Le devoir d’indignation

À la lecture de l’actualité – alors que les Haïtiens se battent dans les rues de Port-au-Prince pour que leur droit à la nourriture soit respecté, que des États, dont le Canada, reconnaissent des États voyous tel le Kosovo, que l’on parle ouvertement de trafic et de marché albanais d’organes, qu’un peu tardivement Carla Del Ponte admet l’existence de ce marché – on devrait enseigner dans toutes les écoles du monde entier et à tous les adultes le devoir d’indignation.

La famine est un phénomène orchestré par l’Occident : affamer pour mieux dominer. Gonfler artificiellement les prix des denrées alimentaires dans le pays pauvres, comme cela a été le cas à Haïti au début du mois d’avril. Puis baisser ces prix pour calmer les populations s’assurant du même coup d’une mainmise dans ces pays. Pendant ce temps, aux États-Unis et au Canada, nos jeunes se livrent à des batailles de pizza et s’arrosent au Coca-Cola avant d’engouffrer trois portions de frites extra larges. Cette scène se déroulait dans une banlieue tranquille de la Rive Sud il y a moins d’une semaine. Des jeunes d’une douzaine d’années s’en donnaient à cœur joie. Une question se pose : pourquoi ces jeunes soupaient-ils dans la rue et non chez eux? Quels parents payaient pour cette orgie alimentaire?  L’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme stipule : « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaire… » Afin que ces droits soient respectés, il faut forcément partager et c’est là que le bât blesse. Cette année est celle du soixantième anniversaire de la signature de la Déclaration universelle des droits de l’homme et 2008 sera marquée par une vaste campagne des Nations Unies sous le thème « Dignité et justice pour tous ». J’aimerais pouvoir y croire.

Le Kosovo s’est autoproclamé indépendant le 17 février 2008 laissant sa porte ouverte à l’OTAN et aux États-Unis. Depuis, on a eu la preuve qu’il s’agit d’un État dominé par la mafia albanaise. Le premier ministre du Kosovo,  Hashim Thaci, libérateur des Albanais du Kosovo, fait partie de cette mafia et a commis nombre d’exactions. Mais en reconnaissant le Kosovo, le Canada et d’autres États ont endossé implicitement toutes les horreurs commises dans cette région des Balkans. Comment peuvent-ils ensuite parler de droits de l’homme? À moins que les Serbes et les autres victimes de cette région ne répondent pas à la définition du mot Homme… Depuis quelque temps, on parle d’un trafic d’organes dirigé par les Albanais. Milijana Mitrovic, journaliste et source principale de Carla Del Ponte, a écrit qu’avec l’aide de représentants de la KFOR et de l’UNMIK, des organes étaient prélevés sur des prostituées (amenées de différents pays par les Albanais) pour distraire les membres de ces deux forces… En 2002, Milijana Mitrovic a essayé d’alerter l’opinion, sans succès. Carla Del Ponte savait elle aussi, mais elle n’a rien fait. Aujourd’hui, elle sort un livre et reconnaît qu’elle était au courant. Mais les pressions exercées sur elle l’ont empêchée d’agir. Une excuse un peu facile déjà servie par notre trop célèbre Général Dallaire qui n’a rien pu faire au Rwanda. Carla Del Ponte devient victime et vend son livre. En tant que procureure du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de 1999 à 2007, elle avait le pouvoir de parler haut et fort. Mais elle s’est tue. Et, comme tout un chacun le sait, le silence est complice.

Pourquoi ne pas ajouter à la Journée des droits de l’homme, célébrée le 10 décembre depuis 1950, une journée du Devoir d’indignation? Une journée durant laquelle chacun de nous devrait s’indigner d’une injustice, aussi petite soit-elle? Vingt-quatre heures de réflexion sur soi… pour passer ensuite à l’action. 

Claude Herdhuin: Auteure, scénariste.

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