Qu’en est-il de la rentabilité de la reconstruction de la centrale nucléaire Gentilly-2 ?

Qu’en est-il de la rentabilité de la reconstruction de la centrale nucléaire Gentilly-2 ?

Trois-Rivières, le 29 janvier 2012. 

Dans un article publié le 24 janvier 2012 dans Le Nouvelliste sous la plume de Marc Rochette, Luc Vermette, PDG de la firme de génie-conseil Johnston-Vermette de Trois-Rivières lance un appel à la population. Il plaide en faveur de procéder le plus tôt possible à la réfection de la centrale nucléaire de Gentilly-2. D’un autre côté, on apprend que les chambres de commerce régionales se lancent dans une offensive médiatique d’appui pour Gentilly-2.

Avant de se lancer tête baissée dans un projet impliquant l’avenir de Gentilly-2, Monsieur Vermette et les représentants des chambres de commerce peuvent-ils publiquement répondre à la question suivante: le projet de réfection de Gentilly-2 sera-il «rentable» pour Hydro-Québec et pour tous les Québécois ?

Il est bien beau de maintenir des emplois, mais un projet non-rentable serait-il aussi socialement et économiquement acceptable pour tout le Québec en 2012 ?  Advenant que l’évaluation du projet de réfection de Gentilly-2 démontrerait sa non-rentabilité, les pro-nucléaires s’obstineront-ils à maintenir la nécessité de procéder à cette réfection?  S’ils soutiennent que ce projet sera rentable pour tout le Québec, il conviendrait qu’ils offrent aux citoyens une démonstration publique de leur thèse appuyée sur des chiffres vérifiables et explicables à madame et monsieur tout-le-monde.

En contexte de non-rentabilité, le maintien d’emplois très bien payés à plus de 100 000$ par année à Gentilly-2 s’apparente davantage à une oeuvre de bienfaisance de la part des payeurs que sont les actionnaires d’Hydro-Québec, soit tous les Québécois, qu’à un véritable projet de développement durable? 

Il est également essentiel de considérer que la centrale nucléaire Gentilly-2 est superflue dans le contexte des besoins annuels d’électricité du Québec. Gentilly-2 en 2010 a produit moins de 2% des besoins du Québec et Hydro-Québec est en situation de surplus de capacité de production. Surproduire a un coût qu’illustre bien la pénalité annuelle de 150 millions $ assumée par H-Q distribution pour le bénéfice de l’entreprise albertaine TransCanada Energy, depuis le 1er janvier 2008. Cette perte de 600 millions de $ associée à la centrale thermique de Bécancour risque de s’étendre sur quelques années puisqu’un contrat ferme sur 20 ans lie la société d’état à l’entreprise albertaine de 2006 à 2026.

À considérer également une étude toute récente du MSQN concernant la question de la rentabilité de la réfection de Gentilly-2 démontrant que la non-réfection de G-2 permettrait à Hydro-Québec et au Québec de réaliser des économies de plus de 700 M$ pour les deux années hypothétiques de réfection.

Les québécois seraient également intéressés à recevoir les commentaires de Monsieur Vermette et des chambres de commerce sur cet aspect pour le moins renversant dans ce dossier de la réfection de G-2 : selon les chiffres mêmes de Hydro-Québec, notre Société d’État estime que 70% du budget annoncé en 2008 de 1,9 G$ sortira du Québec, soit 1300 M$.  En termes de retombées économiques pour tout le Québec, on a déjà vu mieux.

Les pro-nucléaires auront-ils le courage de leurs convictions en répondant publiquement à notre question concernant la rentabilité, pour tout le Québec, de la réfection de Gentilly-2?

Est-ce qu’au Québec nous serions rendus à soutenir l’économie des régions en offrant à chacune d’elle un projet « Éléphant blanc » ? Dans le cas présent, il s’agirait d’un « Éléphant radioactif » que les générations futures devront nourrir à grands frais pour des centaines d’années.  

Robert Duchesne, Trois-Rivières


Articles Par : Robert Duchesne

Avis de non-responsabilité : Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que le ou les auteurs. Le Centre de recherche sur la mondialisation se dégage de toute responsabilité concernant le contenu de cet article et ne sera pas tenu responsable pour des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes.

Le Centre de recherche sur la mondialisation (CRM) accorde la permission de reproduire la version intégrale ou des extraits d'articles du site Mondialisation.ca sur des sites de médias alternatifs. La source de l'article, l'adresse url ainsi qu'un hyperlien vers l'article original du CRM doivent être indiqués. Une note de droit d'auteur (copyright) doit également être indiquée.

Pour publier des articles de Mondialisation.ca en format papier ou autre, y compris les sites Internet commerciaux, contactez: media@globalresearch.ca

Mondialisation.ca contient du matériel protégé par le droit d'auteur, dont le détenteur n'a pas toujours autorisé l’utilisation. Nous mettons ce matériel à la disposition de nos lecteurs en vertu du principe "d'utilisation équitable", dans le but d'améliorer la compréhension des enjeux politiques, économiques et sociaux. Tout le matériel mis en ligne sur ce site est à but non lucratif. Il est mis à la disposition de tous ceux qui s'y intéressent dans le but de faire de la recherche ainsi qu'à des fins éducatives. Si vous désirez utiliser du matériel protégé par le droit d'auteur pour des raisons autres que "l'utilisation équitable", vous devez demander la permission au détenteur du droit d'auteur.

For media inquiries: media@globalresearch.ca