25ème anniversaire de la guerre du Golfe

Communiqué

Il y a vingt-cinq ans, aux premières heures du 17 janvier 1991, commençait dans le Golfe Persique l’opération « Tempête du désert », la guerre contre l’Irak qui ouvrait la phase historique que nous sommes en train de vivre.

Cette guerre, préparée et provoquée par Washington avec la politique du « diviser pour régner », était lancée au moment où, après l’écroulement du Mur de Berlin, allaient se dissoudre le Pacte de Varsovie et l’Union Soviétique même.

Profitant de la crise dans le camp adverse, les Etats-Unis renforçaient par la guerre leur présence militaire et influence politique dans l’aire stratégique du Golfe.

La coalition internationale, formée par Washington, envoyait dans le Golfe une force de 750 mille hommes, dont 70% étaient Etasuniens, aux ordres d’un général USA. Pendant 43 jours, l’aviation étasunienne et alliée effectuait, avec 2800 avions, plus de 110 mille sorties, larguant 250 mille bombes, dont celles à fragmentation qui diffusaient plus de 10 millions de sous-munitions. Participaient aux bombardements, avec celles des Etats-Unis, des forces aériennes et navales britanniques, françaises, italiennes, grecques, espagnoles, portugaises, belges, hollandaises, danoises, norvégiennes et canadiennes.  Le 23 février les troupes de la coalition, comprenant plus d’un demi million de soldats, lançaient l’offensive terrestre.  Elle se terminait le 28 février par un « cessez-le-feu temporaire » proclamé par le président Bush.

La guerre du Golfe fut la première guerre à laquelle participait sous commandement USA la République italienne, violant l’article 11, un des principes fondamentaux de sa Constitution. Les chasseurs Tornado de l’aéronautique italienne effectuèrent 226 sorties, bombardant les objectifs indiqués par le commandement étasunien.

Personne ne sait avec exactitude combien il y eut de morts irakiens dans la guerre de 1991 : certainement des centaines de milliers, dont la moitié environ de civils.  Des officiers étasuniens confirmaient que des milliers de soldats irakiens avaient été ensevelis vivants dans les tranchées par des chars d’assaut transformés en bulldozers. A la guerre fit suite l’embargo, qui provoqua dans la population plus de victimes que la guerre : plus d’un million, dont pour la moitié environ des enfants.

Immédiatement après la guerre du Golfe les Etats-Unis lançaient à leurs adversaires et à leurs alliés un message sans équivoque : « Les Etats-Unis demeurent le seul Etat ayant une force, une portée et une influence en toute dimension –politique, économique et militaire- réellement globales. Il n’existe aucun substitut au leadership américain » (Stratégie de la sécurité nationale des Etats-Unis, août 1991).

L’Otan, bien que ne participant pas officiellement en tant que telle à la guerre du Golfe, mettait à disposition ses forces et structures pour les opérations militaires. Quelques mois plus tard, en novembre 1991, le Conseil Atlantique promulguait, sur la base de la guerre du Golfe, le « nouveau concept stratégique de l’Alliance ».

Dans la même année était promulguée en Italie le « nouveau modèle de défense » qui, renversant la Constitution, indiquait comme mission des forces armées « la protection des intérêts nationaux partout où c’est nécessaire ».

Ainsi naissait avec la guerre du Golfe la stratégie qui a conduit les guerres successives sous commandement USA –contre la Yougoslavie en 1999, l’Afghanistan en 2001, l’Irak en 2003, la Libye en 2011, la Syrie depuis 2013- accompagnées dans le même cadre stratégique par les guerres d’Israël contre le Liban et Gaza, de la Turquie contre les Kurdes du PKK, de l’Arabie Saoudite contre le Yémen, de la formation de l’Isis (Etat islamique) et autres groupes terroristes fonctionnels à la stratégie USA/Otan, par l’utilisation de forces néonazies pour le coup d’Etat en Ukraine, fonctionnel à la nouvelle guerre froide et à la relance de la course aux armements nucléaires.

Sur ce fond le Comité No Guerra No Nato rappelle la guerre du Golfe d’il y a 25 ans, dans le plus large esprit unitaire et en même temps dans la plus grande clarté sur la signification de ce rappel, en appelant à intensifier la campagne pour la sortie de l’Italie hors de l’Otan, pour une Italie souveraine et neutre, pour la formation du plus ample front intérieur et international contre le système de guerre, pour la pleine souveraineté et indépendance des peuples.

Comité No Guerra No Nato

Traduit de l’italien par Comaguer

(Comité comprendre et agir contre la guerre), Marseille, 19 décembre 2015.



Articles Par : Comita No Nato

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