«Notre homme à Tripoli»: Des terroristes islamistes, soutenus par l’OTAN, intègrent la rébellion en Libye

«Notre homme à Tripoli»: Des terroristes islamistes, soutenus par l'OTAN, intègrent la rébellion en Libye

Les concepts sont sens dessus dessous : au nom de la « guerre au terrorisme », l’alliance militaire des États-Unis et de l’OTAN soutient une rébellion comprenant des terroristes islamiques…

Différentes factions figurent au sein de l’opposition libyenne : des royalistes, des membres des Forces armées libyennes, le Front national pour le salut de la Libye (FNSL), la Conférence nationale pour l’opposition libyenne, agissant comme groupe d’encadrement, et des transfuges du régime de Kadhafi, dont le ministre de la Justice et Moussa Koussa, le ministre des Affaires étrangères ayant plus récemment fait défection.

Al-Jamaa al-Islamiyyah al-Muqatilah bi Libya, le Groupe islamique combattant en Libye (GICL), fait partie intégrante de l’opposition libyenne, un fait rarement reconnu par les médias occidentaux.

Le Conseil national de transition libyen ne constitue pas une entité clairement définie. Il est basé sur la représentation de conseils nouvellement fondés pour « diriger la vie quotidienne dans les villes et villages libérés ». (Déclaration du Conseil national de transition libyen)

Les forces de l’opposition sont en grande partie constituées de milices civiles non entraînées, d’anciens membres des forces armées libyennes et de paramilitaires entraînés par le GICL.

Le GICL, affilié à Al-Qaïda, est en première ligne de l’insurrection armée.

Le réseau Al-Qaïda est un instrument de l’intervention des États-Unis et de l’OTAN.

Le GICL, à la fois l’entité ainsi que ses membres sur une base individuelle, est classé dans la catégorie des terroristes par le Conseil de sécurité (CS) de l’ONU. Selon le Trésor étasunien : « Le Groupe islamique combattant en Libye menace la sécurité et la stabilité mondiale par son usage de la violence et son alliance idéologique avec Al-Qaïda et d’autres organisations terroristes brutales. » (Treasury Designates UK-Based Individuals, Entities Financing Al Qaida -Affiliated Libyan Islamic Fighting Group – US Fed News Service, 8 février 2006)

Les concepts sont sens dessus dessous. Washington et l’OTAN, lesquels affirment être en « guerre contre le terrorisme », appuient un « mouvement prodémocratique » infiltré par des membres d’une organisation terroriste.

Par une cruelle ironie du sort, Washington et l’Alliance de l’Atlantique agissent à l’encontre de leurs propres lois et règlements antiterroristes.

De plus, le soutien aux forces de l’opposition infiltrées par des terroristes en vertu de la « responsabilité de protéger » (right to protect ou R2P) découle de l’accord 1973 du CS de l’ONU, lequel constitue une violation flagrante de la résolution 1267 du CS de l’ONU. Celle-ci identifie Al-Jama’a al-Islamiyyah al-Muqatilah bi-Libya, le GICL, comme une organisation terroriste.

Autrement dit, le CS de l’ONU viole non seulement la Charte de l’ONU, mais également ses propres résolutions. (The Al-Qaida and Taliban Sanctions Committee – 1267).

Origines du Groupe islamique combattant en Libye (GICL)

Fait amplement documenté, le « djihad islamique » a été soutenu clandestinement par la Central Intelligence Agency (CIA) depuis l’offensive de la guerre soviéto-afghane. (Voir Michel Chossudovsky, America’s “War on Terrorism”, Global Research, Montréal, 2005 ; en français : Guerre et mondialisation).

La CIA a joué un rôle clé dans l’entraînement des moudjahidines en utilisant la Direction générale du renseignement interservices (ISI) du Pakistan. Par conséquent, les enseignements de l’Islam ont été intégrés dans l’entraînement de la guérilla financée par la CIA :

En mars 1985, le président Reagan a signé la National Security Decision Directive 166 […] [laquelle] a autorisé l’intensification de l’aide militaire aux moudjahidines et a clairement exprimé que la guerre secrète en Afghanistan avait un nouvel objectif : vaincre les troupes soviétiques en Afghanistan par des mesures clandestines et encourager le retrait des Soviétiques. La nouvelle aide clandestine des États-Unis a commencé par une hausse dramatique de l’approvisionnement d’armes, une hausse constante allant jusqu’à 65 000 tonnes annuellement en 1987, […] ainsi qu’un « flot incessant » de spécialistes de la CIA et du Pentagone, lesquels se sont rendus secrètement au quartier général de l’ISI pakistanaise par la route principale près de Rawalpindi au Pakistan. Les spécialistes de la CIA y ont rencontré des officiers du renseignement pakistanais afin d’aider à planifier des opérations pour les rebelles afghans. (Steve Coll, Washington Post, 19 juillet 1992)

Le Groupe islamique combattant en Libye (GICL), Al-Jama’a al-Islamiyyah al-Muqatilah bi-Libya, a été fondé en Afghanistan par des moudjahidines libyens, vétérans de la guerre soviéto-afghane.

Dès le départ, du début jusqu’au milieu des années 1990, le GICL a joué le rôle d’«agent de renseignement » pour le compte de la CIA et du MI6, le service de renseignement britannique. À partir de 1995, le GICL s’est impliqué activement dans le djihad islamique contre le régime laïque libyen, y compris dans la tentative d’assassinat de Mouammar Kadhafi en 1996.

L’ancien agent du MI5 David Shayler a révélé qu’alors qu’il travaillait au bureau libyen au milieu des années 1990, des employés du service de renseignement britannique collaboraient avec le Groupe islamique combattant en Libye (GICL), lié à un fidèle lieutenant d’Oussama ben Laden. Le GICL est maintenant considéré en Grande-Bretagne comme un groupe terroriste. (Gerald A. Perreira, British Intelligence Worked with Al Qaeda to Kill Qaddafi, Global Research, 25 mars 2011, c’est l’auteur qui souligne.)

Des attaques terroristes de style guérilla, ont été menées régulièrement, avec l’appui présumé du MI6, contre les forces de sécurité du gouvernement libyen, de la police et du personnel militaire :

Des affrontements ont éclaté à Benghazi en septembre 1995 entre les forces de sécurité [de Kadhafi] et les guérilleros islamistes, faisant des douzaines de morts des deux côtés. Après des semaines de combat intense, le Groupe islamique combattant en Libye (GICL) a officiellement déclaré son existence dans un communiqué, qualifiant le gouvernement Kadhafi de «  régime d’apostats ayant blasphémé contre la foi de Dieu Tout-Puissant » et déclarant que son renversement était « le premier devoir suivant celui la foi en Dieu ». Ce communiqué du GICL, ainsi que les suivants, ont été émis par des Afghans libyens qui avaient obtenu l’asile politique en Grande-Bretagne […] L’implication du gouvernement britannique dans la campagne du GICL contre Kadhafi demeure l’objet d’une immense controverse. L’importante opération du GICL effectuée par la suite, une tentative d’assassinat visant le Kadhafi en février 1996, a échoué et tué plusieurs de ses gardes du corps. On a affirmé plus tard que cette opération aurait été financée par le renseignement britannique pour un montant de 160 000 dollars selon l’ancien agent du MI5, l’officier David Shayler. Bien que les allégations de M. Shayler n’aient pas été confirmées par une partie indépendante, il est clair que la Grande-Bretagne a permis au GICL de développer une base de soutien logistique et de financement sur son territoire. En tout cas, le financement par ben Laden semble avoir été bien plus important. Selon un reportage, le GICL a reçu jusqu’à 50 000 dollars du cerveau terroriste saoudien pour chacun de ses militants tué sur le champ de bataille. [2005] (Cité dans Peter Dale Scott, Who are the Libyan Freedom Fighters and Their Patrons? Global Research, mars 2011, c’est l’auteur qui souligne.) 

Les reportages se contredisent à savoir si le GICL fait partie d’Al-Qaïda ou agit en tant qu’entité djihadiste indépendante. Un reportage suggère qu’en 2007 le GICL est devenu « une filiale d’Al-Qaïda, laquelle a par la suite pris le nom d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) (Voir Webster Tarpley, The CIA’s Libya Rebels: The Same Terrorists who Killed US, NATO Troops in Iraq, Global Research, mars 2011)

La continuité dans les opérations des États-Unis et des services de renseignements alliés : des opérateurs d’Al-Qaïda en Yougoslavie

Depuis la guerre soviéto-afghane, le réseau Al-Qaïda a servi d’« agent de renseignement » pour la CIA. Des opérateurs d’Al-Qaïda ont été utilisés par l’administration Clinton pour acheminer du soutien à l’Armée de Bosnie-Herzégovine (Bosnian Muslim Army) au début des années 1990 et cela est confirmé par un document de 1998 du Sénat étasunien. (Voir US Senate, Republican Party Committee, Clinton-Approved Iranian Arms Transfers Help Turn Bosnia into Militant Islamic Base, http://rpc.senate.gov/releases/1997/iran.htm, 1998)

Fait amplement documenté, l’Armée de libération du Kosovo (UCK), appuyée par l’OTAN, avait développé des liens étroits avec le réseau terroriste islamique (Voir US Senate, Republican Party Committee, The Clinton Administration Sets Course for NATO Intervention in Kosovo, 1998, http://rpc.senate.gov/releases/1998/kosovo.htm. Voir aussi Michel Chossudovsky, America’s “War on Terrorism”, Global Research, Montreal, 2005; en français : Guerre et mondialisation).   

Al-Qaïda en Yougoslavie a servi d’agent du renseignement dans le contexte de la « guerre humanitaire » de l’OTAN. Des organisations terroristes ont été soutenues et financées clandestinement. En 1999, l’intervention de l’OTAN est venue à la rescousse de l’UCK, qui était infiltrée par des opérateurs d’Al-Qaïda. (US Republican Party Committee documents on Kosovo, op. cit.) :

L’un des aspects les plus dérangeants de la crise [terroriste] actuelle [au Kosovo en 1998] est qu’elle pourrait avoir été déclenchée par notre propre politique étrangère maladroite en Bosnie et au Kosovo. Contre toute logique, nous nous faisons là-bas les champions de factions musulmanes, lesquelles tirent du soutien de ces groupes terroristes islamiques fondamentalistes qui sont nos ennemis jurés ailleurs. (Col. Harry G. Summers, « Bringing terrorists to justice », Washington Times, 8 décembre 1998, c’est l’auteur qui souligne.  Feu le Col. Harry G. Summers (USA-Ret.) (1932-1999) était un Distinguished Fellow de l’Institut d’études stratégiques de l’École supérieure de Guerre de Carlisle, PA.)

L’opération « Aube de l’odyssée » en Libye reflète-t-elle une habitude des États-Unis et de l’OTAN? C’est-à dire d’appuyer une insurrection infiltrée par des terroristes dans le but de justifier une intervention sur une base humanitaire afin de « sauver la vie des civils »?

Cela fût la justification de l’OTAN pour intervenir en Bosnie et au Kosovo. Quelles sont les leçons à tirer pour la Libye?

L’ancien chef du renseignement libyen, l’« agent double » Moussa Koussa, fait défection pour le Royaume-Uni

Le GICL a été appuyé non seulement par la CIA et le British Secret Intelligence Service (MI6), mais aussi par des factions au sein de l’agence de renseignement libyenne, dirigée à l’époque par l’ancien ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa, lequel a fait défection pour le Royaume-Uni à la fin mars 2011.

En octobre 2001, le chef du renseignement libyen, Moussa Koussa, a rencontré le secrétaire d’État adjoint des États-Unis William J. Burns. La réunion entre Koussa et Burns a été d’une importance cruciale. De hauts représentants de la CIA et du MI6 étaient présents à cette rencontre, dont Sir John Scarlett, qui à l’époque était le chef du Comité mixte du Renseignement (CMR) du Cabinet et relevait directement du premier ministre Tony Blair. Le CMR supervise la planification des priorités du MI5, du MI6 et du Defense Intelligence (renseignement de la Défense) pour le gouvernement britannique.

« Notre homme à Tripoli », Moussa Koussa, devait jouer le rôle d’agent double. Lors de rencontres secrètes avec Sir John Scarlett, il a été « convenu qu’un agent du renseignement britannique pourrait opérer à Tripoli ». (Libya defector Moussa Koussa was an MI6 double agent, Sunday Express, 3 avril 2011)

L’ancien secrétaire d’État adjoint des États-Unis William J. Burns

John Scarlett

Sir John Scarlett, ancien chef du MI6

Le développement du GICL en tant que mouvement djihadiste paramilitaire, ainsi que son intégration dans les forces d’opposition anti-Kadhafi est directement lié au rôle central joué par l’agent double Moussa Koussa, lequel a contribué à tisser des liens bilatéraux étroits avec la CIA et le MI6.

À cet égard, la défection de Moussa Koussa à la fin mars a toutes les apparences d’une opération soigneusement orchestrée. Dans un revirement inhabituel, l’affaire a été négociée avec le gouvernement britannique par l’intermédiaire d’un ancien chef du GICL, lequel travaille aujourd’hui pour une fondation des droits de la personne située à Londres.

Noman Benotman, un ami du ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa, a expliqué à la BBC comment il a aidé à organiser sa défection du régime Kadhafi.

M. Benotman a déjà été chef du GICL, mais travaille aujourd’hui la Fondation Quilliam, une boîte de réflexion anti-extrémiste.

Il a dit qu’il croyait que M. Koussa négocierait avec le gouvernement britannique et qu’il était très coopératif relativement au renseignement.

Gordon Corera de la BBC a ajouté que le gouvernement britannique était devant un dilemme concernant le traitement de M. Koussa en raison de son expérience en tant que chef du renseignement libyen.

M. Benotman a expliqué à BBC Breakfast comment il a aidé M. Koussa à faire défection et raconté leur ancienne rivalité. (BBC Breakfast 1er avril 2011, c’est l’auteur qui souligne)

Ironiquement, Benotman a été recruté comme moudjahidine pour combattre dans la guerre soviéto-afghane. Il a été l’un des fondateurs du GICL en Afghanistan. Centré sur les questions de « contre-extrémisme » Benotman est actuellement analyste principal à la Fondation Quilliam. Pour le moment, ses responsabilités consistent à approcher « d’anciens et d’actuels extrémistes et à utiliser Quilliam comme plateforme à partir de laquelle il peut partager ses connaissances privilégiées d’Al-Qaïda et d’autres groupes djihadistes ayant un plus vaste public ».

Le « programme de contre-terrorisme » de la CIA en Libye.

Les liens bilatéraux entre la CIA, le MI6 et le renseignement libyen en octobre 2001 ont procuré aux agences de renseignement occidentales une supervision et un accès directs en Libye par le biais de leurs contreparties pro-étasuniennes au sein de l’agence renseignement libyenne menée par Moussa Koussa. Cet accord a permis au renseignement occidental d’infiltrer efficacement l’agence de renseignement libyenne, dirigée par un agent double du MI6.

Selon un rapport de 2008 du département d’État des États-Unis, le gouvernement libyen « a continué à coopérer avec les États-Unis et la communauté internationale pour lutter contre le terrorisme et son financement […] Les représentants du renseignement espèrent accroître leur aide à la Libye en matière de contre-terrorisme durant les exercices financiers de 2010 et 2011 […] » (Voir Christopher M. Blanchard, Libya: Background and U.S. Relations, US Congress Research Service, 16 juillet 2010).

En 2009, le renseignement libyen et la CIA ont mis en place un programme commun de contre-terrorisme par lequel des représentants du renseignement libyen suivraient une formation antiterroriste donnée par la CIA. Ce programme faisait partie d’un accord négocié par Moussa Koussa avec la CIA. Il était également destiné (en théorie) à dissoudre le GICL avec l’appui des opérateurs du renseignement de la CIA. Gardez à l’esprit l’ambiguïté du « contre-terrorisme » de la CIA : la formation du GICL en Afghanistan entre le début et le milieu des années 1990 relevait d’un projet de la CIA visant à créer un bras armé libyen pour son réseau Al-Qaïda.

Toujours en 2009, les chefs du GICL emprisonnés auraient renoncé à leur lutte armée contre le régime de Kadhafi dans un accord conclu avec des représentants libyens de la sécurité. (New jihad code threatens al Qaeda, CNN, novembre 2009)

Quel était le rôle du programme de contre-terrorisme libano-étasunien selon la perspective de Washington? Officiellement, il était d’identifier les membres du GICL et de dissoudre l’organisation. En pratique, l’opération menée par les États-Unis en Libye, incluant la formation de représentants du renseignement libyen sous les auspices de la CIA, procurait à l’agence un écran de fumée convenant aux opérations du renseignement menées en Libye.

Cette formation a permis à la CIA d’infiltrer le renseignement libyen et d’y trouver des homologues fiables.

Le programme de contre-terrorisme de 2009 est directement lié à la rébellion de mars 2011. Il a permis à la CIA ainsi qu’au British Secret Intelligence Service (MI6) de fournir un appui clandestin au GICL en prévision de l’insurrection armée de mars 2011.

Les médias suggèrent que le GICL ait été dissout (à la suite de la mise en œuvre du programme antiterroriste financé par la CIA). Il n’existe aucune preuve à cet effet. Le GICL figure toujours sur la liste des entités terroristes du Conseil de sécurité des Nations Unies.

QE.L.11.01. Nom: GROUPE ISLAMIQUE COMBATTANT EN LIBYE

Nom (traduction du texte original):

Alias: GICL Ancien nom : s.o. Adresse : s.o. Listé le : 6 oct. 2001 (amendé le 5 mar. 2009)

Informations supplémentaires : La révision en vertu de la résolution 1822 du Conseil de sécurité (2008) a pris fin le 21 juin 2010.

(La liste du GICL est à la page 70 : http://www.un.org/sc/committees/1267/pdf/consolidatedlist.pdf. En vertu des règles du CS de l’ONU, les organisations terroristes dissoutes sont rayées de la liste, en conformité avec la procédure de déclassement. Le GICL n’a pas été rayé de la liste.) Conseil de sécurité des Nations Unies : Liste récapitulative concernant Al-Qaïda, Oussama ben Laden, les taliban et autres personnes, groupes, entreprises et entités qui leur sont associésassociated with them (Mis à jour le 24 mars 2011).

Des armes et de l’appui clandestin pour les rebelles du GICL

Il y a des indices selon lesquels la CIA et le MI6 continuent à soutenir clandestinement le GICL, lequel constitue maintenant la ligne de front de l’insurrection armée contre le régime Kadhafi.

Le chef des rebelles libyens, Hakim al-Hasidi, a déclaré que les djihadistes qui ont lutté contre les troupes alliées en Irak sont sur la ligne de front dans le combat contre le régime de Mouammar Kadhafi […]

M. al-Hasidi a insisté sur le fait que ses combattants « sont des patriotes et de bons musulmans, non pas des terroristes », mais il a ajouté que « les membres d’Al-Qaïda sont également de bons musulmans et qu’ils se battent contre l’envahisseur ». (Libyan rebel commander admits his fighters have al-Qaeda links, Daily Telegraph, March 25, 2011, C’est l’auteur qui souligne)

Abdul Hakim Al-Hasadi, est un chef du GICL ayant reçu un entraînement militaire dans un camp de guérilléros en Afghanistan. Il est à la tête de la sécurité dans les forces de l’opposition dans un des territoires aux mains des rebelles et compte environ 1000 hommes sous son commandement. (Libyan rebels at pains to distance themselves from extremists – The Globe and Mail, 12 mars 2011)

La coalition des États-Unis et de l’OTAN arme les djihadistes. Des armes sont acheminées au GICL par l’Arabie Saoudite, qui, historiquement, depuis le début de la guerre soviéto-afghane, a soutenu clandestinement Al-Qaïda. Les Saoudiens, en coordination avec Washington et Bruxelles, procurent actuellement aux rebelles des roquettes antichars et des missiles sol-air.

La désinformation médiatique : les terroristes islamiques se joignent au mouvement prodémocratique « à titre personnel ».

L’amiral James Stavridis, Commandant suprême des Forces alliées de l’OTAN en Europe a reconnu tacitement que « le renseignement étasunien avaient perçu des “traces” d’activités terroristes parmi les groupes rebelles […] Cela est très alarmant […] » Mais il n’est pas question de « traces ». Les combattants du GICL sont le pilier de l’insurrection armée.

Les médias occidentaux ont également exprimé leurs préoccupations tout en soulignant que les djihadistes sont d’« anciens membres du GICL prenant part à la lutte armée « à titre personnel » plutôt qu’en tant que membres d’une organisation terroriste. Selon Benotman, en entrevue à CNN :

« Des douzaines d’anciens combattants du GICL participent maintenant aux efforts des rebelles visant à renverser Kadhafi » mais il [Stavridis] a signalé qu’ils l’avaient fait à titre personnel au lieu d’organiser des opérations en tant que groupe.

« Certains représentants occidentaux du contre-terrorisme craignent qu’une guerre civile prolongée en Libye crée de l’espace à Al-Qaïda. Les gouvernements et les ONG doivent se dépêcher à aider les zones détenues par les rebelles à développer des programmes de santé et d’éducation, ainsi que des institutions démocratiques », a déclaré Benotman. (Paul Cruickshank et Tim Lister, Libyan civil war: An opening for al Qaeda and jihad? CNN, 23 mars 2011)

Une organisation terroriste liée à Al-Qaïda infiltre le mouvement prodémocratique libyen? Depuis quand les organisations terroristes agissent « à titre personnel »?

Le GICL, l’entité ainsi que ses membres, est rangé dans la catégorie des terroristes en vertu de la résolution 1267 du CS de l’ONU. (Comité du Conseil de sécurité mis en place conformément à la résolution 1267 concernant Al-Qaida, les Taliban et les individus et entités associés)

« Notre homme à Tripoli »

Moussa Koussa était « notre homme à Tripoli ». Les circonstances de sa défection ainsi que l’histoire de sa collaboration avec la CIA et le MI6 suggèrent qu’il ait servi les intérêts des États-Unis et des alliés durant les dix dernières années, incluant la planification de l’insurrection armée « prodémocratique » dans l’est de la Libye.

Ancien chef du renseignement libyen Moussa Koussa

L’ancien chef du renseignement libyen Moussa Koussa a joué un rôle central dans l’acheminement du soutien clandestin au GICL pour le compte de ses homologues occidentaux du renseignement. L’ancien directeur de la CIA George Tenet, tout en ne faisant pas référence à « notre homme à Tripoli », reconnaît dans son autobiographie de 2007 que « le relâchement des tensions avec la Libye [fut] l’un des plus grands succès de [son] mandat, puisqu’il a mené à la coopération entre les deux services de renseignement contre Al-Qaïda ». (Cité dans Intelligence Partnership between Qadhafi and the CIA on counter-terrorism, op. cit.)

Il ne devrait y avoir aucun doute : L’OTAN et le GICL sont des associés. L’alliance militaire occidentale appuie une rébellion infiltrée par des terroristes islamiques au nom de la « guerre au terrorisme ».

Qui sont les terroristes? Dans une tournure amère des événements, alors que le djihad islamique est présenté par le gouvernement étasunien comme « une menace à la civilisation occidentale », les mêmes organisations islamiques, y compris le GICL, constituent un instrument clé des opérations du renseignement militaire des États-Unis en Asie centrale, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, sans compter les républiques musulmanes de l’ancienne Union soviétique.

Article original en angalis : “Our Man in Tripoli”: US-NATO Sponsored Islamic Terrorists Integrate Libya’s Pro-Democracy Opposition, publié le 3 avril 2011.

Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en 12 langues).    


Guerre et mondialisation


Articles Par : Prof Michel Chossudovsky

A propos :

Michel Chossudovsky is an award-winning author, Professor of Economics (emeritus) at the University of Ottawa, Founder and Director of the Centre for Research on Globalization (CRG), Montreal and Editor of the globalresearch.ca website. He is the author of The Globalization of Poverty and The New World Order (2003) and America’s “War on Terrorism”(2005). His most recent book is entitled Towards a World War III Scenario: The Dangers of Nuclear War (2011). He is also a contributor to the Encyclopaedia Britannica. His writings have been published in more than twenty languages. He can be reached at crgeditor@yahoo.com ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de "Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre", "La Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial" (best-seller international publié en plus de 10 langues). Contact : crgeditor@yahoo.com

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