Les criminels de guerre sont devenus arbitres de la loi

Le deux poids deux mesures de l’action du régime israélien est excessif pour tous sauf pour l’Étasunien manipulé. Même un chroniqueur du Jerusalem Post, justement israélien, peut reconnaître la manifestation de ce double standard dans :

« Tout Israël parle désormais d’une seule voix contre le Rapport Goldstone…

C’est l’idée que se fait tout Israélien de la manière juste : Nous sommes en droit de faire toutes les horreurs que nous voulons aux Palestiniens car, par définition, ce que nous leur faisons, c’est de la légitime défense. Ils n’ont pas pour autant le droit de lever un doigt contre nous car, par définition, tout ce qu’ils nous font, c’est du terrorisme.

Il en est ainsi depuis toujours, c’est la manière dont fut menée l’Opération Plomb Fondu (Cast Lead).

Et il n’y a pas de limites à notre droit à l’autodéfense. Rien de ‘’disproportionné’’ n’existe.

À Gaza, nous pouvons détruire délibérément des milliers de maisons, le parlement, le ministère de la Justice et de l’Intérieur, les tribunaux, l’unique moulin à farine, le principal élevage de volailles, l’équipement de traitement des eaux usées, les puits et Dieu sait quoi encore.

Délibérément.

Pourquoi ? Parce que nous sommes meilleurs qu’eux. Parce que nous sommes une démocratie et que c’est une bande d’islamo-fascistes. Parce que la nôtre est une culture de la vie et la leur est une culture de mort. Parce qu’ils ne sont pas en mesure de nous détruire et tout ce que nous disons c’est donner une chance à la paix.

Les Goldstone du monde qualifient cela d’hypocrisie, de deux poids deux mesures. Comment osent-ils ! Par ici nous appelons cela de la limpidité morale. » Rattling the Cage: Our exclusive right to self-defense, par Larry Derfner, 8 octobre 2009.

Personne ne lira jamais cela dans le New York Times ou le Washington Post, ni ne l’entendra d’une source d’information étasunienne. A la différence des journaux israéliens, les médias étasuniens sont de parfaits porte-voix du Lobby d’Israël. Jamais une parole critique n’est entendue.

Cela sera encore plus le cas maintenant car, après des années d’efforts, le lobby israélien a réussi à abroger le Premier Amendement en joignant le projet de loi contre le délit de haine à celui récemment adopté sur les crédits militaires. C’est la manière donc fonctionne le syllogisme :

Il est antisémite de critiquer Israël. L’antisémitisme est un délit de haine. Critiquer Israël est donc un délit de haine.

Comme le note le Jerusalem Post, ce syllogisme est de la « limpidité morale. »

M. John Sawers, l’ambassadeur britannique auprès des Nations Unies, est entré dans l’arène du délit de haine quand il a dit à la radio de l’armée d’Israël que le Rapport Goldstone sur l’agression militaire d’Israël à Gaza contient « quelques détails très graves qui doivent être étudiés. »

À un an près, quand l’Anti-Defamation League aura sa phalange de procureurs en place au ministère de la Justice (sic), Sawers aurait été arrêté et placé devant un tribunal. L’immunité diplomatique ne veut rien dire pour les États-Unis qui envahissent couramment d’autres pays et exécutent leurs dirigeants ou les envoie à La Haye pour les juger comme des criminels de guerre.

Il n’empêche que, dans l’intervalle, le gouvernement israélien a averti Sawers et le gouvernement britannique que tout soutien envers le Rapport Goldstone entraînerait l’abolition de la double norme qui protège l’Occident et Israël, et créerait un précédent qui placerait les Britanniques sur le banc des accusés pour crimes de guerre en Irak et en Afghanistan.

« Londres, » a déclaré le gouvernement israélien, « pourrait se retrouver avec des menottes s’il soutient le document [le Rapport Goldstone]. »

Dès que la cellule des délits de haine du ministère de la Justice sera en place, les juifs antisémites, comme les meneurs du mouvement pacifiste israélien et les journalistes d’Haaretz et du Jerusalem Post, pourront s’attendre à être inculpés pour délit de haine antisémite devant les tribunaux étasuniens.

The Tyranny of Good Intentions  

Article original en anglais : How the Feds Imprison the Innocent,
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=15559, publié le 6 octobre 2009 

Traduction : Pétrus Lombard

Paul Craig Roberts fut ministre des Finances adjoint dans l’administration Reagan. Il est coauteur de The Tyranny of Good Intentions.

Il peut être contacté à l’adresse suivante : PaulCraigRoberts@yahoo.com.


A propos :

Paul Craig Roberts, former Assistant Secretary of the US Treasury and Associate Editor of the Wall Street Journal, has held numerous university appointments. He is a frequent contributor to Global Research. Dr. Roberts can be reached at http://paulcraigroberts.org

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