Tony Blair savait que la guerre en Irak était illégale

Peter Goldsmith, le principal conseiller juridique du gouvernement britannique, l’en avait informé en 2002 : la Grande Bretagne n’étant pas menacée par Sadam Hussein, le renverser était alors contraire au droit international. Le principal conseiller juridique du gouvernement britannique avait informé en 2002 le Premier ministre de l’époque, Tony Blair, que renverser le numéro un irakien d’alors, Saddam Hussein serait contraire aux lois internationales, a rapporté dimanche 29 novembre le Mail On Sunday.

Peter Goldsmith, à l’époque Procureur général (Attorney General, chef du Parquet et principal conseiller du gouvernement en matière légale) l’a écrit à Tony Blair huit mois avant le début de l’invasion de l’Irak, mais ce dernier n’en n’a pas tenu compte, selon l’édition dominicale du quotidien britannique Daily Mail.

Une guerre contraire aux lois internationales

Selon le journal, la commission d’enquête sur l’engagement britannique en Irak, qui a débuté ses travaux fin novembre, est en possession de cette lettre.

Le Mail On Sunday affirme que Peter Goldsmith a été contraint au silence après avoir tenté de dissuader Tony Blair d’apporter son soutien à la guerre en Irak.

Peter Goldsmith a écrit cette lettre après une réunion du Cabinet, le 23 juillet 2002, au cours de laquelle les ministres ont été secrètement informés que Londres et Washington étaient déterminés à “un changement de régime” en Irak, selon le journal.

Présent à la réunion, il avait fortement marqué son désaccord et le 29 avait écrit à Tony Blair, un de ses proches amis, que la guerre ne pouvait être justifiée sur les simples bases d’un “changement de régime“, explique l’article.

Bien que les règles de l’Onu permettent “une intervention militaire sur la base de la légitime défense”, elles ne s’appliquent pas au cas de l’Irak, car la Grande-Bretagne n’est pas menacée par Saddam Hussein, avait-il écrit.

Peter Goldsmith soumis à des pressions

Un ami, anonyme, de Peter Goldsmith, a affirmé au journal que Tony Blair était devenu “fou furieux” en recevant la lettre et a ajouté que Peter Goldsmith avait été soumis à de telles pressions de la part du cercle rapproché du Premier ministre qu’il avait menacé de démissionner.

Peter Goldsmith avait finalement fourni des arguments juridiques au conflit, quelques jours avant son déclenchement en mars 2003, dans un exposé bref et très prudemment rédigé.

La commission d’enquête, présidée par Sir John Chilcot, un haut fonctionnaire en retraite, tiendra des auditions publiques jusqu’en février 2010 et rendra son rapport d’ici la fin de la même année.

Peter Goldsmith et Tony Blair doivent être entendus au début de l’an prochain.

Articles Par : Global Research

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