Les commémorations du 911 et les martyrs de Syrte

Les commémorations du 911 et les martyrs de Syrte

Les commémorations du 911 ont versé avec une grandiloquence répugnante (presque un chantage affectif au nom des victimes, alors que tant de familles contestent justement la VO) dans la propagande atlantiste, mais le constat n’est plus une surprise avec les récents et énormes mensonges qui ont accompagné la campagne néo-coloniale de Libye – campagne qui ne fait d’ailleurs que commencer (un peuple de résistants demeure dans cet état d’esprit jusqu’à sa mort, et je tiens à préciser ici que je ne suis nullement un supporter du système Kadhafi ou de la Jamahiryia, mais un défenseur du peuple libyen contre l’agression impérialiste des atlantistes). Le 911 est désormais devenu un événement planétaire proche de la mentalité de la machine à sous de Las Vegas, événement dont l’interprétation est tellement contestée que la majorité des populations de par le monde nourrit au moins de sérieux doutes à son endroit. Il est temps de considérer, contre la mythification de cet événement légendaire, qui tend à accroître le refus de la vérité (et de la vérification), que le 911 n’est jamais qu’un événement (historique majeur) dans un processus (plus vaste). Seule compte vraiment la signification du 911 dans ce processus. Le processus désigne l’accélération irresponsable et immaîtrisée de la chute de l’Empire britannique (parfois présenté comme Empire américain ou américano-sioniste) – alors que l’événement considéré séparément, isolément, tend à déformer l’interprétation du processus et se révèle trop morcelé, trop étriqué, trop réducteur, trop court. L’impérialisme (manifestation politique du processus) est adossé à un immanentisme culturel et religieux qui est passé de l’immanentisme classique et fondateur (celui de Spinoza) à l’immanentisme tardif et dégénéré (promu pour une bonne part par Nietzsche), enfin à notre immanentisme terminal (dont la mentalité des postmodernes pourrait constituer une représentativité bigarrée et affligeante le plus souvent, au moins à la relecture).

Aux martyrs de Syrte, héros du monde qui commence.

L’écart grandissant entre la VO défendue par les élites occidentales et la contestation (souvent confuse, presque toujours négative) réclamée et soutenue par les populations du monde indique l’échec du désir à prendre la place du réel. Échec prévisible puisque la partie ne peut remplacer le tout, mais quand cette prétention surgit, elle finit en disparition violente (selon la loi de la démesure antique). L’image du cadavre dans le placard serait la bonne relation pour évoquer un mensonge énorme qui ne fait que grandir au fur et à mesure qu’on le dénie. Avec les commémorations plus que douteuses des dix ans du 911, on se rend compte que le mensonge a cru comme une illusion dans la caverne et qu’il émane de l’ensemble des cercles politiques occidentaux (ou presque).

Il est plus impressionnant encore qu’affligeant de constater l’unanimité médiatique et oligarchique avec laquelle la classe politicienne française (incarnation nauséabonde et singulière des classes politiciennes occidentales) adoube la VO du 911, comme tout type de VO, alors que l’officiel, émanation de l’institutionnel, se révèle si vérolé, médiocre et décati – que le décalage grandissant entre VO et VP (version populaire) se trouve dénoncé tous azimuts – les doutes autour du 911 et plus largement de l’officiel se trouvent plus que relayés dans l’opinion mondiale. C’est le signe que toute cette mentalité fin de règne n’est pas en mesure de faire face à la signification du 911, signification historique et philosophique davantage qu’historique ou médiatique : loin d’être un attentat terroriste parmi d’autres, simplement plus médiatisé car touchant la première puissance mondiale dans ses symboles vitaux (le World Trade Center ou le Pentagone, mais une aile de la Maison Blanche fut aussi en flammes durant quelques heures), le 911 signifie un profond bouleversement de la stratégie mondiale, que l’on a baptisé “guerre contre le terrorisme” dans l’immédiat, mais dont la lame de fond est bien plus vaste (générale). Il s’agit rien moins que le fameux basculement d’une stratégie impérialiste encore ascendante et dominatrice à l’intérieur d’un mouvement d’impérialisme terminal – à un impérialisme sur le déclin, qui doit admettre que pour continuer à régner tant bien que mal, et de plus en plus difficilement, il devra diviser de plus en plus son territoire de domination. Aujourd’hui, les événements s’accélérant, comme lors de tout changement d’importance, nous en sommes à supporter le recours désespéré à la politique du chaos, qui ne résoudra rien et accélérera le processus d’effondrement impérialiste inévitable.

Le fait que l’ensemble de la classe politique dirigeante, et l’ensemble des médias dominants (alors que les médias devraient au moins relayer les contestations s’ils entendent faire preuve de contre-pouvoir, même partiel), soutiennent la VO pourtant fausse et ridiculisée n’indique pas du tout que la contestation est erronée; mais au contraire :

- qu’il est inexorable que ces élites faisandées disparaissent du fait de leur servilité dégénérée au mensonge le plus criant (le 911) comme à l’ensemble du mensonge (l’impérialisme), qui signe l’éloignement définitif des élites du processus menant au changement;
- et que le changement commence par la disparition et le remplacement de la mentalité d’autant plus dominante sur le moment qu’elle se révèle caduque et obsolète pour continuer à dominer dans le cadre du changement.

Nous assistons à la faillite des élites occidentales qui imprègnent la mentalité dominante mondiale actuelle et qui dominent le monde – au moins indirectement. C’est la fin de ce processus de domination de plus en plus sauvage, dont le 911 a symboliquement marqué l’arrêt criant et sauvage. Non que cet arrêt soit immédiat, mais qu’il soit inexorable sur le terme. Le changement commence par affecter de manière prioritaire et prédominante les élites. Actuellement, nos élites sont totalement déconnectées du réel, ce qui se manifeste par cet écart grandissant, d’ores et déjà marquant, entre ceux qu’ils sont censés représenter et leur propre mentalité oligarchique, dont un DSK à l’agonie pourrait préfigurer la vanité plus encore dérisoire qu’arrogante. Le 911 a signifié historiquement la fin du processus d’impérialisme terminal dans sa phase triomphaliste, quoique déjà vérolée. Certes, l’impérialisme terminal signifie une forme impérialiste déjà en déclin, mais ce déclin était perçu comme pérenne encore (de manière illusoire), parce que le coeur de l’impérialisme, cet Occident si durement frappé par l’oligarchie croissante, parvenait à assurer une certaine domination bancale (tant bien que mal); mais à présent, le sort funeste des périphéries de l’Empire, par exemple dans les régions dévastées d’Afrique, a fini par affecter dans un effet de boomerang le coeur de l’empire, si bien que la politique du chaos est en train de se métastaser et de se généraliser de manière incontrôlable (l’Empire britannique ne maîtrise plus sa domination, déjà affaiblie en tant que domination financière et inavouable, qui s’est définitivement retournée en une machine périmée de destruction et d’autodestruction).

Dans le processus d’effondrement de l’impérialisme terminal, le 911 signifie que désormais le coeur de l’Empire est touché par la crise – plus seulement les marches et les satrapies jadis oubliées. Le 911 signifie que la phase terminale de l’impérialisme est entrée dans sa conclusion de dégénérescence violente et virulente (purulente). Le problème dans ces célébrations des dix ans du 911 pris comme événement seul déconnecté du processus général d’effondrement et de crise de l’impérialisme britannique, c’est que l’on tend à nominaliser et événementialiser un processus, soit à le rétrécir et à le défigurer. On comprend bien que la propagande officielle tende vers cette célébration impudente puisque les élites représentatives de l’impérialisme le plus monstrueux et glauque n’ont pas intérêt à ce que le système pourtant purulent change. Mais que ceux qui entendent dans leur majorité contester la VO fasse le jeu de cette élision du processus rappelle l’arbre qui cache la forêt : tels des manipulés, ils font le jeu du système qu’ils prétendent combattre en se focalisant exclusivement et unilatéralement sur un événement qui aussi répugnant soit-il n’a aucune valeur singulière si on le sort de son contexte dynamique.

Quand j’ai lu la première fois cette information sous la plume de Meyssan, qui a failli perdre la vie (ou peu s’en faut) à Tripoli, j’ai cru à une farce (bien que Meyssan se montre remarquablement informé depuis 2001, le temps qu’on le catalogue désormais complotiste ou délirant). Croire que les atlantistes (et leurs alliés des monarchies du Golfe) pouvaient façonner une réplique de la Place Verte de Tripoli au Qatar pour inventer les images d’une fausse prise de Tripoli, telle un mauvaise reconstitution made in Hollywood, relevait de la fantasmagorie passablement hallucinatoire. Le mobile? Permettre le carnage de Tripoli sans indignation (plusieurs milliers de morts et de blessés lors de l’attaque).

Eh bien, pas du tout : ce n’était pas un canular, de multiples sites sur Internet rapportent images à l’appui la grandiose copie conforme de la Place Verte, en carton-pâte et avec de notables différences pour des observateurs avisés : comme si malgré la richesse et la technologie, l’homme ne parvenait pas encore à remplacer le réel par sa représentation (la reconstitution ne concurrence pas encore assez le modèle). L’émir du Qatar (parfait symbole du tyran oligarque et corrompu pour les historiens du futur) n’a pas seulement envoyé des mercenaires au sol pour épauler les troupes de l’OTAN (en l’air et au sol, hein). Il a aussi fait reconstruire dans de gigantesques décors en carton/pâte la Place Verte de Tripoli pour se livrer à une gigantesque “opération psychologique” lancée en première mondiale par l’OTAN : non pas fabriquer de toutes pièces une scène imaginaire alors que la réalité se situerait aux antipodes, mais rendre légitime le massacre de Tripoli, pendant que la télévision reprenait des images édulcorées et acceptables de bandes de rebelles libyens qui auraient conquis de haute lutte la capitale libyenne et l’aurait libérée de la dictature sans partage du Colonel (un despote violeur et sadique depuis qu’il est en guerre contre l’OTAN et ses alliés).

Comment les citoyens d’Occident font-ils pour valider une mascarade de ce type? Les bombardements de l’OTAN ont fait plus de 60000 morts, les mensonges des propagandistes qui se font appeler journalistes sont clairement établis; les précédents récents de l’Irak ou de l’Afghanistan devraient au bas mot inciter à la prudence. Beaucoup en Occident, troquant l’esprit critique contre la fascination du plus fort, préfèrent encore se masquer la réalité et vivre dans le déni. La vérité serait trop insupportable : la Libye a été colonisée après un massacre orchestré par l’OTAN et rendu légitime par les hordes faméliques des “rebelles” (des bons à rien travestis en militaires à l’apprentissage miraculeux). Cette opération psychologique, une première à cette échelle, recoupe le déni des citoyens d’Occident, qui vivent d’autant plus dans des démocraties retranchées de l’extérieur sauvage qu’ils ont aliéné leurs droits critiques élémentaires à des bandes d’oligarques qui les détournent en pratiquant la propagande, la désinformation et en transformant la démocratie en oligarchie orwellienne.

L’opération psychologique évoque la reconstitution cinématographique de mauvais goût, à ceci près qu’elle ne sert plus à reproduire le plus fidèlement la réalité (aux fins d’une illustration historique), mais à évincer le réel au profit du désir. Dans le réel, c’est le chaos, la destruction, la violence, la mort; dans la représentation, c’est le progrès, l’amélioration, l’avènement de la complétude – vers l’ordre. On se situe dans un exercice de propagande qui rappelle l’Hyperréel, soit la primauté de la représentation sur le réel. L’opération psychologique en Libye, première de ce niveau, constitue le signe que l’on en est arrivé au point culminant de l’immanentisme terminal, selon lequel la représentation a évincé le réel. Point culminant de la crise : point abyssal précédent son effondrement. Cette forme aiguë de perversion (évincer le réel au profit de la représentation) se nourrit du mythe de la complétude du désir (tel que Spinoza nous l’a théorisé aux débuts de l’immanentisme). Le désir est complet à partir du moment où il remplace le cours du réel. Mais ce remplacement violent, cet évincement, n’est pas tenable au sens où le désir ne prend pas la place du réel, ainsi qu’il le clame (et l’escompte), mais où il détruit le réel sans se rendre compte que cette destruction revient bientôt à se plonger dans la destruction – cette destruction extérieure finit par progresser et par gangrener le destructeur, qui devient ainsi le destructeur détruit.

L’opération qui est intervenue en Libye pourrait laisser un goût amer comme on en rencontre dans nombre de commentaires, selon lesquels les impérialistes de l’OTAN sont des monstres, mais des monstres tout-puissants, comme si le mal était d’autant plus virulent qu’il remportait à chaque fois la mise. Rien n’est plus faux. Certes, on ne parle pas des milliers de mercenaires et de forces spéciales occidentales qui ont attaqué Tripoli après avoir ravagé la Libye avec l’aide des forces aériennes contrôlées par l’OTAN. Certes, la prise de Tripoli fut un massacre sanguinaire où des milliers de Tripolitains ont laissé la vie – ce qui rend encore plus abjects les commentaires propagandistes selon lesquels les forces de l’OTAN ont aidé à apporter la démocratie en Libye, merci en particulier Sarko. Certes, en ce moment même, la propagande médiatique occulte que la ville de Syrte va se faire massacrer dans des proportions au moins égales au carnage qui s’est produit à Fallouja en Irak, en 2004.

Mais ces méthodes criminelles et désaxées, loin de renvoyer à la toute-puissance, signaleraient plutôt la grande faiblesse de ceux qui les emploient et se discréditent de la sorte. On ne le répétera jamais assez : les États derrière l’OTAN présentent des dirigeants désaxés qui eux-mêmes représentent des populations de citoyens veules et désaxés – Cameron, Sarko ou Obama (dont on commence timidement à accepter qu’il ne soit pas le nouveau Martin Luther King, mais plus piteusement un démagogue à la solde de Wall Street). On oublie surtout de présenter le mécanisme qui préside à la tentative d’occulter purement et simplement le réel par le désir (la représentation). Ce processus, loin de construire quoi que ce soit de nouveau, y compris de maléfique et de tout-puissant, rappelle tout le contraire : c’est le chaos qui est ici l’application cachée par l’espoir tacite de la nouveauté. Rien de nouveau que ce chaos. C’est l’ordre impérialiste qui se trouve anis exprimé et qui arrivé à déréliction. soit en délitement.

Le drame qui se produit en Libye indique tel une boussole fiable que l’impérialisme est plus que faible : fable faible, en délitement patent. Quand on est dans la toute-puissance, autant avouer qu’on gît dans la toute-faiblesse. On ne massacre pas des milliers d’innocents sans pitié; on ne lance pas une guerre purement impérialiste. On ne perpètre pas des massacres purement coloniaux. Le peuple de Libye est martyr au sens qu’il est témoin : il est le témoin irréfutable et historique de la chute de l’Empire. Les forces ici en question désignent non pas le fantasmatique Empire américain ou un condensé improbable de cet Empire avec le sionisme; mais l’Empire britannique devenu financier et dépolitisé, dont les accointances du fils Kadhafi Saif el Islam rappellent à quel point ces rapports sont malsains, hypocrites et doubles.

La destruction finit en autodestruction : l’évincement du réel au profit du désir finit par la destruction du désir et de sa sphère d’influence limitée : Desire Inc. Ltd. Le spectacle (dans tous les sens du terme) auquel nous assistons en Libye n’est pas seulement spectacle au sens que la propagande nous montre un théâtre des opérations qui n’est pas vraiment l’horreur véritable et vérifiable qui se produit. C’est aussi un spectacle au sens où il s’agit d’abolir le réel au profit du spectacle. Incroyable usage du spectacle en temps de guerre. Du coup, le spectacle en question devient une obscène mise à mort (sur le mode controversé et abject des snuff movies) du spectacle en lui-même, au motif que le lien entre le désir et le réel se trouve brisé – et que le désir se condamne à disparaître de la scène. Il n’est pas possible pour une partie de prendre la place du réel au sens où le réel est ce qui est le tout dans le jargon transcendantaliste.

Ce pour une raison précise : la partie est toujours fixe, figée, statique, stable, donnée, définie, inchangée et inchangeable. Reste à préciser que le tout n’existe pas ne tant que tout, mais que la conception du tout est une manière inadéquate d’exprimer le fait que le réel n’est pas constitué sur le mode du donné fixe et fini – pas davantage que le réel n’est formé sur un mode homogène dont l’action de prolongement découvrirait la structure. Il conviendrait plutôt de parler de malléabilité, d’extensibilité du réel, dont le tout ne serait que la mauvaise représentation, soit la représentation formulée du point de vue transcendantaliste (plus que de l’anthropomorphisme, une projection imparfaite, mais qui peut être corrigée). On pourrait énoncer que Dieu est possible plus que donné (ce qui est possible au-delà de ce qui est donné) – mais voilà une autre affaire.

Le coup de la Place Verte de toc, fabriquée à Doha, Qatar, pour embobiner le téléspectateur d’al Jazeera ou des chaînes de télévision propagandistes d’Occident, est une bonne nouvelle tragicomique : ceux qui ont recours à ces méthodes reconnaissent qu’ils sont voués à l’échec et à l’anéantissement. Comme les atlantistes n’ont pas peur de décréter que les islamistes d’al Quaeda deviennent en Libye des alliés (autour du sinistre Belhadj notamment) alors qu’ils étaient des ennemis en Afghanistan (après avoir été de précédents alliés en Bosnie), tous ces zigs-zags se retrouvent de manière aussi hilarante que désolante avec cette farce ontologique : quand on se permet de filmer une reconstitution cinématographique avec valeur d’actualité historique, c’est qu’on est au bout du rouleau.

La loi du plus fort commence par renverser les plus forts d’un instant pour entériner une incessante danse des dupes dans laquelle les plus forts ne cessent de changer de rôles et de tourner en détournements incessants. Le double standard commence par favoriser grandement, de manière inespérée, ceux qui se situent du côté du manche. Rapidement, l’arme se retourne contre ceux qui l’avaient utilisée. Les vainqueurs passent du côté versatile des vaincus et des humiliés. La loi du plus fort ne fait qu’accentuer l’instabilité de l’état, avec une constante : l’accroissement du chaos. Tant que l’impérialisme se trouve dans une phase ascendante, il est encore en mesure de conserver une certaine stabilité et une certaine continuité.

Dès qu’il entame sa descente vers sa disparition (inéluctable), l’impérialisme a recours aux méthodes les plus grossières de propagande. Dès lors, loin de signifier la toute-puissance maléfique de l’impérialisme et de l’oligarchie (deux paronymes), l’avènement inouï de violence et de totalitarisme que constitue cet invraisemblable canular orchestré depuis Doha par un pétroémir à la solde des intérêts financiers que promeut la dynastie des Saoud signifie bien au contraire la chute de l’impérialisme qui est en place derrière les opérations militaires monstrueuses de l’OTAN en Libye. Et cette dégénérescence de nos dirigeants politiciens occidentaux et atlantistes, qui s’ils étaient un peu plus lucides et moins serviles auraient dû s’opposer à cette folie aventureuse libyenne, s’explique par la plus grave crise financière que notre monde traverse et qui se manifeste notamment par l’effondrement de la zone euro et par le coup d’Etat financier qui a été intenté aux Etats-Unis et dans l’Union européenne : c’est cette crise qui permet la campagne folle de Libye, fort du principe selon lequel le chaos engendre le chaos.

Ce chaos est centré autour de la City de Londres et ne frappe qu’ensuite ses satrapies comme la Libye (de manière spectaculaire et imprévue). Le remplacement du réel par le désir (véritablement “prendre ses désirs pour des réalités”) signifie non pas que le réel va s’effondrer, mais que le désir se trouve en voie d’effondrement. La mauvaise nouvelle s’adresse aux atlantistes – ceux qui utilisent des méthodes de propagande indiquant leur avanie prochaine. La bonne nouvelle concerne les faibles, les opprimés et les vaincus du moment. Ce n’est pas l’inique loi du pot de terre contre le pot de fer, dans laquelle le plus fort l’emporte toujours à cause de sa méchanceté et de son vice (comme le prône d’ailleurs Nietzsche avec son renversement de toutes les valeurs); c’est le pot de fer statique contre le pot de terre. Le pot de terre ne le sait pas (encore), mais il n’est pas statique. Même ignorant, il est emporté dans un processus qui ne lui laisse que le choix d’éviter la casse. Il sera donc dynamique et l’emportera de façon surprenante contre le statique - fût-il plus fort sur le moment. Comme l’ont dit de fameux perdants : les premiers seront les derniers.


Articles Par : Koffi Cadjehoun

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