La remise des dettes au pays de Canaan au premier millénaire avant notre ère

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La justice sociale, particulièrement sous la forme de la remise des dettes qui enchaînent les pauvres aux riches, est un leitmotiv dans l’histoire de l’Israël |1| ancien.

Tous les 7 ans, dit le Deutéronome, les Israélites ont l’obligation de libérer les esclaves hébreux qui se sont vendus à eux pour dettes, et de leur offrir quelque produit de leur petit bétail, de leur champ et de leur pressoir afin qu’ils ne rentrent pas chez eux les mains vides (cf. Dt. 15,14 et Ex. 21,2).

Comme la loi est trop peu appliquée, le Lévitique |2| la réaffirme en la modulant : « Tous les 50 ans, vous déclarerez une année sainte et proclamerez l’affranchissement de tous les habitants du pays… chacun d’entre vous rentrera dans son patrimoine, chacun d’entre vous retournera dans son clan » (Lv. 25,10). Et pour bien s’assurer que la loi sera cette fois suivie, les codes décrivent en détails comment les achats et les ventes de biens entre particuliers doivent se faire en fonction du nombre d’années écoulées depuis le jubilé précédent (c’est-à-dire du nombre d’années qui subsistent avant de devoir rendre ces biens à leur précédent propriétaire).

Si nous ajoutons à ces passages les innombrables versets qui interdisent de prêter à intérêt à leurs semblables et de prendre des biens en gage, nous avons une idée de ce que les Israélites du pays de Canaan avaient mis en place pour tenter de maintenir un certain équilibre social.

Depuis les années 2000, les recherches archéologiques au Moyen-Orient, l’histoire des écrits égyptiens et assyro-babyloniens, ainsi que l’analyse des anachronismes du texte biblique ont apporté de nombreuses révélations qui transforment substantiellement notre image des origines du peuple hébreu |3|.

Ni les archives multiples et détaillées des empires du Moyen-Orient, ni les vestiges matériels ne corroborent l’installation puis le départ des Hébreux de la terre égyptienne au XIIIe siècle avant Jésus-Christ. Les récits qui nous retracent cette odyssée ont en fait été rédigés à la demande du roi Josias et de la grande réforme deutéronomique qu’il a lancée au VIIe siècle avant notre ère. En 721, les princes et les prêtres du Royaume d’Israël, au nord, ont été emmenés en exil par l’envahisseur assyrien. Josias, qui règne sur le Royaume du Sud, rêve d’enfin unifier les deux territoires et les deux populations qui ont une religion semblable. Pour y arriver, il fait rédiger par ses scribes, en s’appuyant sur des héros connus, le récit des hauts faits de David et Salomon censés régner avec fastes sur un pays unique, honorant un dieu unique, dans un Temple unique. Et il fait ajouter en prélude l’histoire d’Abraham, de ses fils, et des avatars de leur peuple au pays d’Egypte.

En réalité, les archives égyptiennes, qui relatent les moindres incidents frontaliers, n’ont gardé aucune trace de l’arrivée puis de l’exode massif d’Hébreux au milieu ou à la fin du deuxième millénaire avant J.-C. Par contre, l’épopée biblique a pu s’appuyer sur le souvenir resté vivant en Canaan de l’invasion du delta égyptien par les Hyksos, puis de leur expulsion brutale au deuxième millénaire. De surcroît, le récit de l’exode reflète bien les rapports tumultueux de Josias lui-même avec l’empire égyptien du VIIe siècle avant J.-C.

Quant à Jérusalem, au temps de David et Salomon, 1 000 ans avant J.-C., c’est un minuscule village, sans développement économique et intellectuel, incapable de se doter d’une armée, de construire un temple et de rédiger des textes religieux. David et Salomon étaient tout au plus des chefs de clan montagnards. Par contre, vers 640, le Royaume de Juda et sa capitale peuvent enfin se développer en profitant du déclin du Royaume du Nord puis de l’affaiblissement des Assyriens.

Les prophètes comme avocats de la remise des dettes

Le jeune roi Josias décide de rendre du souffle à son peuple par le récit d’origines brillantes, mais aussi de lui donner une armature morale et spirituelle solide. C’est ainsi que les textes deutéronomiques qu’il commandite sont de bout en bout marqués par l’esprit des prophètes qui, au risque de leur vie, affrontaient les puissants pour exiger la justice sociale, le respect des pauvres et des faibles, le refus des prêts à intérêt, et la remise des dettes qui asservissaient une grande partie du petit peuple en le spoliant de ses terres |4|. Le développement économique que connaît à ce moment le Royaume du Sud s’accompagne d’un grand bouleversement social et d’une énorme précarité. Les liens entre les paysans et leurs terres, les anciens clans et leurs territoires sont rompus. Dès 740 avant J.-C., le prophète Isaïe vitupérait : « Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison et joignent champ à champ, au point de prendre toute la place et de rester les seuls habitants du pays » (Is. 5,8). D’où l’exigence du Deutéronome d’affranchir régulièrement les esclaves hébreux pour leur permettre de retrouver leurs champs et leur élevage.

Le rêve de Josias vole en éclats quand il est assassiné par les Egyptiens en 609. La situation sociale et politique s’aggrave encore durant les années qui suivent, malgré les interventions de nouvelles générations de prophètes, notamment de Jérémie et d’Ezéchiel : « C’est assez pour vous, Princes d’Israël. Cessez vos violences et vos rapines, pratiquez le droit et la justice, n’accablez plus mon peuple d’exactions, oracle du Seigneur. Ayez des balances justes, un boisseau juste, une mesure juste » (Ez. 45, 9-10).

Un passage de Jérémie éclaire d’une autre manière la portée de la loi sur la remise des dettes. Face à l’avancée des armées ennemies vers Jérusalem, en 587 avant J.-C., Jérémie soutient au nom de Dieu l’entreprise du roi Sédécias (alors souverain du Royaume de Juda) qui exige des puissants de son royaume la libération immédiate de tous les asservis pour dettes (Jr. 34, 8-17). Jérémie rappelle avec force l’exigence antique d’affranchissement des esclaves… dont le roi, en fait, a besoin pour réunifier patriotiquement les classes sociales avant la bataille, et se donner en suffisance des troupes libres de toute obligation servile ! Ce texte, rédigé un siècle plus tard, après l’exil, traduit donc moins la position prophétique que l’influence grandissante sur la culture judaïque des traditions assyro-babyloniennes de remise des dettes par le monarque. En effet, en 587, Nabuchodonosor s’est emparé du royaume de Juda et a emmené les élites dirigeantes à Babylone. Cyrus, en 538, les autorise à rentrer au pays. En 445, un de ses successeurs, Artaxerxés, donne mandat à son échanson Néhémie d’organiser la reconstruction du temple de Jérusalem. Néhémie participe activement au renouveau politique et spirituel qui s’élabore dans la capitale, en reprenant la ligne instillée par Josias : attachement au Temple mais en même temps exigence radicale de justice sociale.

Un incident témoigne de la connaissance qu’a Néhémie de l’ancienne tradition de remise des dettes pratiquée en Mésopotamie entre 2500 et 1500 avant notre ère |5|. La situation sociale qu’il découvre en Judée est épouvantable : « Une grande plainte s’éleva parmi les gens du peuple et leurs femmes contre leurs frères juifs. Les uns disaient : “Nous devons donner en gage nos fils et nos filles pour recevoir du blé, manger et vivre”. D’autres disaient : “Nous devons engager nos champs, nos vignes et nos maisons pour recevoir du blé pendant la famine.” D’autres encore disaient : “Pour acquitter l’impôt du roi, nous avons dû emprunter de l’argent sur nos champs et nos vignes ; et alors que nous avons la même chair que nos frères, que nos enfants valent les leurs, nous devons livrer en esclavage nos fils et nos filles ; il en est, parmi nos filles, qui sont violentées. Nous n’y pouvons rien puisque nos champs et nos vignes sont déjà à d’autres” » (Ne. 5, 1-5).

Face à des crises sociales aussi graves, où l’on voyait les grands propriétaires s’approprier à un point tel les terres et la force de travail des paysans que la stabilité de l’ordre social en était compromise, les chefs d’Etats de la Mésopotamie de l’âge du Bronze avaient institué dès 2500 avant J.-C. la remise périodique des dettes et la libération des esclaves pour dettes. Cette tradition a disparu en Mésopotamie après 1500 avant J.-C. mais les traces écrites étaient multiples à Babylone au VIe s. av. J.C. à l’époque de la captivité des Juifs dans cette cité |6|.

Néhémie va utiliser le même moyen pour rendre une cohésion au Royaume de Juda, mélange des notables revenus d’exil et du petit peuple resté sur place. Persuadé que le pays serait perdant militairement, économiquement et spirituellement si ses gouvernants n’étaient plus les garants de la justice sociale, il inscrivit la loi de libération des dettes dans un cadre religieux, l’Alliance avec Yahvé. C’est dès lors Dieu lui-même qui commande la remise des dettes et la libération des esclaves et de leur terre car la terre appartient à Dieu seul. « Je fus vivement irrité quand j’appris leur plainte (…), je tançai les grands et les notables. (…) Restituez-leur sans délai leurs champs, leurs vignes, leurs oliviers et leurs maisons, et remettez-leur la dette de cet argent, de ce blé, de ce vin, de cette huile que vous leur avez prêtés. (…) Que Dieu secoue de la sorte, hors de sa maison et de son bien, tout homme qui ne tiendra pas cette parole  » (Ne. 5, 6-13).

Ainsi, Néhémie prend-il résolument le parti des paysans sans terres alors qu’il affronte une classe qui s’est emparée du pouvoir grâce à sa puissance financière. Cependant, l’intérêt de ce passage est aussi qu’il traduit avec force la révolte populaire contre la violence arrogante des riches, et l’exigence des paysans de mettre à leur service à eux la vieille loi israélite de remise des dettes |7|.

Mais d’où vient donc cette loi d’affranchissement des asservis pour dettes et de retour auprès de leur terre, de leur clan, de leur maison et de leur cheptel ? Pour répondre à cette question, il nous faut en résoudre une autre.

D’où viennent les Israélites ?

Contrairement aux images habituelles, les Israélites n’ont pas envahi Canaan après avoir passé 40 ans dans le désert du Sinaï. Celui-ci n’en recèle pas la moindre trace. Selon l’état actuel de nos connaissances, les Israélites seraient des Bédouins, des pasteurs nomades cananéens, qui avaient l’habitude de suivre leurs troupeaux aux abords des grandes cités-Etats de Canaan. Ils échangeaient avec elles leur bétail contre des céréales.

Lorsque ces villes se disloquent petit à petit pour de multiples raisons, au cours des XIIIe et XIIe siècles avant J.-C., ces pasteurs nomades se sédentarisent partiellement sur les Hautes Terres de Samarie à Jérusalem afin de cultiver eux-mêmes les nourritures indispensables qu’ils ne peuvent plus se procurer en ville. Les villages dont on a retrouvé les vestiges sont encore conçus comme des campements à petit bétail. Ils se développent plus rapidement dans le Nord (Royaume d’Israël) où les plantations d’oliviers et de vignes portent des fruits en abondance qui leur permettront de s’inscrire aisément dans le commerce international. Juda, dans le sud, beaucoup plus aride et à l’écart des grandes voies de communication, stagnera par contre durant longtemps. Cependant, ces deux royaumes semblent partager des légendes et des héros communs, une langue et un alphabet proches, ainsi qu’une religion commune, dont la caractéristique matérielle la plus frappante est l’interdit sur le porc. Aucune trace de consommation ou d’élevage de porcs n’a été retrouvée chez eux, à la différence des autres tribus cananéennes. Aucune trace non plus d’autel ou de sanctuaire.

Ces nombreuses communautés (jusqu’à 250) vivent très simplement. On n’a pas découvert de produits de luxe ou de bijoux dans les tombes ou dans les maisons. Celles-ci ont toutes à peu près la même dimension, « preuve d’une répartition assez équitable des richesses entre les familles » |8|.

Les Israélites des Hautes Terres à partir du XIIe siècle mettent au point des processus qui empêchent leurs premiers surplus de production d’être accaparés par les propriétaires plus chanceux dans la répartition des terres, du cheptel ou des forces humaines. Ainsi se précisent petit à petit des règles qui, périodiquement, « remettent les compteurs à zéro » afin de maintenir l’équilibre de communautés sans dignitaires, et d’éviter aux uns de devoir se vendre pour dettes aux autres.

C’est donc aussi sur le souvenir resté vivace de ces premières communautés villageoises que les prophètes d’abord, le Deutéronome puis le Lévitique ensuite, s’appuient pour formuler leur exigence de libération périodique des serviteurs. Mais la situation a changé. Au VIe siècle avant J.-C., il y a longtemps que les surplus ont été accaparés par les princes et les notables. Dès lors, au fil du temps, la loi portera de plus en plus sur les relations interpersonnelles quand elle ne sert pas purement et simplement les intérêts des gouvernants. Elle a perdu sa force d‘interpellation politique. A la fin du premier millénaire, elle n’aura plus bien souvent qu’une signification spirituelle : la remise des péchés.

De plus, le Lévitique est très clair à ce propos, la loi ne porte que sur les serviteurs hébreux, de la même religion que le maître. Ceux-ci ne doivent pas libérer les esclaves acquis (par les conquêtes) à l’étranger. Seuls les textes les plus tardifs du livre d’Isaïe ouvriront des perspectives plus universelles (Is. 61, 1-2).

En résumé, la loi sur la remise des dettes et la libération de la servitude pour dettes chez les Israélites du pays de Canaan prend des colorations fort différentes suivant les époques, et surtout selon qu’elle est utilisée par les princes pour gérer la situation politique ou réclamée par les prophètes et les populations opprimées.

Quoi qu’il en soit, au premier siècle de notre ère, la remise des dettes et la libération des esclaves pour dettes a été balayée de l’ensemble des cultures du Proche-Orient, y compris en Judée. La situation sociale s’y est tellement dégradée que le rabbi Hillel |9| peut y édicter un décret selon lequel les débiteurs doivent dorénavant signer qu’ils renoncent à jouir de leur droit à la remise des dettes |10|.

La remise des dettes dans le Nouveau Testament

Que devient la remise des dettes dans le Nouveau Testament, entre le Ier et le IIIe siècle après J.-C. ?

Les Actes des apôtres, censés retracer la vie des premiers chrétiens, en livrent une image idyllique : « Tous les croyants ensemble mettaient tout en commun ; ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et en partageaient le prix entre tous selon les besoins de chacun » (Ac. 4, 32-34).

La deuxième lettre de Paul aux Corinthiens va dans le même sens : « Il ne s’agit point pour soulager les autres de vous réduire à la gène ; ce qu’il faut c’est l’égalité. Dans le cas présent, votre superflu pourvoit à leur dénuement, pour que leur superflu pourvoie un jour à votre dénuement » (II Co. 8, 13-14).

Ce communautarisme ne cherche pas à changer le système social en place qu’est l’Empire romain. Il protège simplement la communauté de ses pires excès. Pour preuve, la position de Paul vis-à-vis des autorités et des maîtres : « Que chacun se soumette aux autorités en charge. Car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu… si bien que celui qui résiste à l’autorité se rebelle contre l’ordre établi par Dieu » (Epître aux Romains 13, 1-2). « Esclaves, obéissez à vos maîtres d’ici bas avec crainte et respect, en simplicité de cœur, comme au Christ » (Ephésiens 6,5).

A côté de cela, la position de Jésus sur la remise des dettes telle qu’elle est rapportée à de multiples reprises, et avec le plus de force dans l’évangile de Luc au chapitre 4, apparaît comme marquée d’un souffle prophétique révolutionnaire. Luc situe le passage au début de la vie publique de Jésus. Il en fait donc une clé de lecture de tout ce qui suivra. Jésus, dit Luc, se rend dans une synagogue un jour de sabbat et choisit de lire le passage d’Isaïe 61 évoqué plus haut. Il ne le cite pas tout à fait mot à mot et insiste davantage sur l’aspect concret, et non spirituel, du travail de libération qu’il entreprend à ce moment. Comme Isaïe, il lui donne une portée clairement universelle. Rappelons-nous que l’année de grâce du Seigneur (année jubilaire) à laquelle il appelle, exigeait tout à la fois le repos de la terre, la remise des dettes et la libération des esclaves. « Jésus vint à Nazara, où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il est écrit : “L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, rendre la liberté aux opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur”. (…) Alors il se mit à leur dire : “Aujourd’hui s’accomplit à vos oreilles ce passage de l’Ecriture” » (Lc. 4, 16-21).

En plein Empire romain esclavagiste, qui refuse farouchement le concept de remise des dettes, la déclaration de Jésus ne pouvait être perçue que comme une déclaration de guerre au système judéo-romain en place. Il n’est donc pas étonnant que quelques versets plus loin, Luc note déjà une première tentative de le mettre à mort. Avant d’être arrêté, Jésus aura cependant encore le temps de poser un geste matériel hautement symbolique : renverser avec force les tables des changeurs de monnaies dans le temple de Jérusalem. Ni les grands prêtres juifs, ni les autorités romaines ne pourront le supporter.

 

Articles Par : Isabelle Ponet

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