Le nucléaire et la radioactivité, c’est naturel?

Le nucléaire et la radioactivité, c’est naturel?

Le dixième anniversaire de l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center a pris tout l’espace médiatique le 11 septembre dernier. On en a oublié l’accident nucléaire de Fukushima qui a eu 6 mois le même jour. L’actualité nous a cependant rappelés à l’ordre dès le lendemain.

Le 12 septembre, une explosion dans un centre français de retraitement de déchets nucléaires à Marcoule (usine Centraco) a fait un mort et 4 blessés, dont un grièvement. Cet accident mortel a permis d’apprendre que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), un organisme de surveillance français,  avait déjà recensé 18 accidents à cet endroit en 10 ans.

Le 14 septembre, Le Devoir nous informait que le ministère des Ressources naturelles et de la faune du Québec (MRNF) s’est associé à l’Association de l’exploration minière du Québec (AEMQ) pour enseigner aux enfants que la radioactivité, c’est naturel.

J’ai vu le questionnaire destiné aux enfants et aux enseignants et c’est vrai qu’il était tendancieux. On n’y disait absolument rien sur les risques sanitaires de l’uranium et de la radioactivité qu’il dégage.

Les seules allusions en matière de santé étaient celles-ci : 1) la radioactivité est présente naturellement partout, même dans les bananes que nous mangeons et 2) on a besoin de l’uranium pour soigner le cancer (allusion indirecte et sans aucune précision aux isotopes médicaux).

Ce document n’expliquait rien concernant l’extraction de l’uranium et son conditionnement chimique. Il ne disait pas que l’exploitation des mines d’uranium laisse sur place des montagnes de résidus miniers qui augmentent la radioactivité ambiante (rayonnements gamma) pour de très nombreuses années. On n’y précisait pas non plus que ces poussières de roche se retrouvent ensuite dans l’eau et les sédiments, ce qui accroît la teneur radioactive des plantes, des poissons et des animaux qui vivent à proximité.

Les informations du MRNF et de l’AEMQ omettaient également de mentionner que la majeure partie de l’uranium sert à alimenter des réacteurs nucléaires.  Or, ceux-ci sécrètent des produits radioactifs qui n’ont rien de naturel, en plus d’être dangereux et cancérigènes.

Les dépôts de particules radioactives minuscules dans la ville de Fukushima (césium-134 et 137 principalement)  font en sorte que ses 300 000 habitants seront dorénavant exposés à une radioactivité  artificielle de 20 millisieverts par année. C’est 20 fois plus que le maximum recommandé par la Commission internationale de protection radiologique pour la population en général.

Et on ne tient pas compte de la teneur radioactive des aliments produits localement, ce qui va accroître cette exposition radioactive mais à l’intérieur du corps des gens qui vont les manger.

Pour éviter des dédommagements financiers astronomiques,  les autorités japonaises ont rehaussé les normes d’exposition à la radioactivité acceptables. Dans la préfecture de Fukushima, on a même refusé de prendre des échantillons d’urine d’enfants pouvant déterminer de manière objective leur niveau de contamination radiologique.

Les Soviétiques avaient fait la même chose suite à Tchernobyl, ce qui a permis d’éviter des évacuations massives et coûteuses. Mais cela a provoqué de nombreuses pathologies chez les habitants des territoires contaminés, les enfants en particulier.

Affirmer que la radioactivité est naturelle et sans danger constitue bel et bien une aberration.

Articles Par : Julie Lemieux

Avis de non-responsabilité : Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que le ou les auteurs. Le Centre de recherche sur la mondialisation se dégage de toute responsabilité concernant le contenu de cet article et ne sera pas tenu responsable pour des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes.

Le Centre de recherche sur la mondialisation (CRM) accorde la permission de reproduire la version intégrale ou des extraits d'articles du site Mondialisation.ca sur des sites de médias alternatifs. La source de l'article, l'adresse url ainsi qu'un hyperlien vers l'article original du CRM doivent être indiqués. Une note de droit d'auteur (copyright) doit également être indiquée.

Pour publier des articles de Mondialisation.ca en format papier ou autre, y compris les sites Internet commerciaux, contactez: media@globalresearch.ca

Mondialisation.ca contient du matériel protégé par le droit d'auteur, dont le détenteur n'a pas toujours autorisé l’utilisation. Nous mettons ce matériel à la disposition de nos lecteurs en vertu du principe "d'utilisation équitable", dans le but d'améliorer la compréhension des enjeux politiques, économiques et sociaux. Tout le matériel mis en ligne sur ce site est à but non lucratif. Il est mis à la disposition de tous ceux qui s'y intéressent dans le but de faire de la recherche ainsi qu'à des fins éducatives. Si vous désirez utiliser du matériel protégé par le droit d'auteur pour des raisons autres que "l'utilisation équitable", vous devez demander la permission au détenteur du droit d'auteur.

For media inquiries: media@globalresearch.ca