma, les deux membres d’équipage d’origine indienne.

Le 3 juin 2011. Les derniers « prisonniers du navire » sont libérés et rejoignent l’équipe terrestre à El-Arich.

Liens externes :

Perdana Global Peace Foundation
Blogue de Derek et Jenny Graham : Irish in Gaza
Rachel Corrie Foundation for Peace and Justice

La version anglaise de cet article : http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=25631

Julie Lévesque est journaliste et chercheure au Centre de recherche sur la Mondialisation.

Articles Par : Julie Lévesque

A propos :

Julie Lévesque is a journalist and researcher with the Centre for Research on Globalization (CRG), Montreal. She was among the first independent journalists to visit Haiti in the wake of the January 2010 earthquake. In 2011, she was on board "The Spirit of Rachel Corrie", the only humanitarian vessel which penetrated Gaza territorial waters before being shot at by the Israeli Navy.

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