QUÉBEC : Rio Tinto Alcan et conflit étudiant

Les travailleurs de Rio Tinto Alcan à Alma en en lockout depuis le 31 décembre 2011

QUÉBEC : Rio Tinto Alcan et conflit étudiant



L’auteur est un travailleur en lock-out de Rio Tinto Alcan




Nous sommes, chez Rio Tinto Alcan à Alma, en lockout depuis le 31 décembre 2011. Depuis nous découvrons toutes sortes de coïncidences et de secrets.


Le journal Le Devoir a dévoilé, en février 2012, une bonne partie de l’entente secrète intervenue entre le gouvernement et Rio Tinto (Alcan). Cette entente crée un déséquilibre avantageux pour la compagnie lors de la négociation avec le syndicat des Métallos. Elle oblige notre société d’état, Hydro Québec, d’acheter les surplus d’électricité provoqués par le lockout, parce qu’il peut être considéré comme « un cas de force majeur ».


En plus de pouvoir fermer ces usines sans conséquences, plusieurs avantages de cette entente sont dévoilés : prêts sans intérêts, améliorations au régime fiscal, renouvellement des contrats avec Hydro Québec sur une très longue période, jusqu’en 2045, et tarifs d’électricité extrêmement concurrentiels.


Dernièrement, le gouvernement Charest a changé son chef de cabinet, Luc Bastien qui a démissionné, pour le remplacer par Daniel Gagnier. Cet homme a été un élément important pour aider le gouvernement à obtenir une majorité lors dela dernière élection.


Les médias nous ont informés de l’action de M. Gagnier auprès du gouvernement libéral. Mais, bizarrement, ils ont omis, pour la plupart, de nous informer que M. Gagnier avait aussi une grande expérience chez Alcan (Aujourd’hui, Rio Tinto Alcan).


Il occupait les fonctions de vice-président principal, Affaires générales et externes de janvier 1995 jusqu’en 2007. La population ne reçoit qu’une seule version par les médias et elle est souvent biaisée.


Nous savons, en plus, que l’actuel ministre actuel des Ressources naturelles Clément Gignac s’est porté à la défense de Rio Tinto sur la question de la sous-traitance.


Peut-on espérer, avec des gens aussi bien informés, des pressions pour dénouer l’impasse et faire comprendre à la compagnie qu’elle a un rôle important à jouer concernant la création d’emplois de qualité en échange des avantages consentis?


La compagnie nous dit quelle ne demande rien dans cette négociation. Le gouvernement en place lui a servi sur un plateau d’argent tout le nécessaire pour se déresponsabiliser. Elle ne demande rien. Mais elle veut imposer à la population de la région des coupures draconiennes dans les emplois de qualités et priver la région d’importants revenus en salaires.


Voici quelques avantages que le gouvernement en place a accordé aux entreprises :



Modification de la Loi 31 (Code du travail 2003)


Cette loi modifie les dispositions du Code du travail relatives à la transmission de droits et d’obligations à l’occasion de cessions partielles d’entreprises.


Article 45 (code du travail)


Cet article, autorise les entreprises à utiliser librement la sous-traitance. Elle permet aux entreprises de se libérer de leurs responsabilités en conservant seulement les employés qui sont directement reliés à leur production. Elle a pour conséquence, pour le citoyen moyen, une diminution de salaire à cause de la sous-traitance et la disparition des obligations face aux avantages sociaux tels que le fonds de pension. Moins d’employés directement lier à l’entreprise, donc moins d’obligation et plus de profits.


Si nous faisons un parallèle avec le conflit étudiant, on voit que pour une augmentation de 325 $ par année, le gouvernement doit dépenser des millions dans l’anti-émeute et adopter la loi 78.


Avec cette dernière, le gouvernement fait d’une pierre deux coups. En plus de frapper sur les étudiants, il musèle son peuple et écrase les syndicats.


Ce qui se passe présentement au Québec ressemble plus à une alliance en le gouvernement et les grandes corporations qu’à une démocratie.


Ce gouvernement refuse de reconnaître que le vote des étudiants a été démocratique, parce que seulement 66 % des étudiants se sont prononcés et que 50% + 1 ne représente pas la majorité, selon le gouvernement.


Alors, sont arrivées les injonctions pour forcer les étudiants au retour en classe. Ces injonctions, à mes yeux, favorisent la minorité et bafouent complètement les règles démocratiques.


Pourtant, ce gouvernement est reconnu comme majoritaire avec 42% des sièges, et un taux de participation de 57,33% de la population.


Cette situation lui donne la possibilité de subventionner les compagnies privés avec les deniers publics sans réclamer de redevances, tout en coupant dans les services publics, et de faire croire à la population qu’elle doit se serrer la ceinture.


Le conflit étudiant prend toute la place dans les médias, ce qui détourne l’attention du public, et permet aux Libéraux d’agir à leur guise dans d’autres dossiers.


Pourtant, à ma connaissance, les étudiants ne sont pas les instigateurs des perturbations. Ils désiraient simplement manifester pacifiquement. Ce n’est pas armé de leur carré rouge qu’ils représentent une menace réelle. Ce sont plutôt ceux qui sont armés de matraques et de gaz.


Avec ce gouvernement, et son état policier, nous entrons dans l’époque du moyen-âge actuel, ou seules les mieux nanties auront le droit de s’instruire et de manger à leur faim au profit des grandes corporations.

Articles Par : Francis Ouellet

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