Qui est le Docteur Toccafondi ?

Trois ans et six mois. Probablement prescription sous peu : quand on a lu la requête de peines pour le responsable de l’infirmerie de la caserne de Bolzaneto, le médecin Giacomo Toccafondi, même les juges ont froncé les sourcils. C’est une peine qui a semblé pour le moins limitée en regard des délits et à du personnage, Toccafondi, qui, à Bolzaneto, aurait du soigner les détenus là où il s’est révélé être l’un des pires tortionnaires. Accusé de lésions, non –assistance à personne en danger, abus d’actes d’office (abuso d’atti d’ufficio, je ne connais pas le terme juridique français, NdT), impliqué dans plusieurs épisodes de coups, injures et violence privée, Toccafondi « semble avoir prêté serment  plus à Menghele qu’à Hippocrate », comme l’a dit hier l’avocat Stefano Bigliazzi, le premier des avocats de la défense qui a les requis des dommages et intérêts pour ses clients, après la requête des procureurs.

C’est celui qui se moque des personnes arrêtées, nues devant lui pour la visite médicale, en disant « manganelli, manganellli » (« matraques, matraques »), en les brandissant au visage des jeunes détenus. Celui qui oblige une fille qui a ses menstruations à enlever un piercing qu’elle a sur ses organes génitaux et en arrache plusieurs autres selon certains témoignages. Celui qui assiste sans commentaires aux chants fascistes à l’infirmerie, porte des rangers (des boots, déclare-t-il à l’audience en octobre dernier) et un treillis au lieu d’une blouse.

54 ans, employé avant le G8 à la prison de Marassi, et à celle, de femmes, de Bolzaneto, connu pour sa passion pour les armes et les arts martiaux, Toccafondi n’a jamais été suspendu de ses charges, il continue à être médecin à l’hôpital de Pontedecimo (banlieue de Gênes, NdT) en service à l’Asl 3 de Gênes ; l’année dernière, il a même été choisi par l’armée pour des « missions de paix » à l’étranger. Missions qu’il avait aussi accomplies, avant le G8, au Kosovo comme membre de la Croix-Rouge militaire. Interviewé par l’auteur le 30 juillet 2001, il disait qu’ « à Bolzaneto, il y a eu un climat dur mais il n’y a pas eu d’infamies » ; que les détenus « n’étaient pas des jeunes filles de pensionnat » ; « il y en a qui puaient l’essence à un kilomètre » et qu’ «des subversifs  il faut les avoir sous contrôle». Parmi les phrases clé « les mesures de sécurité prévoient qu’il faut garder les gens adossés au mur, enlever les piercing. Qu’on a arraché des piercings c’est un bobard et ils en avaient de partout ». C’est lui qui a évoqué en premier les piercings alors que l’intervieweur n’en avait pas encore entendu parler. Et, pour finir, « encore heureux que les garçons du Gom (Gruppo Operativo Mobile, unité de la police pénitentiaire, formée et affectée à la surveillance des boss mafieux et en cas de révolte dans les prisons, NdT) ne se sont pas formés en réprimant des manifestations de paysans, mais en ayant affaire à des mafieux et à des repentis. Et puis, c’était quand même pas le cortège de Gandhi, c’était de la guérilla urbaine, on se sentait en guerre ».

Edition de mercredi 12 mars 2008 de il manifesto

http://www.ilanifesto.it/Quotidiano-archivio/12-Marzo-2008/art28.html

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Articles Par : Alessandra Fava

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