Le sous-commandant Marcos ou le défi d’une nouvelle gauche mexicaine

Pour le 12e anniversaire du soulèvement zapatiste au Chiapas (sud-est), le sous-commandant Marcos s’est lancé dans un défi politique de rassembler la gauche extra-parlementaire et anticapitaliste qui n’est pas sans rappeler celui du Bolivien Evo Morales.

“L’autre campagne”, un périple de six mois dans tous le Mexique à la rencontre des “force de gauche anticapitalistes”, a débuté dimanche par un meeting rassemblant une dizaine de milliers d’indiens à San Cristobal de las Casas, la capitale historique du Chiapas.

 

Le chef de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) a prouvé que sa sa capacité de mobilisation était intacte, mais aujourd’hui ses troupes tout en gardant l’anonymat du passe-montagne, sont appelées à s’ouvrir à d’autres secteurs politique du Mexique, mais pas aux partis traditionnels qui s’affronteront lors de l’élection présidentielle de juillet 2006.

Pas question par exemple pour l’EZLN de soutenir la candidature dite “de gauche” de l’ancien maire de Mexico, Andres Manuel Lopez Obrador, que les sondages placent en tête des intentions de vote.

Marcos veut créer “un front, une alliance sous forme d’une coordination, un peu comme en Bolivie”, estime Noe Pineda, responsable du centre des droits de l’Homme Fray Bartolome de la Casas.

Il s’agirait pour la première fois dans l’histoire du Mexique de la formation d’un large mouvement de gauche radical qui ne soit ni dans la guérilla, ni dans l’illégalité.

La force aujourd’hui du mouvement victorieux en Bolivie est sans comparaison avec celui des zapatistes qui ne peuvent pas compter notament sur la présence de puissants syndicats d’opposition.

Mais l’essence de la lutte des deux mouvements fondée dans la revendication indigène et paysanne est proche. D’ailleurs le nouveau président bolivien a invité le leader zapatiste à son investiture, le 22 janvier.

L’Aggionarmento des zapatistes va avoir un rôle de trouble-fête dans le processus électoral. “En éliminant la voie armée et en faisant un pas de plus pour se convertir en force politique, ils vont influer directement dans le processus électoral”, estime Noe Pineda.

Selon Gerardo Gonzalez Figueroa, ancien coordinateur des organisations non gouvernementales pour la paix (CONPAZ), Marcos veut mobiliser une société civile émergente et solidaire et il est le mieux à même de le faire d’un point de vue médiatique

Toutefois, ajoute-t-il, “il lui faut un programme de lutte pour rassembler une gauche fragmentée et minoritaire”. Ses atoûts: “le désespoir, la crise des partis politiques” et une stature morale.

“Il faut féliciter l’EZLN de ne plus chercher la voie armée, mais de dédier son energie à promouvoir des changements sociaux, politiques et économiques, en regroupant ceux qui se disent de gauche”, écrivaient dans leur message de nouvel an l’evêque de San Cristobal Felipe Arizmendi et son auxilliaire Enrique Diaz.

“Alors que les partis politiques ressemblent plus à une agence pour l’emploi que (des entreprises) favorisant le bien commun”, ajoutent-t-ils.

Mais pour d’autres, les zapatistes ne sont qu’à la recherche d’un second souffle. Marcos a reconnu que son mouvement était dans l’impasse s’il ne s’ouvrait pas à d’autres forces.

Noe Pineda note que les zapatistes sont entrés “en conflit avec des organisations dans leur propre territoire”.

Pour le député du Parti du travail (PT) Francisco Amadeo Espinosa Ramos, les objectifs de Marcos “ne sont pas clairs”, même s’il qualifie sa démarche de positive car elle pourrait “donner de l’oxygène” au climat politique marqué par un désenchantement face aux partis politiques.

Dimanche le leader zapatiste a expliqué que “l’autre campagne”, en contrepoint à la campagne présidentielle, vise à “aller, parler, lutter et chercher des accords” avec “les forces de gauche anticapitalistes”.

Articles Par : Global Research

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