La journaliste de renommée mondiale, Vanessa Beeley, prendra la parole à Montréal le 10 décembre prochain au Centre Saint-Pierre, 1212, rue Panet à partir de 19 h. Elle prendra également la parole devant les étudiants de l’Université de Montréal le 9 décembre à partir de 11 h 30. 

Participeront aussi à la conférence à Montréal le 10 décembre au Centre Saint-Pierre, Samir Saul, professeur d’histoire à l’Université de Montréal, Rachad Antonius, professeur de sociologie à l’UQÀM. 

Les questions ignorées par nos médias

Vanessa Beeley fait partie du petit nombre de journalistes qui sont en mesure de répondre aux questions sur la guerre en Syrie, questions que les médias québécois, canadiens et internationaux refusent de poser et, partant, auxquelles ils ne fournissent pas de réponses. 

  • Quel rôle les différents gouvernements canadiens ont joué dans la guerre de procuration contre la Syrie? Une guerre dévastatrice qui a provoqué un exode de inouï. 
  • Pourquoi les Casques blancs, faussement appelés Force de défense civile syrienne, travaillent exclusivement dans les secteurs contrôlés par les organisations terroristes? Et pourquoi le Canada les porte aux nues?
  • Dans quelles circonstances occultes en Turquie le fondateur des Casques blancs, l’ex militaire britannique James Le Mesurier, a-t-il été tué récemment?
  • Pourquoi et comment Israël a-t-il participé à l’exfiltration des Casques blancs vers la Jordanie et le Canada?
  • Comment expliquer le fait que le gouvernement syrien, présenté dans les pays occidentaux comme un « régime » brutal, est en train de gagner la guerre?

Vanessa Beeley est une journaliste et photographe qui travaille depuis 2015 sur le terrain partout au Moyen Orient – Syrie, Égypte, Irak et Palestine – tout en suivant de près la guerre au Yémen. En 2017, Vanessa a été finaliste pour le prestigieux prix Martha Gelhorn pour journalisme. Le journaliste Robert Parry qui l’a emporté. 

En 2018, Le British National Council for the training of Journalists a nommé Vanessa Beeley l’une des 238 journalistes les plus respectés au Royaume uni.  En 2019, Vanesse a reçu le Prix Serena Shim qui souligne son intégrité journalistique inébranlable.

On peut lire les reportages ou écouter les entrevues de Vanessa Beeley notamment dans Mint Press News, Russia Today, UK Column, The Last American Vagabond, Global Research, Sputnik radio, 21st Century Wire, Le pied à Papineau, Mondialisation.ca et beaucoup d’autres. 

Vanessa Beeley sera en entrevue avec Robin Philpot au Pied à Papineau, CKVL FM, 100,1 le mercredi 4 décembre. 

 

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Notre infolettre

septembre 19th, 2019 by Mondialisation.ca

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Autant le Covid-19 est un disjoncteur, une bombe à retardement et une véritable arme de destruction massive (ADM), un débat acharné fait rage dans le monde entier sur le bien-fondé d’une quarantaine de masse appliquée à des villes, des États et des nations entières.

Ceux qui s’y opposent affirment que le confinement de la planète non seulement n’arrête pas la propagation du Covid-19, mais qu’il a également fait basculer l’économie mondiale dans un état de cryogénie – avec des conséquences imprévues et désastreuses. Ainsi, la quarantaine devrait s’appliquer essentiellement à la population présentant le plus grand risque de décès : les personnes âgées.

Avec le confinement de la planète stupéfiée par les rapports déchirants de la ligne de front du Covid-19, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une affirmation incendiaire.

En parallèle, une prise de contrôle totale des médias corporatifs insinue que si les chiffres ne diminuent pas substantiellement, le Confinement de la Planète – un euphémisme pour dire « assignation à résidence » – sera maintenu, indéfiniment.

Michael Levitt, Prix Nobel de Chimie 2013 et Biophysicien de Stanford, était dans le vrai lorsqu’il a calculé que la Chine allait passer le pire du Covid-19 bien avant que des foules d’experts de la santé ne le pensaient, et que « ce dont nous avons besoin, c’est de contrôler la panique ».

Passons en revue les faits et les opinions dissidentes, afin de favoriser un débat éclairé.

Le rapport « Covid-19 – Navigating the Uncharted » a été co-écrit par le Dr Anthony Fauci – le visage de la lutte de la Maison Blanche -, H. Clifford Lane, et le Directeur du CDC Robert R. Redfield. Il vient donc du cœur de l’establishment américain de la santé.

Le rapport indique explicitement que « les conséquences cliniques globales du Covid-19 pourraient finalement s’apparenter davantage à celles d’une grippe saisonnière grave (qui a un taux de létalité d’environ 0,1%) ou d’une grippe pandémique (semblable à celles de 1957 et 1968) plutôt qu’à une maladie semblable au SRAS ou au MERS, qui ont eu des taux de létalité de 9 à 10% et 36%, respectivement ».

Le 19 mars, quatre jours avant que Downing Street n’ordonne le confinement britannique, le Covid-19 a été déclassé du statut de « Maladie Infectieuse à Hautes Conséquences ».

John Lee, Professeur de Pathologie récemment retraité et ancien Pathologiste consultant du NHS, a récemment déclaré : « les 18 944 décès par coronavirus dans le monde représentent 0,14% du total. Ces chiffres pourraient augmenter, mais ils sont, à l’heure actuelle, inférieurs à ceux d’autres maladies infectieuses avec lesquelles nous vivons (comme la grippe) ».

Il recommande « de maintenir un certain degré de distanciation sociale pendant un certain temps, en particulier pour les personnes âgées et les personnes immunodéprimées. Mais lorsque des mesures drastiques sont introduites, elles doivent être basées sur des preuves claires. Dans le cas de Covid-19, les preuves ne sont pas claires ».

C’est essentiellement le même point développé par un analyste des renseignements militaires russes.

Pas moins de 22 scientifiques – voir ici et ici – ont développé leurs doutes sur la stratégie occidentale.

Le Dr Sucharit Bhakdi, Professeur émérite de Microbiologie Médicale à l’Université Johannes Gutenberg de Mayence, a provoqué une immense controverse avec sa lettre ouverte à la Chancelière Merkel, soulignant les « conséquences complètement imprévisibles des mesures de confinement drastiques qui sont actuellement appliquées dans de grandes parties de l’Europe ».

Même le Gouverneur de New York, Andrew Cuomo, a reconnu officiellement l’erreur de mettre en quarantaine les personnes âgées malades aux côtés de la population jeune en bonne santé.

La question absolument essentielle est de savoir comment l’Occident a été pris au dépourvu dans la propagation du Covid-19 – même après avoir bénéficié d’une avance de deux mois grâce à la Chine, et avoir eu le temps d’étudier différentes stratégies efficaces appliquées à travers l’Asie.

Le succès du modèle sud-coréen n’a de secret pour personne.

La Corée du Sud produisait déjà des kits de test début janvier et, en mars, elle testait 100 000 personnes par jour, après avoir établi un contrôle strict de toute la population – sous les cris occidentaux de « pas de protection de la vie privée ». C’était avant que l’Occident ne se lance dans le mode « Planète en Confinement ».

En Corée du Sud, il s’agissait de procéder à des tests précoces, fréquents et sûrs – en parallèle avec une recherche rapide et approfondie des contacts, l’isolement et la surveillance.

Les porteurs du Covid-19 sont surveillés à l’aide de caméras de vidéosurveillance, des achats par carte de crédit, des enregistrements de smartphones. Ajoutez à cela des SMS envoyés à tout le monde lorsqu’un nouveau cas est détecté près de chez eux ou de leur lieu de travail. Les personnes en auto-isolement ont besoin d’une application pour être constamment surveillées ; le non-respect de cette règle entraîne une amende équivalant à 2 800 $.

Démolition contrôlée en vigueur

Début mars, le Chinese Journal of Infectious Diseases, hébergé par l’Association Médicale de Shanghai, a pré-publié un Consensus d’Expert sur le Traitement du Coronavirus à Shanghai. Les recommandations de traitement comprenaient « fortes doses de vitamine C… injectées par voie intraveineuse à une dose de 100 à 200 mg/kg par jour. L’utilisation continue doit permettre d’améliorer significativement l’indice d’oxygénation ».

C’est la raison pour laquelle 50 tonnes de vitamine C ont été expédiées dans la province de Hubei au début du mois de février. C’est un exemple frappant de solution simple « d’atténuation » capable de minimiser la catastrophe économique.

En revanche, c’est comme si le contrecoup de la « guerre du peuple » chinoise brutalement rapide contre le Covid-19 avait pris Washington totalement au dépourvu. Les rumeurs persistantes sur le réseau chinois indiquent que Pékin a déjà étudié toutes les pistes plausibles concernant l’origine du virus Sars-Cov-2 – une information vitale qui sera certainement utilisée comme arme, à la Sun Tzu, au bon moment.

En l’état actuel des choses, la durabilité du projet complexe d’intégration eurasiatique n’a pas été substantiellement compromise. Alors que l’UE a fourni à l’ensemble de la planète une preuve flagrante de son impuissance et de son ignorance, le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine se renforce de jour en jour, misant de plus en plus sur le « soft power » et faisant progresser le dialogue pan-euroasiatique qui inclut, de manière cruciale, l’aide médicale.

Face à ce processus, le plus haut diplomate de l’UE, Joseph Borrell, semble en effet si impuissant : « Il y a une bataille mondiale de récits dans laquelle le timing est un facteur crucial. […] La Chine a ramené le nombre de nouvelles infections locales à un seul chiffre – et elle envoie maintenant du matériel et des médecins en Europe, comme d’autres le font également. La Chine s’efforce de faire passer le message que, contrairement aux États-Unis, elle est un partenaire responsable et fiable. Dans la bataille des récits, nous avons également vu des tentatives pour discréditer l’UE (…) Nous devons être conscients qu’il y a une composante géopolitique comprenant une lutte d’influence par le biais de la filature et de la « politique de générosité ». Armés de faits, nous devons défendre l’Europe contre ses détracteurs ».

Cela nous entraîne sur un territoire véritablement explosif. Une critique de la stratégie Planète en Confinement soulève inévitablement de sérieuses questions qui pointent vers une démolition contrôlée de l’économie mondiale. Ce qui est déjà en vigueur, ce sont les myriades de déclinaisons de la loi martiale, le contrôle sévère des médias sociaux en mode « Ministère de la Vérité » et le retour de contrôles stricts aux frontières.

Ce sont là les marques sans équivoque d’un projet massif de restructuration sociale, avec une surveillance complète, un contrôle de la population et une distanciation sociale promue comme la nouvelle norme.

Cela reviendrait à pousser à l’extrême la déclaration du Secrétaire d’État Mike « nous mentons, nous trichons, nous volons » Pompeo, selon laquelle le Covid-19 est un exercice militaire en temps réel : « Cette affaire va de l’avant – nous sommes dans un exercice en temps réel ici pour faire les choses bien ».

Tous saluent BlackRock

Alors que nous sommes confrontés à une Nouvelle Grande Dépression, des étapes menant à un Nouveau Monde Meilleur sont déjà perceptibles. Cela va bien au-delà d’un simple Bretton Woods 2.0, de la manière dont Pam et Russ Martens ont superbement déconstruit le récent plan de relance de l’économie américaine de 2 000 milliards de dollars approuvé par Capitol Hill.

Essentiellement, la Fed va « transformer la caisse noire de fonds de sauvetage de 454 millions de dollars du projet de loi en 4,5 billions de dollars ». Et aucune question n’est autorisée sur l’identité de la personne qui recevra l’argent, car le projet de loi annule simplement la Loi sur la Liberté de l’Information pour la Fed.

L’entrepreneur privé privilégié de la caisse noire n’est autre que BlackRock. Voici la version extrêmement courte de l’ensemble du projet, étonnant, magistralement détaillé ici.

Wall Street a transformé la Fed en un fonds spéculatif. La Fed va détenir au moins deux tiers de tous les bons du Trésor américain qui se retrouvent sur le marché avant la fin de l’année.

Le Trésor américain achètera tous les titres et prêts en vue, tandis que la Fed sera le banquier – finançant l’ensemble du projet.

Il s’agit donc essentiellement d’une fusion entre la Fed et le Trésor. Un mastodonte qui distribue des tonnes d’argent hélicoptère – avec BlackRock comme vainqueur incontestable.

BlackRock est largement connu comme le plus grand gestionnaire d’argent de la planète. Leurs tentacules sont partout. Ils détiennent 5% d’Apple, 5% d’Exxon Mobil, 6% de Google, deuxième actionnaire d’AT&T (Turner, HBO, CNN, Warner Brothers) – ce ne sont là que quelques exemples.

Ils achèteront tous ces titres et géreront ces Fonds Commun de Créances (FCC) douteux pour le compte du Trésor.

BlackRock n’est pas seulement le principal investisseur de Goldman Sachs. Mieux encore, il est plus important que Goldman Sachs, JP Morgan et Deutsche Bank réunis. BlackRock est un important donateur de Trump. Maintenant, à toutes fins pratiques, ce sera le système d’exploitation – le Chrome, Firefox, Safari – de la Fed/Trésor.

Cela représente la Wall Streetisation définitive de la Fed – sans aucune preuve que cela conduira à une amélioration de la vie de l’Américain moyen.

Les médias corporatifs occidentaux, en masse, ont pratiquement ignoré la myriade de conséquences économiques dévastatrices du confinement de la planète. Les reportages mentionnent à peine l’étonnant gâchis économique humain déjà en cours – surtout pour les masses qui survivent à peine, jusqu’à présent, dans l’économie informelle.

À toutes fins utiles, la Guerre Mondiale contre le Terrorisme a été remplacée par la Guerre Mondiale contre les Virus. Mais ce qui n’est pas sérieusement analysé, c’est la Tempête Toxique Parfaite : une économie totalement brisée ; la Mère de Tous les Crashs Financiers – à peine masquée par les billions d’argent hélicoptère de la Fed et de la BCE ; les dizaines de millions de chômeurs engendrés par la Nouvelle Grande Dépression ; les millions de petites entreprises qui vont tout simplement disparaître ; une crise de santé mentale généralisée et mondiale. Sans parler des masses de personnes âgées, en particulier aux États-Unis, qui recevront un avis de décès tacite.

Au-delà de toute rhétorique sur le « découplage », l’économie mondiale est déjà, de facto, divisée en deux. D’un côté, nous avons l’Eurasie, l’Afrique et des pans entiers de l’Amérique Latine – que la Chine s’efforcera de relier et de reconnecter par les Nouvelles Routes de la Soie. De l’autre côté, nous avons l’Amérique du Nord et certains vassaux occidentaux. Au milieu se trouve une Europe perplexe.

Une économie mondiale induite cryogéniquement facilite certainement un redémarrage. Le Trumpisme est le Nouvel Exceptionnalisme – cela signifie donc un MAGA isolationniste sous stéroïdes. En revanche, la Chine va laborieusement relancer sa base de marché le long des Nouvelles Routes de la Soie – Afrique et Amérique Latine comprises – pour remplacer les 20 % de commerce/exportations qui seront perdus avec les États-Unis.

Les maigres 1 200 dollars de chèques promis aux Américains sont un précurseur de facto du Revenu Universel de Base (RUB) tellement vanté. Ils pourraient devenir permanents, car des dizaines de millions de personnes seront au chômage de façon permanente. Cela facilitera la transition vers une économie totalement automatisée, gérée 24/7 par l’IA – d’où l’importance de la 5G.

Et c’est là qu’intervient l’ID2020.

L’IA et l’ID2020

La Commission Européenne est impliquée dans un projet crucial mais pratiquement inconnu, CREMA (Cloud Based Rapid Elastic Manufacturing) qui vise à faciliter la mise en œuvre la plus large possible de l’IA en conjonction avec l’avènement d’un système One-World sans argent liquide.

La fin de l’argent liquide implique nécessairement un gouvernement « One-World » capable de distribuer – et de contrôler – le RUB ; un accomplissement total de facto des études de Foucault sur la biopolitique. Toute personne est susceptible d’être effacée du système si un algorithme assimile cet individu à un dissident.

C’est encore plus sexy lorsque le contrôle social absolu est promu comme un vaccin innocent.

L’ID2020 se décrit elle-même comme une alliance bénigne de « partenaires public-privé ». Il s’agit essentiellement d’une plateforme d’identification électronique basée sur la vaccination généralisée. Et cela commence dès la naissance ; les nouveau-nés recevront une « identité numérique portable et persistante liée à la biométrie ».

GAVI, l’Alliance Globale pour les Vaccins et l’Immunisation, s’engage à « protéger la santé des personnes » et à fournir une « immunisation pour tous ». Les principaux partenaires et sponsors, outre l’OMS, comprennent, comme on pouvait s’y attendre, les grandes entreprises pharmaceutiques.

Lors du sommet de l’Alliance ID2020 en septembre dernier à New York, il a été décidé que le programme « Rising to the Good ID Challenge » serait lancé en 2020. Cela a été confirmé par le Forum Économique Mondial (WEF) en janvier dernier à Davos. L’identité numérique sera testée avec le gouvernement du Bangladesh.

Cela pose une question sérieuse : l’ID2020 a-t-elle été programmée pour coïncider avec ce qu’un sponsor crucial, l’OMS, a qualifié de pandémie ? Ou une pandémie était-elle absolument cruciale pour justifier le lancement de l’ID2020 ?

Alors que des simulations de changement total de la donne continuent, rien ne bat bien sûr l’Événement 201, qui a eu lieu moins d’un mois après l’ID2020.

Le Johns Hopkins Center for Health Security, en partenariat avec, une fois de plus, le Forum Économique Mondial, ainsi que la Fondation Bill et Melinda Gates, a décrit l’Événement 201 comme « un exercice de pandémie de haut niveau ». L’exercice « a illustré les domaines dans lesquels des partenariats public/privé seront nécessaires lors de la réponse à une pandémie grave afin de diminuer les conséquences économiques et sociétales à grande échelle ».

Avec le Covid-19 en vigueur comme pandémie, l’école de santé publique Johns Hopkins Bloomberg a été obligée de publier une déclaration disant essentiellement qu’ils ont juste « modélisé une pandémie fictive de coronavirus, mais nous avons explicitement déclaré que ce n’était pas une prédiction ».

Il ne fait aucun doute qu’une « grave pandémie, qui deviendrait « l’Événement 201 », nécessiterait une coopération fiable entre plusieurs industries, gouvernements nationaux et institutions internationales clés », comme l’affirment les sponsors. Le Covid-19 suscite exactement ce type de « coopération ». La question de savoir si elle est « fiable » est sujette à un débat sans fin.

Le fait est que, partout sur la Planète en Confinement, une vague de fond de l’opinion publique tend à définir l’état actuel des choses comme une opération psychologique mondiale : un effondrement mondial délibéré – la Nouvelle Grande Dépression – imposé à des citoyens peu méfiants à dessein.

Les pouvoirs en place, s’inspirant des méthodes éprouvées de la CIA depuis des décennies, appellent bien sûr cela une « théorie de la conspiration ». Pourtant, ce que de vastes pans de l’opinion publique mondiale constatent, c’est qu’un virus – dangereux – est utilisé comme prétexte pour justifier l’avènement d’un nouveau système financier numérique, avec un vaccin forcé et une nanopuce créant une identité numérique complète et individuelle.

Le scénario le plus plausible pour notre avenir immédiat se lit comme des regroupements de villes intelligentes reliées par IA, avec des personnes contrôlées en permanence et dûment micro-pucées faisant ce dont elles ont besoin avec une monnaie numérique unifiée, dans une atmosphère de Panopticum de Bentham et Foucault en surrégime.

Donc, si c’est vraiment notre avenir, le système mondial existant doit disparaître. C’est un test, ce n’est qu’un test.

Pepe Escobar

 

Article original en anglais :

Ground Control to Planet Lockdown: This Is Only a Test

Traduit par Réseau International

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Le South China Morning Post, basé à Hong Kong, arapporté le mois dernier qu’un homme de 55 ans pouvait avoir attrapé une nouvelle infection de coronavirus le 17 novembre 2019. Cet individu est le premier cas confirmé de COVID-19, mais les autorités pensent qu’il n’était pas le patient-zéro. Le prochain cas confirmé est apparu le 1er décembre 2019, mais n’avait aucun lien avec le Marché de fruits de mer de Huanan situé à Wuhan. La chaîne de télévision publique chinoise CCTV a rapporté le 9 janvier 2020 que l’éclosion avait été détectée pour la première fois à Wuhan le 12 décembre. Des cas de maladies de pneumonie atypique sont apparus dans les hôpitaux locaux.

Hôpital de Jinyintan, l’un des premiers hôpitaux à admettre des patients atteints de maladies infectieuses souffrant d’une pneumonie atypique

Les fluides prélevés dans les poumons de ces patients admis aux unités de soins intensifs (USI) ont été évalués à l’Institut de virologie de Wuhan. Six des sept patients de l’USI étaient des vendeurs ou des livreurs travaillant au marché. Le 21 décembre, le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies a publié son rapport sur un groupe de patients atteints d’une «pneumonie de cause inconnue».

Alors que des patients ayant eu contact avec le marché étaient de plus en plus admis pour une maladie grave semblable à une pneumonie, le comité municipal de la santé de Wuhan a publié un avis urgent le 30 décembre sur son compte de médias sociaux Weibo. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a été informée de 27 cas suspects, dont sept dans un état critique. À ce moment, la séquence génétique du pathogène était considérée à tort comme indiquant qu’il s’agissait d’un coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).

De nombreux médecins ont partagé ces informations sur Internet, y compris le Dr Li Wenliang, un ophtalmologiste à l’hôpital central de Wuhan, qui a envoyé un avertissement à ses collègues de l’école de médecine via un groupe WeChat. Lorsque son poste est devenu viral, il a été sévèrement réprimandé par les autorités pour avoir «fait de faux commentaires» et «perturbé gravement l’ordre social» et contraint de signer des aveux. Il a contracté l’infection le 12 janvier et est décédé le 7 février.

Le 1er janvier, les autorités chinoises ont fermé le marché des fruits de mer de Huanan. Le 2 janvier, 41 patients ont été hospitalisés pour des infections confirmées en laboratoire. Ils ont été transférés à l’hôpital Jinyintan à Wuhan.

Les scientifiques chinois de l’Institut national de la prévention de maladies virales ont déterminé la séquence génétique du nouveau virus le 3 janvier, le nommant 2019-nCoV. Les autorités sanitaires ont été alarmées par le bond soudain des cas signalés, dont beaucoup étaient gravement malades. Aucun décès n’avait été signalé, mais les personnes avec qui ils ont été en contact étroit ont été surveillées. Par ailleurs, le directeur du Centre de la prévention de maladies (CDC) américain, Robert Redfield, a alerté le même jour le secrétaire américain à la Santé et aux Services sociaux, Alex Azar, sur ses discussions avec des médecins chinois sur le virus.

Le Centre d’infection de Hong Kong a averti que la ville devrait commencer à mettre en place une surveillance stricte contre une nouvelle pneumonie virale qui se propageait d’homme à homme. Le ministère de la Santé de Singapour a été informé d’une fillette chinoise de trois ans atteinte de pneumonie et ayant voyagé à Wuhan. Le jeune enfant a été testé négatif pour le SRAS et le MERS-CoV.

Une équipe de soignants examine un patient

Le 7 janvier, les autorités chinoises supprimaient toutes les informations publiées par les médias sociaux sur l’épidémie. Le CDC américain a émis un avis de voyage déconseillant Wuhan. En Corée du Sud, les autorités sanitaires ont placé une Chinoise de 36 ans en isolement après son retour de Wuhan avec des symptômes de toux et de fièvre. L’Organisation mondiale de la santé a confirmé qu’un nouveau coronavirus avait été isolé le 9 janvier. Le premier décès a également été confirmé: un homme de 61 ans qui était un client régulier du marché de fruits de mer. Il avait de multiples conditions médicales, dont une maladie chronique du foie.

Le 13 janvier, des virologues chinois avaient publié la séquence du génome du virus sur la base de données des séquences génétiques du NIH, GenBank. La Thaïlande a signalé le premier cas confirmé de 2019-nCoV chez une Chinoise arrivée à Bangkok le 8 janvier. Le 15 janvier, le deuxième décès d’un homme de 69 ans en Chine a été confirmé, tombé malade le 31 décembre.

L’OMS a confirmé qu’une équipe du Centre allemand de recherche sur les infections et des virologues de l’hôpital Charité de Berlin avait développé un nouveau test de laboratoire capable de détecter le 2019-nCoV. Le protocole d’analyse a été publié. Selon le Dr Christian Drosten, directeur de l’institut, «Maintenant que ce test de diagnostic est largement disponible, je m’attends à ce qu’il ne nous faudra pas longtemps pour diagnostiquer de manière fiable les cas suspects. Cela aidera également les scientifiques à comprendre si le virus est capable de se propager d’homme à homme. Il s’agit d’une étape importante dans notre lutte contre ce nouveau virus. »

Le 21 janvier, 291 cas au total avaient été signalés dans les principales villes de Chine. Le MRC Centre for Global Infectious Disease Analysis de l’Imperial College de Londres a suggéré que sa modélisation prévoyait plus de 1.700 cas d’infection. Le gouvernement chinois a commencé à avertir les responsables subalternes de ne plus cacher la propagation du nouveau coronavirus. Il a également été révélé par la suite que le président Xi Jinping était au courant de l’épidémie plus tôt que rapporté. Le même jour, les États-Unis ont signalé leur premier cas dans l’État de Washington.

Le 24 janvier, davantage de pays en dehors de la Chine signalaient des cas importés. Le premier cas confirmé de transmission interhumaine à l’extérieur de la Chine s’est produit au Vietnam. Le Politburo chinois a placé toute la province du Hubei sous quarantaine ville par ville, touchant près de 60 millions de personnes.

Chambre des patients à Huoshenshan, l’un des hôpitaux construits en dix jours

À la mi-mars, Benjamin Mateus du WSWS a eu l’occasion de communiquer, par le biais d’un intermédiaire, avec quatre médecins chinois impliqués depuis le début dans la réponse massive à la pandémie de COVID-19 à Wuhan. Pour assurer l’anonymat de ces personnes, les noms et les lieux ont été modifiés. La correspondance a été révisée et reformatée pour plus de clarté et de concision.

Benjamin Mateus (BM): Bonjour. Je vous remercie tous de partager vos expériences. Elles sont importantes pour que les lecteurs comprennent ce qui s’est passé à Wuhan et apprennent directement de vous comment vous avez travaillé pendant cette période pénible. Mais avant de commencer, pourriez-vous nous dire brièvement ce que vous faites?

Dr X: Je suis anesthésiste dans un centre tertiaire provincial de la province du Hubei.

Dr D: Je travaille au service des urgences. Je travaille dans une autre province dans un centre tertiaire provincial.

Dr Z: Merci. Oui, je suis interne avec une spécialité en médecine respiratoire. Pendant l’épidémie de Wuhan, mon objectif était d’évaluer les patients suspects avec des prélèvements de la gorge à la recherche du coronavirus. Nous avons également organisé leurs scanographies. S’ils étaient positifs ou avaient des résultats concernant la pneumonie, nous les avons admis à l’hôpital. Nous avons appelé cette zone la salle «d’observation».

Dr W: Je suis obstétricien et gynécologue – accouchement et prise en charge des problèmes de santé des femmes. Le Dr Z et moi sommes tous deux de Wuhan.

BM: Dr. D, quand avez-vous été appelé à Wuhan?

Dr D: Mon équipe et moi avons été dépêchées à Wuhan le 24 janvier, lorsque la province du Hubei a été mise en confinement. C’était la veille du nouvel an chinois. Une fois que nous avons reçu les instructions du gouvernement, nous avons immédiatement organisé nos équipes et nos fournitures médicales. J’ai travaillé en équipe avec 138 travailleurs.

BM: Vous vous y êtes rendus comment?

Dr D: On a été transporté par un vol affrété par le gouvernement. Une fois arrivés, nous avons été logés dans un hôtel voisin. Tous les travailleurs médicaux, même ceux de Wuhan, bien que leurs maisons soient justes à côté de l’hôpital, ont dû rester dans les hôtels désignés. La nourriture était abondante et nutritive. Elle a été donnée par les citoyens.

Des médecins intubent un patient

BM: Pourquoi avez-vous été hébergés de cette façon?

Dr Z: Principalement, pour protéger nos familles. On s’est rendu compte qu’il serait impossible d’être avec eux et de les protéger.

BM: Pouvez-vous nous parler de la façon dont les hôpitaux étaient approvisionnés?

Dr D: Le gouvernement était responsable de la coordination de toutes les fournitures nécessaires. Un ministère gouvernemental assurait la coordination à travers les instances régionales qui les distribuaient ensuite aux hôpitaux. Il existe un réseau que nous avons établi pour ces questions.

BM: Dr D, où avez-vous travaillé?

Dr D: Mon équipe a été affectée à un hôpital général traditionnel à Hankou qui a été converti en hôpital d’admission de patients COVID-19 pendant l’épidémie.

[La ville de Wuhan est une agglomération de «trois villes de Wuhan» – Hankou, Wuchang et Hanyang. Elle se situe au nord du confluent des fleuves Han et Yangtze.]

BM: Dr X, pouvez-vous parler du nombre d’agents de santé qui a été mobilisé à Wuhan?

Dr X: Lorsque le confinement est entré en vigueur et que nos ressources ont été mobilisées, je pense que nous avions environ 40.000 agents de santé soutenant nos efforts ici dans la province du Hubei. C’était difficile au début. Les hôpitaux étaient submergés de patients et nous n’avons pas pu suivre. Nous manquions de fournitures, mais nous avons maintenant réussi à doter les hôpitaux en personnel et à disposer du matériel nécessaire.

BM: Et comment s’est déroulé le travail dans les services? Nous avons vu des photos de médecins chinois portant un équipement de protection individuelle complet.

Dr X: Nous avons rapidement appris à développer la procédure pour mettre et enlever notre équipement de protection. [Ils ont expliqué qu’ils portaient un équipement de protection complet – au lieu de seulement des blouses et des filets à cheveux — avec des masques et des boucliers et comprenant quatre paires de gants]. C’était très difficile d’y travailler. Nous avions des quarts de travail. Les médecins effectuaient un quart de travail de six heures tandis que les infirmières effectuaient un quart de travail de quatre heures. Nous passions une heure avant notre quart de travail pour enfiler notre protection et une autre heure après juste pour les retirer. Lorsque nous intubions des patients, nous utilisions des respirateurs.

Dr D: Nous avons peut-être été trop zélés avec le port de lunettes et de vêtements de protection extérieurs alors que peut-être cela n’était pas nécessaire. Nous avons porté trois à quatre couches de gants. Mais il était difficile de dire si c’était nécessaire ou non. Mais nous y sommes allés avec beaucoup de prudence.

BM: Dr Z, j’avais lu que les médecins chinois utilisaient des scanographies pour diagnostiquer les patients atteints de COVID-19. Pourquoi ça?

Dr Z: Nous avons reconnu que les patients présentant des symptômes bénins étaient parfois renvoyés chez eux et qu’ils s’effondraient ensuite. Nous avons appris que la scanographie avait valeur de pronostic. Ainsi, si un patient est testé positif, mais présente des symptômes bénins, il peut rentrer chez lui à moins que sa scanographie ne montre qu’il y a des infiltrats [pneumonie]. Nous hospitalisons ces patients parce que nous avons constaté qu’ils pourraient connaitre une décompensation plus tard.

Dr D: Même maintenant que l’épidémie est passée, nous restons vigilants. Il y a peut-être deux ou trois semaines, nous avons fait venir un homme de 72 ans sans aucune difficulté à respirer ou de la fièvre, juste des étourdissements et de la fatigue. Le patient a été admis au service de neurologie. Quand ils ont fait une tomodensitométrie, le patient avait toutes les caractéristiques de poumons atteints de COVID-19. Dix-sept médecins et infirmières ont été infectés et le service a été fermé. Ainsi, la tomodensitométrie [scanographie] s’est avérée utile lorsque les patients ne présentent pas les signes et symptômes courants.

Personnel soignant portant l’équipement de protection individuelle complet

BM: Comment vos familles gèrent-elles votre absence pendant l’épidémie?

Dr W: Mon mari travaille dans un chantier naval en tant que cadre et nous avons été séparés pour le protéger contre l’infection. Mais il est également impliqué dans la lutte contre COVID-19. Ce ne sont pas seulement les agents de santé. Le pays tout entier est impliqué dans la lutte – il me manque, mais cela nous aide à comprendre que tout le monde est impliqué.

Dr X: Mon fils est à l’université, donc nous savons qu’il est en sécurité. Ma femme est également médecin et nous travaillons dans le même hôpital. Nous sommes hébergés à l’hôtel, mais avons des chambres séparées. La situation est difficile, mais nous savons que la maladie est évitable, contrôlable et traitable si nous restons engagés et vigilants.

Dr Z: Mon mari est médecin et travaille également dans notre hôpital. Nous avons envoyé notre fils chez ses grands-parents avant le verrouillage de Wuhan. Nous savions que la situation serait très grave et nous ne pourrions pas prendre soin de lui.

BM: Quelles ont été les difficultés rencontrées par Wuhan selon vous dans sa lutte contre l’épidémie?

Dr X: Au début de l’épidémie à Wuhan, les autorités locales ont dissimulé le problème. Elles ne l’ont pas signalé au ministère de la Santé ou au gouvernement. Plus tard, il est devenu impossible de le cacher, mais l’infection évoluait rapidement. Le système de santé manquait de personnel et de fournitures.

BM: Est-ce pour cela que le taux de mortalité était tellement plus élevé à Wuhan que dans les autres provinces?

Dr X: Nous étions dans une situation difficile. Il nous manquait les fournitures médicales. Cependant, le gouvernement a pu allouer du matériel médical – combinaisons de protection, gants, masques – même de la nourriture et plus à chaque hôpital. Nous avons même construit deux hôpitaux en deux semaines.

BM: Avez-vous travaillé là-bas? C’était un exploit formidable.

Dr W: Non, nous n’y étions pas.

BM: Les hôpitaux en Europe et aux États-Unis sont submergés de cas. Comment avez-vous fait face à l’afflux des patients infectés?

Dr X: À l’hôpital où je travaillais, ils avaient 3.000 chambres pour patients hospitalisés. Nous avons décidé de mettre les patients avec COVID-19 dans la même chambre, mais de garder les patients suspects isolés dans une seule chambre chacun. De cette façon, nous avons augmenté notre capacité. Mais il faut faire ce qui est nécessaire. Le fait de regrouper les patients COVID-19 ensemble les a également aidés à mieux faire face à la maladie car ils se tenaient compagnie. Les familles n’étaient pas autorisées à faire des visites.

BM: Dr W, avez-vous constaté que les patientes enceintes atteintes de COVID-19 se portent mal ou ont plus de complications?

Dr W: Nous n’avons pas vu de risques particuliers supplémentaires pour la grossesse par rapport aux femmes non enceintes. Nous n’avons pas traité leur grossesse différemment que d’habitude, mais leurs familles n’étaient pas autorisées à être avec elles.

BM: Donc, les femmes enceintes se portaient bien?

Dr W: Oui, pour la plupart. Nous avions un seuil inférieur pour la prise en charge d’une patiente pour une césarienne en raison de la difficulté à respirer pendant le travail.

BM: Et qu’en est-il du nouveau-né?

Dr W: Les nouveau-nés ont été envoyés dans une chambre d’hospitalisation à pression négative, isolés et sont restés en quarantaine pendant deux semaines. Les mères sont restées en quarantaine deux semaines supplémentaires après être devenues asymptomatiques et avoir eu un test d’acide nucléique négatif. Si la mère et le bébé ont été testés tous deux négatifs, le bébé pouvait rester avec sa mère qui pouvait l’allaiter.

BM: Quelle partie du travail avez-vous trouvée la plus difficile?

Dr X: J’ai travaillé à l’USI du centre régional d’admission. Ainsi, tous les patients les plus sévèrement touchés nous arrivaient. Je sais que les patients ont toujours été très reconnaissants de nos efforts et ils savaient que nous faisions de notre mieux. On pouvait voir qu’ils avaient peur. Parfois, on se sentait tellement impuissant et c’était douloureux.

J’ai eu un patient. Il avait la cinquantaine. Il avait perdu ses parents à cause de COVID-19. Bien qu’il ait été intubé, il a toujours levé le pouce. Il a toujours essayé de rester positif. Mais son état ne s’améliorait pas, alors je savais qu’il n’allait pas se rétablir. Trois semaines plus tard, il est décédé d’une insuffisance respiratoire. Je ne sais pas pourquoi sa mort m’a autant affecté. Je me suis senti écrasé. Je suis retourné dans ma chambre d’hôtel isolé. Ma femme était dans la pièce voisine. Nous nous asseyions contre le mur et nous parlions. Je n’oublierai jamais cette nuit.

Dr D: Lorsqu’on se reposait – on ne se sentait jamais vraiment reposé. C’est difficile à expliquer. Ce n’était pas un engourdissement ou une perplexité. Peut-être un sentiment de douleur ou de peur. Dans ma tête, tout ce à quoi je pouvais penser était de savoir comment sauver ces patients – rechercher constamment des références, consulter des lignes directrices, lire des articles, avoir des discussions et des réunions.

Voir un patient sous respirateur et regarder son taux d’oxygène dans le sang diminuer lentement, à ce stade, il n’y a plus rien à faire. Les voir mourir lentement est très douloureux. On se sent tellement impuissant.

Je pense que 129 patients sont décédés dans l’hôpital où je travaillais en février seulement – 38 d’entre eux rien que dans mon service. Au plus fort de l’épidémie, j’ai vu quatre corps gardés dans le service pendant plus de 24 heures, car la morgue était pleine et manquait de personnel. C’était tellement bouleversant que la peur a traversé mon corps de la pointe de mes cheveux jusqu’à mes pieds. J’avais le sentiment que le monde entier était malade – le monde entier est juste malade.

Beaucoup de mes collègues m’ont dit qu’ils n’étaient pas capables de dormir. Beaucoup ont développé de graves angoisses lors de leur arrivée dans le service. Ils tremblaient quand ils devaient nettoyer les déchets médicaux. J’ai essayé de les consoler, de travailler avec eux, de les calmer.

Dr Z: Je me souviens que nous avions perdu un patient et je cherchais le courage d’avertir la famille. J’ai appelé et dès qu’il a répondu au téléphone, il a dit: «C’est mon père?» J’ai dit oui. Puis il a dit: «Merci. Je serai là dans environ une heure. Je dois finir de soigner un patient.» C’est mon collègue. Il m’a dit que sa mère était décédée la veille et ses deux frères la semaine précédente. Il est venu et a signé les papiers et est reparti. Je l’ai appelé et il s’est retourné et a dit «Merci. Au revoir», et est parti.

BM: Pouvez-vous parler du Dr Li Wenliang? Il est décédé de COVID-19 [le 7 février 2020], mais a été réprimandé lorsqu’il a averti ses collègues sur les réseaux sociaux de l’épidémie en décembre. Quelles sont vos pensées?

Dr W: Je le connaissais. J’avais parlé avec lui. Je suis choqué qu’il soit mort. Il était si jeune. Sa femme était enceinte quand il est décédé. Il est difficile d’en parler. Cela aurait pu arriver à n’importe qui. Mais ce sont des questions politiques… Et sa famille ne pouvait pas être avec lui. Ils ont juste mis son corps dans un sac et l’ont livré aux pompes funèbres.

BM: J’ai lu que le Parti communiste chinois (PCC) l’avait exonéré et avait présenté des «excuses solennelles» à sa famille.

Dr W: Il ne s’agit pas de l’exonérer. Parler du PCC – je déteste surtout en parler. Trop de sacrifices inutiles. Trop de pertes de vie inutiles. Quatre médecins sont décédés de COVID dans leur propre hôpital – deux du même service (ophtalmologie). Il y a également quatre médecins qui sont toujours sous respirateur depuis près de deux mois. Personne n’ose les laisser mourir, car le public ne leur pardonnera pas.

BM: Dr D, combien d’agents de santé sont venus à Wuhan et combien ont été infectés?

Dr D: Au moment où mon équipe est arrivée, nous avions environ 40.000 agents de santé dans la province du Hubei. Je pense qu’environ 3.000 personnes ont été infectées, mais surtout pendant la phase initiale de la réponse. Nous n’avions pas encore mis en place de politique stricte de contrôle des infections et nous manquions de fournitures médicales.

BM: Des membres de votre équipe ont-ils été infectés?

Dr X: Nous avons été impliqués presque immédiatement début janvier. Dans mon équipe, quatre ont été infectés, mais un seul a dû être intubé, mais ils ont récupéré.

Dr D: Aucun de nos 138 agents de santé de mon équipe n’a été infecté.

BM: Quelles leçons avez-vous tirées de cette épidémie? Qu’est-ce qui a bien fonctionné et qu’est-ce qui n’a pas fonctionné?

Dr X: Il était important de poser le diagnostic tôt. Nous avons rapidement isolé les patients et mis en place un traitement immédiatement. Mais, plus important encore, la protection des travailleurs de la santé est essentielle. Nous avons environ 200 employés dans notre institut de virus et zéro infection.

Pour la population en général, le port de masques et le lavage des mains étaient essentiels pour réduire les infections. Cela vaut également pour les agents de santé. Mais le port correct de l’équipement de protection est quelque chose que nous avons appris rapidement. Nous avons également constaté que la ventilation des chambres des patients aidait à contrôler les infections.

Dr Z: On a également immédiatement arrêté toutes les rotations cliniques pour les étudiants en médecine. On a demandé à plusieurs reprises aux résidents de porter une attention particulière aux procédures de protection individuelle. On montait les escaliers au lieu d’utiliser l’ascenseur. On limitait notre temps dans des espaces fermés. On avait un ensemble de vêtements, chaussures et chapeau à porter à l’extérieur. On aspergeait tout notre corps avec de l’alcool médical avant de regagner notre chambre, puis on prenait immédiatement une douche. On a coupé nos cheveux très courts.

BM: Y a-t-il eu des traitements que vous avez trouvés inefficaces? Aux États-Unis et en Europe, les gens utilisent la chloroquine parce qu’ils ont entendu dire qu’elle pouvait aider à combattre l’infection.

Dr X: Nous avons utilisé Arbidol (umifenovir — un traitement antiviral pour la grippe utilisé en Russie et en Chine). Cela n’a pas aidé du tout et a causé des dommages au foie. Nous avons également administré du lopinavir (antirétroviral de la classe des inhibiteurs de protéase utilisé contre le VIH), qui a également provoqué des lésions hépatiques et donné des nausées ou des vomissements aux patients. C’était également inutile. Le virazole (également connu sous le nom de ribavirine, utilisé pour traiter les infections du virus respiratoire syncytial) n’a eu aucun effet secondaire évident, mais n’a eu aucun avantage. Les stéroïdes ne semblent pas non plus avoir eu des effets bénéfiques, mais peuvent avoir réduit l’immunité des patients.

BM: Quelle a été votre expérience clinique avec cette infection? L’âge des patients, combien de temps il leur a fallu pour tomber malade, à quel point l’infection était-elle mortelle?

Dr X: Pour les personnes âgées, c’était assez dévastateur. Elles ne s’en sont pas bien sorties, mais nous avons vu tous les âges. D’habitude, une fois qu’une personne est exposée, il fallait quelques jours ou une semaine avant de développer des symptômes. Les patients présentant des symptômes minimes ont été isolés à domicile et des agents de santé les ont régulièrement contrôlés. Après une semaine ou deux, ils se sont rétablis ou se sont présentés à l’hôpital et ont été admis. Environ 80 pour cent des patients nécessitant une intubation sont décédés, généralement au cinquième jour d’hospitalisation. Parfois, ils restaient plus longtemps, mais les chances de guérison s’aggravaient.

BM: Je voulais conclure en vous demandant votre avis sur la réponse mondiale à cette pandémie. Qu’aimeriez-vous dire au reste du monde – en Europe, aux États-Unis, en Afrique et en Amérique latine?

Dr D: Chaque gouvernement doit accorder autant d’attention que possible à cette pandémie. Allouer du matériel, des agents de santé aux zones les plus touchées. Fermez la ville, même le pays tôt. Isolez tôt les personnes à risques.

Dr Z: Je pense qu’il est important que nous travaillions ensemble. Après cette énorme catastrophe et la pénurie de matériel, la Chine a envoyé 300 travailleurs de la santé pour aider l’Italie et apporter des fournitures médicales.

Dr X: Dans les pays sous-développés, leurs gouvernements doivent utiliser leurs ressources de la manière la plus efficace possible. Ils doivent protéger la population en général et si cela signifie fermer les villes ou les pays, ils devraient le faire le plus tôt possible. Ils devraient éduquer la population à se laver les mains et à garder leurs maisons ventilées. Protéger les travailleurs de la santé.

Nous n’avons pas prêté assez attention au début.

BM: Je tiens à vous remercier tous pour votre participation. Je vous remercie pour votre travail. Et faites attention à vous.

Le 18 mars 2020, les autorités chinoises n’ont signalé aucune nouvelle infection, franchissant une étape importante dans une pandémie qui a touché plus de 200 pays et territoires avec plus d’un million de cas et plus de 53.000 décès. La lutte contre la pandémie est menée dans ses nouveaux épicentres en Europe et aux États-Unis. La Chine a contenu son nombre de cas à moins de 82.000, avec plus de 76.000 personnes ayant récupéré et 3.318 décès signalés. Il y a actuellement 1.863 cas actifs.

Le 25 mars, le verrouillage strict dans la province du Hubei a pris fin lorsque la Commission de la santé du Hubei a annoncé qu’elle assouplirait les restrictions de voyage. Cependant, les autorités locales refusent de lever les interdictions de voyager. Malgré la tentative de Pékin de ramener les gens au travail, il existe de grandes inquiétudes et des doutes quant aux assurances données par le gouvernement que l’épidémie a été maîtrisée. Le 28 mars, la police de la ville de Jiujiang a mis en place un blocus pour empêcher les travailleurs migrants de quitter le Hubei. La situation est devenue violente avec des images montrant des policiers de Jiujiang et Huangmei s’affrontant ainsi que des centaines de personnes attaquant la police.

Mardi, la province du Henan, dans le centre de la Chine, juste au nord du Hubei, a mis en confinement le comté de Jia, touchant 600.000 personnes. Toutes les entreprises ont été fermées, à l’exception des services essentiels comme les services publics, les fournisseurs médicaux et la logistique. La raison citée pour ces mesures a été un reportage dans les médias qui faisait état de trois nouvelles infections dimanche. Un médecin nommé Liu a été testé positif samedi ainsi que deux collègues à qui il avait transmis l’infection.

 

Article paru en anglais, WSWS, le 3 avril 2020

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Il n’y a jamais eu de doute. Cependant, le 4 février 2019 à Caracas a été l’occasion pour moi de serrer brièvement la main de Nicolás Maduro, de croiser furtivement le regard humble de l’ancien chauffeur de bus, puis de l’écouter s’adresser à une petite délégation étrangère privée. Dans ce cadre unique, mon estime politique et personnelle est montée en flèche à un niveau qualitatif supérieur. Aujourd’hui, en jetant un coup d’œil (furieux, il faut l’admettre) sur les fausses accusations américaines contre Maduro, préférant ne pas transcrire sur papier les paroles outrageantes afin de maintenir l’authenticité du sentiment déjà difficile à traduire en mots, les accusations sont manifestement incroyables. 

En analysant les accusations bidon, non pas du point de vue légal/juridictionnel, mais plutôt d’un point de vue moral/politique, une personne caractérisée par ces fausses accusations serait une personne foncièrement individualiste. Il s’agirait d’une personne guidée et dévorée par l’objectif unique et exclusif de se servir elle-même en amassant une fortune. La poursuite d’un style de vie égoïste, motivé par le but d’accumuler les bénéfices provenant des activités criminelles alléguées, constitue la quintessence des valeurs à la base même du capitalisme et de l’impérialisme. Une partie de ce système moribond, dépourvu d’avenir, maintenant consumé par son propre individualisme, indique dans quelle mesure cet égoïsme peut même mener à l’autodestruction et n’a aucun scrupule à faire tomber les autres dans son sillage, comme nous l’avons vu pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Cependant, le Nicolás Maduro que j’ai entendu parler le 4 février 2019, d’un point de vue très rapproché, personnifiait le contraire de l’individualisme. La rencontre n’a eu lieu que quelques semaines après la première tentative de coup d’État menée par les États-Unis et le Groupe de Lima. Il nous a parlé pendant environ deux heures. Son dévouement total à la cause de la révolution bolivarienne, à la souveraineté vénézuélienne, à l’héritage et aux enseignements du commandant Hugo Chávez était indubitable. Le public était captivé, et en ce qui concerne l’auteur de ces lignes, on ne peut que le comparer à l’attraction magnétique d’un Fidel Castro, avec la même sincérité et la logique cohérente de Fidel, et un mélange approprié de sérieux et d’humour. 

Quant aux thèmes abordés par Maduro, celui qui s’est démarqué ce jour-là et qui prend encore plus d’importance à la lumière des fausses accusations d’aujourd’hui, c’est l’union civilo-militaire du Venezuela. Ce sujet prend maintenant plus d’importance, car il est au cœur du succès de la position de Maduro depuis janvier 2019. Il est clair qu’il a frustré les États-Unis au point de prendre cette dernière mesure désespérée. Pour revenir à la réunion de Caracas, Maduro a passé en revue avec l’auditoire ce qui semblait être chaque étape des réunions qu’il avait tenues dans tout le pays, avec une vérification sur place de tous les secteurs des forces armées, ainsi qu’avec la milice et les organisations sociales locales. Nous avions l’impression d’être là avec lui. Il incarnait l’idée de n’être qu’un soldat de plus parmi les millions de Vénézuéliens prêts à donner leur vie pour défendre leur cause. 

Prêt à sacrifier sa vie? Oui, c’est l’impression qu’il a laissée. Quelques mois plus tard, il y a eu une tentative d’assassinat encouragée par les États-Unis. Il a cependant survécu et repris son travail. En fait, depuis janvier 2019 et jusqu’au 26 mars 2020, date à laquelle sa tête a été mise à prix, tout comme dans l’ancien Far West, il y a eu une campagne médiatique sans précédent et ininterrompue visant à mener une guerre politique et psychologique contre Maduro, en plus d’autres tentatives de coup d’État. 

L’histoire a propulsé Maduro dans une position unique. Il est devenu, pour ainsi dire, un « martyr » de son vivant, telle est sa résistance héroïque à l’alliance dirigée par les États-Unis visant à l’écraser lui et la révolution bolivarienne. Ainsi, lorsque le collègue cubain Iroel Sánchez a « nommé » Maduro « Homme de l’année » 2019, en dépit des préférences du magazine Time, cela a trouvé une résonance. La capacité de Maduro de profiter apparemment des « neuf vies du chat » tout au long de 2019 a « avalisé » cette nomination. De janvier 2019 au 26 mars 2020, combien de fois était-il censé avoir été éliminé?

L’évolution de cette offensive incessante menée par les États-Unis contre Maduro ainsi que la résistance héroïque et historique ont servi à incarner davantage la notion selon laquelle Maduro est entièrement et généreusement dévoué au bien commun du Venezuela. Il semble évident que Maduro est personnellement convaincu qu’il ne mourra qu’avec un fusil à la main pour défendre le Venezuela, si jamais on en arrivait là. Cette qualité altruiste est diamétralement opposée à l’individualisme égoïste ancré dans le capitalisme, qui sert de fondement au type de charges faussement imputées à Maduro. 

Peut-on sérieusement imaginer qu’une personne entièrement dévouée au bien-être collectif de son peuple, y compris de faire le sacrifice ultime si nécessaire, soit impliquée d’une façon ou d’une autre dans les activités illicites présumées? 

Cette évaluation va-t-elle trop loin en personnalisant Maduro? De toute évidence, il s’agit simplement d’affirmer qu’il faut s’opposer aux tentatives des États-Unis de renverser Maduro par tous les moyens nécessaires, peu importe ce que l’on pense de lui. Cependant, le 26 mars 2020, en mettant sa tête à prix, les États-Unis forcent l’opinion publique mondiale à prendre position devant Maduro. C’est une situation favorable parce qu’elle force la difficulté de Maduro à émerger en public, d’occuper l’avant-scène. L’évolution historique depuis que Maduro a été élu président pour la première fois en 2013 montre que le principal antidote à l’objectif américain de changement de régime pour le Venezuela, c’est le président Nicolás Maduro lui-même. 

L’auteur de ces lignes n’a jamais été un grand admirateur de ceux qui prétendent défendre la révolution bolivarienne et le droit du Venezuela à l’autodétermination et à la souveraineté, tout en introduisant clandestinement dans les discours les expressions à la mode de « gouvernement autoritaire » » et « élections douteuses » en référence à Maduro. Bien sûr, ils ont droit à leur opinion et leur soutien verbal au droit du Venezuela à l’autodétermination est le bienvenu. Toutefois, en accordant une crédibilité au discours étatsunien, cela ne fait-il pas plus de mal que de bien, en lui fournissant comme il le fait une couverture « respectable » qui lui sert de prétexte à une intervention étrangère? Après tout, dans l’acte d’accusation, la toute première phrase décrit « l’ancien régime de Maduro ». 

Que cela plaise ou non, surtout depuis que sa tête a été mise à prix, le leadership qui a maintenu la souveraineté du Venezuela est définitivement incarné dans la personne de Maduro. Il permet aussi au Venezuela de se présenter à n’importe quelle table de négociation en position de force plutôt qu’à genoux. En ce qui a trait aux progressistes, y aurait-il une troisième voie entre Maduro, d’une part, et la défense du droit du Venezuela à l’autodétermination d’autre part? 

Pourquoi ne pas tout simplement dire la vérité, inverser les rôles et déclarer que les crimes présumés contre Maduro sont exclusifs aux États-Unis et à son système capitaliste, dont la révolution bolivarienne et son actuel dirigeant, Nicolás Maduro, sont à l’abri? L’histoire l’a prouvé. Comme dit le proverbe, la meilleure défense est l’offensive.

Il est temps que les Québécois et Canadiens passent de nouveau à l’offensive, même dans les difficiles conditions actuelles causées par la Covid-19. Après tout, il est évident que l’administration Trump compte cruellement sur la propagation du virus au Venezuela et sur le fait que ce pays d’Amérique latine consacre l’entièreté de ses ressources, déjà frappées par des sanctions américaines paralysantes, à la résistance au virus mortel et à la sauvegarde des vies, à n’importe quel prix.

Le Venezuela et son président sont engagés simultanément dans une guerre sur deux fronts, d’abord contre le virus et maintenant contre l’escalade de la mise en accusation du 26 mars par les États-Unis. En tant que Québécois et Canadiens, nous devons nous mobiliser contre cette situation historique et ses répercussions sur le Venezuela, l’Amérique latine et ailleurs sur le monde. 

Arnold August

 

 

Arnold August est un journaliste et conférencier canadien, auteur de Democracy in Cuba and the 1997–98 Elections, Cuba and Its Neighbours : Democracy in Motion et Cuba–U.S. Relations: Obama and Beyond. Il collabore à de nombreux sites internet et à des émissions de télévision et de radio en Amérique latine, en Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient. Twitter, Facebook et son site Web en français. et YouTube

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Bilan des nouvelles leçons de la COVID-19

avril 4th, 2020 by Jean-Yves Jézéquel

1 – L’essai « Discovery » de la Communauté Européenne

Trial of Treatments for COVID-19 in Hospitalized Adults (DisCoVeRy) pour le descriptif intégral de l ’essai voir:

Dans cet essai européen, il y a tout d’abord le protocole dit « de soins standards ». Ce protocole est en réalité un essai témoin sans traitement antiviral actif qui se limite à la réanimation classique. On sait déjà que compte tenu de ce qui est observé partout, en France et ailleurs dans le monde, 20% de ces malades de l’essai « Discovery », seront de fait sacrifiés, dans le but de « démontrer » qu’un médicament anti viral pourrait paraître efficace. Pourquoi « sacrifiés » ? Parce que la détresse respiratoire est telle que sans intervention anti virale bien avant ce stade, c’est la mort quasi assurée.

Le second protocole est nommé « Remdésivir ». Un essai anglais a déjà été publié et a démontré que les résultats étaient absolument médiocres : il n’y a aucune différence entre les malades témoins non traités et ceux qui ont reçu le Remdésivir.

Le troisième protocole est nommé « Lopinavir-Ritonavir » ou Kaletra. Un essai randomisé coréen, réalisé sur 199 malades et publié il y a quelques jours, a démontré qu’il n’y avait aucune différence entre les malades témoins non traités et ceux qui ont reçu le Kaletra.

(Cf., B.Cao A Trial of lopinavir-Ritonavir in Adults Hospitalized with Severe Covid-19/NEJM 2020 [email protected])

Le quatrième protocole est nommé « Tout en un ». Ce protocole associe le Lopinavir/Ritonavir avec de l’Interféron Béta 1a.

L’Interféron Béta ou Alpha d’ailleurs, est connu pour être efficace dans de nombreuses maladies virales. Si l’on obtient une réelle synergie entre ces médicaments, on peut espérer un résultat probant. Le problème qui se présente est le suivant. Toutes les études internationales démontrent, sans exception, que si les malades sont passés en détresse respiratoire, la charge virale est considérablement atténuée, elle tombe même très bas. Ce qui explique pourquoi, précisément à ce moment-là, les antiviraux n’ont plus aucune efficacité, puisque le virus n’est pratiquement plus là !

Enfin, il y a un cinquième protocole nommé « Chloroquine ». Le problème immédiat que l’on peut souligner fortement ici, c’est que cet essai n’a absolument pas repris le protocole du Professeur Didier Raoult de Marseille. Cet essai sur la chloroquine de « Discovery » n’associe pas l’Azithromycine, ni d’ailleurs aucun autre antibiotique, alors que la synergie Azithromycine et chloroquine est absolument essentielle dans la forme « précoce » de la maladie, avant l’apparition de la détresse respiratoire, c’est-à-dire, tant que la charge virale est active. Il faut également démentir cette affirmation qui circule dans le milieu, soi-disant informé, que cette association médicamenteuse serait « toxique » alors qu’elle a prouvé, depuis longtemps, son efficacité chez les femmes enceintes traitées en zone d’endémie palustre. 

(Cf., Rmchico : azithromycin/chloroquine combination therapy for protection against malaria and sexually transmitted infection in pregnancy Ext OPIN drug metab toxical 2011, 7-9-1153-1167)

Dans le protocole « Discovery », la chloroquine est donnée seule à 400 mg par jour, alors que le protocole du Professeur Raoult associe la chloroquine à l’Azithromycine à la dose de 600 mg par jour. Ce protocole européen prévoit d’administrer la chloroquine seule, dans « les cas les plus sévères, évolutifs », justement au moment où la charge virale chute drastiquement rendant inutile l’utilisation de cet anti viral ! On se demande donc aussitôt, pourquoi les gens qui ont proclamé leur rigueur scientifique ont-ils décidé cette absurdité absolue ? Que chacun, s’il est intellectuellement honnête, se demande pourquoi…

Ce n’est pas au moment où la maladie devient une simple pneumopathie grave, évoluant indépendamment du covid-19, qu’il faut intervenir avec un antiviral ! A ce stade, la chloroquine ne peut plus du tout être efficace. 

Pourquoi, les soi-disant scientifiques de l’essai « Discovery » font-ils preuve d’une telle malhonnêteté ? Que signifie cette supercherie ?

Les Chinois ont déjà fait ce test randomisé avec de la chloroquine à cette dose insuffisante et sans antibiotique associé, au stade tardif de la maladie. Le test publié a déjà démontré qu’à ce stade et dans ces conditions, la chloroquine ne servait à rien !

La question qu’il faut donc se poser est la suivante : pourquoi l’essai « Discovery » n’a-t-il pas directement utilisé le protocole du Professeur Raoult et non pas ce protocole que l’on sait être tout à fait inutile ? Pour qui nous prend-t-on ?

On peut conclure tout à fait honnêtement, d’ores et déjà, que rien de bon ne sortira de ce parfait « foutage de gueules » qu’est, de toute évidence,  l’essai « Discovery ».

Il faut maintenant souligner que les commentaires de très nombreux patrons de maladies infectieuses, Français et étrangers, ont déjà contesté l’éthique de cet essai thérapeutique qui fait courir de nombreux risques aux patients attendant des résultats, alors qu’il n’y a aucune chance théorique de les sauver avec ces essais… Le Pr Perronne de l’hôpital Poincaré de Garches (région parisienne), responsable du service des maladies infectieuses, synthétise parfaitement les reproches faits à cet essai « Discovery ».

Les médias inféodés progouvernementaux, comme les médecins des centres engagés, veulent nous imposer le « sérieux de cette expérience scientifique » qui n’a rien de scientifique ! Le Pr Péronne disait sur LCI le 25 mars, qu’il fallait écouter les Chinois qui disent clairement qu’il faut agir avant la phase de détresse respiratoire et en associant la chloroquine avec un antibiotique, c’est-à-dire le contraire de ce que cet essai théoriquement « scientifique » prétend réaliser…

Il concluait que ce test « Discovery » était inutile, lourd, mené en pleine urgence sanitaire, en faisant signer des malades qui vont recevoir un traitement placebo alors que le Plaquénil donne des résultats évidents. Il ajoutait être « choqué par l’absence d’éthique de cet essai européen » !

Ce test n’est ni éthique, ni pratique alors qu’on est dans l’urgence sanitaire, ni scientifique : en un mot ce test est nul et non avenu, ne plaidant que pour un obscur profit d’une industrie pharmaceutique qui sera peut-être élue par cet essai : Gilead ou Abbvie, ou encore Merck, peut-être.

2 – La science au service de la propagande ultra libérale

On sait déjà le trucage de la soi-disant reproduction des essais thérapeutiques multicentriques et internationaux. On se souvient du scandale terrible des traitements des ostéosarcomes qui étaient sortis pourtant des « études randomisées ». 

Les mathématiciens, les physiciens et les chimistes peuvent reproduire à l’identique des expériences pour les vérifier. Mais le médecin, lui, ne travaille que sur des hommes malades, pas sur des maladies abstraites et théoriques ou virtuelles ! Tous les humains sont différents et uniques en soi. Le médecin digne de ce nom sait qu’il doit adapter chaque traitement à chaque malade. Faire croire au sérieux d’une étude « randomisée » dans le domaine médical est pure manipulation et mensonge évident. Rappelons que le médecin fait un diagnostic sur un faisceau d’arguments cliniques et des examens complémentaires, puis il propose un traitement, le plus à même de donner une réponse thérapeutique. Et dans ce qui nous occupe, c’est ici et maintenant, pas dans trois ou six semaines.

Il est clair que la médecine a été prise en otage par le critère de rentabilité commerciale, marchande : ce ne sont pas des médecins dignes de ce nom qui décident ce qui ne regarde que la médecine, mais aujourd’hui ce sont des technocrates de « l’élite » dirigeante trempée jusqu’au cou dans le lobby pharmaceutique.

Les politiques écoutent les décideurs de la société civile et non pas les médecins qui savent sur le terrain ce qu’est un malade. Le choix des membres du « Conseil scientifique » de Macron est représentatif de cette dérive idéologique ultra libérale. Les sociologues et anthropologues sont plus nombreux que les médecins et ils décident la politique médicale du pays ! On y trouve par exemple le sociologue Benamouzig dont la thèse de 2000 traitait de « L’utilisation massive des méthodes quantitatives ».

Le médecin ne décide plus rien concernant la médecine : il est devenu un ouvrier spécialisé et dont la rémunération d’ailleurs est dérisoire, compte tenu de ses responsabilités qui elles, sont restées les mêmes. Il est devenu prolétaire de la médecine. Tout rapport au patient est combattu et nié par les critères de rentabilité. Les déserts médicaux ne sont qu’une conséquence de cette politique désastreuse ultra libérale ayant fait de la médecine une activité tenue de devenir rentable.

Le démantèlement des hôpitaux s’explique pour les mêmes raisons. L’impréparation absolue que l’on constate aujourd’hui est choquante et vraiment scandaleuse. Le désastre ultra libéral est terrible et ce sont les malades qui en paient les conséquences.

Notons qu’un préfet, Lallement, préfet de Paris, a trouvé encore le moyen d’accuser les malades qui se retrouvent en détresse respiratoire de « fautifs et coupables », parce qu’ils « n’auraient pas respecté le confinement » ! Il est impossible d’aller aussi loin dans l’odieux, le cynisme et le mépris sans réagir vigoureusement. Il n’est plus possible de supporter un tel comportement criminel, accusateur et irresponsable ! Il est indispensable que les médecins citoyens entreprennent plus tard les actions judiciaires nécessaires contre ce préfet qui a dépassé toute limite dans l’odieux et l’intolérable, en même temps que leurs actions déjà annoncées contre les responsables du chaos sanitaire que nous observons depuis le début de cette crise du coronavirus.

Il n’est plus possible de revoir une telle irresponsabilité au niveau de l’Etat et de subir le mensonge permanent des autorités qui ont été en-dessous de tout dans tous les domaines. 

Heureusement pour nous, le monde médical et soignant dans son ensemble lui, a été compétent, à la hauteur de ce défi impossible, solidaire, généreux et sacrifié sans attendre le soutien des politiques qui ont beaucoup tardé à se mettre au travail. On s’en souviendra pour longtemps et il va de soi que le monde suivant cette crise ne pourra plus être celui qui l’a précédé.

Le ministère de la Santé et les commerciaux de l’industrie pharmaceutique, les influenceurs d’opinion médecins, des médecins formatés inféodés au système, prétendent tous ensemble qu’il « serait dangereux d’autoriser un traitement à la Plaquenil, chloroquine associée à l’azithromycine, sans le valider par un essai thérapeutique randomisé ! Nous sommes dans l’urgence sanitaire et les malades meurent : c’est un scandale absolu que de tenir ce discours qui représente une véritable insanité proprement insupportable.

La liste des morts est déjà horrible à ce jour et nous devrions attendre cet essai à la prétention scientifique qui n’a rien de scientifique, alors que ce traitement chloroquine/azithromycine est déjà donné depuis longtemps à plus d’un milliard de personnes dans le monde, sans risques réels, s’il est administré au bon moment et dans les conditions médicales contrôlées selon un protocole déjà mis au point !

Ce tragique épisode du coronavirus nous apprend que des gens irresponsables se chargent de nous en prétendant détenir la vérité révélée et quasi religieuse sur ce qu’il faut faire et ne pas faire ! En attendant nous pouvons crever par milliers, au nom de quoi ? !

Nous ne sommes pas des souris de laboratoire. Messieurs les décideurs irresponsables, vos résultats ne sont pas des résultats mais le cautionnement de vos politiques ultra libérales qui se moquent éperdument des hommes souffrants.

Enfin, rappelons que les essais thérapeutiques multicentriques randomisés n’ont permis que très exceptionnellement de faire progresser la médecine. C’est le Pr Debré et Even qui disaient cela dans le début des années 2000. (Cf., Savoirs et Pouvoir. Pour une nouvelle politique de la recherche et du médicament Pr Philippe Even et Pr Bernard Debré, éditions le cherche midi, 2004)

« … Le potentiel de la médecine fondée sur les écosystèmes pour améliorer les soins de santé des patients a été contrecarré par des biais dans le choix des hypothèses testées, la manipulation de la conception des études et une publication sélective. Les preuves de ces failles sont les plus claires dans les études financées par l’industrie. Nous pensons que l’acceptation aveugle par l’EBM des « preuves » produites par l’industrie revient à laisser les politiciens compter leurs propres votes. Étant donné que la plupart des études d’intervention sont financées par l’industrie, il s’agit d’un problème sérieux pour la base de données globale. Les décisions cliniques fondées sur ces preuves risquent d’être mal informées, les patients recevant des traitements moins efficaces, plus nocifs ou plus coûteux ».  (Cf., S Every-Palmer Comment la médecine basée sur des preuves échoue en raison d’essais biaisés et d’une publication sélective, Journal of Evaluation in Clinical Practice 2014)

Selon un rapport de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales)

« la finalité des essais randomisés ne correspond pas forcement à l’intérêt des malades … dans 76% des cas le promoteur est un industriel ». Les professeurs Even et Debré, on l’a vu, étaient clairs : « Le thème de l’essai est trop souvent déterminé par des raisons commerciales. L’objectif est d‘étendre le marché. Presque jamais de s’attaquer à un problème de santé publique ».

Les essais thérapeutiques ne font pas avancer la science car, selon le rapport de l’IGAS,

« Leurs résultats ne sont publiés que si l’intérêt du promoteur le commande. Lorsque les résultats ne correspondent pas à celui escompté, le promoteur n’a aucun intérêt à ce que ses résultats soient connus et commentés ».

Voilà qui est essentiel à comprendre et à savoir, concernant cette étude européenne « Discovery ». C’est l’une des principales leçons cinglantes du désastre sanitaire du Covid-19 de mars et d’avril 2020. Il faudra s’en souvenir et demander des comptes à tous ces gens qui n’en finissent plus de se moquer du monde au nom de leur idéologie fasciste ultra libérale.

CONCLUSION

Ce tragique épisode du coronavirus nous a révélé une pitoyable impréparation du système de santé, son état de délabrement qui est dû à la politique fanatique ultra libérale des dirigeants politiques aux mains des lobbies soignant scrupuleusement la rentabilité de leur business.

Nous avons vu des pays de l’Union Européenne se voler mutuellement les équipements de protection médicale, « le chacun pour soi et tous contre chacun » ; nous avons découvert la pratique du détournement d’appareillages d’urgence médicale ; nous avons vu les frontières de l’Espace Schengen se refermer ; nous avons vu que des pays de l’UE refusaient les demandes d’aide financière à la BCE pour des pays de l’Union plus frappés que d’autres ; nous avons vu nos grands amis et alliés « historiques » : les Etats-Unis d’Amérique, nous voler sans scrupules nos commandes de masques commandés en urgence en Chine, en offrant trois fois leur prix, au nom de la logique ultra libérale devenue une façon « naturelle » de penser !

Nous avons vu que l’Union Européenne n’a pas bougé le petit doigt, que l’OTAN n’a pas mis ses moyens à la disposition des partenaires éprouvés par la pandémie ; nous avons vu que la Russie est venue massivement en Italie l’aider à sortir de ce malheur comme une société russe vient aujourd’hui en aide au peuple des USA alors que cette même société russe est frappée de sanction et sous embargo pratiqué par l’Etat profond de ce pays, sans âme, sans morale, sans valeurs…

Nous voyons que la Chine nous a apporté son aide substantielle et le fruit de son expérience médicale dans la pandémie.

Nous avons entendu ces sans cervelle du gouvernement Français et de l’Union Européenne se scandaliser de l’aide apportée par la Russie et la Chine en les condamnant, en pleine détresse des pays européens, les accusant de « propagande » !

Jusqu’où allons-nous devoir supporter ces minables aux commandes et la trahison permanente des « élites » qui sont perdus dans leur fanatisme idéologique ultra libéral ?

Puis, nous avons vu comment l’Union Européenne a mis en place la supercherie du test « Discovery » ! Trop c’est trop. Nous ne pourrons pas continuer la route dans de telles conditions de mensonge et de falsification pour le pillage des nations européennes, une fois la pandémie passée.

Faudra-t-il encore aller plus loin dans l’odieux pour savoir qui sont nos vrais amis et nos vrais ennemis ?

Enfin, la façon de traiter avec mépris et dérision un professionnel aguerri comme le Professeur Didier Raoult, a décrédibilisé leurs auteurs.  Tous ces gens soi-disant « scientifiques » se sont permis de le regarder de haut et de le traiter de « rigolo », « non conforme » aux standards de la bien-pensance. Le Pr Raoult était même prié par Daniel Cohn Bendit de « fermer sa gueule ». Cet européiste béat éructait son insulte en bavant de rage sur un sujet dont il n’avait pas la moindre idée. Les fanatiques européistes au pouvoir, voulant à tout prix nous vendre leur « Discovery », qui est une supercherie absolue, se sont comportés au cœur de cette crise tragique comme si le moustique voulait apprendre à l’hirondelle l’art de savoir voler !

Nous devons faire un discernement et nous rendre compte qu’il est impossible de continuer à fonctionner de cette manière en laissant des prédateurs acharnés s’occuper en toute liberté de ceux qui sont exposés à leur stratégie de pillage. Le coronavirus nous dit que cette supercherie a assez duré. Nous devons collectivement reconnaître le service qu’il nous a rendu et pleurer le nombre épouvantable de morts qu’il a fallu pour que nous comprenions la leçon ! L’avons-nous au moins comprise ?

Jean-Yves Jézéquel

Le New York Times a rapporté le 30 mars que le président Trump s’est rétracté de sa déclaration précédente selon laquelle, d’ici le 12 avril, le verrouillage dû à la COVID-19 devrait être terminé et il est temps de penser au « retour au travail ». Au lieu de cela, il a déclaré qu’une prolongation jusqu’à la fin avril était nécessaire – et peut-être même jusqu’en juin. Cela, a-t-il dit, suivait les conseils de ses conseillers, dont le Dr Anthony Fauci, directeur du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID), au sein du National Institute for Health (NIH), fait partie.

Le virus COVID-19 a jusqu’à présent causé beaucoup moins d’infections et de décès que la grippe ordinaire au cours des dernières années. L’OMS fait état le 30 mars dernier de 750 000 infections dans le monde et d’un nombre de décès de 36 000. Aux États-Unis, on compte environ 161 000 cas et 3 000 décès. Pourtant, le lanceur d’alerte Fauci affirme qu’il pourrait y avoir des millions de cas de coronavirus aux États-Unis et 100 000 à 200 000 décès. Et, par coïncidence, Bill Gates fait de même, en utilisant à peu près les mêmes chiffres.

Tout cela dans l’idée d’imposer un vaccin à la population.

Un vaccin de plusieurs milliards de dollars n’est pas nécessaire.

Le NIAD et la Fondation Bill et Melinda Gates collaborent en vue de développer un vaccin COVID-19.

La Chine a prouvé que le virus COVID-19 pouvait être maîtrisé à un coût relativement faible et avec une discipline stricte et des médicaments traditionnels. Les mêmes médicaments et mesures ont été utilisés pendant des siècles pour prévenir et guérir avec succès toutes sortes de maladies virales.

Tout d’abord, un vaccin contre la COVID-19, ou contre les coronavirus en général, est un vaccin contre la grippe. Les vaccins ne guérissent pas. Dans le meilleur des cas, les vaccins antigrippaux peuvent empêcher le virus d’affecter un patient autant qu’il le ferait sans vaccin. L’efficacité des vaccins antigrippaux est généralement évaluée entre 20 et 50 %. Les vaccins sont avant tout un immense bonus financier pour les grandes entreprises pharmaceutiques.

Ensuite, voici une multitude de remèdes qui se sont révélés très efficaces. Voir aussi ceci et cela.

  • Le professeur français Didier Raoult, qui est l’un des cinq meilleurs scientifiques au monde dans le domaine des maladies transmissibles, a suggéré l’utilisation de l’hydroxychloroquine (Chloroquine ou Plaquenil), un médicament bien connu, simple et peu COVID-19: More Hydroxychloroquine Data From Francecoûteux, également utilisé pour lutter contre le paludisme, et qui a montré son efficacité avec des coronavirus antérieurs tels que le SRAS. Dès la mi-février 2020, des essais cliniques réalisés dans son institut et en Chine ont déjà confirmé que le médicament pouvait réduire la charge virale et apporter une amélioration spectaculaire. Les scientifiques chinois ont publié leurs premiers essais sur plus de 100 patients et ont annoncé que la Commission nationale chinoise de la santé recommanderait la chloroquine dans ses nouvelles directives pour le traitement du virus COVID-19.
  • La Chine et Cuba collaborent à l’utilisation de l’interféron Alpha 2B, un médicament antiviral très efficace développé à Cuba depuis 39 ans, mais peu connu du monde entier, en raison de l’embargo imposé par les États-Unis sur tout ce qui provient de Cuba. L’interféron s’est également révélé très efficace dans la lutte contre COVID-19 et est maintenant produit dans une joint-venture en Chine.
  • Il existe un vieux médicament naturel indien/ayurvédique, la curcumine, qui se présente sous forme de capsules de C90. C’est un composé anti-inflammatoire et antioxydant qui a été utilisé avec succès pour traiter le cancer, les maladies infectieuses et, oui, les coronavirus.
  • D’autres remèdes simples mais efficaces comprennent l’utilisation de fortes doses de vitamine C, ainsi que de vitamine D3, ou plus généralement l’utilisation de micro-nutriments essentiels pour combattre les infections, notamment les vitamines A, B, C, D et E.
  • Les produits à base d’argent colloïdal sont un autre remède utilisé depuis des milliers d’années par les anciens Chinois, les Romains et les Égyptiens. Ils se présentent sous forme de liquide à administrer par voie orale, ou à injecter, ou à appliquer sur la peau. Les produits à base d’argent colloïdal renforcent le système immunitaire, combattent les bactéries et les virus, et ont été utilisés pour traiter le cancer, le VIH/sida, le zona, l’herpès, les affections oculaires, la prostatite – et la COVID-19.
  • Un remède simple et peu coûteux, à utiliser en combinaison avec d’autres, est le « Mentholatum » à base de menthol. Il est utilisé pour les symptômes courants de la grippe et du rhume. Appliqué sur et autour du nez, il agit comme un désinfectant et empêche les germes de pénétrer dans les voies respiratoires, y compris les coronavirus.
  • Le nord de l’Italie et la Nouvelle-Orléans rapportent qu’un nombre inhabituel de patients ont China Is Using Cuba's Interferon Alfa 2B Against Coronavirus ...dû être hospitalisés dans des unités de soins intensifs (USI) et être mis 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 sous un respirateur artificiel à 90 %, certains d’entre eux ne réagissant pas et tombant en insuffisance respiratoire. Le taux de mortalité rapporté est d’environ 40%. Cette condition est appelée syndrome de détresse respiratoire aiguë, SDRA. Cela signifie que les poumons sont remplis de liquide. Lorsque cette description des épisodes de SDRA s’applique, le Dr. Raoult et d’autres collègues médicaux recommandent aux patients COVID-19 de « dormir assis » jusqu’à ce qu’ils soient guéris. Cela permet d’évacuer le liquide des poumons. Cette méthode est connue pour son efficacité depuis qu’elle a été documentée pour la première fois lors de l’épidémie de grippe espagnole de 1918.
  • Enfin, des chercheurs chinois, en coopération avec des scientifiques cubains et russes, développent également un vaccin qui pourrait bientôt être prêt à être testé. Ce vaccin tenterait de s’attaquer non seulement à un seul brin de coronavirus, mais aussi au génome de base de l’ARN coronaviral (ARN = acide ribonucléique), pour prévenir les nouvelles mutations des coronavirus. Contrairement à l’Occident, qui travaille exclusivement dans un but lucratif, le vaccin sino-cubano-russe serait mis à la disposition du monde entier à un prix modique.

Ces remèdes alternatifs ne peuvent pas être trouvés sur l’internet contrôlé par les grandes sociétés pharmaceutiques. Les références Internet, s’il y en a, peuvent déconseiller leur utilisation. Au mieux, elles vous diront que ces produits ou méthodes n’ont pas prouvé leur efficacité, et au pire, qu’ils peuvent être nocifs. N’y croyez pas. Aucun de ces produits ou méthodes n’est nocif. N’oubliez pas que certains d’entre eux sont utilisés comme des remèdes naturels depuis des milliers d’années. Et n’oubliez pas que la Chine a réussi à maîtriser COVID-19, en utilisant certains de ces médicaments relativement simples et peu coûteux.

Peu de médecins connaissent ces remèdes pratiques, simples et peu coûteux. Les médias, sous la pression des géants de l’industrie pharmaceutique et des organismes gouvernementaux qui s’y conforment, ont été invités à censurer ces précieuses informations. La négligence ou l’incapacité à rendre publics ces remèdes facilement accessibles fait des victimes.

Le rôle de Bill Gates et le verrouillage

Bill Gates a peut-être été l’un des « conseillers » de Trump, suggérant qu’il prolonge la date de « retour au travail » au moins jusqu’à la fin avril, et, si Gates le veut, au moins jusqu’en juin. Cela reste à voir. Gates est très – très puissant :

Image de CNBC: Bill Gates dit que les États-Unis ont raté leur chance d’éviter la fermeture dû au coronavirus et les entreprises devraient rester fermées

Le président Donald Trump a déclaré mardi qu’il souhaitait que les entreprises ouvrent avant Pâques, le 12 avril, afin d’atténuer l’impact économique. … Gates a reconnu mardi que l’isolement sera « désastreux » pour l’économie, mais « il n’y a pas vraiment de juste milieu ». Il a suggéré un arrêt de six à dix semaines. (CNBC, 24 mars 2020)

Bill Gates, Gerard Miller/ CNBC

 Capture d’écran, CNBC, 24 mars 2020

Pour en savoir plus : COVID-19 – La lutte pour la guérison : une gigantesque razzia de l’industrie pharmaceutique occidentale

La Fondation Bill et Melinda Gates sera la source de l’organisation de la vaccination de masse qui devrait être lancé dans la période qui suivra le confinement.

L’association de vaccination comprend la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI), une semi-ONG, à laquelle le NIH/NIAID a confié la supervision du programme de vaccination – avec le soutien de Bill Gates ; la GAVI, l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination – également une création de Bill Gates, soutenue par l’OMS, également amplement financée par la Fondation Gates ; la Banque mondiale et l’UNICEF ; ainsi qu’une myriade de partenaires pharmaceutiques.

Bill Gates suggère aussi fortement que les voyageurs doivent avoir dans leur passeport un certificat de vaccination avant d’embarquer dans un avion ou d’entrer dans un pays.

La mise en œuvre du programme, y compris un programme mondial d’identité électronique connexe, éventuellement administré au moyen de nanopuces qui pourraient être intégrées au vaccin lui-même, serait supervisée par l’agence peu connue Agenda ID2020, qui est également une initiative de la Fondation Bill et Melinda Gates.

Bill Gates est également connu comme un fervent partisan d’une réduction drastique et sélective de la population. Sachant ce que nous savons, qui ferait confiance à tout vaccin portant la signature de Bill Gates. L’espoir que cette entreprise diabolique ne réussisse pas est fort important. Nous devons garder l’espoir jusqu’à la fin, alors la fin n’arrivera jamais – et peu à peu la Lumière noiera les Ténèbres.

Peter Koenig

 

Pour plus de détails sur l’Agenda ID2020, voir

La pandémie de coronavirus COVID-19: Le vrai danger est « l’Agenda ID2020 ».

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Article original en anglais :

Coronavirus – No Vaccine Is Needed to Cure It, publié le 1er avril 2020.

Traduit par Maya pour Mondialisation.ca

Image en vedette : pixabay.com

 

 

Peter Koenig est économiste et analyste géopolitique. Il est également spécialiste des ressources en eau et de l’environnement. Il a travaillé pendant plus de 30 ans à la Banque mondiale et à l’Organisation mondiale de la santé dans le monde entier dans les domaines de l’environnement et de l’eau. Il donne des conférences dans des universités aux États-Unis, en Europe et en Amérique du Sud. Il écrit régulièrement pour Global Research, ICH, RT, Sputnik, PressTV, The 21st Century, Greanville Post, Defend Democracy Press, TeleSUR, The Saker Blog, le New Eastern Outlook (NEO) et d’autres sites Internet. Il est l’auteur de Implosion – Un thriller économique sur la guerre, la destruction de l’environnement et la cupidité des entreprises https://www.amazon.com/Implosion-Economic-Environmental-Destruction-Corporate/dp/059545349X -une fiction basée sur des faits et sur 30 ans d’expérience de la Banque mondiale dans le monde entier. Il est également co-auteur de The World Order and Revolution ! – Essais de la Résistance https://www.amazon.com/World-Order-Revolution-Essays-Resistance/dp/6027005874. Il est associé de recherche au Centre de recherche sur la mondialisation.

 

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SYRIE: Lettre au Monde

avril 4th, 2020 by Michel Raimbaud

Mme Noomah Ali, journaliste à la télévision syrienne, vient d’écrire, « de la part de tous les Syriens », une lettre dans laquelle elle interpelle « le Monde »… Vous en trouverez ci-après le texte dans une traduction libre, mais qui se veut fidèle.

En tant que Syriens, avec vous nous faisons face au coronavirus….Mais, savez-vous que depuis 2011 nous affrontons seuls tous ces pays puissants qui marchent aux côtés de l’Amérique…Il faut ajouter, et c’est une grosse affaire, qu’un petit virus invisible à l’œil nu nous oblige à rester confiné à la maison, nous interdit de sortir, de travailler, nous obligeant à mettre en veilleuse notre volonté de vivre. Et cela alors qu’il y a toutes ces attaques terroristes, ces organisations takfiristes, de Da’esh à « Al Nosra » et « Ahrar Al Sham », de Machin et Truc &Cie et tout le bataclan, avec tout le sinistre bilan de leur terrorisme, de leur traîtrise : ils ont massacré, coupé les têtes, dévoré les cœurs des soldats de l’armée syrienne, fait rôtir les têtes, écorché vif…. Ils ont organisé le commerce d’organes, pris les femmes en captivité, vendu des êtres humains sur les marchés aux esclaves, pratiqué le nettoyage confessionnel, cultivé le mensonge, l’hypocrisie, réduisant à presque rien les fondamentaux à respecter : des coupures d’électricité aux pénuries de carburant, jusqu’à l’incendie des récoltes de blé et l’abattage des oliviers. Mais l’Etat syrien n’a pas décrété de couvre-feu, n’a pas décidé de fermer les marchés, n’a pas cherché à instiller la crainte dans les esprits par précaution ou pour mettre en garde. Peuple pacifique, nous n’avons pas eu peur et notre détermination n’a pas faibli….Bien au contraire nous avons fait face, dans la solitude, en silence et avec fierté ; chez nous, les martyrs en cohortes sont plus nombreux que les victimes du coronavirus. Malgré tout cela, ô toi, ce Monde que j’interpelle, tes paupières n’ont pas cillé…

J’ai de la compassion pour l’Italie, j’ai de la compassion pour l’Espagne, mais est-ce que les peuples de ces pays ont eu de la compassion pour la peur qui est mienne, le froid dont je souffre, la maladie qui me frappe, moi Syrien, citoyen d’un pays qui est encore en guerre… J’ai de la compassion pour les Américains, mais est-ce que les Américains ont la moindre compassion pour moi, citoyenne syrienne assiégée économiquement et réduit à la pauvreté que l’on sait, tandis que l’Amérique tire bénéfice des sanctions économiques sans cesse alourdies qui nous sont imposées à nous les Syriens, alors que lever ces sanctions nous permettrait au moins de résorber les pénuries dans le secteur sanitaire. Peut-être pourrions-nous vaincre ce virus américain ???

Je compatis avec tout être humain, pour la simple raison que je suis syrienne. Pour moi, le message délivré il y a des millénaires par Baal le dieu syrien, loin d’être superficiel, était destiné à rester pour l’éternité (« Brise ton sabre, prends ta pioche et suis-moi afin que nous semions l’amour et la paix au centre de la terre. Tu es syrien et la Syrie est le centre de la terre »). Et nous à l’heure qu’il est, dans cette confrontation mondiale, nous souhaitons la paix au monde entier. Nous affrontons ce virus avec courage, le même courage qui nous a permis d’affronter celui qui est accusé de l’avoir créé (l’Amérique). Et j’aimerais ajouter ceci : au moment où les Européens, les Américains et les Arabes du Golfe se retrouvent en confinement forcé, ils doivent remarquer que l’électricité ne leur est pas coupée, qu’ils ont du pain et qu’ils disposent de tous les aliments essentiels au renforcement de leur appareil immunitaire. Ils ne manqueront pas de noter également que moi-même, en tant que citoyenne syrienne, je ne dispose pas de toutes ces choses simples dont ils bénéficient dans leur lieu d’isolement sanitaire. Et ce n’est pas tout, car j’ai aussi un frère, ou un père ou un mari « au front », combattant les groupes terroristes que les pays précités soutiennent. Et en raison du confinement, du couvre-feu et des mesures de précaution, ce combattant si cher à notre cœur ne peut plus, même lors de ses « permissions », retrouver les siens, sa mère ou son fils…

Mon mot de la fin, soyez humains, levez les sanctions pour tous les pays et mettez fin à toutes vos guerres contre tous les pays. Cessez de fabriquer des armes et tournez-vous vers l’humanité, car la condition humaine est la plus belle et la plus pure des conditions que l’on puisse trouver sur terre. Assez de sang versé !!

Noomah Ali, journaliste syrienne

***

Je ne connais pas Noomah Ali, mais son texte m’a profondément touché. Car ce n’est pas seulement un cri du cœur, c’est également un rappel à la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, sans fard et sans exagération, loin des prudences diplomatiques, des mensonges médiatiques, des artifices politiques et des pirouettes intellectuelles.

On ne saurait reprocher à une journaliste syrienne travaillant à Damas de rappeler que son pays fait face depuis 2011 à une guerre sauvage organisée par l’Amérique et ses alliés, dénoncés sans ambages. Si elle n’en rappelle pas le bilan effrayant — pas moins de 400°000 morts, environ deux millions de blessés, estropiés et handicapés, et une bonne douzaine de millions de réfugiés ou déplacés – son énumération des crimes commis est impressionnante et édifiante. Elle ne fait pourtant que rappeler la stricte vérité, si bien occultée par les hypocrites, et sa dénonciation des criminels devrait rafraîchir les mémoires qui flanchent.

Capture d’écran. Source : AFP, 45enord.ca

Oui, le coronavirus est un fléau inquiétant qui fait déjà bien des dégâts, et n’a pas fini d’en faire. Mais, quel que soit son impact en Syrie, où il a fait son apparition, il n’effacera pas les immenses malheurs d’une guerre entrée dans sa dixième année, même s’il tend à les occulter, comme c’est déjà le cas – et plus que jamais par ces temps coronariens – dans le paysage médiatique de nos rivages, amnésique après avoir été envahi si longtemps par le mensonge et le déni de justice.

Qui donnerait tort à Madame Noomah de mettre en lumière le deux poids deux mesures systématique qu’affectionnent les professionnels de la compassion, une compassion à sens unique puisque les malheurs de l’Occident sont les seuls à être universels. Son appel vibrant à l’Amérique et à ses alliés pour que soient levées « les sanctions contre tous les pays » et qu’il soit mis un terme à toutes les guerres, devrait trouver un écho chez les hommes et femmes de bonne volonté, pour qui le virus de la guerre est au moins aussi dévastateur que celui des pandémies.

Oubliée du côté de chez nous, la guerre des sanctions menée contre la Syrie (ou d’autres pays) par l’Amérique et ses laquais est une guerre invisible, excellent prétexte pour n’en pas voir le bout. Elle n’est pas moins impitoyable que l’affrontement militaire qui, selon toute vraisemblance, tire à sa fin. Elle est illégale, infâme, criminelle. C’est une insulte à l’humanité du monde. Elle doit cesser immédiatement et sans délai et sans conditions. Il restera encore aux agresseurs à s’occuper de leurs affaires, ne serait-ce que de cette pandémie mystérieuse qui sème le chaos au sein du désordre et le trouble dans toutes les certitudes.

Michel Raimbaud, le 3 avril 2020

Image en vedette : Enfant syrien, pixabay.com

Maintenant que nous avons presque tous été contraints, dans le monde entier, de subir ce que l’on pourrait facilement définir comme une assignation à résidence, nous avons tout à coup tout le temps de lire des livres, de regarder de grands films et d’écouter de la musique splendide.

Beaucoup d’entre nous, depuis des années, le répètent tristement encore et encore : « si seulement nous avions le temps… »

Maintenant, nous en avons – beaucoup de temps. Le monde s’est arrêté. Quelque chose de terrible est en train de se produire, quelque chose que nous n’avons jamais voulu. Nous le sentons, nous sommes terrifiés, mais nous ne savons pas précisément ce que c’est. Pas maintenant, pas encore.

La fiction est devenue réalité. Albert Camus et sa Peste. José Saramago et son Aveuglement.

Nous ne savions pas vraiment qu’une telle chose pouvait se produire ; même ceux d’entre nous qui ont une confiance quasi nulle dans la sagesse de la civilisation occidentale.

Aujourd’hui, je lis à nouveau le même argument qui me donne des frissons, chaque fois qu’il est répété. Et il se répète, maintenant régulièrement, au moins en Europe. Là-bas, le fascisme est clairement de retour. Luboš Motl, un physicien théorique tchèque, qui a été professeur assistant à l’Université de Harvard de 2004 à 2007 :

« Et ils pensent que les structures qui leur permettent de survivre – les gouvernements, les banques, etc. – sont « mauvaises ». Certains sont tout simplement ignorants sur le plan financier. Mais d’autres savent ce qu’ils disent et se réjouissent d’exiger que des billions soient sacrifiés afin d’augmenter infiniment la probabilité qu’une personne de 90 ans évite l’infection et vive un peu plus longtemps. Ils n’acceptent pas du tout leur dépendance vis-à-vis de la société et du système. Ils ne réalisent pas que leurs valeurs morales, leurs « droits de l’homme », ne sont disponibles que s’ils sont financés par des sociétés prospères ».

Un médecin… mon Dieu ! Une « société prospère » signifie, évidemment, une société capitaliste, occidentale. Impérialisme, néocolonialisme ! Pour des gens comme lui, il est clair que toutes les vies humaines ne sont pas égales. La « valeur » dépend de l’âge, et peut-être de la race.

Cela a toujours été comme ça, en Occident, mais au moins c’était caché, d’une manière ou d’une autre. Maintenant, c’est au grand jour. Et je tremble. Non par peur, mais par dégoût. Je ne veux absolument pas vivre dans le « monde de Motl ».

***

Mais revenons au sujet principal de cet essai.

Nous disposons enfin de ce fameux temps pour lire, pour regarder des films et pour écouter de la musique. Involontairement, mais nous avons quand même du temps. Nous avons aussi beaucoup de temps pour réfléchir, réfléchir, réfléchir.

Le grand écrivain uruguayen, aujourd’hui malade, une icône de la gauche, Eduardo Galeano, m’a dit un jour, dans son café Brazilero préféré à Montevideo :

« Pour être un grand écrivain, il faut d’abord être un grand auditeur ».

Je dois ajouter : Et un grand lecteur, observateur.

Vous ne pouvez produire de grands livres, films et essais qu’après avoir écouté des milliers de personnes parler ; des gens riches et pauvres, brillants et insensés. Et après avoir lu des centaines de livres, et regardé des centaines d’excellents films.

Il est impossible de changer le monde pour le mieux, après avoir seulement consommé la pop et le porno pas chers.

Ma mère russe/chinoise, peintre et architecte, me l’a toujours dit, depuis que je suis enfant :

« Même si tu finis par être un peintre abstrait, tu ne peux pas tricher sur l’essentiel : tu dois d’abord apprendre à dessiner un visage, un corps humain. Il faut connaître les classiques, la philosophie… Ce n’est qu’alors que l’on peut laisser libre cours à sa fantaisie ».

Maintenant, avec l’ère répugnante du COVID-19, nous sommes tous punis.

Il est temps de rattraper ce que nous avons négligé, en termes d’apports intellectuels.

Nous sommes assis sur nos canapés, nous ouvrons nos ordinateurs portables, prêts à télécharger de grands films et de la musique, et… et… rien !

***

Allez sur Netflix et essayez de commander quelque chose de très basique, comme des films appartenant au brillant cinéma japonais de la nouvelle manière. Essayez de regarder le dernier et incroyable film contemporain iranien, ou quelques merveilleux chefs-d’œuvre tchèques comme « Sur le toit », ou « Femme terroriste » (« Teroristka », en tchèque).

Vous n’y parviendrez pas.

Allez sur Apple TV, et vous rencontrerez le même résultat, « presque rien ».

Bien sûr, vous pouvez toujours regarder d’excellents films internationaux si vous prenez l’avion pour les Émirats ou Air France, mais n’oubliez pas, vous ne pouvez pas prendre l’avion !

Dans la panique, vous vous précipitez sur YouTube, pour découvrir que si vous parlez russe, tchèque, espagnol ou chinois, vous pouvez regarder les meilleurs films de ces pays, la plupart du temps gratuitement, mais seulement dans leur langue originale, sans sous-titres. Mais si vous voulez les partager avec vos amis et les membres de votre famille, qui dépendent de l’anglais, vous ne trouverez que des bandes-annonces et de courts extraits.

Combien de langues mes lecteurs parlent-ils ? J’en comprends 8, au plus 9. Mais, je ne peux pas regarder de films en vietnamien, en chinois, en farsi. Ils ont tous d’excellents réalisateurs.

Des pays comme la Russie et la Chine mettent tous leurs films classiques à disposition, et pour tous, ici même, en ligne. Mais les censeurs américains et britanniques et les distributeurs avides s’assurent que vous ne pourrez jamais les regarder gratuitement, ou même contre rémunération, en anglais ou avec des sous-titres anglais.

Vous êtes censé regarder les conneries d’Hollywood et les sitcoms stupides de la BBC. Vous n’aimez pas ça ? Pas de chance !

À un moment donné, vous commencez à chercher frénétiquement différents moyens de mettre la main sur les œuvres d’art importantes.

Beaucoup, après plusieurs jours de vaines tentatives et recherches, abandonnent tout simplement et commencent à regarder toutes les merdes disponibles.

Pendant des années et des décennies, tel un castor, j’ai accumulé des DVD et des CD, provenant du monde entier. À l’heure actuelle, j’ai quelque 800 CD, entre l’Asie et l’Amérique Latine, et des centaines de DVD, même des VHS.

Il y a une raison à cela – et j’ai toujours su qu’il y en aurait une. Je n’ai pas confiance dans le régime.

Je n’ai jamais compté sur les formats électroniques des films et de la musique, ni sur le stockage de mes affaires dans un « nuage » et sur des clés, ni sur l’espoir que ce que je veux serait toujours disponible sur Amazon, YouTube, Netflix, Apple TV et d’autres entreprises brutales.

En ce moment, mes prédictions se sont réalisées : vous ne pouvez même pas regarder « La Dolce Vita » de Fellini sur Apple TV ! Ou alors, oubliez les meilleurs films de Pasolini, les premiers films (de réalisme socialiste) de Kurosawa, la Nouvelle Vague de Shanghai des années 1930, ou la plupart des chefs-d’œuvre de Tarkovsky.

Oui, j’ai accumulé une énorme bibliothèque de films et de musique, dans tous les formats.

Je le répète : je ne fais tout simplement pas confiance au régime occidental.

Surtout maintenant, alors que rendre la population mondiale de plus en plus bête, de plus en plus complaisante, devient, me semble-t-il, le principal objectif des apparatchiks occidentaux.

Vous vous souvenez quand ils ont créé ces « zones » pour les DVD ? C’était le début. Notre planète était fragmentée, au nom du commerce et de la protection des droits d’auteur. Mais en fait, la raison était absolument claire : les gens n’étaient pas censés se comprendre. Ils n’étaient pas censés comprendre directement comment les autres voyaient le monde. Seuls les « hubs » comme Londres, New York ou Paris étaient autorisés à décider et à pré-mâcher, comment la partie conquise de l’humanité pouvait interagir, intellectuellement, culturellement et idéologiquement.

***

Les livres ; oh oui, les livres !

Ils n’ont pas encore commencé à brûler des livres, comme ils l’ont fait dans le roman de Ray Bradbury « Fahrenheit 451 ». Je le répète, pas encore.

Mais le système a fait en sorte que les livres qui remettent en question le système, même légèrement, ne soient pratiquement pas mis à la disposition du public.

Il va sans dire que je me suis assuré de pouvoir compter sur deux énormes bibliothèques personnelles, en Asie et en Amérique Latine.

Vous vous souvenez qu’ils vous ont dit à quel point l’impression de livres en papier était « non écologique » ? C’est drôle, on ne vous a jamais dit à quel point les comprimés, les ordinateurs et les téléphones portables sont toxiques. Ce qu’on ne vous a jamais dit non plus, c’est que si vous commencez à vous fier entièrement aux livres électroniques, le robinet peut être fermé, à tout moment, et en faisant ce que vous faites, vous serez exclu de l’information.

En Asie et en Amérique du Sud, j’ai accumulé des milliers de livres essentiels (et pas si essentiels). Et je suis fier d’être le coéditeur d’une petite mais vigoureuse maison d’édition, Badak Merah (« Rhino Rouge »). Et je n’ai jamais accepté de publier aucun des miens, plus de 20 livres en 35 langues jusqu’à présent, par voie électronique, avant qu’ils ne soient d’abord imprimés sur papier.

De nos jours, paradoxalement, à moins de vivre à Londres ou à Paris, à New York, mais aussi à Moscou, à Pékin ou à La Havane, il y a de fortes chances que vous n’obteniez pas les livres de votre choix dans ces énormes chaînes de librairies, du moins au premier essai.

Vous serez bombardé dès votre entrée dans le magasin, de junk, pop, et de trucs de bien-être, jusqu’à ce qu’ils vous distraient de tous les sujets sérieux et essentiels.

En fait, je ne suis même pas sûr qu’en Occident, de nos jours, il soit possible de construire une grande bibliothèque personnelle, à partir de rien, désormais !

***

Pourtant, il est presque impossible d’analyser les « urgences » (réelles et « injectées ») comme le coronavirus, sans consulter les philosophes et les romanciers mentionnés ci-dessus, comme Saramago, Camus et Bradbury.

Il serait très utile de comprendre les philosophes chinois et russes pour comprendre pourquoi ces deux pays ont combattu le virus avec tant de succès et aident maintenant des dizaines de nations dans le monde entier, même celles qui les tourmentent depuis des années et des décennies. La lecture et la compréhension des penseurs révolutionnaires et internationalistes cubains permettraient également de faire la lumière sur la situation actuelle.

Mais il y a des chances que vous ne puissiez pas faire tout cela.

Oui, les robinets se ferment, et les Occidentaux ressemblent de plus en plus à des zombies, ou plus précisément à l’État Islamique.

La plupart du temps, ils ne peuvent pas mettre la main sur des livres importants qui leur permettraient de réfléchir, d’analyser et de comprendre. Mais la plupart du temps, les gens n’ont même plus envie de lire, de regarder et d’écouter des choses qui les aideraient à comprendre ce qui se passe autour d’eux.

Au lieu d’écouter les êtres humains sur tous les continents, les individus, en particulier ceux qui vivent en Occident, n’entendent surtout parler que d’eux-mêmes. Il s’agit d’une sorte d’interaction « à la manière d’un égoïste » avec le monde.

Les individus qui vivent dans ce genre de sphère, apprennent à prendre des ordres simples, à réagir sans trop réfléchir, et surtout à obéir.

En attendant, l’effondrement intellectuel est proche ; ou il est déjà là.

Aujourd’hui, les gens comme moi se rendent compte qu’ils ne sont plus autorisés à lire, à regarder et à écouter ce qu’ils veulent. Mais au moins, nous avons déjà beaucoup écouté, avant. Et nous avons une grande quantité de livres, de films, de musique.

Nous continuons à écrire sur ce qui se passe.

Mais bientôt, peut-être très bientôt, la grande majorité des individus, cesseront même de s’inquiéter sur ces sujets. Ils accepteront tout simplement : se taire et accepter, et lire, regarder et écouter ce qui leur est imposé. Ou, pour utiliser une nouvelle terminologie, ils se mettront en quarantaine, intellectuellement.

Si un tel scénario se produit, il ne sera plus pertinent de savoir si le COVID-19 ou une autre épidémie détruit notre race humaine. Car ce ne serait plus une race humaine.

C’est pourquoi, à l’heure actuelle, nous devons défendre chaque être humain, chaque vie, qu’il soit malade ou en bonne santé, même si la personne a 90 ou 100 ans. Et nous devons défendre les grands livres, les films et la musique, parce qu’ils contiennent notre savoir, notre humanité, ainsi que la clé de notre survie.

Andre Vltchek

 

 

Article original en anglais :

COVID-19 and, We Are Not Allowed to Watch, Listen and Read What We Want, Anymore

Traduit par Réseau International

Image en vedette : La quarantaine, pixabay.com

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La Chine déploie la Route de la Soie de la Santé

avril 3rd, 2020 by Pepe Escobar

Lorsque le Président Xi Jinping a téléphoné à la mi-mars au Premier Ministre italien Giuseppe Conti, avant l’arrivée d’un vol de la Chine orientale de Shanghai à Milan rempli d’aide médicale, l’élément décisif a été la promesse chinoise de développer une Route de la Soie de la Santé (Jiankang Sichou Zhilu).

En fait, cet engagement était déjà inscrit dans le programme de l’Initiative « Ceinture et Route » depuis au moins 2017, dans le cadre d’une connectivité sanitaire pan-européenne renforcée. La pandémie n’a fait qu’accélérer le calendrier. La Route de la Soie de la Santé sera parallèle aux multiples corridors terrestres de la Route de la Soie et de la Route Maritime de la Soie.

Dans une démonstration graphique de puissance douce, la Chine a jusqu’à présent offert des équipements pour lutter contre le Covid-19 et une aide médicale à pas moins de 89 nations – et ce n’est pas fini.

Cela couvre l’Afrique (en particulier l’Afrique du Sud, la Namibie et le Kenya, Alibaba annonçant qu’elle enverra de l’aide à toutes les nations africaines), l’Amérique Latine (Brésil, Argentine, Venezuela, Pérou), l’arc de l’Asie de l’Est à l’Asie du Sud-Ouest et l’Europe.

Les principaux bénéficiaires en Europe sont l’Italie, la France, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Serbie et la Pologne. Mais l’Italie, surtout, est un cas très particulier. La plupart des contributions sont des dons. Les autres sont des transactions, comme les millions de masques vendus à la France (et aux États-Unis).

Il y a moins d’un an, l’Italie est devenue la première nation du G-7 à signer un protocole d’accord pour rejoindre officiellement la Ceinture et Route – au grand dam de Washington et de la galaxie atlantique à Bruxelles et au-delà.

Au début de cette année, en Sicile, j’ai discuté en détail de ces subtilités avec Enrico Fardella, Professeur d’Histoire à l’Université de Pékin et expert des relations entre la Chine et la Méditerranée.

L’Italie est soutenue sur une multitude de fronts, non seulement au plus haut niveau politique, mais aussi par la Croix-Rouge chinoise, des associations sino-italiennes, des entreprises chinoises de technologie/logistique et des dons d’Alibaba, Huawei, ZTE et Lenovo. Trois équipes médicales chinoises se trouvent actuellement en Italie.

Tout cela s’inscrit dans le cadre plus large du projet Ceinture et Route, qui prévoit des investissements à Gênes et à Trieste, deux ports clés et des futurs nœuds de la Ceinture et Route.

Cette offensive chinoise de puissance douce est soigneusement calibrée pour compenser la paralysie actuelle des chaînes d’approvisionnement mondiales. La Chine fait maintenant des heures supplémentaires pour approvisionner de nombreuses régions du monde en médicaments et matériel de santé connexe – toujours en gardant à l’esprit le cadre de la Ceinture et Route, mettant ainsi l’accent sur la mondialisation 2.0.

Cela montre bien l’interconnectivité des nations qui ont un besoin urgent de développement et d’infrastructures, ainsi que la nécessité de disposer de bons systèmes et pratiques de santé.

Et cela prépare le terrain pour, lorsque le Covid-19 sera plus ou moins apprivoisé et que l’économie chinoise sera complètement rétablie, le redémarrage de la Ceinture et Route : une tendance historique inexorable basée sur un nouveau modèle économique que Pékin juge plus équitable, et dans l’intérêt du Sud global.

Le « mensonge chinois »

Une Route de la Soie de la Santé est déjà en vigueur quand on voit la Chine, la Russie – et Cuba avec son système de santé de premier ordre – envoyer des équipes de médecins et de virologues ainsi que des avions avec du matériel médical en Italie, et la Chine envoyer des médicaments, des kits de tests et des fournitures à l’Iran illégalement sanctionné.

La Chine a immédiatement compris l’enjeu en voyant le Covid-19 ravager de nombreux points essentiels du célèbre Made in Italy. Avec son offre de fabrication qualifiée et moins chère, la Chine avait d’abord attiré les principales maisons de couture italiennes à externaliser leur production en Chine, et surtout à Wuhan.

La connectivité – qui existe depuis des décennies – fonctionne dans les deux sens. Les investisseurs chinois ont commencé à arriver dans le nord de l’Italie au début des années 1990. Ils ont acheté une série d’usines, les ont rénovées, ont créé leurs propres marques Made in Italy et ont fait venir des dizaines de milliers de couturières chinoises qualifiées pour travailler dans ces usines.

Il existe de nombreux vols directs de Wuhan à la Lombardie – pour desservir au moins 300 000 Chinois qui se sont installés en permanence en Italie pour travailler dans les usines chinoises produisant du Made in Italy.

Il n’est donc pas étonnant que le Docteur Giuseppe Remuzzi, Directeur de l’Institut de Pharmacologie Mario Negri à Milan, soit devenu une superstar en Chine.  Dans une interview qui a fait le tour du monde, Remuzzi parle de ses découvertes explosives lors de conversations avec des médecins généralistes en Lombardie.

Voici le Dr Remuzzi, à 16h19 :

« Savez-vous ce qui s’est passé ? Certains médecins de famille, qui disposent des meilleures antennes sur le territoire, du moins les plus compétentes et les plus attentives, m’ont dit récemment qu’ils voyaient des cas graves de pneumonie, que nous n’avions jamais vus les autres années.

Ces cas de pneumonie n’avaient rien à voir avec une pneumonie grippale typique, c’était des pneumonies interstitielles, il fallait faire un scanner, une radiographie [pour les diagnostiquer], et cela a été vu en octobre, novembre, décembre. Ce virus circule donc depuis longtemps ».

C’était en effet en parallèle ou même avant les premiers cas de coronavirus à Wuhan à la mi-novembre. Il a déjà été scientifiquement établi que les souches de virus à Wuhan et en Lombardie sont différentes. La question de savoir laquelle est arrivée la première et d’où elle vient reste un sujet de débat incendiaire.

Inévitablement, la Route de la Soie de la Santé devrait être rejetée par la bande des Atlantistes comme un stratagème de désinformation exploitant la pandémie pour « déstabiliser » et affaiblir l’Europe. C’est le récit promu par EUvsDisinfo, une ONG dont le personnel adore s’en prendre à la Russie et la Chine pour gagner sa vie.

Pour la bureaucratie bruxelloise, la Route de la Soie de la Santé ne vise donc pas à sauver des vies, mais à « déstabiliser » l’UE et à améliorer l’image de Xi Jinping sur le plan national après que la Chine ait menti, menti et encore menti sur l’étendue et la gravité du coronavirus. Il se trouve que c’est exactement la même histoire racontée par l’administration Trump, les médias corporatifs américains et les services de renseignements américains.

Est-ce que cela a de l’importance ? Pas pour ces 89 nations qui reçoivent une aide et un équipement dont elles ont grand besoin. Les chiens de la diabolisation aboient au passage de la caravane de la Route de la Soie de la Santé.

Pepe Escobar

 

 

Article original en anglais :

China Rolls Out the Health Silk Road

L’article en anglais a été initialement publié par Asia Times.

Traduit par Réseau International

Image en vedette : Des médecins chinois avec des masques de protection déployés à l’étranger. Photo : Facebook

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Les États-Unis ont été en guerre presque continuellement depuis la fondation de la nation en 1783. Certaines de ces guerres n’ont pas été déclarées, comme l’éradication séculaire des Indiens d’Amérique, tandis que d’autres – les guerres mexicaine et hispano-américaine – ont été glorifiées en incluant les noms des pays vaincus par la machine de guerre de Washington. La guerre la plus sanglante de l’Amérique porte en fait plusieurs noms, la Guerre de Sécession, ou Guerre Entre les États, Guerre de la Rébellion ou Guerre d’Agression du Nord, ce qui permet de choisir en fonction de ses propres préférences politiques.

Plus récemment, les guerres de Corée et du Vietnam ont été nommées de façon simple, alors que les conflits actuels en Syrie, en Irak et en Afghanistan n’ont pas vraiment de noms. En fait, il est devenu politiquement incorrect de nommer une guerre d’après un groupe ethnique ou un pays comme à l’ancienne. Le manque de ce genre de guerres a été quelque peu compensé par une augmentation du nombre de guerres métaphoriques pour inclure une guerre contre la drogue, une guerre contre la pauvreté et une guerre contre le terrorisme. Aujourd’hui, les Américains sont confrontés à ce que l’on pourrait un jour appeler la Guerre contre le Coronavirus. Le Président Donald J. Trump s’est déjà déclaré « président de temps de guerre » et il se prépare à actionner la pompe de l’économie avec 2,2 billions de dollars, dont une grande partie ira aux profiteurs salivants qui font déjà la queue ainsi qu’aux entreprises avides qui feront de leur mieux pour utiliser l’argent afin d’augmenter leur valeur pour les actionnaires potentiels.

Ces 2,2 billions de dollars représentent beaucoup plus que le coût de la Guerre du Vietnam en dollars d’aujourd’hui (1 billion de dollars), bien qu’ils soient loin des 5 à 7 billions de dollars empruntés que l’engagement de 20 ans en Afghanistan et en Irak a coûté. Mais pour ceux qui ne se soucient que d’être numéro un, Trump a promis des tranches supplémentaires de plus de billions, ce qui signifie que la Guerre contre le Coronavirus pourrait bien finir par être le conflit le plus coûteux de l’histoire américaine. De plus, ce n’est là que le coût direct pour le gouvernement fédéral, les juridictions des États et des collectivités locales dépensant également des milliards. Le coronavirus aura également un impact dévastateur sur l’économie et menace en fait de causer des dommages directs à des communautés entières et même à des États, ce qui ne s’est pas produit aux États-Unis depuis la Guerre Civile. Et, bien sûr, l’argent que la Maison Blanche finit par dépenser est entièrement emprunté et devra un jour être remboursé.

En plus du résultat final, il y a déjà des signes de l’autre contribution américaine à la guerre, qui est « l’échec du renseignement ». Dans un article récent du magazine Foreign Policy, le collaborateur Micah Zenko déclare que « le coronavirus est la pire défaillance du renseignement dans l’histoire des États-Unis : C’est plus flagrant que Pearl Harbor et le 11 septembre ». Il observe également que « tout est de la faute du leadership de Donald Trump ».

L’argument de Zenko est essentiellement que les agences de renseignement ont fait part d’informations provenant de sources médicales en Chine qui laissaient entendre que des virus étaient en train de se développer et pourraient provoquer une pandémie, mais les politiciens, et plus particulièrement ceux de la Maison Blanche, ont choisi de ne rien faire. Il écrit que

« …l’administration Trump a cumulativement échoué, à la fois en prenant au sérieux les avertissements spécifiques et répétés de la communauté du renseignement concernant une épidémie de coronavirus et en poursuivant vigoureusement les initiatives de réponse à l’échelle nationale proportionnelles à la menace prévue. Le gouvernement fédéral est le seul à disposer des ressources et des pouvoirs nécessaires pour amener les acteurs publics et privés concernés à faire face aux dommages prévisibles causés par le virus. Malheureusement, les officiels de Trump ont émis une série de jugements (minimisant les dangers du COVID-19) et pris des décisions (refusant d’agir avec l’urgence requise) qui ont inutilement emmené les Américains à se sentir moins en sécurité ».

L’article cite des preuves que la communauté du renseignement collectait des informations inquiétantes sur le développement possible d’agents pathogènes en Chine et préparait, dès janvier, des rapports analytiques qui détaillent ce qui se passait tout en donnant un aperçu de la dévastation que pourrait entraîner la prolifération mondiale d’un virus hautement contagieux et potentiellement mortel. On peut imaginer que les responsables des renseignements en ont parlé, mais qu’ils ont été ignorés par la Maison Blanche qui, selon Zenko, a agi avec « une indifférence sans précédent, voire une négligence délibérée ».

Trump a répondu aux avertissements de la manière qui lui est propre en louant ses propres efforts et en balayant les « fausses nouvelles ». Le 22 janvier, il a déclaré que « nous avons le virus totalement sous contrôle. Il arrive de Chine, et nous l’avons sous contrôle. Tout va bien se passer ». La perception de Trump selon laquelle le coronavirus ne constituait pas une menace réelle a malheureusement façonné la réponse du gouvernement, alors que les hauts responsables politiques se sont empressés d’aligner leurs positions sur le virus avec celle du Président. La décision initiale de rejeter les conseils donnés par les responsables de la santé du gouvernement est venue de Trump et a été renforcée par la menace de licenciement de ceux qui ne suivaient pas la ligne. Le Dr Anthony Fauci, Directeur de l’Institut National des Allergies et des Maladies Infectieuses, a récemment été particulièrement visé parce qu’il a contredit à plusieurs reprises les informations erronées promues par le Président.

Il est certain que Donald Trump n’est pas le premier Président à être en désaccord avec ses chefs des services de renseignement, et il a certainement de bonnes raisons de se méfier de tout ce qui provient de la CIA et qui pourrait tomber sur son bureau. Il est notoire que Bill Clinton n’avait presque rien à voir avec son propre Directeur d’Agence James Woolsey, les deux ne se rencontrant qu’une fois en deux ans. Mais malgré toutes ses fautes, Clinton a fait en sorte que son personnel examine et réagisse aux rapports et analyses de la communauté du renseignement, ce qui semble manquer à l’administration actuelle.

George W. Bush, un ami de la communauté du renseignement, a également tâtonné comme Trump dans l’incapacité de son administration à anticiper le 11 septembre en dépit du fait que pour les analystes de Langley, « l’alerte virait au rouge » quant à la possibilité d’une attaque terroriste utilisant des avions détournés. Cependant, l’échec de Bush a consisté en une incapacité systémique à partager l’information et à relier les points plutôt qu’en un manque de volonté à répondre aux renseignements.

Zenko conclut en disant :

« Le détachement et la nonchalance de la Maison Blanche pendant les premières phases de l’épidémie de coronavirus seront parmi les décisions les plus coûteuses de toute présidence moderne. Ces responsables politiques ont été informés suffisamment à l’avance avec de nets avertissements que le pays aurait pu être mieux préparé. Mais il ne faut jamais oublier la façon dont ils ont perdu du temps, ni la raison pour laquelle ils l’ont perdu : Trump avait tort au départ, et son entourage a donc promu cette fausseté de manière rhétorique et avec des politiques inadéquates pendant bien trop longtemps, et même aujourd’hui. Les Américains vont maintenant en payer le prix pendant des décennies ».

Ainsi, un gouvernement fédéral déjà lourdement endetté va maintenant s’enfoncer encore plus profondément dans un trou budgétaire, peut-être au-delà de tout redressement réel. Et nous savons maintenant que la communauté du renseignement a lancé de nombreux avertissements sur ce qui pourrait arriver, mais ces informations ont été délibérément ignorées. Le 24 janvier, les membres de la Commission Sénatoriale du Renseignement ont assisté à une séance d’information classifiée sur le coronavirus. Les Sénateurs ont été tellement convaincus par ce qu’ils ont entendu qu’un certain nombre d’entre eux ont procédé à la vente d’actions vulnérables sur le marché boursier avant que celui-ci ne commence sa chute précipitée lorsque la menace posée par le coronavirus est devenue une histoire trop importante pour être cachée. Certains ont interprété la vente, qui a impliqué des Sénateurs démocrates et républicains, comme un délit d’initié, ce qui est un crime. Le fait que les trois principaux Sénateurs républicains impliqués aient été trop intimidés par la Maison Blanche pour aller voir le Président et lui dire qu’il fallait faire quelque chose est révélateur, tout comme le fait qu’ils aient agi en secret pour se protéger.

Philip Giraldi

 

 

Article original en anglais : Another Expensive War, Another Intelligence Failure?, Strategic Culture Foundation, le 2 avril 2020.

Traduit par Réseau International

En Inde, le confinement peut tuer

avril 3rd, 2020 by Maïka Sondarjee

Au Québec, en France et dans le reste du monde occidental, la seule manière d’éviter l’hécatombe est de rester confiné chez soi. Le premier ministre indien, Narendra Modi, a imposé la même mesure le 24 mars dernier au 1,3 milliard d’habitants de l’Inde. Bien qu’elle puisse ralentir la propagation de la COVID-19 dans le monde, cette décision causera des milliers de décès en Inde.

En Inde, 90 % de l’économie est informelle. Une grande proportion de la force de travail indienne vit donc de revenus journaliers, notamment en conduisant des taxis (rickshaws), en roulant des cigarettes (bidis), ou en œuvrant à la réfection des rues bondées. Beaucoup de ceux et celles qui sont aujourd’hui interdits de rassemblement par l’État policier indien se retrouvent soudainement sans revenus pour nourrir leur famille. Pour des millions de personnes, il ne s’agit pas de ne pas savoir comment payer son loyer le mois prochain, mais de comment acheter du riz dans deux jours.

Un reportage de la BBC raconte l’histoire de Ramesh Kumar, un travailleur journalier de la construction dans l’État de l’Uttar Pradesh, qui continue de se poster quotidiennement à l’endroit habituel même si personne ne l’engage : « Je gagne 600 roupies par jour [environ 8 $] et j’ai cinq personnes à nourrir. Nous allons manquer de nourriture dans quelques jours. Je sais qu’il y a un risque de coronavirus, mais je ne peux pas me résoudre à voir mes enfants avoir faim. » Alors que beaucoup de riches indiens considèrent le confinement comme une vacance forcée, il affecte les plus vulnérables de manière disproportionnée.

Faire face à la police

Pour ceux et celles qui travaillent de manière migrante, le confinement et l’arrêt des transports collectifs signifient qu’ils devront entreprendre un long voyage à pied, le ventre vide, vers leur village natal. Cela représente parfois plusieurs jours de marche durant lesquels ils devront se cacher des forces de l’ordre.

Plusieurs témoins partagent déjà des vidéos de policiers indiens qui battent ou humilient ceux et celles qui ne respectent pas les règles d’isolement. Dans la ville de Banipur, la femme de Lal Swami, 32 ans, affirme que ce dernier est décédé après avoir été tabassé par la police pour être sorti acheter du lait. C’est ce qui arrive dans un État qui n’a pas une ingénierie sociale aussi autoritaire que la Chine, mais qui tente d’imposer des règles aussi strictes.

De plus, en Inde comme dans beaucoup de pays du Sud global, plusieurs foyers n’ont pas de frigidaires pour entreposer des denrées alimentaires longtemps d’avance. La sporadicité de l’électricité dans certaines régions rendrait d’ailleurs ces appareils caducs. Doublé au manque de moyens, beaucoup de familles n’ont pas assez pour se nourrir durant les trois semaines que durera le confinement.

Proximité en confinement

Contrairement au confinement en Occident, qui nous éloigne les uns des autres, en Inde confinement peut vouloir dire plus de proximité. Dans certaines villes comme Delhi, il y aura un entassement inévitable dans des logements d’une pièce ou deux, avec plusieurs membres de famille entassés les uns sur les autres, dans des immeubles parfois insalubres. Il est inquiétant d’imaginer les conséquences sur la santé publique dans le pays ayant la plus haute incidence de tuberculose.

De plus, beaucoup de maisons n’ont pas de toilettes, ni à l’intérieur ni à l’extérieur. Des milliers d’Indiennes et d’Indiens profitent de leurs allées et venues pour faire leurs besoins à l’extérieur. Le confinement aura des effets graves sur la propagation de maladies, la multiplication de vermines, et les problèmes de santé liés au fait de se retenir d’aller faire ses besoins, surtout pour les Indiennes. Pendant ce temps, les gens s’arrachent du papier de toilette au Costco.

Les épidémiologistes peinent à calculer les effets du confinement à long terme. Certains avancent que le gouvernement aurait dû privilégier la mitigation plutôt que la militarisation du pays pour forcer le confinement. L’Organisation mondiale de la santé suggère d’augmenter radicalement les tests, l’Inde diagnostiquant en ce moment environ 18 personnes par million d’habitants. Dans tous les cas, l’universalisation des solutions occidentales comme le confinement obligatoire aura des effets désastreux sur certaines couches de la population.

Bien sûr, le choix politique de Modi est utilitariste : combien de vies puis-je sacrifier pour en sauver le double, le triple ou le quadruple ? C’est toutefois un choix politique qui vise certaines personnes et pas d’autres. Et si les gens qui allaient mourir étaient des propriétaires d’entreprises, des brahmanes ou des personnes blanches… le choix aurait-il été le même ?

Les vies en Inde et ailleurs dans le Sud global doivent être comptabilisées dans notre compréhension des impératifs de sortie de crise. Lorsque cette crise tirera à sa fin, le décompte des décès liés au coronavirus devra inclure ces milliers d’êtres humains qui mourront sans faire de bruit.

Maïka Sondarjee

 

Image en vedette : Le coronavirus en Inde, le 10 mars 2020. Night Lantern (source :wikipedia.org)

Maïka Sondarjee : Chercheuse postdoctorale Banting, Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CERIUM)

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Aucun pays du monde ne sera épargné et chacun d’eux, sauf peut-être la Chine, la Corée du Sud et certains autres pays asiatiques, attend « l’explosion », c’est-à-dire le pic qu’atteindra le taux de mortalité dû à la COVID-19 (ou coronavirus), à partir duquel la courbe des nouvelles pertes de vie se mettra à redescendre. C’est alors que les dirigeants du monde devront décider quand se fera le retour à la normale dans la plupart des sociétés, même si le virus continuera d’être parmi nous pour bien des mois à venir. Les mesures de précaution, les normes sanitaires élevées et la distanciation sociale vont demeurer, particulièrement parmi les personnes âgées et les plus affectées, mais l’économie devra reprendre son cours normal tôt ou tard, malgré le grand nombre de morts.

Le 10 mars, le président chinois Xi Jinping s’est rendu à Wuhan, dans la province du Hubei, là où le coronavirus est apparu, pour déclarer qu’« un premier succès a été obtenu pour stabiliser la situation et renverser la tendance dans le Hubei et à Wuhan ». Le président chinois n’a pas dit que le virus était éliminé, mais que la COVID-19 était maîtrisée. La Chine a accepté ses pertes et sera en mesure de répondre aux nouveaux cas, en n’ayant plus à répondre à un déferlement de cas graves emmenés d’urgence dans les hôpitaux pour se faire soigner par un personnel médical débordé.

Les dirigeants européens auront à prendre une décision semblable entre le mois de mai (pour les entreprises les plus cruciales économiquement) et le mois de juin (pour toutes les autres). Tout dépendra du moment où les pays atteindront le niveau explosif d’infection au coronavirus, qui entamera alors une courbe descendante marquée par un nombre de victimes par jour se comptant par dizaines plutôt que par milliers ou par centaines, comme c’est le cas aujourd’hui aux USA et en Europe.

Les gouvernements ne peuvent se permettre de causer des dommages irréparables à leurs économies et devront lancer un appel au retour à la productivité. La population ne pourra rester confinée à la maison pendant toutes ces périodes de quarantaines de deux semaines qui se renouvelleront continuellement tant que le nombre de victimes n’aura pas fléchi.

Les pertes de revenus pour les familles et les particuliers se chiffreraient entre 860 milliards et 3,4 billions de dollars dans le monde. Les pertes de l’industrie touristique seraient de l’ordre de 30 à 60 milliards de dollars. Les pertes touchant le commerce des biens et services s’élèveront à 320 milliards de dollars par trimestre de perturbation commerciale.

Cette pandémie a pris par surprise bien des gens qui touchent des revenus d’appoint et qui ont peu d’économies. Les sociétés seront heureuses de reprendre le travail, même en présence de la COVID-19 avec laquelle ils apprendront à vivre. La raison est toute simple : aucun médicament ne sera disponible avant la fin de 2020. Par conséquent, il devient inutile d’imposer une quarantaine indéfinie qui durera jusqu’à ce que l’on trouve une solution au coronavirus, d’autant plus que la plupart des scientifiques estiment qu’entre 80 et 85 % de la population pourraient être infectés par la COVID-19, mais en étant asymptomatiques ou en présentant seulement de légers symptômes. Le système immunitaire de ces gens est capable de combattre le virus et ils peuvent redevenir productifs dans leurs sociétés respectives. Une fois que le nombre de nouveaux cas diminuera après le tsunami de cas emmenés d’urgence dans les hôpitaux, le personnel médical sera en mesure d’offrir le soutien médical aux personnes nouvellement infectées.

Les jeunes, les personnes âgées et les personnes ayant des problèmes de santé sérieux (obésité, problèmes cardiaques, taux de cholestérol élevé, infections pulmonaires, hypertension artérielle et système immunitaire déficient) seront encore appelés à limiter leurs mouvements. Leurs familles et leurs amis seront aussi invités à prendre les précautions d’usage en les voyant afin d’éviter de leur transmettre le virus. Les gouvernements auront le temps de faire assez de tests pour l’ensemble de la population et d’améliorer leurs systèmes et leurs équipements médicaux afin d’éviter d’engorger les hôpitaux et d’épuiser le personnel médical (comme on l’observe aujourd’hui dans bien des pays parvenus au pic de l’infection).

L’apprentissage à distance et le télétravail prendront de l’expansion. Il est fort probable que le monde soit exposé à d’autres virus ou au retour de la COVID-19 avant qu’un antidote ne soit trouvé. L’imposition de la quarantaine à l’apparition de chaque nouveau virus signifierait que la population passerait des années entières confinées à la maison. L’économie ne s’en remettrait jamais.

Pendant la propagation de la pandémie, les gens voient bien que leurs proches meurent, ou pourraient mourir, et qu’on ne peut faire grand-chose pour éliminer ce virus inconnu. De plus, par crainte pour leur propre vie, les gens sont forcés d’admettre que leur système de santé national a failli, même dans les sociétés occidentales les plus avancées (Europe, Canada, Australie et États-Unis) et sur tous les continents. La population se voit confrontée à la possibilité de ne pas pouvoir assister aux funérailles et à la mise en terre de leurs proches, par crainte pour leur propre vie. Quant au président Trump, il trouve que la perte de 200 000 vies américaines due au coronavirus démontrerait que son administration a fait « du bon travail » pour endiguer la pandémie.

Une fois que la tempête s’apaisera, les gens se poseront des questions sur la performance de leurs dirigeants et leur incapacité à planifier le scénario du pire. Les sociétés mettront en doute les raisons fournies pendant l’explosion de la pandémie pour expliquer pourquoi il n’y a pas eu suffisamment de tests pour tout le monde afin d’empêcher rapidement la détérioration de tous les cas individuels. Il est vrai qu’aucun pays n’était préparé à affronter le tsunami que représentaient les milliers de personnes au système immunitaire affaibli emmenés d’urgence dans les hôpitaux simultanément. En outre, aucun hôpital au monde n’avait suffisamment de lits à la disposition de dizaines de milliers de cas. Il manquait aussi de respirateurs pour répondre à un si grand nombre et sauver des vies.

Il a fallu accepter ces lacunes au moment de l’éclosion du virus. Cependant, bien des dirigeants devront être tenus responsables et même tomber une fois la panique dissipée. Il est inacceptable que les pays développés, qui dépensent des centaines de milliards de dollars de l’argent de leurs contribuables dans des guerres et l’envoi de forces militaires à l’étranger, n’arrivent pas à équiper, maintenir et dynamiser leurs propres systèmes de santé nationaux. Cette « stratégie économique » les rend responsables de la mort de milliers de personnes.

L’on ne s’attend pas à ce que l’Europe demeure divisée, mais le virus a créé des dommages collatéraux. Des pays membres de l’UE en tirent une grande leçon, comme l’Italie, qui ne peut plus voir la Chine et la Russie comme des ennemis. En cas de nécessité, ces pays, tout comme Cuba, se sont empressés d’aider Rome, même si le gouvernement italien a imposé des sanctions contre Moscou. La « nation la plus puissante du monde » que sont les USA, n’a pas rempli son rôle et n’a pas répondu aux besoins de ses prétendus alliés sur le continent européen jusqu’à une date très avancée. La France et l’Allemagne ont attendu de nombreuses semaines avant d’aider l’Italie, le pays le plus durement touché après la Chine, qui a été laissée à elle-même sous l’œil de la tempête alors qu’elle était dans le plus grand besoin. Le président italien Sergio Mattarella a demandé à l’UE de se comporter autrement avant que l’irréparable ne frappe l’institution européenne, qui a laissé l’Italie seule à affronter l’explosion de la pandémie.

La Chine et la Russie ressortent gagnantes de la crise. Même si quelques Italiens seulement se sont filmés à ériger le drapeau chinois et à mettre en berne le drapeau de l’UE, la Chine ne veut pas se substituer à l’hégémonie des USA, mais plutôt à devenir un partenaire stratégique. Tout comme la Chine, la Russie cherche à gagner le cœur de la population et n’a apparemment pas de politique de domination comparable à celle des USA. Le Kremlin a offert son aide (100 virologues et des tonnes d’équipements médicaux ont été offerts à l’Italie) sans condition et Rome n’a pas été pressé de lever ses sanctions.

En revanche, les USA ont non seulement refusé d’aider l’Europe dans les premières semaines suivant l’éclosion de coronavirus, mais ils ont également mis à prix la tête du président vénézuélien Maduro (15M$) et menacé de faire la guerre aux forces de sécurité irakiennes du Kataeb Hezbollah. Les USA n’éprouvent aucune compassion humaine envers leurs adversaires comme l’Iran, frappé de plein fouet par une pandémie. L’administration va-t-en-guerre des USA est incapable de changer et de montrer de la compassion envers d’autres êtres humains. Elle ne peut voir, comprendre et accepter le fait que l’ennemi frappe partout et qu’il ne fait aucune distinction entre les gens.

Un antidote à la COVID-19 n’arrivera pas rapidement. Mais il fait peu de doute que les gouvernements modifieront à l’avenir leur approche envers l’état de préparation médicale. Il est tout aussi certain qu’il y aura un remaniement d’alliances et que la domination mondiale ne sera plus la même quand les gouvernements reprendront le contrôle après la pandémie. Après la COVID-19, le monde ne sera plus le même qu’avant la COVID-19. Le virus continuera de vivre parmi nous, en attendant en silence dans les mois et les années à venir.

Elijah J. Magnier

 

Traduction de l’anglais par Daniel G.

 

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Une vingtaine de bombes nucléaires à gravité américaines seraient stationnées sur la base aérienne de Büchel, dans la région ouest-allemande de l’Eifel.

Prévues pour être actionnées par des soldats américains et transportées jusqu’à leur cible par des pilotes allemands, ces bombes font l’objet d’une grande controverse dans le pays, si bien que le Parlement allemand avait adopté par consensus en 2010 une résolution appelant au départ de ces armes.

Pourtant, celles-ci devraient faire l’objet d’une modernisation dans le courant de l’année, les modèles B-61-3 et B-61-4 étant replacés par le modèle B-61-12 doté d’un système de maniabilité qui le rend plus précis mais également particulièrement onéreux.

De nombreux militants pacifistes dénoncent le maintien d’un dispositif obsolète (le largage étant assuré par des avions Tornade allemands introduits dans les années 1980) pour une impression illusoire de collaboration avec les Américains, là où la coopération nucléaire n’a en réalité que peu de chances pour Berlin de faire valoir ses arguments stratégiques auprès de Washington.

Photo Picture Alliance/dpa/T.Frey

Lire l’article

Résumé par IDN – France

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Covid-19: Le porte-avions Theodore Rossevelt évacué

avril 3rd, 2020 by Olivier Renault

A la fin du mois de mars, le commandant du navire de guerre nucléaire USS Theodore Roosevelt a appelé à l’aide pour évacuer son navire à cause du Covid-19. Le Pentagone a été choqué et mis en colère par cet appel de détresse.

L’armée américaine à l’image des productions hollywoodiennes est constituée de soldats immortels et des plus solides au monde. L’appel au secours du commandant révèle les limites des forces américaines face à une crise comme celle du Covid-19. Plus largement, les armées du camp de l’Otan sont touchées par l’épidémie et leurs soldats vivent dans la peur d’être tués par le virus comme du bétail.

L’armée est bien connue comme ne jamais publier sur ses morts. L’armée est un domaine secret car il ne faut pas informer l’ennemi de ces capacités ou surtout de ses faiblesses. Mais, les Etats liés à l’Otan étant déjà non préparés à la crise sanitaire pour les civils, les militaires, eux aussi, sont directement touchés par cette mauvaise organisation et par le manque de professionnalisme  des élites actuelles qui dirigent ces pays et qui considèrent les civils et les soldats comme des pions.

L’exemple du porte-avions américains  montre au monde la faiblesse de l’armée américaine et surtout l’état catastrophique de la situation sanitaire au sein de l’armée. Sans la lettre du capitaine du Theodore Roosevelt, Brett Crozier, envoyée à ses supérieurs  et qui a fuité dans les média et parmi les familles des militaires, le nombre des marins américains contaminés n’auraient jamais été dévoilés au public. Sur quatre pages, l’officier supérieur a détaillé la situation catastrophique du navire sur lequel 4.800 marins servent. Tout a débuté avec des cas isolés au Covid-19 au mois de mars. Après seulement une semaine, 93 soldats ont été contaminés. Le  San Francisco Chronicle a révélé que 200 marins ont été rapidement contaminés car une quarantaine de 14 jours conformément aux instructions du Center for the Control and Prevention of Diseases of the U.S.Navy est impossible à réaliser. «Les marins ne doivent pas mourir. Nous ne nous battons pas», a écrit pathétiquement le capitaine qui avait participé activement à l’opération militaire Desert Storm en Irak, ainsi qu’au bombardement de la Yougoslavie par les forces de l’Otan.

OP = Orote Point ; MS = Middle Shoals ; AR = Anchor Reef. Apra Harbor est le seul port naturel de Guam

Sur l’insistance du capitaine, un millier de soldats du Theodore Roosevelt avaient déjà débarqué sur l’île de Guam située dans l’océan Pacifique qui depuis 1950 a le statut de territoire autonome des États-Unis  et où se trouve la base navale américaine d’Apra Harbour.  Mark Esper, le chef du Pentagone, a déclaré que ces mesures étaient tout à fait suffisantes tout en envoyant des médicaments, des tests, du matériel médical et des soignants sur le porte-avions. Mais dès le 1 avril,  John Aquilino,  le commandement de la flotte du Pacifique,  a décidé d’évacuer 2.700 marins et  de laisser par la mise en place de rotations  10 % de l’équipage  sur le navire car, comme le commandant de la flotte du Pacifique, l’explique: «il a des armes, des munitions, des avions coûteux et aussi un réacteur nucléaire. Nous ne pouvons pas et ne retirerons pas tout le monde» et «le navire amarré subira un traitement sanitaire complet» .

Mais la base de Guam ne peut pas accepter un contingent militaire aussi important. La gouverneure de Guam, Lou Leon Guerrero, a déjà accepté de placer des soldats et des officiers dans des hôtels locaux dont les tests au COVID-19 ont donné un résultat négatif. Cependant, leurs déplacements autour de l’île seront strictement limités. La nouvelle a déjà provoqué le mécontentement des résidents locaux dont l’activité touristique a déjà souffert d’une épidémie.

John Aquilino, a, en effet, noté que le Chronicle est le journal de la ville natale du capitaine du porte-avions. Même si le commandant de la flotte du Pacifique ne savait pas si celui-ci avait été directement à l’origine de cette fuite, ce dernier a été relevé des ses fonctions, comme l’indique The Hill pour avoir envoyé la lettre à des dizaines de personnes . «Je ne doute pas que le capitaine Crozier ait fait ce qu’il pensait être dans le meilleur intérêt de la sécurité et du bien-être de son équipage. Malheureusement, il a fait le contraire», a ajouté John Aquilino, en affirmant qu’il a paniqué et diffusé cette panique à travers les familles des marins du navire et que les adversaires des Etats-Unis ont été informés sur la capacité militaire désastreuse du porte-avions.

Olivier Renault

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Ancien pharmacien, Serge Rader est auteur de plusieurs études sur les médicaments est l’invité d’André Bercoff sur Sud Radio

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Alfred de Zayas a été secrétaire du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, directeur du bureau des requêtes au Haut Commissariat des Droits de l’Homme de l’ONU, et expert indépendant auprès des Nations Unis pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable. C’est un avocat et professeur universitaire reconnu pour la rigueur de son travail.

Dans cette interview exclusive, Mr De Zayas revient sur les avancées et les limites du système de protection des droits de l’Homme de l’ONU et analyse pour nous les « mesures coercitives unilatérales » -les sanctions économique et le blocus financier- que les États-Unis et leurs alliés déploient contre certains pays afin de renverser leurs gouvernants (Russie, Iran, Venezuela, Cuba,…).

Ils n’hésitent pas à les qualifier de « crimes contre l’Humanité ». Alfred de Zayas revient aussi sur le rapport qu’il a écrit en 2018 pour le compte de l’ONU sur la situation économique et sociale au Venezuela. Au rebours des ONG, des médias, et des politiciens, il a été le premier à mettre en lumière la barbarie des sanctions états-uniennes contre ce pays. Connaissant son honnêteté et son perfectionnisme méthodologique, certaines multinationales de l’humanitaire ont essayé de le dissuader de faire son travail pour les Nations Unies.

Comme Alfred De Zayas a persévéré dans son travail, il a été harcelé et menacé par ces ONG et complètement abandonné à son sort par le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU. Ce témoignage est une incursion exceptionnelle dans le monde de la gestion politique des Droits de l’Homme. Nous vous invitions à partager cette vidéo avec tous vos contacts, afin de débattre de cette situation. Faites la circuler !

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Une polémique fait rage actuellement au sujet des traitements à la chloroquine et à l’hydroxychloroquine pour traiter le nouveau coronavirus.

Didier Raoult, le plus grand expert mondial des maladies infectieuses transmissibles, a traité 4000 patients à l’hydroxychloroquine durant les 30 dernières années. Il estime que ce traitement est sécuritaire, peu coûteux, «curatif et potentiellement préventif contre le coronavirus».

Le directeur de l’IHU Méditérranée-Infection explique que ce nouveau coronavirus était «le 4e coronavirus testé pour la chloroquine». Deux d’entre eux sont des coronavirus humains «qui circulent beaucoup en France et sont très communs». Le troisième est le SRAS.

Tous ces coronavirus peuvent être traités à la chloroquine.

Il explique dans la vidéo ci-dessous qu’il est logique d’utiliser ce traitement puisque «la concentration dont on a besoin pour empêcher la culture du virus au laboratoire est une concentration que l’on peut atteindre avec les doses que nous utilisons pour le traitement des malades».

Il ajoute que les Chinois ont décidé d’essayer la chloroquine dès que son efficacité a été démontrée dans une étude publiée en février car «ce sont des médicaments dont on connaît la sécurité [et] le dosage parce qu’ils sont extrêmement utilisés».

Mais peut-on faire confiance aux Chinois ? À cette question, Didier Raoult répond ceci :

«C’est insultant comme question […] Si c’était une maladie purement américaine, qu’il n’y ait que les Américains qui aient soigné cette maladie et que le Centers for Disease Control ou le président des États-Unis vous dise écoutez maintenant il faut traiter ces malades avec ça, personne ne discuterait ça.

Que des gens qui n’ont jamais traité une infection à coronavirus aient une opinion sur les gens qui ont 20 essais en cours et pour lesquels les éléments ont été suffisants pour que le gouvernement et tous les experts chinois – les experts chinois sont des experts qui connaissent le coronavirus, pas que sur le papier, c’est leur métier – prennent une position officielle en disant maintenant il faut traiter avec de la chloroquine les infections à coronavirus, c’est déraisonnable de dire “écouter, les Chinois on s’en fiche!”

Pour l’instant comme il n’y a pas d’autre alternative qui soit crédible, entre donner un médicament qui a été testé par les gens qui ont le plus de connaissances au monde sur une maladie et essayer une nouvelle molécule […], il faut revenir à une réflexion basique qui n’est pas une réunion d’opinion. [F]actuellement, qu’est-ce que vous avez qui vous permet de dire que le gouvernement chinois et tous les scientifiques chinois […] se trompent ?»

Pour répondre à cette question demeurée sans réponse, osons suggérer l’Argent avec un grand A. Serait-il à l’origine de la méfiance envers les Chinois et la chloroquine ?

Money talks.

Et quand l’argent parle, Goldman Sachs écoute.

Donc qui de mieux pour nous informer à ce sujet que cette pieuvre de la finance «ayant orchestré toutes les grandes manipulations financières depuis la Grande Dépression» selon le journaliste Matt Taibbi du Rolling Stones.

Cette icône tristement célèbre de la finance ne se cache même pas pour le dire : guérir les malades n’est pas un modèle d’affaires durable.

C’est ce que rapportait CNBC en avril 2018 :

«“Guérir les patients est-il un modèle d’affaires durable ?” demandent les analystes [de Goldman Sachs] dans un rapport du 10 avril intitulé La révolution du génome. “La possibilité de fournir des ‘remèdes ponctuels’ est l’un des aspects les plus attrayants de la thérapie génique, de la thérapie cellulaire et de la modification génétique. Cependant, par rapport aux traitements chroniques, ces traitements ponctuels offrent une perspective très différente en ce qui a trait aux revenus récurrents”, a écrit l’analyste Salveen Richter dans la note aux clients mardi. “Bien que cette proposition ait une valeur énorme pour les patients et la société, elle pourrait représenter un défi pour les développeurs de médicaments génomiques à la recherche d’un flux de trésorerie durable.”»

En d’autres termes, on ne fait pas fortune à guérir des malades.

CNBC ajoute :

«L’analyste a fait référence au traitement de Gilead Sciences contre l’hépatite C, lequel a atteint un taux de guérison au-delà de 90 %. Les ventes de ces traitements contre l’hépatite C aux États-Unis ont atteint un sommet de 12,5 milliards de dollars en 2015, mais elles sont en baisse depuis. Goldman estime que les ventes aux États-Unis pour ces traitements seront inférieures à 4 milliards de dollars cette année, selon un tableau dans le rapport.»

Bref, la guérison est l’ennemie du cash-flow des pharmaceutiques.

gilead_coronavirusLe hasard faisant bien les choses, la crise sanitaire provoquée par le nouveau coronavirus, permet à la biotech étasunienne Gilead Sciences de «donner une seconde chance à un médicament», le Remdesivir, lequel «présentait constamment des signes de potentiel dans les cellules et les animaux infectés par d’autres coronavirus comme le SRAS et le MERS», selon STAT, un média spécialisé dans le «commerce de la fabrication de médicaments». «Ces microbes ne provoquaient toutefois pas decrises mondiales durables», précise-t-on. (C’est l’auteure qui souligne.)

Le Remdesivir fait maintenant l’objet de cinq essais cliniques aux États-Unis.* Précisons que cette molécule n’a pas démontré de fort potentiel pour contrer des coronavirus comme la COVID-19. L’on parle de «signes de potentiel». Peu encourageant.

En revanche, les résultats des traitements ponctuels à l’hydroxychloroquine et à l’azithromycine offerts aux patients contre la COVID-19 sont «spectaculaires» selon Didier Raoult et son équipe, donc loin devant «les signes de potentiel» connus du Remdesivir contre d’autres coronavirus comme le SRAS.

La chloroquine, rappelons-le, est efficace contre le SRAS.

Et elle «ne coûte absolument rien», affirme Didier Raoult.

Pourtant – ou évidemment, c’est selon – les investisseurs s’emballent pour le Remdesivir.

Selon le magazine Forbes, «les actions de Gilead ont connu une hausse de 10 % depuis le début de février, après que l’OMS a déclaré l’urgence sanitaire mondiale» et la compagnie «est susceptible de profiter de cette crise puisque l’on considère qu’elle a trouvé un traitement contre la COVID-19».

En somme, beaucoup d’espoir et d’argent sont mis dans un traitement ayant démontré des «signes de potentiels» contre d’autres coronavirus et dont il faut attendre les résultats d’essais cliniques, alors qu’un traitement efficace existe déjà.

Devant l’urgence, ne faudrait-il pas d’abord miser sur un traitement qui a fait ses preuves avant de le faire pour un traitement toujours à l’essai ? La Presse annonçaitil y a 3 jours que « des patients seront privés de chloroquine » en raison d’une pénurie.

Il est intéressant de noter que l’on présente la chloroquine et l’hydroxychloroquine comme faisant «l’objet de spéculations comme possibles médicaments efficaces contre l’infection au coronavirus».

Lorsque le plus grand expert mondial dans ce domaine affirme que ces médicaments sont efficaces, on est loin de la spéculation. Sans compter qu’il a vraisemblablement connu du succès dans le pays le plus populeux au monde.

Pendant que l’on attend un nouveau remède, de plus en plus de gens tombent malades.

Plus il y a de malades, plus il y a de l’argent à faire.

Et les vaccins dans tout ça ?

Vous l’aurez deviné, comme de nombreuses autres sociétés, Gilead tente également de développer un vaccin contre la COVID-19. Il est clair que la vaccination à l’échelle mondiale contre ce coronavirus serait très lucrative. Il s’agit d’un traitement potentiellement chronique pouvant générer des «revenus récurrents».

Toujours selon Forbes :

«Si [Gilead] réussit ses essais sur le Remdesivir pour le traitement et un éventuel vaccin contre la COVID-19, cela sera probablement un facteur positif majeur pour les actions de la société.

Pour mettre les choses en perspective, le marché de la vaccination contre la grippe représente à lui seul environ 4 milliards de dollars, et compte tenu de l’importance de la COVID-19, les ventes de vaccins pourraient être beaucoup plus importantes. Certains analystes ont estimé à plus de 6 milliards de dollars les ventes de Remdesivir la première année, s’il arrive à traiter la COVID-19 avec succès. Ce chiffre se comparerait aux 22 milliards de dollars que Gilead a générés en 2019.»

Ces chiffres ont de quoi donner confiance à Goldman Sachs et susciter une méfiance orchestrée envers les Chinois et leur médecine traditionnelle non durable «qui ne coûte absolument rien».

Julie Lévesque

 

Note

*Curieusement, STAT annonçait le 19 mars dernier que Gilead «recrute actuellement 1000 patients en Chine ayant reçu un diagnostic de coronavirus afin de déterminer si de multiples doses de Remdesivir peuvent inverser l’infection. Les principaux objectifs sont de réduire la fièvre et d’aider les patients à sortir de l’hôpital en deux semaines». Difficile de comprendre pourquoi ils ne testent pas leur médicament aux États-Unis, où l’épidémie se propage à une vitesse folle et où le nombre de malades a largement dépassé celui de la Chine, si l’on se fie aux données officielles.

Soulignons que le médicament a échoué dans une étude sur l’Ebola et est administré par intraveineuse.

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La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, avec son président, Renaud Muselier, déclare que les Américains auraient surenchéri et payé cash sur le tarmac d’un aéroport chinois.

Comme d’autres régions de France, la Région Provences-Alpes-Côtes d’Azur, a commandé quatre millions de masques pour faire face à la pandémie du Covid-19. Ces masques doivent être distribués avant tout aux professionnels de santé.  Le 22 mars, Renaud Muselier, justifiait dans un communiqué qu’il est essentiel que la Région Sud soit présente pour préserver nos personnels soignants qui se dévouent et tous ceux qui contribuent aux activités essentielles de la Nation.

«Sur le tarmac en Chine, une commande française de masques a été rachetée par les américains en cash  et l’avion qui devait reprendre le vol pour la  France est parti aux États-Unis», a déploré ce mercredi, Renaud Muselier.

«Devant ces problèmes-là, je suis en train de sécuriser la marchandise de façon à ce qu’elle ne soit pas achetée par d’autres sur le tarmac», a expliqué le président de la région PACA qui est également président de l’Association des régions de France.

Contacté par le journal Libération Renaud Muselier n’a pas souhaité en dire plus mais le journal a bel et bien eu confirmation des faits auprès de l’entourage d’autres présidents de Région.

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Il y a près d’un mois, nous avions conclu notre premier article traitant de la pandémie mondiale du COVID-19, en déclarant qu’avec les recettes lamentables adoptées par l’Occident dans sa pseudo-guerre contre le COVID-19, il ne faisait « aucun doute » que le coronavirus circulerait « bientôt largement dans nombre de pays impérialistes en déclin », que les malades ne se compteraient « peut-être bientôt plus en dizaines de milliers, mais en millions, avec un scandale sanitaire combiné à une crise économique, politique et sociale à la clef » et qu’on s’apercevrait « alors de l’exemplarité et de l’intelligence de la bourgeoisie chinoise autant que de l’incompétence criminelle de la nôtre… »

Au cours de la seule journée du 28 mars ont été recensés 19 452 nouveaux patients infectés et 525 décès aux USA, portant le total à 123 578 cas et 2 221 décès, sans oublier 2 666 patients dans un état critique. Au cours des derniers jours, depuis que les USA ont officiellement conquis la première place mondiale, la mortalité quotidienne n’a cessé d’augmenter. La même conclusion vaut pour le Royaume-Uni qui a vu 2 546 nouveaux cas être recensés et 260 décès le 28 mars. Deux jours auparavant, il n’avait recensé « que » 115 décès. Au cours de la seule journée du 31 mars ont été recensés 24 744 nouveaux patients infectés et 865 décès aux USA, portant le total à 188 530 cas et 4 053 décès, sans oublier 4 576 patients dans un état critique. Quant au Royaume-Uni, il a recensé au cours de cette seule même journée 3 009 nouveaux patients infectés et 381 décès, portant le total à 25 150 cas. 

La situation ne s’est pas arrangée le jour suivant, le 1er avril 2020, journée au cours de laquelle ont été recensés 26 473 nouveaux patients infectés et 1 049 décès aux USA, portant le total à 215 300 cas recensés et 5 108 décès, sans oublier 5 005 patients dans un état critique. Quant au Royaume-Uni, il a recensé au cours de cette seule même journée 4 324 nouveaux patients infectés et 563 décès, portant le total à 29 474 cas. Depuis le 27 mars, le nombre de patients dans un état critique n’a pas évolué et ne se monte officiellement qu’à 163… Quelle performance !…

Alors que la barre du million de cas recensés dans le Monde sera dépassée ce jeudi 2 avril, les élites atlantistes commencent à s’inquiéter sérieusement, non seulement des répercussion économiques cataclysmiques  ̶  le Secrétaire général de l’ONU ayant déclaré mardi dernier que la pandémie actuelle aura « un impact économique qui entraînera une récession qui n’a probablement pas d’équivalent dans le passé récent»  ̶ , mais également de ses répercussions sociales (le nombre de New-Yorkais affluant dans les Banques alimentaires a déjà presque triplé !) et politiques. En effet, la crise sanitaire qui sévit chez eux et ses multiples répercussions n’en sont qu’à leur tout début, et cela alors même que la Chine a complètement enrayé la pandémie sur son sol, rétabli son économie et vole désormais, de concert avec la Russie et Cuba, au secours du Monde entier… 

Rien qu’en ce qui concerne la France, ce sont aujourd’hui autour de quarante millions de masques fabriqués en Chine qui sont livrés chaque semaine par des avions cargo russes Antonov 124 jusqu’à la fin du mois d’avril, afin de satisfaire les seuls besoins des personnels soignants. Ce sont pas moins de 18 livraisons qui sont prévues pour cette période. La première livraison a été effectuée le 30 mars.

Il faut dire que les derniers jours ont vu la situation sanitaire de l’impérialisme français continuer à se dégrader : les deux derniers jours ont ainsi vu les hôpitaux déclarer quotidiennement en moyenne plus de 6 200 nouveaux cas et plus de 500 décès ! En dépit de son absence de véritable politique de dépistage, la France compte aujourd’hui près de 57 000 cas recensés pour plus de 4 000 décès et 6 000 patients dans un état critique ! Et tout cela, toujours sans même compter les décès dans les EHPAD et à domicile… A titre de comparaison, du 22 janvier au 22 février, c’est-à-dire durant la période où elle a contenu puis anéanti la pandémie, la Chine a enregistré en moyenne quotidiennement autour de 2 500 nouveaux cas et jamais plus de 150 décès

Et il ne faudra certainement pas compter sur l’arrivée de l’été pour endiguer la progression de la pandémie actuelle : des chercheurs de l’Université de Hong Kong viennent en effet de démontrer que le virus était détruit à une température de… 70°C pendant 5 minutes !

Notons au passage que la gestion de crise calamiteuse des élites atlantistes promet malgré tout d’être moins meurtrière que celle du gouvernement indien, dont l’incompétence infinie est en train d’ajouter à la crise sanitaire, une crise alimentaire et un brutal exode rural de millions de travailleurs migrants qui promettent d’être meurtriers.

Dans ces conditions, il était aussi inévitable que naturel de voir nos politiciens (et les mass-merdias à leur solde) accuser la Chine d’avoir menti sur ses chiffres, avec pour seule « preuve » des files de chinois venant récupérer les urnes funéraires à la levée de la quarantaine… Mais il n’y a pas eu que le COVID-19 qui a tué au cours des trois derniers mois à Wuhan… Il y a inévitablement eu des morts naturelles, et dans une métropole de 11 millions d’habitants, cela chiffre vite en milliers sur une période de trois mois… Le taux de mortalité annuel moyen de la Chine est de 7 ‰. Rapportés à la population de Wuhan, la mortalité naturelle se chiffre ainsi à plus de 19 000 décès sur trois mois…

Alors que Washington a déjà recensé plus de 215 000 cas sur son sol pour plus de 5 100 décès, soit bien davantage de morts qu’en Chine, « un rapport confidentiel remis à la Maison Blanche » « estime que le nombre de morts et de cas de contamination affichés par Pékin sont faux, intentionnellement en-deçà de la réalité ». A cela, nous ne pouvons rétorquer que ceci : étant elle-même pourrie jusqu’à l’os, car n’ayant cessé de cacher à ses propres citoyens l’ampleur réelle de la pandémie sur le sol américain en classifiant les délibérations des réunions de crise sur le COVID-19 depuis la mi-janvier, l’administration US s’imagine que le Monde entier est comme elle ! 

La diplomatie chinoise n’a évidemment pas tardé à répondre à ces commentaires Atlantistes, les jugeant « indécents » et réaffirmant que la Chine « avait été totalement transparente au sujet des conséquences de l’épidémie de coronavirus qui a émergé en décembre dans la province de Hubei », invitant enfin les autorités américaines « à cesser de politiser une question de santé publique et à davantage se préoccuper de la sécurité de leurs concitoyens ».

De notre point de vue, il est évident que c’est la Chine qui est dans le vrai et nous n’avons aucune raison de douter de ses chiffres. La bourgeoisie chinoise est disciplinée et intelligente (elle a assimilé certains outils d’analyse du marxisme). Ses représentants sont ingénieurs de formation, quand les nôtres sont soit des banquiers et des milliardaires reconvertis, soit des diplômés sortant de l’ENA ou de Sciences Po, écoles où ils ont juste appris l’art de la manipulation… 

Les élites chinoises suivent les mêmes objectifs de développement à long terme depuis 70 ans, et elles ont tout de suite considéré le COVID-19 comme une Guerre biologique et l’ont traité comme telle, sans aucun doute du fait de l’étonnante accumulation de ce type « d’incidents » enregistrée au cours des deux dernières années : 

« Juste pour information : Au cours des deux dernières années (pendant la guerre commerciale), la Chine a connu plusieurs pandémies » :

Le 15 février 2018 : grippe aviaire H7N4. Elle a rendu malade au moins 1 600 personnes en Chine et en a tué plus de 600. De nombreux poulets ont été tués. La Chine a dû acheter des volailles américaines.

Juin 2018 : Grippe aviaire H7N9. Beaucoup de poulets tués. La Chine a dû acheter des volailles américaines.

Août 2018 : épidémie de grippe porcine africaine. Même souche que la Russie, en provenance de Géorgie. Des millions de porcs tués. La Chine a dû acheter des porcins américains.

24 mai 2019 : infestation massive de Légionnaires d’automne (ou Noctuelles américaines du maïs) dans 14 régions de province en Chine, qui a détruit la plupart des cultures vivrières. S’est rapidement propagée à plus de 8 500 hectares de la production céréalière chinoise. Ces noctuelles produisent un nombre énorme d’œufs. La Chine a dû acheter des produits agricoles américains – maïs, soja.

Décembre 2019 : l’apparition du coronavirus met l’économie chinoise à l’arrêt.

Janvier 2020 : La Chine est frappée par une souche « hautement pathogène » de grippe aviaire dans la province du Hunan. Beaucoup de poulets sont morts, beaucoup d’autres ont dû être tués. La Chine a dû acheter des volailles américaines.

Selon l’adage, les coups du sort vont par trois, pas par six. »

Les autorités chinoises ont ainsi décidé rapidement de mettre en place un confinement total quand il est apparu que sinon, la situation deviendrait vite incontrôlable.

Alors que seule une quarantaine de cas avaient été recensés, les scientifiques chinois ont séquencé le génome du virus et l’ont partagé avec le monde entier. Et alors qu’ils avaient recensé à peine 500 cas, ils ont décidé de la mise en quarantaine totale de Wuhan, rapidement suivie d’autres métropoles totalisant 56 millions d’habitants ! Les masques ont été immédiatement rendus obligatoires et fournis, les écoles, les transports et les entreprises ont été mis à l’arrêt. 

Dans le même temps, les chinois ont mené des campagnes de dépistages massifs, avec la prise en charge systématique à l’hôpital de toute personne contaminée, le tout accompagné d’enquêtes sur ses contacts possibles, etc. Les chinois ont ainsi eu peu de cas et de morts, d’abord parce qu’ils ont détecté très précocement ce nouveau virus, puis ensuite parce qu’ils ont décidé rapidement des moyens appropriés pour le contenir. Enfin, ils ont mis les moyens financiers, matériels et humains : construction d’une dizaine de gros hôpitaux temporaires, envoi de 4 000 personnels médicaux en renfort dans le foyer épidémique principal, et enfin utilisé tout l’arsenal de traitements (chloroquine comprise)… Bref, tout le contraire de la plupart des politiques de pseudo-confinement adoptées tardivement par les élites Atlantistes !… En tout cas c’est le constat que font les virologues occidentaux honnêtes

Wuhan, février 2020 : Des moyens humains et matériels en conséquence… Et chez nous, aujourd’hui, en Occident ?!…

Les accusations atlantistes pitoyables à l’égard des chiffres chinois ne sont donc que fumisterie, d’autant plus quand on regarde la « gestion de crise » lamentable de nos gouvernements, gestion criminellement laxiste que le peuple va payer très cher dans les semaines et mois à venir… 

Si Washington et ses laquais accusent aujourd’hui les chinois d’avoir « sous-estimé » leurs chiffres, c’est  dans le seul but de masquer leur propre incompétence qui devient de plus en plus flagrante à mesure que le bilan humain s’alourdit ! 

La France a en effet déjà officiellement plus de morts (recensés) que la Chine, l’Italie en a déjà quatre fois plus, l’Espagne, trois fois plus, et ce soir, les USA en auront près du double ! Il y a aujourd’hui une véritable guerre de l’information, et nos médias ne sont pas du bon côté et craignent la confrontation des idées auxquelles ils collent l’étiquette de « fake news », fake news dont ils sont en réalité eux-mêmes les premiers producteurs. Les chinois sont indéniablement du côté de la vérité, et nos merdias du côté de la basse propagande à la « sauce Goebbels ». 

En outre, la paternité « chinoise » du virus est de plus en plus remise en cause au niveau international. Des études scientifiques en cours montrent qu’il s’agit bien d’un virus-chimère qui n’est directement issu ni de chauve-souris, ni de pangolins, et qu’il a de ce fait toutes les chances d’être issu d’un laboratoire biologique militaire américain. Que ce soit aux USA ou en France, c’est d’ores et déjà plus d’un quart de la population qui pense que le COVID-19 est issu de telles recherches ! 

Pour être clair, il n’y a plus guère que nos merdias, en Occident, qui se refusent encore à en parler sérieusement. En Russie, en Iran, à Taïwan et au Japon, ils en parlent déjà publiquement !

Le dernier pavé dans la mare a été lancé, peut-être involontairement, par l’Australie. Par la voix de son Premier Ministre, l’Australie a ainsi remarqué que « la plupart des cas importés de COVID-19 viennent des USA ». L’Australie met également en cause « le nombre de test insuffisant » conduits par les USA « qui semblent avoir beaucoup plus de cas infectés ces dernières semaines que ce qui a été annoncé »…. Encore une brèche supplémentaire qui s’ouvre dans la propagande atlantiste….

Les chiffres chinois ont indéniablement toutes les chances d’être bons, ou en tout cas les plus fiables, car ils ont vaincu la pandémie chez eux en quatre semaines ! Ils ont fait plus de 320 000 tests à Wuhan au cours des 20 premiers jours. 

Et nous, en France ? On ne teste presque pas (1 000-2 000 tests maximum par jour depuis le début du mois), et on attend que les gens contaminés arrivent, dans un état plus ou moins grave. Ensuite, on renvoie des gens contaminés chez eux (car jugés « peu graves ») faute de place à l’hôpital. En outre, malgré le confinement, il n’y a pas de vraie quarantaine (les entreprises non essentielles et transports en commun tournent encore…), et surtout pas de masques pour toute la population, etc… Les morts dans les EHPAD et à domicile ne sont même pas recensés. 

Et que dire du cas de Julie, jeune fille de 16 ans, morte récemment en France après avoir eu deux test faux-négatifs avant d’être testée positive une troisième fois ?! 

Cela en dit long sur la fiabilité de nos tests… 

Les « élites » d’Occident sont indéniablement en dessous de tout dans la gestion de la crise sanitaire actuelle, fût-elle majeure, alors elles accusent les autres (la Chine) d’avoir menti !…

Nos dirigeants, s’ils avaient pour réel souci la santé de leur propre peuple, devraient plutôt acheter des tests fiables à la Chine, à la Corée du Sud ou à l’Iran ! La Chine a en effet récemment présenté de nouveaux kits de détection d’acide nucléique du COVID-19. 

« Avec ce kit, il suffit de recueillir avec un écouvillon des échantillons de sécrétions de la bouche, de la gorge et autres du patient, et il peut détecter 6 types de virus respiratoires courants, y compris le nouveau coronavirus (2019-nCoV) en une seule fois en l’espace d’une heure et demie ».

L’Iran n’est pas en reste et vient également d’annoncer le début de la production de masse de sa deuxième génération de kits de dépistage du COVID-19, et ce avec une ironie mordante :

« Des kits de dépistage du coronavirus, offerts aux Américains par la Faculté de médecine des forces armées iranienne ». ©Aftab News

Les USA devraient selon nous étudier sérieusement la proposition iranienne dans la mesure où

« Le kit peut détecter la maladie de manière très précise en trois heures et peut fonctionner sur tous les génomes existant à travers le monde. Le kit était déjà prêt avant mars et même avant que la première maladie coronarienne ne soit diagnostiquée dans le pays. Depuis lors, il a passé les phases de recherches et a obtenu les licences nécessaires. Le kit est maintenant prêt à entrer dans la phase de production en masse et être fourni aux centres de santé. » (…) « Ce kit ne laisse rien à désirer comparés à ses équivalents étrangers et peut même s’exporter. » (…) Le ministère de la Défense s’est dit prêt à répondre pleinement aux besoins du ministère de la Santé et de l’Éducation médicale en la matière et est même prêt à l’exporter vers d’autres pays, y compris les USA ».

Alors que l’Iran est sous embargo américain et que ces derniers ont bloqué tous les avoirs étrangers iraniens, les empêchant même de s’en servir pour acheter du matériel pour lutter contre le coronavirus, l’Iran s’offre ainsi un remarquable pied de nez aux USA, en leur proposant leur aide   ̶  et [Dieu sait qu’] ils en ont besoin !  ̶,  pour mieux dépister leur propre population !

Quelle classe ces iraniens, même dans l’adversité et face aux criminels de la Maison Blanche !…

Pour ne rien arranger aux affaires de l’impérialisme américain, les signes de la dislocation imminente de sa sphère d’influence se multiplient à un rythme accéléré.

Les USA sont ainsi de plus en plus lâchés par ses alliés (notamment français) qui ont commencé à plier bagages en Irak, alors qu’eux-mêmes y ont déjà abandonné trois bases. 

Dans le même temps la résistance yéménite, non contente de remporter des succès militaires croissants sur son propre sol, commence même à cibler des objectifs sur le territoire saoudien, à commencer par ses infrastructures pétrolières qui ont été touchées le 29 mars par des attaques de drones-kamikazes et de missiles… 

Et le commandement de la résistance yéménite de préciser que ce n’est là que le début :

« En application de la promesse du chef de la révolution (Sayed al-Houthi) et à l’occasion de l’inauguration de la sixième année de résistance et en réponse à l’escalade de la coalition d’agression aérienne (saoudienne) au cours des derniers jours, nos forces armées ont mené la plus grande opération militaire au début de cette sixième année, ciblant la profondeur de l’ennemi saoudien (…) L’opération conjointe menée par l’unité balistique a lancé plusieurs missiles Zolfaqar appuyée par plusieurs drones de types Sammad ont visé des cibles sensibles dans la capitale de l’ennemi saoudien Ryad. (…) Un grand nombre de missiles Badr et de drones kamikazes de types Qassef 2k ont également ciblé un nombre de sites économiques et militaires à Jizane, Najrane et Asir. (…) M.Sarii a également promis « le régime saoudien de s’attendre à de nouvelles opérations douloureuses s’il poursuit son agression et son blocus contre le Yémen ».

Et dans la foulée, le chef du Hezbollah annonçait récemment la fin, aussi proche que probable, de la domination Atlantiste :

« Il faut suivre ce qui se passe dans le monde. Selon les observateurs, nous ferions face à des conséquences inédites depuis la 2ème guerre mondiale. Nous assistons à l’avènement probable d’un nouveau système mondial. (….) Les priorités des pays changeraient. Nous ne savons pas si l’UE restera unie ou sera fragmentée, les Etats Unis resteront unis ou pas, l’Onu sera utile ou non ? Les forces militaires puissantes resteront ou disparaitront ? Notre génération assiste à une expérience jamais vue depuis 100 ans. Nous faisons partie de ce monde. Il faut suivre ces développements. »

Sentant le vent tourner en défaveur des intérêts US dont ils ont pourtant si longtemps été parmi les plus ardents promoteurs, les Emirats Arabes Unis donnent aujourd’hui des signes de détente vers les pays de « l’axe du mal », et en particulier en faisant un premier pas vers la Syrie, le Prince des EAU a ainsi eu un entretien téléphonique avec le président Syrien le 27 mars, une première depuis plus d’une décennie !

Pour clore le spectacle de la dislocation en cours de la sphère d’influence américaine, il nous importe de souligner que certains de ses alliés « traditionnels », même les plus proches, commencent aujourd’hui à réviser leurs choix géopolitiques. 

Bien conscient que la situation est en train de tourner au vinaigre au Moyen-Orient et dans le Monde, le ministère allemand des Affaires étrangères a ainsi confirmé récemment que « la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni » avaient « mené avec succès » leur « première transaction et permis ainsi l’exportation de matériel médical d’Europe vers l’Iran » !

« Ils ont contourné pour la première fois, via le mécanisme Instex, les sanctions américaines, imposées au monde par l’extraterritorialité du droit US. Un premier échange qui en appelle d’autres, au risque de contrarier Trump »…

Assurément, les élites européennes sont en train de comprendre qu’il va désormais falloir compter avec l’Iran, qui est d’ores et déjà la première puissance industrielle au Moyen-Orient et essayer de s’entendre avec. Tout cela sent indéniablement la fin proche de l’occupation coloniale américaine et de ses alliés au Moyen-Orient… et dans le Monde !

Enfin, la guerre des prix de pétrole engendrée par l’effondrement de la demande mondiale a divisé le prix du baril par trois par rapport à son niveau de décembre 2019. Le baril se vend ainsi aujourd’hui aux alentours de 20 dollars, une catastrophe pour l’industrie américaine et canadienne du pétrole de schiste qui a déjà réduit sa production et s’attend à des faillites en série… Dans le même temps, la Russie a apporté son soutien au secteur pétrolier du Venezuela pour lui donner les moyens de résister aux interminables ingérences et menaces américaines.

Pour clore le spectacle, c’est la même Russie qui enterre l’industrie US du pétrole de schiste, et qui au même moment… vole au secours des USA en bien mauvaise posture face à la pandémie du COVID-19 qui promet d’y faire des ravages : le 1er avril a ainsi vu un avion de transport militaire russe Antonov 124 atterrir à New-York chargé de matériel médical et d’équipements de protection 

Et ce n’était pas un poisson d’avril !…

Quelle humiliation sur le plan diplomatique !

Assurément, la crise multiforme actuelle induite par la pandémie mondiale du COVID-19 promet des séismes économiques, sociaux, politiques et géopolitiques majeurs dans les prochains jours, semaines, mois et années !

Une chose est certaine : il y aura bien un AVANT et un APRèS COVID-19 : plus rien ne sera jamais comme avant !

Vincent Gouysse

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Confronté à la propagation du coronavirus en Guadeloupe, Martinique et Guyane, l’État français a décidé de faire appel à des médecins cubains dans ces territoires ultramarins, en déficit de personnels soignants. Sputnik a interrogé à ce sujet le député François-Michel Lambert, qui a récemment lancé un appel dans ce sens.

Après cinquante-quatre médecins et infirmières accueillis en Italie, trente-neuf en Andorre, c’est au tour de la France, confrontée à la crise du coronavirus, de faire appel au personnel médical de Cuba. Un décret du Premier ministre datant du 31 mars a acté cette décision, réclamée par de nombreux élus des départements d’outre-mer, en particulier la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe, considérées comme des déserts médicaux.

Entretien avec François-Michel Lambert, député

Parmi les quarante-six parlementaires qui ont lancé ou rejoint cet appel, François-Michel Lambert, député de sensibilité écologiste des Bouches-du-Rhône (ex-LREM, maintenant inscrit au parti Régions et peuples solidaires) et président du groupe d’amitié France-Cuba, a répondu à nos questions:

«Face à cette situation d’urgence, nous avons demandé à ce que les territoires, notamment ultramarins, puissent bénéficier de renforts d’experts, en tout premier lieu d’experts cubains, qui sont les experts mondiaux sur ce type de crise sanitaire.»

Jusque-là, l’exercice de la médecine sur le territoire de l’Union européenne par des professionnels de santé extraeuropéens était interdit.

​Le décret publié par Édouard Philippe le 31 mars permet ainsi, pour la «durée de l’état d’urgence sanitaire», de faire appel à du personnel médical, notamment cubain, dans les territoires d’outre-mer suivants: Guyane, Martinique, Guadeloupe, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

«Deux navires militaires au large de la Guadeloupe et de la Martinique»

Les élus des Antilles n’ont pas attendu l’épidémie de Covid-19 pour réclamer davantage de moyens médicaux. Cela fait de nombreuses années qu’ils alertent sur le déficit sanitaire de leurs territoires, notamment sur le manque de spécialistes en diabète, gynécologie, ophtalmologie, néphrologie et épidémiologie. Au-delà de ces manques structurels, le député François Michel-Lambert explique la décision de l’exécutif:

«La France a décidé d’envoyer dans quelques semaines deux navires militaires au large de la Guadeloupe et de la Martinique, mais ça ne saurait suffire, donc il faut trouver des moyens. Les moyens de L’Hexagone ne peuvent pas être mobilisés sur l’outre-mer, puisque nous subissons la pandémie de plein fouet sur la partie européenne de la France.»

Pour le moment, les DOM-TOM sont moins touchés par l’épidémie que la métropole. Sur la chaîne de télévision Outre-mer la 1ère, Annick Girardin, ministre des Outre-mer, a avancé le chiffre de 666 contaminés au 31 mars. Mais face à un système de santé plus précaire dans ces régions, l’État tente de prendre ses précautions, explique le député: «Il ne peut pas y avoir, notamment dans les territoires ultramarins, de citoyens de seconde zone par rapport à ceux qui sont dans l’Hexagone.»

Santé: «Les Cubains sont au-dessus des États-Unis»

Quant à la décision d’envoyer un contingent cubain, l’annonce ne saurait tarder. Pourquoi Cuba en particulier? Premièrement, pour «une logique de proximité», justifie le parlementaire né à La Havane. Deuxièmement, le personnel médical cubain est formé à ce genre de pandémies, notamment avec Ebola en Afrique. Présents dans 38 pays afin de lutter contre le coronavirus, François-Michel Lambert estime que «ce sont les plus grands experts au monde d’intervention sur ce type de crise sanitaire». Détenant le record mondial du nombre de médecins par habitant, soit plus de huit pour 1.000 habitants, l’île longtemps dirigée par Fidel Castro a perfectionné son système sanitaire:

«L’espérance de vie, les différents indicateurs sanitaires qui existent au niveau international, montrent que les Cubains sont au-dessus des États-Unis dans quasiment tous ces indicateurs, que ce soit la survie des enfants en bas âge, la qualité de vie jusqu’à un âge avancé. Ceci est dû au nombre important de médecins, mais aussi à une politique de prévention sanitaire élevée.»

Une réussite dans le domaine de la santé qui permet à Cuba d’exporter ses services médicaux, représentant l’une des premières rentrées de devises pour le pays. Ainsi, le député écologiste évoque le chiffre de «3.000 à 4.000 dollars par mois» pour chaque médecin, et bien moins pour les infirmiers. Peut-on alors parler d’une forme de soft power cubain?

«Certains envoient leurs experts militaires qu’ils font payer aux autres pays pour mener une guerre, Cuba envoie ses experts médicaux, qu’ils font évidemment payer aussi, pour sauver des vies.»

Sous embargo américain renforcé depuis peu par Donald Trump, Cuba tente de développer une approche différenciée en termes de recherche médicale. Confronté à des difficultés d’accès à certains matériels de pointe, l’île est pourtant en capacité de produire des médicaments. François Michel Lambert évoque ainsi la production de l’Interferon Alpha 2b, qui pourrait se révéler efficace pour guérir du Covid-19:

«Ce médicament a été testé en Chine et en Corée avec des résultats qui semblent positifs. Nous continuons à travailler avec les autorités cubaines pour regarder si ce médicament pourrait être utilisé en France. Il faut une consolidation de la justesse de l’apport de ce médicament dans le cadre de la crise.»

Jean-Baptiste Mendès

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Ceci n’est pas une école

avril 2nd, 2020 by Réjean Bergeron

Un ordinateur portable, une connexion Internet, un serveur, une panoplie d’applications numériques ne peuvent pas, tant s’en faut, se substituer à l’école comme milieu de vie et encore moins au travail sur le terrain des enseignants et des enseignantes.

En cette période de crise sanitaire, sociale et économique, certains, qui en doutaient encore, vont l’apprendre rapidement, alors que d’autres, qui ne juraient que par ces technologies pour « réinventer l’école » ou pour « créer l’école du futur », vont perdre rapidement leurs belles illusions.

Car je vais vous faire une confidence : tout ce matériel informatique composé de plastique, de verre et de métaux est sans âme. Aucun sentiment, aucune émotion n’est en mesure de se dégager de ce tas d’atomes. L’ordinateur peut bien dicter un ensemble de procédures des plus rationnelles, mais jamais il n’accompagnera les étudiants et les étudiantes dans leur parcours scolaire, social et humain comme peuvent le faire les enseignants et les enseignantes lorsqu’ils sont en relation étroite, réelle, physique et empathique avec eux.

J’enseigne au niveau collégial et voilà qu’on nous demande dans l’urgence et la précipitation de nous retourner sur un dix sous afin de sauver non pas des vies, mais la session de nos étudiants en misant le tout pour le tout sur les cours en ligne à partir du 6 avril. Oui, je veux bien. Je vais « collaborer » à cet effort de guerre, je serai un bon soldat, j’irai au front. Mais attention ! Empruntant les habits du devin Tirésias, je vous préviens : les résultats seront lamentables, pour ne pas dire catastrophiques. Je fais bien sûr référence aux résultats scolaires, mais aussi, et surtout aux répercussions que cette tyrannie numérique en cette période de crise sanitaire aura sur la santé mentale de nos étudiants, sur le taux de stress et d’angoisse qu’ils ressentiront tout au long de cette immense tentative d’improvisation technopédagogique.

À force d’entendre les chantres du tout numérique, on est porté à surestimer les vertus de ces applications et aussi la maîtrise de ces mêmes outils par nos étudiants. Bien qu’ils aient presque tous un téléphone intelligent, ils sont nombreux à ne pas posséder d’ordinateur à la maison et parfois même de connexion Internet. Mais ceci, tout compte fait, est secondaire. Ce qui est le plus préoccupant, c’est le milieu physique dans lequel ils vont se retrouver pour suivre ces cours en ligne et l’état d’esprit qui sera le leur pour entreprendre et mener peut-être cette tâche à terme.

Faut-il le rappeler : le Québec, l’Amérique, le monde traversent une grave crise sanitaire, sociale et économique. On demande aux citoyens de rester chez eux. La plupart des commerces ont été fermés. Des millions de personnes ont perdu leur emploi. Chaque jour, le premier ministre fait une mise à jour sur le nombre d’infections et de morts causés par le coronavirus. Vous allumez la télévision et toutes les nouvelles portent sur cet événement exceptionnel et gravissime. Et nous, pendant ce temps, on demande aux étudiants de suivre des cours en ligne !

Pensez-vous qu’ils trouveront quelque part dans un recoin de leur cerveau l’attention, l’énergie et la volonté nécessaires pour remplir une pareille tâche ? Voilà quelques jours, j’ai envoyé un message à mes étudiants pour savoir s’ils connaissaient l’application Zoom dans le but de pouvoir faire des vidéoconférences avec eux si jamais cette option était retenue. Jusqu’à maintenant, à peine 20 % de ceux-ci m’ont répondu !

C’est que, voyez-vous, ils sont ailleurs, pas physiquement mais mentalement. Comme vous et moi, ils sont probablement très préoccupés et même perturbés par tout ce qui se passe dans leur environnement immédiat. Leurs parents (ou eux-mêmes) ont peut-être perdu leur emploi. L’argent va commencer à se faire rare pour certains. Leur réseau social a été démantelé et leurs habitudes quotidiennes chamboulées. Tous les membres de la famille se doivent de partager jour et nuit le même espace vital et peut-être même le seul ordinateur disponible dans la maison ou le petit appartement qu’ils occupent tous. Voilà autant de facteurs et de coups du sort qui sont propices à faire monter la tension psychologique et la détresse chez ces adolescents en quête de sens.

Mais pendant ce temps, on leur demande, dans un climat déjà très tendu, de suivre des cours en ligne, de se brancher pendant des heures et des heures à une technologie qui, comme on le sait, est elle-même anxiogène.

Après, on viendra nous dire qu’on se préoccupe de la santé mentale de nos jeunes…

Réjean Bergeron

 

Illustration en vedette : pixabay.com

Réjean Bergeron : Essayiste et professeur de philosophie au niveau collégial, Montréal

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Les turbulences financières s’intensifient

avril 2nd, 2020 by Nick Beams

Mardi, lorsque les échanges à Wall Street ont clôturé, le Dow Jones ayant baissé de plus de 400 points, c’était la fin du pire trimestre pour les titres depuis la crise financière de 2008. Le marché a chuté de 20 pour cent depuis le début de l’année.

Ce qui est le plus important, ce n’est pas l’ampleur de la chute, mais la vitesse à laquelle elle s’est produite. Le trimestre se divise en deux parties.

Le début d’année a été marqué par une envolée du marché. Il y avait la certitude que la Fed continuerait à fournir de l’argent ultra bon marché pour financer sa spéculation et son parasitisme. En même temps, les tensions commerciales avec la Chine se sont quelque peu apaisées avec la signature d’un accord de «phase un» le 15 janvier.

Le marché a été propulsé à de nouveaux sommets records le 12 février. Il a subi une chute abrupte dans les sept semaines qui ont suivi.

Même si la COVID-19 a été le facteur déclencheur, elle n’est pas la cause fondamentale du krach du système financier: ce dernier est le résultat de la hausse vertigineuse des actifs financiers, surtout les actions, entièrement dissociés de la production dans l’économie réelle.

Il n’a fallu que 16 jours pour que les actions chutent de 20 pour cent de leur niveau record, par rapport au record précédent pour une baisse de 20 pour cent établie en 1929.

L’indice Vix, qui mesure la volatilité et est souvent appelé «indicateur de peur» de Wall Street, a atteint un niveau record à la mi-mars. C’est l’un des facteurs qui a conduit la Fed à lancer une intervention massive sur les marchés financiers dans tous les secteurs.

Cette intervention a permis d’éviter une chute encore plus importante qui aurait vu Wall Street enregistrer son pire trimestre depuis la Grande Dépression.

La Fed est désormais devenue le principal filet de sécurité pour tous les secteurs du système financier.

Elle a abaissé les taux d’intérêt à zéro; a repris ses achats de bons du Trésor et de titres adossés à des créances hypothécaires de plusieurs milliards de dollars; a acheté des dettes sur le marché du papier commercial; est entrée sur le marché des obligations municipales; a repris ses achats de titres adossés à des cartes de crédit et à des prêts étudiants; et, pour la première fois de son histoire, s’est engagé à acheter des obligations de sociétés nouvellement émises.

En outre, elle est intervenue sur le marché des opérations de pensions à hauteur de milliers de milliards de dollars afin de tenter d’empêcher la flambée des taux d’intérêt et le déclenchement d’un gel des marchés du crédit comme cela s’est produit lors de la crise financière de 2008.

La Fed est intervenue pour la première fois sur le marché des titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) au milieu du mois dernier avec des achats de 68 milliards de dollars. Cependant, cela n’a pas suffi à stopper la vague de ventes et elle a dû faire des achats supplémentaires d’une valeur de 168 milliards de dollars la semaine dernière.

Cette intervention, bien au-delà de celle de 2008, a eu des conséquences imprévues en raison de son impact sur les couvertures souscrites par les négociants en valeurs mobilières adossées à des créances hypothécaires.

Dimanche, la Mortgage Bankers Association (MBA), dont les membres soutiennent le marché hypothécaire, a publié une lettre avertissant que le marché du logement était «menacé de perturbation à grande échelle» en raison de l’intervention de la Fed.

Les couvertures impliquent la pratique de la vente à découvert dans laquelle les opérateurs de marché vendent un titre qu’ils n’ont pas – l’empruntant à des courtiers – dans l’espoir que son prix chutera, à quel point ils l’achèteront ensuite.

Une telle mesure vise à couvrir les pertes potentielles qui pourraient survenir entre le moment où le titre est initialement acheté puis revendu aux agences parrainées par le gouvernement Fannie Mae et Freddie Mac.

Cependant, l’intervention de la Fed a fait augmenter le prix des titres adossés à des créances hypothécaires, ce qui signifie que ceux qui se sont livrés aux opérations de couverture risquent de subir des pertes. Cela a conduit à une augmentation des appels de marge par les courtiers, obligeant ceux qui sont engagés dans la couverture à vendre leurs avoirs à perte ou à mettre plus d’argent dans leurs comptes clients.

La lettre du MBA indique qu’à la fin de la semaine dernière, les appels de marge des courtiers sur les prêteurs hypothécaires «ont atteint des niveaux stupéfiants et sans précédent». Pour un «nombre important», cela «érodait leur fonds de roulement et menaçait leur capacité de fonctionner».

Le marché MBS n’est pas le seul domaine des marchés financiers confronté à une turbulence accrue.

Le Financial Times (FT) a rapporté que «les grandes banques qui ont aidé les gestionnaires d’actifs à regrouper des prêts risqués en produits d’investissement sont assises sur des milliards de dollars de dettes liées aux entreprises les plus exposées à un ralentissement économique».

Les banques, y compris des sociétés importantes telles que Citigroup et Credit Suisse, se sont impliquées dans la fourniture de crédit au marché sous forme d’obligations de prêt garanties (CLO). Ce marché fonctionne de manière similaire au marché du logement à haut risque (subprime) qui a contribué au déclenchement de la crise financière de 2008.

Des prêts très risqués sont accordés à des entreprises qui, en raison de leur situation financière, n’ont pas une cote de crédit élevée.

Ces prêts sont ensuite regroupés en titres qui sont vendus. L’hypothèse sous-jacente à ces opérations est que, même s’il peut y avoir des défaillances de certaines sociétés, il n’y aura pas de ralentissement généralisé. Il s’agissait du même genre d’hypothèse faite en 2008 que les prix des propriétés ne baisseraient pas tous simultanément aux États-Unis.

Les fondements du marché des CLO ont volé en éclats.

Le FT a indiqué qu’entre le 1er mars et le 20 mars, les notations de crédit d’environ 140 émetteurs détenant des prêts détenus en CLO américains avaient été revues à la baisse ou étaient en attente d’une telle révision, soit environ 10 pour cent du total.

La valeur de ces actifs financiers a chuté en raison de doutes quant à la capacité des entreprises lourdement endettées à résister aux grands coups durs encaissés par l’économie. Un dirigeant d’une entreprise impliquée dans les investissements de CLO, cité dans le reportage de FT, a qualifié la situation de «catastrophe».

Le marché des obligations d’entreprises est également fortement impacté. Mardi, Moody’s a abaissé ses perspectives sur la dette des entreprises à un niveau négatif, avertissant qu’en raison de la récession, les taux de défaut augmenteront, les secteurs «les plus sensibles à la demande et aux sentiments des consommateurs étant les plus durement touchés».

Parmi ses mesures de sauvetage, la Fed a déclaré que pour la première fois de son histoire, elle achèterait la dette des entreprises. Moody’s a toutefois déclaré que certains secteurs très endettés seraient toujours vulnérables, car les opérations de la Fed seront limitées aux sociétés financièrement solides ayant une qualité de notation financière élevée.

«Il est peu probable que les actions de la Fed préviennent la détresse des entreprises dont la viabilité à long terme est moins certaine», a-t-il déclaré

Ces entreprises seront terrassées par ce qui devrait être le ralentissement le plus grave de l’économie américaine depuis la Grande Dépression

Goldman Sachs a encore revu à la baisse ses prévisions concernant le PIB américain pour le deuxième trimestre de cette année. Il y a un peu plus d’une semaine, elle prévoyait que l’économie diminuerait au rythme annualisé de 24 pour cent d’avril à juin.

Mardi, elle prévoyait que le taux de contraction annualisé serait de 34 pour cent, le taux de chômage américain atteignant 15 pour cent d’ici le milieu de l’année.

Nick Beams

 

Article paru en anglais, WSWS, le 1er avril 2020

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Après une analyse du matériel génétique du coronavirus, un groupe de chercheurs de différents pays a conclu que l’homme aurait pu être contaminé par ce virus à de multiples reprises au cours des dernières décennies avant qu’il ne devienne un « assassin » à l’origine de plus de 36.000 morts à présent.

Les scientifiques ont trouvé deux origines possibles du coronavirus Covid-19. Selon la première, il s’agit une mutation avec l’apparition de protéines coronavirales qui lui permettent en circulant parmi les animaux de s’accrocher aux cellules pulmonaires de l’homme.

Selon la seconde version, pendant une longue période les êtres humains étaient porteurs d’une version inoffensive du Covid-19 qui, à l’intérieur de l’homme, a muté avec le temps pour se transformer en une menace pour toute l’humanité.

Après l’apparition de premiers cas de contamination par le coronavirus Covid-19 à Wuhan et son association au marché de fruits de mer et d’animaux sauvages en plein air, les chercheurs ont tenté de comprendre l’histoire de son apparition. Parmi les candidats les plus probables au rôle de vecteur – les serpents, les chauves-souris et les pangolins. Des civettes prédatrices sont considérées comme les principaux responsables de l’apparition de l’épidémie de pneumonie atypique (SRAS) en 2002-2003 et ont été pratiquement toutes éliminées.

Les chercheurs de l’université Scripps de Californie, des universités Columbia et Tulane, ainsi que des universités d’Edinbourg et de Sydney, qui ont publié les résultats de leur étude génétique dans la revue Nature Medicine, ignorent de quel animal nous avons hérité ce coronavirus. Après une analyse du matériel génétique ils ont supposé qu’il pouvait exister dans des chauves-souris, l’une des sources les plus répandues de contamination des hommes.

D’un autre côté, des chercheurs américains, britanniques et australiens ont supposé que le Covid-19 aurait pu se trouver dans l’organisme humain depuis des années, voire des décennies, sous une forme relativement inoffensive, avant de devenir un « tueur ».

Tout comme le virus MERS, le SRAS-CoV-2, qui a provoqué le Covid-19, aurait pu se transmettre plusieurs fois de l’animal à l’homme en provoquant des infections isolées ou de brèves chaînes d’infections.

Cela a duré des années, voire des décennies. Pendant cette période le virus a pu muter et « s’armer » de protéines coronavirales afin de s’accrocher aux cellules pulmonaires de l’homme, provoquant une maladie extrêmement dangereuse. Quant à la capacité de provoquer une pandémie, elle aurait pu se développer après la contamination de grands groupes d’individus.

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Trump veut la reddition du Venezuela

avril 1st, 2020 by Oscar Fortin

Les États-Unis, depuis plus de 22 ans, s’acharnent à récupérer les pouvoirs de l’État vénézuélien, dirigé par un gouvernement de format démocratique, socialiste, humaniste, chrétien et anti-impérialiste. En 1998, l’élection d’Hugo Chavez, comme Président du Venezuela, ouvre la voie à une révolution qui marquera le pas sur des priorités qui ne seront pas au goût de Washington qui se considère toujours le maître du Venezuela. Il avait, sous contrôle, les dirigeants politiques et mains mises sur la gestion des principales richesses du pays. Avec l’arrivée de Chavez et de la Révolution bolivarienne, également appelée « socialisme du XXIe siècle » prenait fin la lune de miel de Washington. Le Venezuela passait des mains de l’Empire aux mains du peuple et du gouvernement qu’il venait de se donner. Souveraineté et indépendance reprenaient vie.

Il faut rappeler que le Venezuela dispose de réserves de pétroles, considérées comme les plus importantes au monde, ainsi que des mines d’or et de diamants très importantes. De quoi susciter un intérêt bien particulier pour vouloir en être les premiers bénéficiaires. Mais voilà que le nouveau gouvernement n’est plus un vassal des autorités de Washington, mais un serviteur des intérêts prioritaires du peuple. La nouvelle Constitution du Venezuela a été discutée et écrite par le peuple et adoptée par ce dernier dans le cadre d’un référendum national.  C’est toujours cette même constitution qui règle les relations des pouvoirs établis, dont celui du peuple qui peut intervenir par diverses formes à l’intérieur des pouvoirs publics. La démocratie participatives’exprime à travers des référendums constitutionnels, pouvant destituer un Président ou toute autre autorité qui n’agit pas en conformité avec les devoirs de sa charge.

Tout au long de ces 22 années, de nombreuses interventions ont été faites de la part de Washington pour mettre un terme à un tel régime, sur lequel, évidemment, il n’avait aucun pouvoir. Sans relever toutes ces interventions, je me dois de signaler le coup d’État du 11 avril 2002, qui aurait atteint ses objectifs si ce n’eut été du soulèvement du peuple et de l’armée qui se sont portés à la défense de Chavez et de leur révolution. Il n’est pas superflu de relever le fait que Washington pouvait compter sur le support des autorités ecclésiales vénézuéliennes et, du fait même, sur les autorités du Vatican. Cette alliance s’est maintenue jusqu’à nos jours.

Tout au long de ces années, cet acharnement de Washington et de ses alliés n’a pas cessé, en dépit du fait, qu’à chaque fois, le peuple et le gouvernement, soutenu par l’armée, en sortait vainqueur. Ces interventions affectèrent beaucoup l’économie du pays à laquelle s’ajoutèrent des sanctions de toute nature pour appauvrir ce peuple et l’amener à se révolter contre son gouvernement. Une approche, développée à l’encontre de Cuba, au début des années 1960. À cette époque, le président Eisenhower avait envoyé un de ses hauts fonctionnaires pour aller prendre le « pou » de la population face à Fidel et sa révolution.

« Le 6 avril 1960, Lester D. Mallory, sous-secrétaire d’État adjoint aux Affaires interaméricaines affirma que “la majorité des Cubains soutenait Castro” et qu’il “n’existait pas une opposition politique effective”, en ajoutant que “le seul moyen prévisible de réduire le soutien interne passait par le désenchantement et le découragement basés sur l’insatisfaction et les difficultés économiques (…) Tout moyen pour affaiblir la vie économique de Cuba doit être utilisé rapidement (…) : refuser de faire crédit et d’approvisionner Cuba pour diminuer les salaires réels et monétaires dans le but de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement.”

On comprend qu’avec toutes ces mesures le peuple en prend pour son rhume et les médias de l’empire y trouvent matière pour dénoncer une révolution qui n’apporte que misère et souffrance au peuple. Ils sont bien avisés d’en rendre les dirigeants responsables, tout en amplifiant le plus possible cette misère et cette souffrance.  Il est surtout interdit de parler des conquêtes sociales de cette révolution dans les secteurs de la santé, de l’éducation, où tout est gratuit, de l’habitation (près de 3 millions de logements ont été mis à la disposition des classes défavorisées). De cela, on ne vous parlera pas.

En ce 31 mars 2020, le secrétaire d’État Mike Pompeo, ex-directeur général de la CIA, ainsi que le Représentant spécial des États-Unis pour le Venezuela, Elliott Abrams, qui fut un acteur important dans la lutte contre le gouvernement sandiniste du Nicaragua, dans les années 1980.  Ces deux personnages, présentent au gouvernement du Venezuela, au nom du Président Trump, une proposition qu’ils appellent de transition pacifique. Le président Maduro démissionne, l’opposition qui est majoritaire à l’Assemblée législative voit à former un nouveau gouvernement où certains membres du gouvernement actuel pourraient participer. En d’autres termes, il s’agit d’une proposition de reddition, pilotée directement de la Maison-Blanche.  En échange, le bon samaritain qu’est Washington supprimerait toutes les sanctions et donnerait l’autorisation au fond monétaire internationale de prêter de l’argent à ce nouveau gouvernement de coalition entièrement soumis aux intérêts de Washington.

“Le secrétaire d’État Mike Pompeo a annoncé la mise en place d’un ‘cadre de transition démocratique’ pour le Venezuela qui, selon un document vu par Reuters, offre une ‘voie de sortie séquentielle’ suppressions des sanctions américaines sévères si Maduro et ses alliés coopèrent.”

“Abrams a déclaré que si le cadre était adopté, il y aurait la possibilité d’une aide au Venezuela du Fonds monétaire international et l’administration demanderait également au Congrès des États-Unis d’approuver l’aide.”

La réponse ne s’est pas fait attendre. 

“Le ministre des Affaires étrangères, Jorge Arreaza, a assuré mardi que la souveraineté du Venezuela n’est pas en cours de négociation, rejetant une proposition des États-Unis pour une transition politique dans le pays sud-américain.

‘Ils peuvent dire ce qu’ils veulent, quand ils veulent, comme ils veulent, mais les décisions au Venezuela sont prises au Venezuela, avec ses institutions et sa constitution. Nous ne sommes pas sous la supervision des États-Unis’.

Ce qu’ils n’ont pu obtenir à travers les multiples tentatives de coups d’État et les multiples manœuvres pour déstabiliser le gouvernement et y semer la violence et l’anarchie, ils ne pourront pas l’obtenir ni avec les sanctions, les mensonges, la pression, générée par la lutte contre la pandémie Cvir-19 , le peuple vénézuélien et son gouvernement ne céderont pas.

‘Le procureur général du Venezuela, Tarek William Saab, a rapporté mardi que le ministère public du pays avait délivré une sommation officielle au député d’opposition Juan Guaidó de comparaître devant le tribunal ce jeudi à 9 h (heure locale)

‘L’objectif est de le faire comparaître devant le procureur chargé du dossier de la tentative de coup d’État et de l’assassinat, impliqué par les accusations portées ces derniers jours par Clíver Alcalá Cordones.’

Conclusion

Il est important que nous ayons l’œil ouvert sur l’information et la désinformation qui peut nous venir en relation avec le Venezuela. La machine à la désinformation fonctionne à plein régime, surtout en cette période où la pandémie que nous vivons tous et toutes nous occupe à plein. Il est bon de jeter un coup d’œil sur les médias porteurs de nouvelles sur le Venezuela. Il y a ceux qui se nourrissent de l’empire et ceux qui se nourrissent, autant faire se peut, de la vérité des faits.

Un fait non négligeable est la déclaration commune du Secrétaire général des Nations Unies et du Pape François qui demandent la cessation immédiate de toute guerre et la suspension des sanctions qui pénalisent les peuples. La Haute commissaire aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, s’est également prononcée pour que le blocus contre Cuba et les sanctions contre le Venezuela soient levés.

Oscar Fortin

31 mars 2020

 

La course aux profits des grandes entreprises américaines est un facteur majeur qui entrave les efforts des médecins, des infirmières et des autres travailleurs de la santé dans la lutte contre la COVID-19. Telle est la réalité du capitalisme américain, n’en déplaise aux encensements de Trump sur le rôle «incroyable» joué par les «grandes entreprises» dans cette crise.

Le New York Times a détaillé dimanche comment les opérations financières sur le marché de l’équipement médical ont bloqué une initiative du Centre de prévention et de contrôle des maladies (Centers for Disease Control and Prevention – CDC) visant à constituer un stock de respirateurs, appareils maintenant en nombre insuffisant dans l’ensemble des États-Unis.

L’initiative du CDC, lancée en 2007 en réaction à l’épidémie du SRAS et qui s’est poursuivie pendant sept ans, visait à remédier à une pénurie de respirateurs nécessaires en cas de propagation d’un virus de type grippal, similaire à la COVID-19 de cette année. Selon le New York Times, «Le plan consistait à construire une grande réserve d’appareils portables peu coûteux à déployer en cas de pandémie de grippe ou de toute autre crise.»

Ces appareils seraient non seulement moins chers, mais aussi plus simples à utiliser, ce qui nécessiterait moins de formation pour les travailleurs, généralement des inhalothérapeutes, chargés de leur utilisation. Dans la crise actuelle de la COVID-19, le manque de personnel est au moins aussi grave que la pénurie de respirateurs.

Le CDC a choisi une petite entreprise californienne pour concevoir ces nouveaux appareils, qui ne coûteraient que 3.000 dollars pièce, bien en dessous du prix de 10.000 dollars pour les machines encombrantes alors utilisées dans les hôpitaux du pays. C’est Newport Medical Instruments, une filiale d’une entreprise japonaise, qui a remporté l’appel d’offres fédéral. L’entreprise a livré trois prototypes du nouvel appareil en 2011. Les responsables du CDC se sont montrés enthousiastes et ont déclaré au Congrès américain que l’appareil serait sur le marché d’ici septembre 2013.

Mais par la suite, un fabricant américain de dispositifs médicaux beaucoup plus important, Covidien, a acquis Newport Medical Instruments, dans le cadre d’un effort visant à racheter des concurrents plus petits pour les empêcher de réduire ses bénéfices. Covidien notamment fabriquait et commercialisait déjà un respirateur beaucoup plus cher qui serait vite détrôné par l’effort de Newport. Selon le New York Times, «Tant des fonctionnaires que des cadres des entreprises de respirateurs rivales ont déclaré qu’ils soupçonnaient Covidien d’avoir acquis Newport pour l’empêcher de fabriquer un produit moins cher qui saperait ses bénéfices dans le domaine des respirateurs.»

Après que Covidien, évaluée à 12 milliards de dollars, ait englouti Newport Medical pour 100 millions de dollars, ses dirigeants ont demandé au CDC en 2014 de lui permettre de se retirer du contrat de fabrication des respirateurs à bas prix proposé en donnant comme motif que cet appareil n’était pas suffisamment rentable. L’administration Obama a acquiescé à cette demande. Le CDC a donc relancé le processus avec un nouveau contrat passé avec une nouvelle société, le géant néerlandais Philips. Covidien a elle-même été rachetée un an plus tard par Medtronic pour 50 milliards de dollars. Les dirigeants du géant fusionné ont déclaré au New York Times qu’ils ne savaient rien du projet de respirateur à bas prix.

[image]Le siège opérationnel de Medtronic à Fridley, au Minnesota (États-Unis). (Photo: Wikipedia) – https://www.wsws.org/asset/8a2a5ab2-bc85-4a1a-b7eb-7dbf003555cM/image.jpg?rendition=image960[/image]

Le rapport du New York Times conclut: «Cet échec a retardé le développement d’un respirateur abordable d’au moins une demi-décennie, privant les hôpitaux, les États et le gouvernement fédéral de la possibilité de préparer des réserves d’appareils. Le gouvernement fédéral a recommencé avec une autre entreprise en 2014, dont le modèle de respirateur n’a été approuvé que l’année dernière et dont les produits n’ont pas encore été livrés.»

Des facteurs similaires sont à l’origine de la pénurie de masques N95, vécue aujourd’hui par le personnel médical des hôpitaux dans tout le pays. L’un des plus grands fabricants américains de masques N95 est la société 3M, le conglomérat géant basé à Minneapolis, probablement plus connu comme le fabricant des Post-Its et du papier-collant transparent Scotch. De plus en plus de critiques ont été adressées à 3M comme à d’autres fournisseurs de masques de type N95 pour avoir retenu les stocks de matériaux requis et gardé les masques non disponibles sur le marché, et pour avoir permis à leurs distributeurs d’augmenter les prix.

La société 3M a notamment été critiquée pour sa politique consistant à livrer toutes ses fournitures par l’intermédiaire de distributeurs commerciaux, plutôt que de les envoyer directement aux établissements de soins de santé ou aux organismes d’État intéressés à acheter des masques en quantités industrielles et qui sont utilisés par des millions de personnes à chaque jour de la pandémie de la COVID-19.

La semaine dernière, la société a annoncé l’intensification de sa production de masques N95, faisant l’objet d’un article de couverture flatteur dans Bloomberg Businessweek, intitulé «How 3M Plans to Make More Than a Billion Masks By End of Year» (Comment 3M prévoit fabriquer plus d’un milliard de masques d’ici la fin de l’année) et qui salue la société pour «sa contribution remarquablement importante» à la lutte contre la COVID-19.

Le milliardaire des sports et des médias Mark Cuban, un critique occasionnel de l’administration Trump, a dénoncé la société 3M en la nommant clairement: «Je suis heureux que 3M ait augmenté sa capacité. Mais l’offre n’a pas été adaptée à la demande, a-t-il déclaré à Bloomberg News. Pourquoi 3M ne dit-elle pas à ses distributeurs: “Prenez le téléphone, vendez vos stocks aux hôpitaux, sinon nous ne vous laisserons plus jamais acheter nos produits”»?

Citant des rapports de gonflage des prix, Cuban poursuit: «ces distributeurs veulent faire autant d’argent que possible… C’est mal, c’est criminel.»

Interrogé samedi sur les propos de Cuban, le président Trump a défendu 3M, affirmant qu’un de ses amis milliardaires, Ken Langone, PDG de Home Depot, s’était porté garant de la société.

«Je pense que 3M a fait un travail incroyable, a déclaré Trump aux journalistes alors qu’il quittait la Maison Blanche pour se rendre à une séance de photos à Norfolk, en Virginie, où un navire-hôpital de la marine américaine s’apprêtait à mettre le cap sur New York. Je viens de parler à Ken Langone. Je pense qu’il est au conseil d’administration de 3M. Il m’a appelé et il m’a dit que le travail qu’ils ont fait est excellent. Je pense que 3M, d’après ce que tout le monde dit, a fait un travail incroyable.»

Une autre dénonciation du fait de profiter de la situation au détriment de la production des masques N95 est venue d’une autre source inattendue, à savoir le fervent droitier Tyler Merritt, un ancien pilote d’hélicoptère des forces spéciales de l’Armée. Propriétaire d’une entreprise de textile basée à Savannah, en Géorgie, il se spécialise dans la commercialisation de t-shirts ornés de slogans provocateurs pro-Trump et critiquant le footballeur quart-arrière de la LNF Colin Kaepernick, ou défendant le droit de porter les armes et autres idées réactionnaires et chauvinistes.

Merritt a déclaré en ondes, d’abord sur Fox News, puis dimanche sur MSNBC, que plusieurs grandes entreprises bloquent les efforts visant à convertir des usines comme la sienne à la production de masques chirurgicaux, de masques N95 et autres fournitures nécessaires. Montrant un morceau de tissu coupé et moulé pour fabriquer des masques N95, Merritt a déclaré à MSNBC que ce tissu «fait l’objet de spéculation par certaines entreprises». Ce textile est commercialisé comme une marchandise. Avant, il coûtait 6.000 dollars la tonne. Maintenant il coûte plus de 600.000 dollars la tonne… C’est méprisable ce que font certaines entreprises.»

Merritt n’a cité aucun nom, et son intervieweur de MSNBC – qui travaille pour un réseau appartenant à Comcast Corporation – n’a pas cherché à identifier exactement à quels criminels du monde des affaires il faisait référence. Mais il ne fait aucun doute que les accusations de Merritt sont fondées: les grandes entreprises et les divers intermédiaires engrangent des profits tout en mettant en danger la vie de millions de personnes face à la menace de la COVID-19.

Deux autres éléments essentiels à la lutte contre la pandémie de COVID-19 ­– procéder massivement à des tests et développer un vaccin – sont également entravés par la recherche du profit et la division du monde en États-nations concurrents. Comme le WSWS l’a déjà signalé, les plans de développement d’un vaccin contre la COVID-19 à la suite de l’épidémie du SRAS de 2002 ont échoué, aucune entreprise n’ayant investi dans la recherche. Si un tel vaccin avait été développé, il aurait pu être testé lors de l’épidémie initiale au Wuhan pour voir s’il pouvait prévenir la COVID-19. Le retard incroyablement long pour procéder massivement à des tests aux États-Unis et dans de nombreux autres pays est le résultat combiné d’une mauvaise gestion gouvernementale et de la subordination de ce besoin social vital aux intérêts des géants pharmaceutiques.

Patrick Martin

 

Article paru en anglais, WSWS,, le 31 mars 2020

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La Corée du Sud a enregistré un succès remarquable dans son combat contre le redoutable virus COVID-19 et il fait maintenant l’objet de la curiosité, l’envie et même l’admiration. Plus de 100 pays confrontés à des vagues rapides d’attaque du virus sollicitent l’aide et la coopération de la Corée. Même le puissant président des États-Unis, Donald Trump a téléphoné le 24 mars pour demander de l’aide au président Moon Jae-in. Le président sud-coréen a accepté avec plaisir d’envoyer du matériel médical nécessaire à la lutte contre le virus dans le pays de l’Oncle Sam.

Ce papier comporte quatre parties. Dans la première partie, il s’agit d’examiner la nature du succès du modèle coréen, tandis que, dans la deuxième partie, les principaux facteurs responsables de son succès sont abordés. Dans la troisième partie, il s’agit de voir s’il y a une philosophie fondamentale derrière le modèle coréen.  Enfin, dans la quatrième partie, il faut se demander si la crise nous a appris quelque chose.

1. Quelle est la réussite du modèle coréen ?

Les résultats de la guerre contre la Covid-19 peuvent être mesurés en termes de suivi, le nombre de tests, le taux de guérison, le nombre de personnes infectées et le taux de mortalité.

L’une des parties les plus difficiles de tout le processus de la guerre contre le virus est le dépistage. Une fois que l’on a trouvé la personne infectée grâce au test, il faut trouver toutes les personnes qui sont entrés en contact avec la personne d’origine. 

Il y a, disons, 10 personnes. Maintenant, certaines de ces 10 personnes pourraient avoir été en contact avec d’autres personnes. Ici, nous avons le deuxième contact et la chaîne se poursuit et le virus s’étend davantage.

La Corée a fait un excellent travail de suivi grâce à l’utilisation de la technologie cellulaire et la collaboration du grand public. Ce processus pourrait impliquer des questions liées aux droits de l’homme, mais le gouvernement exige le consentement de la personne visée. En outre, le gouvernement garantit la confidentialité des informations personnelles.

La Corée a effectué jusqu’à présent 330 000 tests, soit 15 000 par jour. Par l’intermédiaire de ces tests, en date du 26 mars, environ 9 000 ont été identifiés comme étant infectés. Sur ce nombre, environ 50 %, soit 4 500 personnes, ont été soigné. Parmi les 9 000 personnes infectées, 158 ont perdu la vie depuis le 26 mars, ce qui représente un taux de mortalité de 1,8 %. Il est plutôt faible par rapport à la mortalité d’autres pays. Mais, il est fort probable que la mortalité en Corée pourrait augmenter.

Ces résultats impressionnants ont pu être obtenu grâce à la capacité de la Corée à réduire rapidement la propagation du virus. 

Le 19 février, le nombre quotidien de personnes infectées était de 39 et il a augmenté rapidement à 610 le 2 mars pour tomber à 47 le 26 mars. Il a donc fallu 12 jours pour atteindre le sommet de la courbe d’infection et 24 jours pour atteindre le bas de la courbe.

En bref, la Corée a pu stabiliser l’épidémie en 36 jours. Cependant, la Corée doit maintenant faire face aux personnes infectées qui arrivent des États-Unis et d’autres pays étrangers. 

Il y a un autre problème. De nombreuses églises protestantes organisent les offices religieux le dimanche malgré les avertissements du gouvernement ; cela augmente le danger de transmission du virus dans la communauté.

Ce qui est remarquable, c’est que la Corée a fait la guerre au coronavirus sans un verrouillage général de la société.

Seule la région de Daegu City a connu un confinement partiel pendant quelques semaines. Dans cette région, le gouvernement n’a pas ordonné le verrouillage ; le confinement a été décidé par les citoyens eux-mêmes.

Le reste du pays a été autorisé à mener une vie normale, bien que les rues et les magasins soient moins encombrés que d’habitude en raison de l’isolement volontaire des personnes pour éviter la propagation du virus.

Il est intéressant de souligner que la Corée l’a fait malgré l’opposition du parti conservateur (Parti de la Liberté de Corée: LKP) qui voulait mettre des entraves au gouvernement en collaboration avec la secte Shincheonji.

L’opposition a tenté de discréditer les efforts du gouvernement de Moon Jae-in pour mener la guerre contre la Covid-19, ceci pour augmenter leurs chances de gagner les élections générales du 15 avril.

La secte Shincheonji a été le principal facteur de la croissance exponentielle des personnes infectées.

Parfois, près de 70 % du nombre total des personnes infectées étaient des membres du Shincheonji. Et, la secte n’a pas véritablement coopéré avec le gouvernement pour identifier et localiser des personnes éventuellement  infectées.

Une autre chose incroyable à propos du modèle coréen est que malgré ces difficultés, la Corée a réussi à stopper la vague du virus sans panique ou pénurie de papier toilette, de nourriture et d’autres biens nécessaires. Les supermarchés ont été relativement bien approvisionnés au cours de cette vague de la Covid-19.

2. Pourquoi est-ce une réussite?

Le succès du modèle coréen peut s’expliquer par les facteurs suivants: préparation, approche apolitique, recours à la science et à la technologie, l’utilisation de masques, la qualité du leadership et la participation volontaire des citoyens.

– Être Préparé

Lors de la crise du SRAS de 2002-2003, la Corée n’était pas bien préparée pour combattre le virus. Heureusement, dès que le gouvernement progressiste de Rho Moo-hyun est arrivé en 2003, le gouvernement a préparé un manuel complet de lutte contre le virus. Cependant, lorsque le gouvernement conservateur a pris le pouvoir en 2008 avec à sa tête Lee Myong-bak comme président de la République et, en 2013, avec la présidente Park Geun-hye, le manuel a été jeté, simplement parce qu’il avait été préparé par un gouvernement progressiste. Heureusement, dès que le gouvernement de Moon Jae-in a pris le pouvoir en 2017, le manuel a été restauré et grandement amélioré. La Corée est ainsi bien préparée pour sa lutte contre la COVID-19.

-Approche politique

En général, l’une des difficultés souvent rencontrées lors d’une crise publique de santé est le système de collusion entre les entreprises et les politiciens.  La collusion invite non seulement à la mauvaise affectation des ressources nécessaires pour la lutte contre le virus, mais il retarde également la progression de la lutte au coronavirus.

Il fort probable que cette difficulté soit vécue par de nombreux pays, même des pays développés. Cette collusion entrave la lutte contre les virus.

Par exemple, si le gouvernement décide de confier le contrat de fabrication de masques à un producteur incompétent et proche des politiciens au pouvoir, les masques fournis pourraient être de mauvaise qualité ou la fourniture de masques pourrait être retardée.

Les personnes infectées ont besoin de soins hospitaliers. Si le gouvernement désigne, pour les soins aux personnes infectées, un hôpital en particulier à cause des pots-de-vin la propagation du virus pourrait être accélérée.

Dans de nombreux cas, le gouvernement ne prend pas de mesures anti-virus appropriées et perd un temps précieux en raison de la pression exercée par les grandes entreprises qui sont une source importante de financement politique et des paiements illicites ; ces entreprises ont peur de perdre des ventes et des profits pouvant être liés à des mesures anti-virus prise par le gouvernement.

Ainsi, durant la propagation de la Covid-19 les décisions politiques du gouvernement pourraient certes aggraver la crise et retarder sa résolution.

Dès le début de la crise, le gouvernement de Moon Jae-in a adopté une approche apolitique face à la propagation du coronavirus. Cette approche est contraire aux politiques du parti conservateur, le LKP.

La solution de la crise de la MERS (2015) a été retardée en raison de la collusion entre le gouvernement et les Chaebols. Les victimes du virus MERS ont été nombreuses ; elles ont dû être hospitalisées.  L’hôpital Samsung était et reste l’un des principaux hôpitaux en Corée. Malheureusement, à cause du mauvais contrôle des virus dans cet hôpital, pas moins de 91 personnes ont été infectées à l’hôpital même. Mais, le gouvernement conservateur n’avait pas annoncé ce problème, en raison probablement de l’administration de de l’hôpital qui exigeait de ne pas le signaler. Si le gouvernement avait annoncé cette situation, l’hôpital Samsung aurait perdu un grand nombre de patients réguliers ainsi que son profit.

En raison de la collusion politique et financière du gouvernement conservateur avec le groupe Samsung, la crise du MERS a duré plus longtemps et son impact a été des plus dévastateurs.

Le parti conservateur, actuellement le principal parti d’opposition, exploite une fois de plus, la crise du virus à des fins politiques. En collaboration avec la secte Shincheonji, l’opposition a propagé toutes sortes de rumeurs fabriquées et de mensonges pour discréditer les efforts du gouvernement pour stopper la propagation de la Covid-19. Heureusement, le gouvernement de Moon Jae-in s’est montré au-dessus des interêts politiques en accordant la priorité aux citoyens ; il voulait avant tout sauver la vie des gens.

Fiabilité de la science et de la technologie

L’approche apolitique de la lutte contre le virus a permis à la Corée de faire appel à la science et à la technologie. Un expert coréen réputé dans le domaine des maladies liées aux virus a insisté sur l’importance de l’humilité face à la science, car le virus n’écoute que la science ; il n’y a pas de place pour les mesures anti-virus qui ont pour but des gains politiques ou des profits commerciaux.

La Corée a fait preuve d’humilité face à la science et à la technologie. Les activités de recherche scientifique et technologique soutenues par les universités, les laboratoires publics et les technologies privées les entreprises ont apporté une contribution majeure à la lutte contre le COVID-19.

Segene Inc, Gencurix, GeneMatrix, SolGent Co. et iLamp ont découvert la composition du virus en identifiant les gènes. Les produits de ces entreprises ont permis de produire des kits de test massivement et rapidement tout en étant efficaces.

En particulier, le produit iLamp, le « nouveau kit de détection du COV19 » est très populaire et permet de faire un test en 20 minutes.

De plus, des recherches plus approfondies ont permis de mettre au point le « système du test au volant » et « le dispositif de test en cabine« .

En conséquence, la Corée a pu tester, en toute sécurité, jusqu’à 15 000 personnes par jour ; jusqu’à présent, la Corée a testé 330 000 personnes.

La technologie joue un autre rôle. La Corée est l’un des pays les plus avancés en matière de recherche et de développement technologique.

La numérisation du commerce a permis la distribution rapide de biens et de services de première nécessité. C’est l’un des facteurs de l’absence de pénurie de marchandises tout en veillant à prévenir la panique chez les citoyens.

– Utilisation des masques

Dans l’Ouest, y compris au Canada et aux États-Unis, le public est dissuadé – voire forcé – à ne pas porter de masque.

Les gouvernements canadien et étasunien insiste sur le fait que seules les personnes travaillant pour la santé publique devraient les porter.

Cette politique du gouvernement peut s’expliquer par deux raisons.

  • La première est la croyance que les masques ne peuvent pas nous protéger contre l’infection.
  • L’autre est la pénurie de masques.

Selon les experts en Asie, les masques sont de permet de bien se protéger non seulement contre le virus lorsqu’il est dans l’air, mais aussi contre le virus lors du contact humain.

Certains semblent croire qu’en Asie le port de masque est « culturel ».

Il est difficile de croire qu’il puisse y avoir une culture dans laquelle les gens aiment souffrir en portant le masque. Il est absurde d’associer le port de masque à la culture.

La raison plausible pour laquelle on demande aux Canadiens de ne pas porter de masque serait plutôt la pénurie de ce produit. Là encore, elle n’est pas convaincante, car le Canada a les moyens de fabriquer des masques et pourrait ainsi facilement résoudre le problème.

N’oubliez pas que l’équipe médicale porte des masques, car les masques les protège. Si c’est le cas, ils protègent aussi le grand public.

On peut d’ailleurs ajouter que l’utilisation populaire des masques en Corée a permis le fonctionnement continu des usines, des restaurants, des magasins et une multitude d’autres entreprises.

– Leadership

Le facteur déterminant le plus important de la réussite du modèle coréen est peut-être le leadership du gouvernement et la forte confiance du public en Moon Jae-in. Ce leadership a été démontré dans diverses activités collectives.

Tout d’abord, la qualité des ressources humaines du gouvernement est assez élevée et ils sont bien motivés. La plupart des postes clés des gouvernements sont occupés par des personnes qui se caractérisent de plusieurs façons.

La plupart d’entre eux sont de la génération anti-corruption qui a lutté contre les politiques conservatrices corrompues et, en même temps, elles sont hautement qualifiés professionnellement et motivés pour remplir leurs fonctions. En d’autres termes, sous le gouvernement de Moon, nous voyons rarement ceux qui sont nommés à cause des pots-de-vin ou des liens.

Deuxièmement, le gouvernement actuel est exempt de toute dette politique envers les établissements corrompus. Cela a permis au gouvernement de se concentrer sur la tâche de sauver des vies sans être obligé de protéger des intérêts particuliers.

Troisièmement, le président Moon est non seulement respecté, mais aussi aimé par la grande majorité de la population. Toute sa carrière a été consacrée à se battre pour les pauvres et les gens plus vulnérables. La population a ainsi fait confiance au gouvernement et les gens étaient à l’écoute des informations données. Cette confiance a incité les gens à suivre minutieusement les consignes du gouvernement pour lutter contre la propagation de la Covid-19.

Quatrièmement, la confiance des Coréens envers les dirigeants a facilité la communication entre le gouvernement et la population. En Corée, il existe un système particulier favorisant la voix du peuple : si plus de 200 000 personnes demandent quelque chose au gouvernement, la Maison Bleue (Maison Blanche Coréenne) doit réagir. Par exemple, plus de 2 000 000 de personnes ont demandé l’abolition de la secte Shincheonji. Cela a permis à la ville de Séoul de prendre des mesures punitives contre la secte. Le 25 mars, la secte a perdu son statut légal. 

– Le caractère des Coréens ordinaires

L’une des raisons les plus importantes du succès du modèle coréen est la personnalité des Coréens ordinaires. Pendant des siècles, ils ont été exploités et maltraités par la classe élévée, appelée « Yang-ban ». Cela a créé une situation où les gens ordinaires ont dû trouver eux-mêmes les solutions aux problèmes sans s’appuyer sur la classe dirigeante.

  • Ils ont organisé le « Dong-hak:東學 » (études orientales).
  • Révoltés contre les fonctionnaires corrompus durant la seconde moitié du 19ème siècle, ils ont réussi à abolir le système féodal « Yang-ban » ;
  • ils se sont révoltés contre le gouvernement colonial japonais en 1919 ;
  • ils se sont battus contre la corruption de la police et de l’armée des gouvernements conservateurs dictatoriaux.
  • Enfin, 17 000 000 personnes ont mené la révolution à la bougie de 2016-2017 et ils ont accusé Park Geun-hye.

Cette tradition a incité les Coréens de la classe ordinaire à s’unir et à trouver des solution eux-mêmes, même sans l’aide du gouvernement ; cette tradition a conduit à la culture de « Jeong-情 » qui peut être traduit par l’entraide et la volonté collective de résoudre les problèmes tous ensemble. Il n’y a aucun doute que cette culture a été l’un des facteurs clés de la réussite du modèle coréen.

3.  Philosophie du modèle coréen ?

Le modèle coréen présente une autre caractéristique intéressante, il s’agit de l’inclusion. La Corée estime que la crise de la COVID-19 n’est pas une simple crise nationale ; elle estime qu’il s’agit d’une crise mondiale et, la Corée doit donc participer activement à la lutte mondiale contre le virus. Récemment, une délégation de l’OMS s’est rendue en Corée afin d’organiser une équipe mondiale de recherche scientifique et espère produire un manuel mondial de la lutte contre les virus de la grippe. Le ministre des Affaires étrangères de Corée, Kang Kyung-hwa a déclaré ceci:

« Nous adoptons cette approche d’ouverture et de transparence non seulement au niveau national, mais pour la communauté internationale qui est très interdépendante avec le reste du monde ». (Entretien avec abs-cbn, 3 mars 2020)

Le 26 mars, le président Moon Jae-in a pris l’initiative d’organiser une conférence avec les chefs du G20 afin de partager l’expérience la lutte anti-virus de la Corée. 

4. Peut-on apprendre quelque chose de la crise actuelle?

Je me permet peut-être de dire quelques mots sur la crise mondiale actuelle du coronavirus.

Premièrement, depuis un demi-siècle, le monde se consacre aveuglément à la croissance du PIB, comme si c’était la seule raison d’être de l’homme. Sous la bannière du néo-libéralisme, l’humanité court après une technologie de plus en plus avancée et un PIB de plus en plus grand. Mais qu’est-ce que nous avons ? Une plus grande disparité des revenus, une augmentation du nombre de chômeurs, l’épuisement croissant des ressources naturelles, l’aggravation de l’environnement. Seuls quelques-uns se sont enrichis.

Ce qui est irritant, c’est qu’avec tout cet argent, ces connaissances et la technologie, l’homme n’a pas pu se préparer à la Covid-19. Il existe des milliers d’autres virus dans la nature, dont certains qui pourraient être plus mortels que le coronavirus. Ne pouvons-nous pas prendre de l’argent des milliardaires et produire plus de masques, de kits de tests et de vêtements médicaux?

Deuxièmement, la COVID-19 nous a montré qu’elle ne se soucie pas de la « race », du revenu ou de la région dans laquelle on habite. Le virus nous dit que nous avons besoin d’une meilleure préparation mondiale face à d’autres virus. Nous avons donc besoin d’une coopération internationale.

La Chine a été généreuse en partageant ses expériences et en envoyant le matériel médical nécessaire aux pays dans le besoin. La Corée fait de même.

Troisièmement, l’attitude de Washington face à la crise actuelle est pour le moins très décevant. Mike Pompeo, le secrétaire d’État américain, semble aimer utiliser le mot « Wuhan Virus » et Donald Trump semble heureux quand il choisit d’utiliser cette expression. Il est vrai que le premier endroit où le virus s’est répandu massivement était la ville de Wuhan, mais cela ne signifie pas que la ville était le lieu d’origine du virus ; nous ne savons pas qui était la personne infectée du « Ground zero« .

Le virus pourrait provenir de l’extérieur de la Chine et avoir été planté à Wuhan. Grâce aux excellents documents du Centre de recherche sur la mondialisation par le professeur Michel Chossudovsky, Peter Koenig, Stephen Lendman et bien d’autres, nous disposons d’informations utiles sur le lieu d’origine du coronavirus. Avec ces documents, il est clair que le virus aurait pu provenir des États-Unis et avoir été transmis à la Chine.

Même si le virus est originaire de Chine, il est commun de ne pas mentionner le lieu d’origine afin d’éviter la stigmatisation pour pouvoir promouvoir la coopération internationale.

Les États-Unis ont la plus grande économie et l’armée la plus puissante du monde. Il est donc naturel de s’attendre à une certaine générosité et un comportement exemplaire en tant que leader mondial. Mais je me demande si c’est vraiment le meilleur.

Quatrièmement, les pays dans le monde, en particulier les pays développés, devraient se repentir de ne pas s’être mieux préparé à une telle crise mondiale; il est temps de mobiliser des ressources pour créer un monde dans lequel la sécurité et la santé publique sont aussi importantes que la croissance économique.

Pour conclure, je présente mes sincères remerciements au premier ministre du Québec, François Legault, et son équipe pour leur dévouement à la lutte contre le coronavirus. Si on veut tirer quelque chose de l’expérience coréenne, c’est l’importance de la participation solidaire du peuple. Le peuple québécois peut être uni comme ils l’ont été pendant la Révolution tranquille. Comme l’a dit le premier ministre, le peuple québécois devrait devenir « une armé unique » et avancer pour tuer l’ennemi, la COVID-19.

Prof. Joseph H. Chung

 

Article en anglais :

The Korean Model of the Anti-COVID-19 War: How Successful Is It? Why Is It Successful?, le 31 mars 2020

Traduit par Maya pour Mondialisation.ca.

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Le professeur Joseph H. Chung est professeur d’économie et co-directeur de l’Observatoire de l’Asie de l’Est (OAE) du Centre de Recherches sur l’Intégration et la Mondialisation (CEIM), Université du Québec à Montréal (UQAM). Il est associé de recherche du Centre pour la mondialisation (CGR).

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Quelqu’un peut-il expliquer exactement ce qui se passe ici ?

Le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo a fait un lapsus en s’adressant au peuple américain depuis la Maison Blanche lorsqu’il a déclaré que le COVID-19 est un exercice militaire réel.

« Il ne s’agit pas de représailles », a expliqué M. Pompeo. « Cette situation va de l’avant – nous sommes dans un exercice en temps réel ici pour bien faire les choses ».

 

Donald Trump est furieux que l’État Profond ait pris le contrôle par la Continuité du Gouvernement, y a-t-il eu un coup d’État ?

Avec un regard dégoûté, le Président Trump a répondu : « Vous auriez dû nous le faire savoir ».

Signification de l’expression « Exercice Réel » (tiré de Wikipédia) :

« Un exercice militaire ou un jeu de guerre est l’utilisation de ressources militaires dans le cadre d’une formation aux opérations militaires, soit pour explorer les effets de la guerre, soit pour tester des stratégies sans combat réel. Cela sert également à assurer la préparation au combat des forces en garnison ou déployables avant leur déploiement à partir d’une base d’origine ».

Que se passe-t-il réellement ici ? La Maison Blanche a-t-elle des explications à donner ?

Shepard Ambellas

 

Article original en anglais :

Mike Pompeo Admits COVID-19 Is a “Live Exercise,” Trump Retorts “I Wish You Would Have Told Us”

Intellihub 21 mars 2020

Traduit par Réseau International

Photo en vedette : Gage Skidmore CC BY 2.0

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L’Iran subit une combinaison entre les lourdes sanctions étasuniennes, le respect de celles-ci par l’Inde, « partenaire stratégique mondial tous azimuts » des États-Unis (anciennement l’un des partenaires énergétiques de premier plan pour l’Iran) par crainte desdites « sanctions secondaires », l’épidémie incontrôlée de COVID-19 dans la République islamique, et les mauvaises réponses apportées par les autorités iraniennes à l’ensemble de ces points. Tout ceci a amené l’Iran au bord de l’effondrement, et l’a rendu assez désespéré pour demander au FMI un prêt d’urgence de 5 milliards de dollars, une demande sans précédent en soixante ans.

Un pays demandant un prêt au FMI n’est en général pas forcément au bord de l’effondrement, mais la situation est tout à fait particulière en Iran. La République islamique vient de demander une assistance d’urgence de 5 milliards d’euros pour l’aider à gérer une suite de crises en cascades connectées entre elles, qui menacent de retourner tout ce que le pays a réalisé depuis 1979. Subissant la combinaison entre les lourdes sanctions étasuniennes, le respect de celles-ci par l’Inde, « partenaire stratégique mondial tous azimuts«  des États-Unis (anciennement l’un des partenaires énergétiques de premier plan pour l’Iran) par crainte desdites « sanctions secondaires », l’épidémie incontrôlée de COVID-19 dans la République islamique, et les mauvaises réponses apportées par les autorités iraniennes à tout ceci, le pays se trouve sur la voie d’un changement de régime, comme le présent auteur l’avait vu venir dans son analyse précédente publiée sous le titre : « Iran : changement de régime par Coronavirus?« , avec la pandémie mondiale qui pourrait tenir lieu de catalyseur pour faire éclore ce sombre scénario.

Il est important de porter attention au fait que l’Iran n’a pas demandé publiquement d’aide d’urgence à ses partenaires stratégiques russe ou chinois, ce qui indique que, de deux choses l’une, ou bien le pays a fait ces demandes discrètement et s’est fait rejeter (que ce soit pour des raisons politiques, peut-être en lien avec la stratégie d’« équilibrage » russe, dans le cas de Moscou, ou simplement parce que les deux puissances ont besoin de toutes leurs ressources disponibles pour soutenir leur propre économie), ou bien n’a même pas estimé pouvoir compter sur ces pays, et n’a pas pris la peine de leur demander. Quoi qu’il en soit, une chose est certaine : tout ce qu’on a pu dire sur une soi-disant « alliance multipolaire » entre la Russie, la Chine et l’Iran était une prévision prématurée présentant un scénario qui ne s’est pas encore produit, et qui pourrait ne jamais se produire si la situation continue de se dégrader en Iran par suite de son échec potentiel à sécuriser l’aide économique d’urgence que l’Iran demande désormais (et si la Chine ne propose pas une aide de dernière minute pour sauver l’Iran).

Au sujet de la Chine, l’auteur se sent obligé de rappeler au lecteur la fake news virale de septembre dernier, qui avait allégué que la Chine allait investir le montant colossal de 120 milliards de dollars dans des projets de connectivité iraniens. Cette infox avait provoqué une psychose collective dans la communauté des médias alternatifs à l’époque. L’auteur avait prévenu tout le monde : « Montrez-vous sceptiques, le dernier rapport en date sur la Chine et l’Iran est probablement un faux« , mais cela n’avait pas empêché des délires bercés d’illusions, imaginant que leurs « rêves » devenaient réalité et que la République populaire avait décidé sans explication d’investir un montant équivalent à celui du Couloir Économique Chine-Pakistan dans des projets mystérieux jamais annoncés publiquement ni même fuités. Ces fausses affirmations étaient donc particulièrement difficiles à croire rationnellement, mais pourtant, la communauté des médias alternatifs était tombée dans le panneau de la ruse de cette fake news. Le simple fait que l’Iran en soit aujourd’hui à demander une aide d’urgence au FMI prouve sans doute possible que la Chine n’a jamais investi ces 120 milliards de dollars.

Accepter cette réalité « politiquement inconfortable » va donc devenir un enjeu en soi pour la communauté des médias alternatifs dans son ensemble, mais il est également intéressant de suivre s’ils vont se montrer critiques vis-à-vis de l’Iran — les prêts accordés par le FMI ne viennent le plus souvent pas sans des contraintes économiques importantes, ou s’ils vont simplement laisser passer l’information sans trop la commenter, de crainte de se voir accusés de « soutenir le Sionisme » ou de quoi que ce soit d’autre. Après tout, la communauté des médias alternatifs se trouve à la pointe des tentatives d’exposer à la conscience mondiale les moyens par lesquels le FMI est exploité par les pays occidentaux comme instrument de contrôle sur les économies de ses bénéficiaires, après quoi les mêmes États occidentaux émettent le plus souvent des exigences irréalistes de « réformes structurelles » qui finissent le plus souvent par déclencher les mêmes crises que celles pour lesquelles leur assistance avait été demandée au départ ; tout ceci dans le cadre de la poursuite d’objectifs géostratégiques. L’Iran court le risque de devenir la victime de ce dispositif, mais pourrait ne plus avoir d’autre option.

Dans l’ensemble, l’information selon laquelle l’Iran demande une aide d’urgence à hauteur de 5 milliards de dollars au FMI démontre le niveau de désespoir atteint par ce pays, après plusieurs crises interconnectées en cascade qui ont rapidement amené ce pays au bord de l’effondrement. Ni la Russie, ni la Chine n’ont été approchées publiquement, et il est peu probable que l’une ou l’autre finisse par aider l’Iran — cela serait déjà arrivé si elles comptaient le faire, au lieu de laisser leur partenaire stratégique s’humilier en allant mendier à la structure financière internationale tenue par ses ennemis occidentaux. L’avenir de l’Iran est donc plus pâle que jamais depuis la Révolution islamique, mais cela ne signifie pas qu’un changement de régime soit imminent. L’admirable résilience du peuple iranien pourrait également fort bien empêcher la réalisation de ce scénario noir ; pour autant, des changements socio-politiques et économiques profonds sont à prévoir dans ce pays, qui lutte pour survivre à ces crises.

 

 

Article original en anglais : Iran’s IMF Request Shows Just How Desperate It’s Become, OneWorld, le 20 mars 2020.

Traduit par José Martí, relu par Kira pour le Saker Francophone

 

Andrew Korybko est un analyste politique étasunien spécialisé dans les relations entre la stratégie des États-Unis en Afrique et en Eurasie, les nouvelles routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

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Le mot «pandémic» présente une similitude avec le mot «panic» et bien-sûr «pandémonium». En fait, «pandémie» évoque une vague d’effroi presque instantanée chez ceux qui sont facilement manipulés par les médias de masse, avant même que des détails ne soient apparus en surface ou que le contexte dans lequel le mot est utilisé ne soit précisé.

Ceux qui contrôlent – ou planifient – les grands mouvements sur l’échiquier dissimulé du contrôle humain savent qu’en brandissant le mot «pandémie» ils ont une arme instantanément efficace à leur disposition pour affaiblir psychologiquement la résistance des individus vulnérables aux mentalités irrationnelles et facilement impressionnables.

Ainsi, dans un monde fortement conditionné par les proclamations des médias, l’arme de la peur a un énorme pouvoir psychologique.

Comme nous en avons tous été témoins au cours des derniers mois, l’histoire du Coronavirus a été déclenchée, avec une joie lascive à peine contenue, par les médias sous les ordres des pourvoyeurs de missions malveillantes contre l’humanité. Poussé au volume maximum et dispersé dans le monde, le message de peur délibérément conçu a pour effet immédiat de rendre la majorité des gens impuissants. Le gros problème est universel – et nous, les gens, nous sentons petits. C’est le début du piégeage qui colore tous les aspects de la vie quotidienne.

La majeure partie de l’humanité a subi un processus d’éducation qui dépend, pour son efficacité, de la perception du pouvoir dévolu à une certaine «autorité» pour exercer une influence incontestable sur la direction générale de la vie. Une source d’influence qui dépend, pour son efficacité permanente, de ne jamais être soumise à un examen rationnel ou à un véritable examen d’aucune sorte. Tel est le pouvoir envoûtant de l’endoctrinement total.

Dans la bataille qui fait rage pour savoir «qui contrôle le monde», certains des agents de contrôle de la vie planétaire en grande partie cachés ou déguisés apparaissent maintenant au grand jour. Et c’est pourquoi le chaos et la peur sont vraiment dans «l’air du temps». La contagion de la maladie Covid-19 est pleine à craquer d’idiosyncrasies ; en fait, il y a tellement de facteurs absurdes dans les tentatives des médias de rendre compte de ce qui se passe, que l’on ne peut que se sentir étourdi et confus si l’on essaie de suivre le script en temps réel.

Cependant, ce qui est devenu clair comme de l’eau de roche, c’est le fait qu’une immense quantité de personnes sont rassemblées en troupeau et paissent, sans résistance. Les tactiques d’effarouchement utilisées sont plus dangereuses que le virus qui est l’excuse pour les déployer. Dans cet état de psychose induite, toutes sortes de machinations peuvent être perpétrées contre l’humanité – et c’est précisément ce à quoi nous assistons en ce moment.

Beaucoup de ceux qui lisent ceci connaissent déjà les ambitions de l’élite de l’État profond dominant et savent qu’une phase pré-planifiée de chaos social et économique est un facteur clé dans leur tentative de déploiement du Nouvel ordre mondial totalitaire. Nous sommes maintenant dans cette phase. Son succès dépend du grand nombre de personnes qui suivent les instructions transmises par les marionnettes politiques de l’État profond et par la lâche répétition de ces instructions par les médias grand public.

Encore une fois, la carte de la peur joue un rôle clé. Cette fois, en gardant un niveau constant d’anxiété et d’hystérie en ébullition, tout en veillant à ce que ceux qui sont capables de reconnaître la vraie nature de l’arnaque soient contraints de rester alignés, risquant sinon leur emploi, leur sécurité ou leur statut au sein de la relation maître / esclave, rigoureusement renforcée, du statu quo.

L’ensemble de l’édifice malade maintient son assise par la tromperie et l’exploitation pure et simple. Pourtant, les exploités choisissent largement de ne pas être conscients du fait qu’ils sont utilisés et maltraités au profit d’un idéal fasciste. En ne se rebellant pas face à un tel traitement – mais en s’y conformant – une population muette établit la base de son propre avilissement et de son esclavage.

Ces méthodes ont été pratiquées maintes et maintes fois dans l’histoire du monde, et chaque fois la rétrospective révèle la motivation d’une obsession du pouvoir et du contrôle, et les auteurs, qui ne sont qu’un petit nombre de despotes psychopathes. Que cela prenne la forme d’un pouvoir militaire, d’un dogme religieux ou profane, ou de phénomènes modernes de management des entreprises et des banques, à condition que le drame soit bien géré sur la scène et que le pouvoir réussisse  à « terroriser », les hegemons arrivent à leurs fins.

Dans quelle mesure la mise en scène est-elle bien gérée à cette occasion – et quel est le plan ?

En raison des liens internationaux d’aujourd’hui, le «plan directeur» n’est plus une affaire régionale ou nationale, mais mondiale. Les principaux acteurs ont élaboré l’intrigue bien avant que chacun d’entre nous ne le sache et des réunions comme le Forum économique de Davos et les réunions de Bilderberg sont utilisées pour forger un consensus sur le calendrier et les méthodes à employer.

Dans le cas de Covid-19, son apparition sur la scène – ou du moins la diffusion d’un récit sur quelque chose de mauvais portant ce nom – est programmée pour détourner l’attention de l’accélération de l’installation de réseaux qui sont jugés importants pour la création d’un Nouvel ordre mondial totalitaire. Par exemple, le déploiement de la 5G, un réseau intelligent numérique et un «internet des objets» ; un système de transport robotisé ; le programmes de surveillance de la population par reconnaissance faciale ; de nouvelles souches d’organismes génétiquement modifiés et de vaccins, etc. Cependant, l’objectif prédominant consiste à «redéfinir» la finance mondiale de manière à sembler soutenir l’euphémisme du New Deal Vert et de son Saint-Graal «Zero Carbone».

Le fait que la Chine ait probablement été la cible initiale des armes biologiques ne nuit pas à l’objectif plus répandu de perturber l’économie mondiale dans son ensemble.

L’efficacité de cette stratégie mutante dépend du fait que la plus grande partie de la populace soit entraînée dans un champ de croyance aveugle en l’authenticité –  la « réalité » – du scénario « virtuel ». Une stratégie qui masque l’imposition très réelle d’un État fasciste.

Je dirais que la mise en scène est assez mauvaise cette fois-ci. La pléthore d’actions de répression contradictoires et irrationnelles imposées au nom de la contention de l‘épouvantail dissout la crédibilité de l’opération jusqu’au point de la voir disparaître. En fait, c’est une farce ; mais une farce qui implique des morts réelles et le soutien d’un État policier, ne peut pas être simplement ridiculisée.

Au lieu de cela, elle peut être mise sous les projecteurs et être vue pour ce qu’elle est, une manipulation planifiée des personnes et des ressources de cette planète, dont le principal aiguillon consiste en l’art bien cyclique de répandre la peur et la panique. Et cela, à son tour, pour saper le don de rationalité et de bon sens dont nous avons tous été pourvus depuis notre naissance, et qui – lorsqu’il est en bon état – peut clairement voir derrière la façade et maintenir la ligne de la raison et de la vérité.

Beaucoup ont vu venir ce drame «de l’ordre par le chaos» depuis des années. Le moment du chaos est sur nous en ce moment et très visible. L’ordre est à venir et consistera en l’émergence d’un pacificateur – ou plan de paix – qui impliquera que les croupiers principaux du casino ratissent les jetons de la table de jeu et les encaissent pour une satisfaction temporaire. Permettant ainsi une petite période de vacances au cours de laquelle les faibles agenouillés pourront se réjouir d’avoir survécu et bénir l’émergence du «Nouvel ordre», sous l’autorité de n’importe qui, ou n’importe quoi, tant qu’ils pourront croire que le monde a été sauvé de l’anarchie et de la ruine.

Ceux d’entre nous dont les genoux sont encore solides et dont le cerveau ne s’est pas transformé en gelée sous influence doivent profiter de ce moment pour se déclarer, hardiment et résolument avec ces quatre mots «Nous ne consentons pas».

Il y a une surprise en réserve pour les lâches initiateurs du chaos – c’est notre heure qui viendra et – plus la leur. Car le nôtre est le Véritable Ordre Mondial qui s’aligne sur la Loi Universelle, et non sur les fausses lois d’un statu quo manipulé.

C’est notre nouvelle fusion avec la Vérité Universelle qui va évincer cette pandémie effrayante et toutes les manifestations similaires de tromperie, venues  du côté obscur, qui ont saisi cette planète pendant trop longtemps. Notre véritable ordre mondial va affronter cette dynastie obsédée et démoniaque, de sorte qu’elle trébuche, tombe et ne se relève plus.

Saisissons ce moment propice – et soyons unis comme un seul, dans un engagement inébranlable à nous mettre debout et à rester fermes pour vaincre les fantômes du chaos et de la terreur.

Julian Rose

 

Article original en anglais :

Pandemic: The Invention of a Disease Called Fear. People are being “Herded”. Disrupting the World Economy, le 17 mars 2020.

Traduit par jj, relu par Kira pour le Saker Francophone

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Julian Rose est un pionnier de l’agriculture biologique, écrivain, radiodiffuseur, militant international et acteur/penseur holistique. Son dernier livre « Overcoming the Robotic Mind – Why Humanity Must Come Through » a été salué par les lecteurs et les critiques comme étant « d’une prescience vitale ». Voir le site web de Julian pour plus d’informations www.julianrose.info 

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Sanctions américaines contre l’Iran: Double illégitimité à l’heure de la Covid-19

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Le coronavirus: D’où vient-il ?

Par Prof Michel Chossudovsky, 31 mars 2020

Le président chinois Xi Jinping a eu un entretien téléphonique avec Donald Trump le vendredi 27 mars. Le président Xi a offert le soutien de la Chine dans la lutte contre le virus aux États-Unis. Les Chinois sont des diplomates astucieux. Au départ, la Chine a été tenue responsable de la « propagation de l’infection » dans le monde entier. La question litigieuse : Trump va-t-il abandonner l’étiquette « Made in China » du coronavirus ?

 

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Le confinement soudain et désorganisé de trois semaines à l’échelle nationale annoncé par le Premier ministre indien Narendra Modi à partir du 24 mars à minuit cause d’immenses difficultés, en particulier pour des centaines de millions de travailleurs et de travailleurs agricoles, sapant manifestement les efforts visant à stopper la propagation du coronavirus mortel.

Pendant des semaines, les autorités indiennes, dont Modi lui-même, se sont vantées que l’Inde contrôlait fermement la pandémie de coronavirus. Elles ont fondé cette affirmation sur le nombre relativement faible de cas confirmés de COVID-19, ignorant allègrement les experts médicaux qui ont averti que le faible taux d’infection était selon toute probabilité une fonction du petit nombre de tests réalisés.

Mardi soir dernier, Modi et son gouvernement du Parti Bharatiya Janata (BJP) ont brusquement changé leur fusil d’épaule. Après avoir perdu deux mois précieux, au cours desquels ils ont concentré leurs efforts anti-coronavirus de l’Inde presque entièrement sur l’interdiction de voyageurs provenant de l’étranger, Modi a annoncé un confinement sans précédent.

Travailleurs migrants avec leurs familles

Affirmant que si des mesures radicales n’étaient pas prises pour «briser la chaîne de l’infection», beaucoup de gens mourraient, le Premier ministre a ordonné à la quasi-totalité du 1,37 milliard d’habitants de l’Inde de rester chez eux pendant les 21 prochains jours. Dans un acte de négligence criminelle, il l’a fait sans expliquer comment les gens, dans les zones rurales et dans de nombreux bidonvilles urbains, auraient accès à la nourriture et à l’eau – et encore moins avec quoi ils pourraient les acheter, s’ils ne pouvaient pas travailler.

Le résultat a été le chaos, y compris de grands mouvements désorganisés de population, ouvrant des conditions propices à la propagation rapide des cas de COVID-19, à la fois en nombre et géographiquement, des zones urbaines aux zones rurales de l’Inde.

Alors que le gouvernement n’a donné aux gens que quelques heures pour se procurer de la nourriture, des médicaments et d’autres articles essentiels avant que le confinement ne prenne pleinement effet, des millions de personnes se sont précipitées dans les magasins de détail et les marchés.

Bien que le gouvernement ait affirmé au départ que l’approvisionnement de biens ne serait pas interrompu, les magasins de nombreuses villes étaient à court d’articles essentiels ou ils étaient rapidement épuisés. Dans de nombreuses villes et villages, les livraisons en ligne promises ne fonctionnaient pas. Il a été plusieurs fois signalé que la police avait empêché des camions transportant de la nourriture et d’autres fournitures essentielles de franchir les frontières des provinces. Même les fabricants d’équipements médicaux nécessaires pour lutter contre le virus ont déclaré qu’ils avaient du mal à obtenir des matières premières et qu’on empêchait certains de leurs employés de se présenter au travail.

Un triste spectacle se déroule parmi les millions de travailleurs migrants qui, ayant perdu leur emploi et sans épargne, se sont lancés sur les routes pour parcourir des centaines de kilomètres à pied jusqu’à leur village natal, trainant leurs enfants et leurs maigres possessions. Ils marchent parce que le gouvernement a fermé tous les transports publics, y compris les trains.

Beaucoup de migrants se trouvent dans des circonstances misérables, certains ayant été contraints de partir sans percevoir d’arriérés de salaire. Selon la presse, au moins 22 travailleurs migrants sont morts sur la route de retour. Il s’agit notamment de Ranveer Singh, 38 ans, décédé samedi d’une crise cardiaque sur l’autoroute Delhi-Agra. Il avait déjà parcouru 200 km de la capitale nationale vers son village du district de Morena au Madhya Pradesh. Quatre autres travailleurs migrants, qui rentraient chez eux après avoir perdu leur emploi, ont été écrasés à mort et trois autres blessés samedi, lorsqu’un camion à grande allure les a renversés dans le village de Bharol à Vinar sur la route Mumbai-Ahmedabad.

Sur fond d’une colère populaire grandissante face à l’inaction et à l’indifférence insensée du gouvernement, le gouvernement du BJP dans l’Uttar Pradesh a annoncé samedi qu’il organiserait des milliers de bus pour transporter les travailleurs migrants retenus aux frontières de la province le plus peuplée du pays. Toujours à cause d’un manque total de prévoyance, la politique de «distanciation sociale» du gouvernement s’est effondrée alors que plus de 100.000 travailleurs migrants se bousculaient les uns contre les autres alors qu’ils cherchaient à monter à bord des bus.

Les gros titres des médias ont donné une idée de la catastrophe sociale qui sévit actuellement à travers le pays. «Lors du confinement pour le Covid-19, de nombreux pauvres et sans-abri de Delhi sont contraints de mourir de faim» ( The Print, 27 mars); «Pas la Chine, pas l’Italie: le confinement en Inde pour le Covid-19 est le plus dur au monde – la plus grande migration humaine à pied depuis la Partition [ de 1947]» ( Scroll.In, 29 mars); « La police de Mumbai a ouvert 2 camions-conteneurs pour y découvrir plus de 300 travailleurs migrants» ( NDTV, 26 mars); «’La faim peut nous tuer avant le virus’: les travailleurs migrants en marche pendant le confinement» (The Wire, 27 mars).

Cette catastrophe est d’autant plus amère que le confinement désorganisé et mal conçu contribue sans aucun doute à propager le virus parce que les infrastructures de santé publique délabrées et inexistantes de l’Inde, la pauvreté désespérée et la forte densité de population menacent de causer une perte catastrophique de vies, se chiffrant par millions.

Deux jours après que Modi a ordonné le confinement, la ministre des Finances, Nirmala Seetharamanan, a annoncé un ensemble de mesures de secours de 1700 milliards de roupies (22,5 milliards de dollars), soit seulement 0,8 pour cent du PIB de l’Inde. En termes par habitant, cela représente environ 16 $ par personne.

Mais même cette maigre somme est en grande partie un écran de fumée. Une tribune libre de NDTV du 27 mars cite une analyse de la firme de recherche CLSA qui montre que l’argent du gouvernement fédéral ne fournit que 400 à 500 milliards de roupies d’argent frais (moins d’un tiers de la somme totale). «Le reste proviendra des gouvernements des provinces ou du rééchelonnement des allocations déjà existantes.»

Entre temps, à la demande pressante du gouvernement, la Reserve Bank of India a pris des mesures pour injecter 3.700 milliards de roupies (49,4 milliards de dollars) dans les marchés financiers du pays afin de stimuler les fortunes des capitaux indiens et étrangers.

Seetharamanan a affirmé que les mesures de secours dérisoires signifieront que «Personne n’aura faim» – dans un pays où le gouvernement a récemment reconnu que plus de 90 pour cent des enfants de moins de cinq ans sont sous-alimentés.

La ministre des Finances du BJP a affirmé que grâce aux mesures du gouvernement, 800 millions de personnes recevront 5 kg de riz ou de blé gratuitement pendant les trois prochains mois, «en plus des 5 kg qu’ils reçoivent déjà», ainsi que «1 kg de légumes secs». Elle a ajouté que «les détenteurs de cartes de rationnement peuvent se procurer les céréales alimentaires et les légumineuses du système de distribution public (PDS) en deux temps».

Mais la déclaration de Seetharamanan a mis un très grand point d’interrogation quant à savoir si même ce maigre soutien atteindra en fait la plupart des 800 millions de pauvres, car, selon des informations, il n’y a que 230 millions de détenteurs de cartes de rationnement. De nombreux travailleurs migrants ne peuvent pas accéder au système PDS, qui est rattaché au lieu de résidence de leur famille.

Dans le cadre du «programme de secours» du gouvernement, elle a annoncé que des centaines de millions d’agriculteurs recevraient immédiatement 2.000 roupies (26,65 dollars) par le biais d’un «transfert direct en espèces» dans le cadre du programme PM Kissan Yojana existant dans la première semaine d’avril. Cependant, de nombreux commentateurs ont souligné qu’il s’agissait en fait de la première tranche d’un programme annoncé juste avant les élections de 2019. Soulignant l’attitude méprisante du gouvernement Modi envers les pauvres des campagnes, la mesure prévoyait également une pitoyable augmentation de 20 roupies sur le salaire journalier versé aux personnes employées dans le cadre du régime MGNREG de l’État, qui promet de fournir 100 jours de travail manuel au salaire minimum à un membre de chaque famille rurale qui le demande.

Seetharamanan a également déclaré que le gouvernement fournirait une couverture d’assurance médicale pouvant aller jusqu’à cinq millions de roupies (66.796 dollars) à tous les travailleurs de la santé. Il s’agit d’une tentative de dissimuler et de «compenser» financièrement l’échec criminel du gouvernement Modi à fournir un équipement de protection de base aux travailleurs de la santé en première ligne de la lutte contre le COVID-19. Reuters a rapporté qu’un document interne de quatre pages daté du 27 mars de l’agence Invest India notait que l’Inde avait besoin d’au moins 38 millions de masques et de 6,2 millions d’équipements de protection individuelle (EPI) pour faire face à la propagation du coronavirus. Cependant, la quantité de masques disponibles auprès des entreprises étudiées n’était que de 9,1 millions, tandis que le nombre de combinaisons corporelles en EPI était inférieur à 800.000.

De façon effrayante, le document Invest India concernait les besoins de seulement sept des 36 provinces et territoires fédéraux du pays, «ce qui signifie que la demande totale de tels équipements requis pourrait être beaucoup plus élevée».

Dimanche, le nombre total de cas de COVID-19 en Inde a dépassé 1.000 et le nombre de morts est passé à 27.

Wasantha Rupasinge

 

Article paru en anglais, WSWS, le 30 mars 2020

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La propagation de la pandémie de COVID-19 à pratiquement tous les pays de la planète, menaçant la vie de millions de personnes, n’a rien fait pour freiner les opérations prédatrices et criminelles de l’impérialisme américain dans le monde entier.

Loin de déclarer une trêve humanitaire alors que le virus menace la vie de millions de personnes, Washington cherche à instrumentaliser la mort et le bouleversement propagés par la maladie dans la poursuite de ses opérations de changement de régime. En même temps, les responsables américains calculent soigneusement les effets de la pandémie catastrophique sur les préparatifs de l’armée américaine aux conflits entre grandes puissances, en particulier avec la Chine.

Face aux appels des Nations Unies et de leurs alliés officiels en Europe occidentale pour une levée des sanctions punitives unilatérales américaines, Washington redouble plutôt ses tentatives de détruire les économies de l’Iran et du Venezuela. L’objectif explicite de ses régimes de sanctions est d’infliger un degré de souffrance de masse suffisamment élevé pour forcer la chute des gouvernements des deux pays. La pandémie est considérée par Washington comme un moyen d’arriver à ses fins.

Jeudi, l’administration Trump a imposé une nouvelle série de sanctions contre l’Iran, ciblant les entreprises et les particuliers impliqués dans les industries de la construction et du transport maritime. Washington a allégué qu’il y avait des liens entre eux et le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), une branche des forces armées iraniennes qui contrôle d’importantes sections de l’économie du pays.

Parmi les cibles des mesures annoncées par le département du Trésor américain figurait Al Khamael Maritime Services, une compagnie maritime irakienne accusée de faciliter la vente de pétrole iranien.

Le cheikh Adnan al-Hamidawi, un haut responsable du Kata’ib Hezbollah, un élément principal des Forces de mobilisation populaire (FMP) irakiennes, les forces de milice majoritairement chiites qui constituent une partie officielle de l’armée du pays, a également été sanctionné. Il a été accusé d’avoir «prévu d’intimider des politiciens irakiens qui ne soutenaient pas le retrait des forces américaines d’Irak».

Le parlement irakien a voté à l’unanimité en janvier pour le retrait complet et immédiat de toutes les troupes américaines et étrangères d’Irak. Le vote est intervenu à la suite de l’assassinat américain par drones du 3 janvier qui a tué le général iranien Qassem Suleimani et le chef de Kata’ib Hezbollah Abu Mahdi al-Muhandis et plusieurs autres Iraniens et Irakiens à l’aéroport international de Bagdad.

Depuis lors, Washington a défié la demande de retrait, même s’il a été contraint de retirer ses troupes américaines de bases plus petites en Irak, consolidant ses forces d’occupation sur des sites plus grands et plus défendables. Les responsables irakiens ont déclaré cette semaine que le Pentagone avait déjà commencé à introduire des systèmes de missiles Patriot, toujours au mépris du gouvernement irakien, qui craint qu’ils ne soient utilisés pour préparer une guerre totale des États-Unis contre l’Iran.

Les dernières sanctions font suite, une semaine plus tard à peine, à une série précédente de mesures punitives visant à intensifier la soi-disant campagne de pression maximale que Washington mène contre l’Iran depuis que l’administration Trump a unilatéralement abrogé l’accord nucléaire entre les grandes puissances et Téhéran en 2018. Cela a été suivi un an plus tard par un renforcement progressif de forces militaires américaines dans le golfe Persique.

L’Iran, avec plus de 32.000 cas de coronavirus officiellement signalés et près de 2400 décès jusqu’à vendredi, est l’épicentre de la pandémie au Moyen-Orient. Il a été gravement affaibli dans sa tentative de combattre la maladie par les effets des sanctions américaines, qui ont empêché Téhéran d’acheter des médicaments essentiels et des fournitures médicales, entraînant de nombreux décès liés au cancer et à d’autres maladies avant même le déclenchement de la pandémie.

Jeudi, en annonçant les nouvelles sanctions, le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a répété le mensonge cynique du gouvernement américain selon lequel Washington accordait «des dérogations et des autorisations pour l’aide humanitaire […] pour aider le peuple iranien à combattre le coronavirus». En réalité, en désignant la banque centrale iranienne comme une «entité terroriste» sanctionnée, le régime de sanctions américain empêche l’Iran d’acheter des médicaments et des fournitures désespérément nécessaires sur le marché mondial.

Deux jours seulement avant l’annonce des nouvelles sanctions contre l’Iran, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a demandé que toutes les sanctions imposées aux pays soient «réévaluées d’urgence».

«Dans un contexte de pandémie mondiale, entraver les efforts médicaux dans un pays augmente le risque pour nous tous», a déclaré la commissaire, Michelle Bachelet. Elle a ajouté que «les exemptions humanitaires aux mesures de sanctions devraient avoir un effet large et pratique, avec une autorisation rapide et flexible pour le matériel et les fournitures médicales essentielles».

La réponse meurtrière de Washington à cet appel a été démontrée non seulement par les sanctions anti-Iran annoncées jeudi, mais aussi par une nouvelle attaque contre le Venezuela annoncée le même jour par le ministère américain de la Justice sous la forme d’un ensemble grotesque d’actes d’accusation contre tous les principaux dirigeants à Caracas les traitant de trafiquants de drogue et mettant des primes de plusieurs millions de dollars sur leurs têtes.

Déjà soumis à un embargo économique américain équivalent à un état de guerre, le Venezuela a vu son économie s’effondrer encore en raison de la chute des prix du pétrole.

S’adressant à une conférence de presse en ligne jeudi, le procureur général américain William Barr a présenté des affiches de personnes recherchées à la manière du Far West offrant 15 millions de dollars en échange d’informations conduisant à l’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro et des sommes moindres pour d’autres hauts responsables vénézuéliens. Il a déclaré que l’acte d’accusation visait à «extirper la vaste corruption au sein du gouvernement vénézuélien» et l’a comparé directement à la poursuite américaine de l’ancien président panaméen Manuel Noriega, qui fut renversé et emprisonné pour des accusations américaines de racket et de trafic de drogue à la suite de l’invasion du Panama par l’armée américaine en 1989. Il a refusé de dire si Washington envisageait d’envoyer des troupes au Venezuela.

Il est manifestement absurde de prétendre que Washington mène une intervention juridique pour lutter contre la «corruption» et défendre le peuple vénézuélien contre des fonctionnaires gouvernementaux qui s’enrichissent. Sur cette base, il devrait inculper pratiquement tous les gouvernements d’Amérique latine, à commencer par celui de son allié sud-américain le plus proche, la Colombie, où il existe de nombreuses preuves de parrainage par l’État du trafic de drogue.

Barr a également déclaré qu’il n’y avait eu aucune consultation sur les actes d’accusation avec Juan Guaidó, le politicien de droite qui s’intronisa comme «président par intérim» en janvier de l’année dernière et fut immédiatement reconnu par Washington. Les actes d’accusation constituent un aveu tacite que cette opération a lamentablement échoué depuis la tentative avortée de Guaidó en avril dernier de fomenter un coup d’État contre Maduro. Le dernier sondage au Venezuela a indiqué que seulement 3 pour cent de la population reconnaissent Guaidó comme président.

Tout comme la réponse au sein de l’oligarchie financière américaine et du gouvernement Trump à la propagation du coronavirus est centrée sur ses effets sur les marchés, de même au sein de l’appareil d’État américain, elle se concentre sur la façon dont cette maladie mortelle affectera la position mondiale de l’impérialisme américain, en particulier vis-à-vis de son principal rival, la Chine.

Le gouvernement Trump mène une campagne de propagande violemment anti-chinoise à propos du coronavirus, empêchant les ministres du groupe des 7 pays réunis cette semaine de publier une déclaration commune en raison de l’insistance brutale de la part du secrétaire d’État américain Mike Pompeo à décrire la pandémie comme le «virus de Wuhan».

L’armée américaine, quant à elle, a mené des exercices militaires provocateurs dirigés contre la Chine, notamment un lancement de missiles armés dans la mer des Philippines mercredi et le passage d’un navire de guerre américain dans les eaux stratégiques du détroit de Taiwan jeudi.

Ces opérations militaires, de l’Irak à la région Asie-Pacifique, se poursuivent alors même que l’armée américaine elle-même est confrontée à une propagation toujours plus large du coronavirus dans ses propres rangs. Le porte-avions américain Teddy Roosevelt a été contraint de se dérouter vers Guam après que 25 marins ont été trouvés positifs. Des hôpitaux de campagne d’urgence y sont installés en prévision d’une propagation beaucoup plus large de la maladie parmi les 5000 membres d’équipage du navire. Le mouvement des autres troupes a été limité par crainte de propager la maladie.

Un article paru dans le magazine Foreign Affairs avertit que l’échec absolu du gouvernement Trump à contenir la propagation du coronavirus ou à atténuer ses effets de plus en plus dévastateurs menace de saper la position mondiale de Washington, à mesure que Pékin devient la principale source d’aide étrangère aux pays confrontés à la pandémie.

Ses auteurs, Kurt Campbell, ancien secrétaire d’État adjoint américain pour l’Asie de l’Est, et Rush Doshi, directeur de la China Strategy Initiative de la Brookings Institution, écrivent:

«Alors que Washington vacille, Pékin manoeuvre rapidement et habilement pour profiter de l’ouverture créée par les erreurs américaines, remplissant le vide pour se positionner comme le leader mondial de la réponse à une pandémie […] Pékin comprend que s’il est aperçu comme montrant la voie, et Washington est aperçu comme incapable ou peu disposé à le faire, cette perception pourrait modifier fondamentalement la position des États-Unis dans la politique mondiale et la compétition pour afficher ses qualités de dirigeant au XXIe siècle».

La réponse de l’impérialisme américain à cette menace perçue est un recours à la violence militaire. Alors même que l’humanité fait face aux ravages de la pandémie de COVID-19, l’impérialisme prépare des horreurs bien plus grandes sous la forme d’une nouvelle guerre mondiale.

Bill Van Auken

 

Article paru en anglais, WSWS, le 28 mars 2020

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Oxygène confisqué

mars 31st, 2020 by Jérôme Duval

En pleine pénurie de matériel médical, la seule usine européenne pouvant fabriquer des bouteilles d’oxygène à haute pression, en France, est à l’arrêt. Ses anciens salariés réclament sa réquisition.

Face au coronavirus, va-t-on manquer d’oxygène? Alors que la pénurie de masques agite l’opinion, le silence est de mise sur les réserves en bouteilles d’oxygène, dont l’Italie semble cruellement manquer. Paradoxalement, la seule usine capable d’en fabriquer en Europe reste désespérément fermée. Les salariés de l’usine Luxfer Gas Cylinders de Gerzat (dans la banlieue nord de Clermont-Ferrand) demandent la nationalisation1 «totale et définitive» de leur outil de travail et la reprise immédiate de la production afin de pouvoir satisfaire les demandes liées à la crise sanitaire en cours.

Le 26 novembre 2018, face aux 136 salariés installés dans le réfectoire, un responsable – appelé «manager de transition» dans le jargon – du groupe britannique Luxfer Holding PLC, détenu par des fonds tels Fidelity ou encore BlackRock, annonce la fermeture définitive du site racheté en 2001. La production s’arrête en mai 2019.

Délocalisation cachée

L’usine, pourtant bénéficiaire avec un carnet de commandes bien rempli, ferme en juin et les salariés sont tous licenciés. Avec 22 millions de chiffre d’affaires et un bénéfice d’un million d’euros en 2018, en progression de 55% par rapport à l’année précédente, cette mise à mort est difficile à accepter pour les salariés.

D’après le délégué syndical CGT Axel Peronczyk, le groupe, alors en quasi monopole sur le secteur, souhaitait remplacer les produits de très haute qualité conçus sur le site par d’autres, de qualité inférieure, réalisés ailleurs, à des coûts de fabrication moindre et des prix de vente en hausse de 12%.

Occupation salvatrice

Début janvier 2020, la direction de l’entreprise fait détruire les paniers de chargement mais, lorsque les bulldozers se présentent quelques jours plus tard, les salariés investissent l’usine. L’occupation empêche la destruction des machines par la direction et tient bon jusqu’au 19 mars, en pleine crise du Coronavirus. Pour respecter le confinement, les salariés en lutte décident alors de remettre le site sous la responsabilité de la Préfecture.

Luxfer de Gerzat, qui fabriquait quelque 220 000 bouteilles par an, près de 950 bouteilles par jour ouvré, fournissait l’Europe et la Russie, mais aussi l’Asie de l’Est, l’Afrique du Nord, l’Afrique du Sud, l’Australie, le Japon… La moitié de cette production était destinée à l’oxygène médical, 40% pour équiper les pompiers d’appareils respiratoires isolants et 10% pour l’industrie.

Des bouteilles de gaz à haute pression cruciales durant cette épidémie puisqu’elles sont utilisées pour atténuer les symptômes de détresse respiratoire. Elles servent à domicile, à l’hôpital quand les raccordements à de grandes cuves d’oxygène ne sont plus disponibles, dans des hôpitaux de campagne installés pour soulager les hôpitaux saturés, comme actuellement à Mulhouse, ou encore lorsque les malades doivent être déplacés.

Nationaliser pour sauver des vies

Les travailleurs en lutte prennent l’allocution du président Emmanuel Macron du 12 mars au pied de la lettre lorsque celui-ci affirmait: «Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché», pour exiger une nationalisation totale et définitive de l’usine de Gerzat avec un redémarrage immédiat de l’activité afin d’éviter la pénurie et sauver des vies. Une demande soutenue par plus 110000 signatures récoltées en une petite semaine sur change.org.

Jérôme Duval

 

 

Note :

1.L’usine avait déjà été nationalisée entre 1988 et 1995.

UE: «Tout va s’effondrer maintenant»

mars 31st, 2020 by Olivier Renault

Pour le député Waldemar Herdt du Bundestag la crise du Covid-19 est  «un test sérieux» pour  l’existence de  l’Union européenne». Avec la crise les entreprises en Europe ferment et le chômage va augmenter.  Le suicide du ministre des finances de Hesse, Thomas Schäfer, qui venait d’annoncer une aide massive aux entrepreneurs montre le niveau de panique qui s’empare de la société à tous les étages, enfin pour le moment plus en Allemagne qu’en France. 

Waldemar Herdt, estime que la crise montre  le vrai  visage de l’UE: «L’UE a laissé tomber  l’Italie et l’Espagne»; «elle n’est pas viable».  «Dans les bons moments, nous sommes tous amis. Un vrai ami se voit quand la situation est mauvaise» et « maintenant, c’est mauvais»,  «la viabilité de l’UE est devenue un point d’interrogation», déclare-t-il.

En effet,  la Chine, Cuba et la Russie sont venus aider l’Italie.  Pour  Waldemar Herdt, la sortie de la crise nécessite un retour accéléré  sur l’idée d’UE et explique qu’ «il est nécessaire de construire des relations qui seront utiles maintenant et à l’avenir entre les pays» car  «la position de l’UE dans son ensemble et de chaque État en particulier n’est claire pour personne». «Le test de crise  sera en Europe le plus difficile. Elle doit se reconstruire rapidement, sinon un effondrement se produira et sous ces débris, des États et des peuples pourraient mourir, ce que nous ne voudrions pas», a résumé le politicien.

«Le Covid-19 a clairement montré à quel point les frontières et les États-nations qui les protègent sont importants et à quel point les structures de pouvoir centralisées sont vulnérables ce qui pose la question de  légitimité de l’UE», dit Bernhard Zimniok,  le porte-parole pour la politique de sécurité de l’AfD au Parlement européen.

Emmanuel Macron a  d’ailleurs mis en garde les dirigeants européens contre la menace d’effondrement de l’espace Schengen si les pays de l’UE n’étaient pas prêts à manifester leur solidarité au milieu de la pandémie du Covid-19.

Neues  Deutschland confirme la fin de l’UE et de Schengen: «Nous assistons actuellement à la satisfaction de demandes essentielles de l’extrême droite à un rythme époustouflant. L’utilisation d’instruments autoritaires de contrôle et d’application par l’État et le discours sur la «sécurité intérieure» devraient plaire aux mouvements politiques de droite et pourraient leur être bénéfiques à moyen terme. Les frontières ont également été fermées au sein de l’UE sans consultation. Le système Schengen a donc été annulé en très peu de temps et il semble douteux que celui-ci soit complètement inversé».

La société d’information Crifbürgel de Hambourg s’attend à davantage de faillites privées cette année en raison du Covid-19. «Le  coronavirus aura un impact important sur l’économie, bien que les effets ne puissent pas encore être estimés»; «Nous devons supposer qu’il y aura davantage de faillites privées en Allemagne», «les Allemands auront moins d’argent dans leurs poches pour faire face à leurs obligations telles que les remboursements de prêts, les loyers ou le financement. À long terme, une baisse des revenus conduit d’abord au surendettement puis à la faillite personnelle», a déclaré le directeur général Christian Bock de Criftbügel.

«L’Allemagne s’attend à faire face une grave récession», annonce la station de radio RBB ce lundi matin et la «chaîne de distribution va s’effondrer» dit le journaliste. «Le Covid-19 change notre vie, surtout qu’on ne peut plus rencontrer des gens» rajoute la RBB qui invite des psychologues pour savoir comment les gens vivent actuellement la crise et le confinement. «Nous vivons une situation inconnue» dit la psychologue, qui semble, elle-même perdue dans ce nouveau monde. La crise entraînera des coupes massives sur le marché du travail. «Le chômage  est le principal moteur de la faillite personnelle avec la détérioration des revenus qui en découle», «si le chômage augmente, les gens auront moins d’argent et les coûts resteront élevés », a déclaré Christian Bock à Stimme.

En Belgique, le nombre de faillites va progresser de 8% en 2020 par rapport à l’année précédente qui constituait quasiment un record, estime l’assureur-crédit Euler Hermes. «Les règles changent face à une vague inédite de dépôts de bilan» titre Les Echos.

Avec le confinement, les entreprises françaises ferment et les professionnels de la restructuration d’entreprises s’attendent à des dépôts de bilan en série malgré les mesures du gouvernement pour préserver la trésorerie des TPE et PME.  «C’est sans commune mesure avec la crise de 2008. Cette fois, c’est toute l’économie qui est arrêtée: tourisme, restauration, industrie…. J’ai du mal à appréhender à ce stade comment les entreprises vont réussir à passer cette épreuve», témoigne Catherine Poli, administrateur judiciaire dans Les Echos. La CCI de Paris écrit sur sont site «l’épidémie de covid-19 laisse craindre une crise économique sans précédent». Tous les pays de l’UE nagent dans l’inconnu car Bruxelles montre son incapacité à gérer la crise. L’UE est morte.

Olivier Renault

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Le coronavirus: D’où vient-il ?

mars 31st, 2020 by Prof Michel Chossudovsky

Le président chinois Xi Jinping a eu un entretien téléphonique avec Donald Trump le vendredi 27 mars.

Le président Xi a offert le soutien de la Chine dans la lutte contre le virus aux États-Unis.

Les Chinois sont des diplomates astucieux.

Au départ, la Chine a été tenue responsable de la « propagation de l’infection » dans le monde entier.

La question litigieuse : Trump va-t-il abandonner l’étiquette « Made in China » du coronavirus ?

Tweet Global Times:

Quel président ! En qualifiant la COVID-19 de « virus chinois », Trump tente de masquer le manque de mesures de prévention et de contrôle de son administration contre le #coronavirus. Il passe le flambeau à la Chine, en essayant de prouver qu’il n’est PAS responsable de la situation actuelle à laquelle les Etats-Unis font face. twitter.com/realDonaldTrump

Les États-Unis vont fortement soutenir  les industries, comme les compagnies aériennes et d’autres, qui sont particulièrement touchées par le virus chinois. Nous serons plus forts que jamais !

Au début du mois de mars, Trump était sans équivoque : « La Chine doit payer pour cela… « Le monde paie un très lourd tribut pour ce qu’ils ont fait ».

Mais il semble maintenant que la rhétorique du virus « Made in China » soit en suspens. Et le ministère des affaires étrangères chinois n’insinue plus que le « virus chinois » a été « Made in America« … transmis à Wuhan lors des Jeux militaires d’octobre 2019.

Donald Trump a déclaré qu’il cesserait d’utiliser le terme « virus chinois » :

« Je ne le regrette pas, mais ils nous ont accusé de l’avoir fait par l’intermédiaire de nos soldats, ils ont dit que nos soldats l’avaient fait exprès, qu’est-ce que c’est que ça ? »

« Ecoutez, tout le monde sait qu’il vient de Chine, mais j’ai décidé que nous ne devions pas en faire tout un plat. Je crois que j’en ai fait toute une histoire. Je pense que les gens le comprennent. Mais tout a commencé quand ils ont dit que nos soldats avaient commencé. Nos soldats n’ont rien à voir avec ça. »

Selon le président Xi Jinping:

« Dans les circonstances actuelles, la Chine et les États-Unis devraient s’unir pour combattre l’épidémie… La Chine est prête à continuer à fournir sans réserve des informations et leurs expériences aux États-Unis.

Xi Jinping président de la Chine

Ce à quoi Donald Trump a répondu:

Je viens de terminer une très bonne conversation avec le président chinois Xi. Il a discuté en détail du CoronaVirus qui ravage une grande partie de notre planète. La Chine a traversé tant de choses et a développé une solide compréhension du virus. Nous travaillons en étroite collaboration. Avec beaucoup de respect !

La diplomatie est restaurée? Demandez aux Chinois. Cela concerne la « transmission » du virus

Dans une étude récente portant sur la transmission du virus, Larry Romanoff conclut que le coronavirus n’a pas pu « voyager » spontanément (« de lui-même ») d’un pays à l’autre en infectant 85 pays en quelques jours à partir du début février :

Un virus naturel n’a pas la capacité d’infecter simultanément 85 pays différents sur tous les continents du monde, avec l’éclosion de l’infection dans plusieurs endroits de chaque pays…

Plus curieux encore, ces pays n’étaient, en aucun cas, tous infectés par la même variété de virus, ce qui signifie que les infections simultanées dans ces 85 pays ne provenaient pas de la même souche. – et de le faire sans l’intermédiaire d’un marché de fruits de mer rempli de chauves-souris et de bananes.

Pendant ce temps, Beijing affirme que la plupart des nouveaux cas de COVID-19 en Chine ont été introduits dans le pays par des visiteurs étrangers, y compris des Américains.

Pour ralentir le virus, la Chine interdit l’entrée à presque tous les étrangers.

Pékin a interrompu la plupart des vols internationaux, rendant le retour des citoyens chinois difficile. Et elle a même empêché les étrangers ayant un visa ou un permis de séjour chinois d’entrer sur son territoire.

Capture d’écran NYT, 26 mars 2020

Et puis, fin mars, le premier ministre australien, Scott Morrison, qui est un allié proche et un ami de Donald Trump, lâche une bombe  (involontairement) :

« Le pays qui est en fait responsable d’une grande partie de ces cas (de coronavirus) est en réalité les États-Unis. »

Trump et Morrison

Les États-Unis sont le pays d’origine de la plupart des cas de coronavirus en Australie, a déclaré le Premier ministre.

S’exprimant sur 2GB ce matin, Scott Morrison a déclaré que c’était le bon moment pour fermer les frontières du pays.

Capture d’écran de MSN News, 20 mars 2020

Remarques finales :

« D’où vient le virus? Telle est la question !« 

Michel Chossudovsky

 

Article original en anglais :

Coronavirus: Where Did It Come From?

Traduit par Maya pour Mondialisation.ca

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Tandis que la crise du Coronavirus paralyse des sociétés entières, de puissantes forces sont à l’oeuvre pour tirer l’avantage maximal de la situation. Le 27 mars l’OTAN sous commandement USA s’est élargie de 29 à 30 membres, en englobant la Macédoine du Nord. Le jour suivant -alors que se poursuivait l’exercice USA “Défenseur de l’Europe 2020”, avec moins de soldats mais plus de bombardiers nucléaires- a commencé en Écosse l’exercice aéronaval OTAN Joint Warrior avec des forces US, britanniques, allemandes et autres, qui durera jusqu’au 10 avril y compris avec des opérations terrestres. 

En attendant, les pays européens de l’OTAN sont avertis par Washington que, malgré les pertes économiques provoquées par le Coronavirus, ils doivent continuer à augmenter leurs budgets militaires pour “conserver la capacité de se défendre”, évidemment de l’”agression russe”.

À la Conférence de Munich, le 15 février, le secrétaire d’état Mike Pompeo a annoncé que les États-Unis ont sollicité les alliés à débourser 400 milliards de dollars de plus pour augmenter la dépense militaire de l’OTAN, qui dépasse déjà amplement les 1.000 milliards annuels. L’Italie doit ainsi augmenter sa propre défense militaire, qui se monte déjà à plus de 26 milliards d’euros annuels, c’est-à-dire plus que le Parlement n’a autorisé à débourser ponctuellement pour l’urgence Coronavirus (25 milliards).  

L’OTAN gagne ainsi du terrain dans une Europe largement paralysée par le virus, où les USA, aujourd’hui plus que jamais, peuvent faire ce qu’ils veulent. À la Conférence de Munich Mike Pompeo a violemment attaqué non seulement la Russie mais aussi la Chine, en l’accusant d’utiliser Huawei et d’autres compagnies comme “cheval de Troie de l’intelligence”, c’est-à-dire comme outils d’espionnage. Ce faisant les États-Unis accroissent leur pression sur les pays européens pour qu’ils rompent aussi les accords économiques avec Russie et Chine et renforcent les sanctions contre la Russie.

Que devrait faire l’Italie, si elle avait un gouvernement qui veuille défendre nos réels intérêts nationaux ? 

Elle devrait avant tout refuser d’augmenter notre dépense militaire, artificiellement gonflée avec la fake news de l’”agression russe”, et la soumettre à une révision radicale pour réduire le gaspillage d’argent public dans des systèmes d’arme comme le chasseur USA F-35. Elle devrait immédiatement supprimer les sanctions contre la Russie, en développant au maximum l’échange avec elle. Elle devrait adhérer à la requête -présentée le 26 mars à l’ONU par la Chine, la Russie, l’Iran, la Syrie, le Venezuela, le Nicaragua, Cuba et la Corée du Nord- que les Nations Unies fassent pression sur Washington pour abolir toutes les sanctions, particulièrement nocives au moment où les pays qui les subissent sont touchés par le Coronavirus. De l’abolition des sanctions contre l’Iran dériveraient aussi des avantages économiques pour l’Italie, dont les échanges avec ce pays ont été pratiquement bloqués par les sanctions USA. Ces mesures et d’autres donneraient de l’oxygène surtout aux petites et moyennes entreprises étouffées par la fermeture forcée, rendraient disponibles des fonds à destiner pour l’urgence, en faveur surtout des couches les plus défavorisées, sans pour cela s’endetter.

Le plus grand risque est celui de sortir de la crise en ayant au cou le noeud coulant d’une dette extérieure qui pourrait réduire l’Italie aux conditions de la Grèce. Plus puissantes que les forces militaires, et qui ont aussi en main les leviers décisionnels du complexe militaro-industriel, sont les forces de la grande finance internationale, qui sont en train d’utiliser le Coronavirus pour une offensive à l’échelle mondiale avec les armes les plus sophistiquées de la spéculation. Ce sont elles qui peuvent porter à la ruine des millions de petits épargnants, et qui peuvent utiliser la dette pour s’approprier des secteurs économiques entiers. 

Dans cette situation décisif est l’exercice de la souveraineté nationale, pas celle de la réthorique politique mais celle, réelle, qui, garantit notre Constitution, appartient au peuple.

Manlio Dinucci

Article original en italien :

Manovre strategiche dietro la crisi del Coronavirus

Édition de mardi 31 mars 2020 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/manovre-strategiche-dietro-la-crisi-del-coronavirus/ 

Traduction par Marie-Ange Patrizio

Image en vedette : Capture d’écran d’une photo par Angus Mordant/Bloomberg

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Trump veut-il bombarder Caracas comme Panamá en 1989?

mars 30th, 2020 by Collectif d'auteurs

Par Vijay Prashad, Paola Estrada, Ana Maldonado, Zoe Pc / Peoplesdispatch.Org

Lors d’une conférence de presse tenue le 26 mars, il était presque comique de constater le peu de preuves fournies par le ministère américain de la justice lorsqu’il a accusé le président du Venezuela Nicolás Maduro et plusieurs dirigeants de son gouvernement de « trafic de stupéfiants ». Les États-Unis ont offert 15 millions de dollars pour l’arrestation de Maduro et 10 millions de dollars pour les autres. « Maduro », a dit le procureur américain Geoffrey Berman sur un ton façon dramatique, « a très délibérément utilisé la cocaïne comme arme ». Des preuves ? Aucune.

Sanctions

Il est surréaliste que les États-Unis – en pleine pandémie mondiale COVID-19 – choisissent de placer leurs efforts dans cette mise en accusation ridicule et sans preuves contre Maduro et d’autres membres du gouvernement. L’argent de la récompense aurait mieux fait d’être versé à l’hôpital surchargé d’Elmhurst, à New York. Des pressions sont déjà exercées sur les États-Unis pour qu’ils réduisent les sanctions non seulement contre le Venezuela mais aussi contre l’Iran (même le New York Times a publié le 25 mars un appel à la fin des sanctions contre l’Iran). L’Organisation Mondiale de la Santé a clairement indiqué que ce n’était pas le moment d’entraver la capacité des pays à importer des biens de première nécessité pour lutter contre la pandémie. Le Secrétaire Général des Nations unies, António Guterres, a appelé à un cessez-le-feu dans les conflits ; ce n’est plus qu’une question de jours pour qu’il fasse une déclaration sur les sanctions. Aujourd’hui, en désespoir de cause, les États-Unis ont tenté de faire glisser le débat, non plus sur le COVID-19 et les sanctions, mais sur le narco-terrorisme.

Interrogé sur ces mises en accusation en pleine pandémie, le procureur général américain William Barr a tenté d’expliquer que la faute n’en incombe pas à Washington mais à Caracas. Il a déclaré, en l’absence de toute preuve, que le Venezuela bloquait l’entrée de l’aide dans le pays. Rien n’est plus faux, puisque le Venezuela a demandé et obtenu du matériel médical et l’envoi de personnel soignant en provenance de Chine, de Cuba et de Russie, ainsi que de l’Organisation mondiale de la Santé. En fait, l’Organisation Mondiale de la santé a fait pression sur les États-Unis pour qu’ils lui laissent plus de liberté pour faire parvenir cette coopération dans le pays – une demande que les États-Unis ont rejetée (les États-Unis ont également rendu difficilepour l’Organisation Mondiale de la Santé l’entrée de matériel médical en Iran). Lorsque le Venezuela s’est adressé au Fonds Monétaire International pour demander l’octroi d’un fond de 5 milliards de dollars – fonds humanitaire sans intérêt ni conditions – pour des achats liés au COVID-19, le gouvernement américain a fait pression sur le Fonds pour qu’il refuse la demande. Mais Barr peut facilement multiplier les contre-vérités : aucun des médias présents à la conférence de presse ne l’a contesté en se basant sur des faits qui sont pourtant clairement dans le domaine public.

Changement de régime

En 1989, les États-Unis ont utilisé l’accusation de trafic de stupéfiants, en particulier de cocaïne, pour entacher la réputation de leur ancien agent, le président du Panama Manuel Noriega. Le même juge Barr est lié à l’invasion du Panama par les Etats-Unis qui massacrèrent 6000 personnes. C’est sur la base de cette accusation et d’une inculpation en Floride que les États-Unis ont finalement envahi le pays, enlevé Noriega, installé la marionnette de Washington à Panama City et jeté Noriega dans une prison de Floride. L’ombre de la manière dont les États-Unis ont traité Noriega plane sur Caracas : les États-Unis vont-ils lancer un raid expéditionnaire sur la base de ce nouvel acte d’accusation ? Ce n’est pas une question théorique. Les États-Unis ont tenté depuis longtemps, et au moins depuis janvier 2019, de déstabiliser et de renverser le gouvernement de Nicolás Maduro. Le but de cette accusation est tout simplement d’essayer de serrer la vis.

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En 1989, dans l’indifférence mondiale, les Etats-Unis envahirent le Panama, massacrant six mille habitant(e)s des quartiers populaires.

La mise à prix des têtes de Maduro et d’autres dirigeants suggère que le gouvernement états-unien veut frapper d’un coup de massue de style mafieux les dirigeants du Venezuela. Il s’agit là d’une manœuvre très dangereuse de la part des États-Unis. Elle donne essentiellement aux gangsters le feu vert pour tenter de commettre un assassinat à l’intérieur du Venezuela. Le refus d’autoriser Maduro à voyager hors du Venezuela est une violation d’une série de conventions internationales qui priment la diplomatie sur la belligérance. Mais, étant donné la manière illégale dont les États-Unis ont formulé leur stratégie de changement de régime contre le Venezuela, il est peu probable que quelqu’un critique cette décision.

Quelques heures avant l’annonce à Washington, la rumeur a commencé à se répandre que les États-Unis allaient placer le gouvernement du Venezuela sur la liste des « États qui soutiennent le terrorisme » – la plus haute condamnation d’un gouvernement. Mais ils ont dû faire une pause. Cette pause est survenue pour des raisons absurdes. Si le gouvernement américain accusait le gouvernement de Maduro d’être un « État parrain du terrorisme », il reconnaîtrait tacitement que le gouvernement de Maduro était bien le gouvernement du Venezuela. Depuis l’année dernière, l’une des tentatives de déstabilisation a consisté à nier que le gouvernement de Maduro était le gouvernement légitime du Venezuela, voire à nier qu’il s’agissait d’un quelconque gouvernement. Il serait impossible de dire que le gouvernement Maduro était un « État qui soutient le terrorisme » sans reconnaître qu’il s’agit du gouvernement du Venezuela. Les États-Unis ont donc dû garder la main, pris au piège par leur propre logique.

Pendant ce temps, le gouvernement américain n’ose pas prendre des mesures contre ses alliés dans les principaux pays producteurs et trafiquants de drogue que sont la Colombie et le Honduras. L’ancien président colombien et actuel membre du Sénat Álvaro Uribe Vélez est en ce moment impliqué dans plus de 270 affaires judiciaires en Colombie, avec des accusations d’écoutes illégales, de crime organisé, d’assassinats sélectifs et de disparitions forcées. Uribe et les membres de sa famille ont des liens avérés avec le groupe paramilitaire Bloque de Antioquia, responsable de milliers d’assassinats de civils colombiens et profondément impliqué dans le trafic de stupéfiants. Uribe et son protégé Iván Duque ont une relation étroite avec le gouvernement états-uniens et ont été la pierre angulaire et l’allié de divers plans d’intervention contre le Venezuela.

L’actuel président du Honduras, Juan Orlando Hernández, a été impliqué dans l’affaire intentée par un tribunal fédéral de New York contre son frère Antonio Hernández. Les procureurs ont affirmé que le président avait reçu 25.000 dollars de pots-de-vin de la part de trafiquants de drogue qui ont été utilisés pour sa campagne présidentielle de 2013.

La déclaration publiée par le ministère américain de la justice se lit comme un thriller, tant le manque de preuves amène à la comparaison avec la fiction. Elle énumère des noms et des accusations, fait constamment référence au « narco-terrorisme » et affirme que le gouvernement vénézuélien veut « inonder » les États-Unis de cocaïne. Il faudrait un effort surhumain d’aveuglement pour croire à ces divagations et délires sans fondement. Mais le problème est que le peuple vénézuélien doit prendre cela au sérieux, car il s’agit d’un renforcement de la belligérance du gouvernement des États-Unis. Le peuple vénézuélien est conscient d’une situation de type panaméen. Il est difficile de les blâmer. C’est le bilan du gouvernement des États-Unis.

Le commentaire du secrétaire général de l’ONU selon lequel les cessez-le-feu sont à l’ordre du jour étant donné la pandémie mondiale devrait s’appliquer à la guerre hybride des États-Unis contre le Venezuela. Elle doit s’arrêter maintenant. C’est l’heure de la réconciliation et de la compassion, pas celle de la masculinité toxique et de la guerre.

Vijay Prashad est historien, rédacteur et journaliste indien. Il est collaborateur de rédaction et correspondant en chef de Globetrotter, un projet de l’Institut des médias indépendants. Il est le rédacteur en chef de LeftWord Books et le directeur de Tricontinental : Institute for Social Research. Il a écrit plus de vingt livres, dont The Darker Nations : A People’s History of the Third World (The New Press, 2007), The Poorer Nations : A Possible History of the Global South(Verso, 2013), The Death of the Nation and the Future of the Arab Revolution(University of California Press, 2016) et Red Star Over the Third World(LeftWord, 2017).
Paola Estrada fait partie du Secrétariat de l’Assemblée Internationale des Peuples et est membre du chapitre brésilien des Mouvements de l’ALBA(Coordination continentale des mouvements sociaux vers l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique).
Zoe PC est journaliste à Peoples Dispatch et fait des reportages sur les mouvements populaires en Amérique latine.
Ana Maldonado fait partie du Frente Francisco de Miranda (Venezuela).

Source: As the world tackles the COVID-19 Pandemic, the US raises the pressure on Venezuela, Peoples Dispatch, le 26 mars 2020.

Traduit de l’anglais par Thierry Deronne pour Venezuela Infos

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Cuba à l’assaut du coronavirus

mars 30th, 2020 by Laura Hunter

Comme hier face à l’ébola, l’île a proposé son aide aux pays en difficulté face au covid-19. L’arrivée de médecins cubains en Lombardie symbolise cette politique constante de solidarité médicale.

«Va-t-on enfin se rendre compte qu’il n’y a que dans les films que les gouvernements capitalistes sauvent le monde?» Cette réaction captée un réseau social illustre le sentiment de beaucoup face à l’absence de soutien de l’Union européenne et des Etats-Unis envers les premiers pays les plus fortement touchés par le covid-19: la Chine, l’Iran et l’Italie. Comme à son habitude, Cuba a fait au contraire figure d’exemple. Et ce malgré une situation économique précaire depuis le renforcement des sanction étasuniennes ces deux dernières années. Symbole de cette solidarité cubaine, l’arrivée d’une brigade de médecins et d’infirmiers cubains ce weekend en Lombardie, faisant suite à la demande formulée par les autorités de la région dont le système sanitaire est en plein collapse.

«La patrie, c’est l’humanité», écrivait l’indépendantiste cubain José Marti au XIXe siècle. Près d’un siècle et demi plus tard, force est de constater que les autorités du pays suivent ce précepte. En 2014, Cuba avait déjà prouvé son altruisme lors de la bataille contre l’ébola en Afrique occidentale, avec l’envoi de 256 de ses médecins. Dans les années 1980, après la catastrophe de Tchernobyl, un chiffre record d’enfants ukrainiens malades avait été accueilli et réhabilité dans l’île. Mais cette tradition humaniste date des premières années de la révolution cubaine. En 1963, l’Algérie avait bénéficié la première de cette coopération internationaliste. Depuis, selon les chiffres officiels, plus de 400000 «soldats en blouse blanche» ont prêté service dans 164 pays d’Afrique, d’Amérique, du Moyen-Orient et d’Asie.

A la rescousse de l’Italie

A cette longue liste s’ajoute aujourd’hui l’Europe. Face à la dramatique congestion de son système de santé, la région italienne de la Lombardie a en effet fait appel au gouvernement cubain. La réponse favorable de ce dernier a donné lieu à l’arrivée ce weekend d’une cinquantaine de médecins et d’infirmiers cubains venant rejoindre les brigades chinoises déjà envoyées en renfort la semaine passée. Armés de l’antiviral Interféron Alfa 2b, dont la technologie est cubaine et la production chinoise, ils espèrent contribuer à faire fléchir la pandémie dans la région la plus affectée d’Italie.

Le conseiller sanitaire Giulio Gallera a informé que ce contingent cubain complétera les rangs de l’hôpital de Crema. Le président de Lombardie Attilio Fontana a pour sa part précisé que l’annonce de l’arrivée de ces médecins cubains et chinois a été déterminante dans la décision de reprendre la construction du nouvel hôpital de Bergame (la province lombarde où le covid-19 fait le plus de victimes). «Construire une cathédrale dans le désert était inutile», a-t-il expliqué en se référant à la préalable mise en suspens du chantier pour manque de personnel. Relevons que la Chine a promis l’envoi de davantage d’experts et de médecins.

A part l’Italie, d’autres pays comptent depuis la semaine passée sur du personnel de santé cubain pour contrer le covid-19. Des virologues, microbiologistes et spécialistes en soins intensifs ont été dépêchés au Venezuela (également fortement sanctionné par le blocus étasunien) mais aussi au Surinam, la Jamaïque, la Grenade et le Nicaragua. Selon certaines sources, l’Espagne pourrait elle aussi avoir recours aux services cubains à l’aune de la crise sanitaire qui l’occupe. «En tout, plus de 25’000 médecins cubains présents dans trente-trois pays affectés par le covid-19 travaillent sous l’orientation des autorités locales de santé», relève Pedro Luis Pedroso, ambassadeur de Cuba devant les Nations unies à Genève. Il souligne que cette coopération n’a pas de motifs commerciaux, mais humanistes. Tandis que les pays qui en ont les moyens rétribuent ces prestations, elles sont entièrement ou partiellement gratuites pour ceux qui se trouvent dans une situation financière défavorable.

Biotechnologie sous embargo

En Chine, il n’a pas fallu attendre l’épidémie de covid-19 pour qu’une coopération dans le secteur biotechnologie et pharmaceutique se développe avec Cuba1. Depuis quinze ans maintenant, des dizaines de recherches, d’échanges et d’investissements conjoints ont été réalisés, notamment dans la production et commercialisation de médicaments et d’équipements. L’Interferón Alfa 2b humain, commercialisé depuis trois décades sous le nom d’HeberonRAlfaR ou IFNrec, est un exemple éloquent de cette collaboration. La technologie de ce reconstituant a été transférée il y a quelques années par le Centre d’ingénierie génétique de Cuba (CIGB) à l’entreprise sino-cubaine Changchun Heber Biological Technology, située au nord-est de la Chine.

S’il ne s’agit pas d’un médicament préventif, cet antiviral utilisé en Chine contre le coronavirus est aussi efficace contre certains cancers et hépatites, car il contribue à renforcer l’immunité tout en réduisant les processus infectieux. Aux dires des autorités chinoises, il aurait grandement contribué à freiner les effets graves du covid-19 dans ce premier pays touché par l’épidémie, en participant à la guérison de plus de 1500 malades.

Quelque 113 pays auraient déjà sollicité aux autorités cubaines l’envoi dudit remède. En Italie, un décret a été adopté pour demander à l’Agence nationale du médicament AIFA d’accélérer l’autorisation de mise sur le marché de l’Interféron Alpha 2b. Le député André Chassaigne a pour sa part suggéré au ministre de la Santé français d’envisager une coopération médicale bilatérale entre les deux pays, portant à la fois sur l’accueil de médecins cubains et sur l’utilisation en France de l’interféron Alfa 2b. Il précise que «le blocus des Etats-Unis sur Cuba, contraire au droit international, ne peut en aucun cas affecter la collaboration médicale franco-cubaine, d’autant plus que les Conventions de Genève interdisent tout embargo de médicaments».

Contactée par notre rédaction, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a expliqué que l’effectivité de l’Interféron est actuellement testée, tout comme celle d’autres médicaments. Pendant ce temps, à Cuba, la recherche d’un vaccin contre le covid-19 occupe actuellement un grand nombre de scientifiques nationaux.

La santé, un droit humain

En milieu de semaine passée, les autorités cubaines ont accepté l’amarrage du bateau de croisière anglais MS Braemar, dont au moins cinq passagers sur mille étaient infectés. Les autres pays sollicités dont les Bahamas et l’île de la Barbade, pourtant membre du Commonwealth britannique, avaient quant à eux catégoriquement rejeté l’appel à l’aide de Londres. Les passagers ont ainsi pu être transférés avec succès au Royaume-Uni, dans le respect des normes de sécurité, a confirmé notre interlocuteur à l’OMS.

«Il est temps de comprendre la santé comme un droit humain et de renforcer la coopération internationale. Ce défi posé par le Coronavirus exige le concours de toute l’humanité, sans distinction», a allégué le ministre des Relations extérieures de la République de Cuba.

Laura Hunter

 

COVID-19: «Il y a urgence»

mars 30th, 2020 by Dr. Marc Wathelet

Mes chers concitoyens,

Je suis le virologue, spécialiste des coronavirus et des maladies respiratoires, dont les vues divergent significativement des experts qui conseillent le gouvernement sur la gestion de la pandémie de COVID-19.

L’heure est grave et je voudrais vous proposer un plan clair pour sortir au mieux de la crise sanitaire, économique et sociale dans laquelle la Belgique et le reste du monde sont plongés.

Je n’ai inventé ni l’eau chaude, ni le fil à couper le beurre, tout ce que je vous dis est basé sur les principes élémentaires de santé publique qui sont connus depuis l’antiquité ; et l’histoire des cinq pandémies des cinq siècles précédents ont un seul refrain, les villes et les pays qui s’en sortent sont ceux qui respectent ces règles, les autres payent leur tribut. C’était vrai hier, c’est vrai aujourd’hui, il suffit de voir comment Taiwan, Hong Kong, et Singapour ont géré la crise comme il le fallait depuis le début, et comment la Chine et la Corée du Sud se sont reprises. Contrairement à ce que la Première Ministre affirme, il y a des pays qui s’en sortent très bien.

L’urgence de la situation.

Le tout premier principe de santé publique dans une réponse à une pandémie tient en un mot, URGENCE ! Il faut toujours répondre tout de suite avec absolument tous les moyens disponibles car c’est la meilleure manière et la seule manière raisonnable d’aplatir la courbe. Chaque heure compte, chaque heure perdue signifie plus de personnes infectées, plus de personnes hospitalisées, plus de décès, c’est tout simplement mathématique.

Si vous vous blessez au bout du doigt et que la plaie s’infecte, il faut agir vite. Sinon, c’est votre doigt entier puis votre main et enfin votre bras qui seront atteints. C’est la même chose pour la population dans le cas d’une pandémie, c’est une analogie exacte. L’agent infectieux se propage de cellule à cellule dans notre corps avant de l’infecter en entier si on ne l’arrête pas, et de même le coronavirus se propage d’individu à individu dans notre corps social, et il faut tout faire pour l’arrêter, tout de suite, sans le moindre délai.

Mon point de vue diffère de celui des autres experts, et pour moi, la faute en revient d’abord à l’OMS qui a fait deux erreurs aux conséquences absolument catastrophiques dans leur gestion de cette crise. La première était de croire que ce nouveau coronavirus se transmettait de la même manière que les deux coronavirus récemment émergés, SRAS et MERS. C’est l’erreur classique des généraux de se préparer pour la guerre qui vient en pensant que ce sera une répétition de celle qui précède. Ils creusent des tranchées fortifiées et des bunkers, puis ils se font prendre de vitesse par une blitzkrieg.

SRAS et MERS étaient fort peu contagieux pour des virus respiratoires et d’un point de vue épidémiologique on savait par exemple que la contagion se passait seulement quand le patient était déjà malade depuis 4-5 jours, ce qui explique que pour ces deux épidémies la propagation se faisait vers les proches et vers le personnel médical.

Nos mesures de santé publique ne conviennent pas contre COVID-19.

Par contre, COVID-19 se transmet avant l’apparition de symptômes, ce qui implique que des mesures de santé publique qui pourraient contrôler un virus comme SRAS et MERS (mais seulement si elles étaient rigoureusement appliquées, avec quarantaine des personnes revenant de zone à risque et dépistage massif), ne pourraient jamais être suffisantes pour contenir un virus aussi contagieux.

Cette contagiosité, comparable à celle de la rubéole ou des oreillons avant la vaccination, implique que ce virus ne peut que se propager comme un feu de poudre dans une population immunologiquement naïve. Et cette contagiosité ne peut que s’expliquer par un virus capable de se transmettre par aérosol, c’est une propriété de pratiquement tous les virus respiratoires, SRAS et MERS étant de notables exceptions à la règle.

L’OMS a de fait admis dans un communiqué que la transmission par aérosol était possible et nécessitait plus d’études, quand nous n’avons pas le temps pour plus d’études. J’ai quand même passé sept ans dans un institut dédié aux maladies respiratoires et le travail sur les aérosols, chimique ou infectieux, s’y fait tous les jours, c’est peut-être 10 % de leur pain quotidien, et je n’ai absolument aucun doute que ce virus se transmet par aérosol, si je peux sortir de ma réserve de scientifique qui doit douter de tout. Dans une situation d’urgence, on va vers la prépondérance des évidences.

La première faute de l’OMS était de ne pas reconnaître que la transmission par aérosol était substantielle et que donc il fallait changer les recommandations pour contenir la propagation du virus, ce qu’ils n’ont toujours pas fait. La deuxième faute de l’OMS est de sous-estimer la contagiosité du virus, avec un nombre de reproduction de base de ~2,5 quand en réalité il est de ~7, avec un temps de doublement de 2,4 jours en absence de toute mesure de santé publique.

L’Italie est en lockdown total depuis le 10 mars et on voit clairement que depuis l’arrêt de toute activité économique non-essentielle, la progression du coronavirus a ralenti (temps de doublement ~5,5 jours comparé à ~3,3 jours avant le lockdown, ce 24 mars), mais elle reste toujours exponentielle‼

Il y a donc un progrès, mais il est insuffisant, et c’est pourquoi le gouvernement italien considère des mesures encore plus strictes. Nous sommes seulement 4-5 jours derrière l’Italie quand on considère la différence de taille des populations, donc en proportion de population infectée nous serons au même pourcentage de cas que l’Italie dans 4-5 jours.

Nous n’arrêterons pas la progression exponentielle avec les mesures actuelles.

En Belgique, nous avons un temps de doublement de ~3,3 jours depuis 15 jours, le même chiffre que l’Italie avant son lockdown. Le 24 mars, l’Italie est à 5,5 jours de temps de doublement, mais ce n’est toujours pas suffisant. Nous ne faisons donc pas assez en Belgique, nous n’arrêterons pas la progression exponentielle avec les mesures actuelles.

La recette des pays à succès est : cordon sanitaire, criblage des voyageurs, usage massif de masques adéquats par la population, quarantaine quand nécessaire, surveillance des maladies respiratoires, dépistage massif, traçage des contacts possibles, et hospitalisation précoce quand nécessaire. Mais il faut être organisé avant la pandémie pour pouvoir appliquer cette recette.

Comme nous nous retrouvons dans une pandémie insuffisamment préparés, que faire ?

La première chose à réaliser, c’est que ceux qui continuent à travailler à une occupation non-essentielle doivent immédiatement s’arrêter pour deux raisons. Tout d’abord, en pratique les 1,5 mètre ne sont pas respectés, il n’y a qu’à voir la préparation à la prestation de serment du gouvernement pour s’en rendre compte. Ensuite et surtout, un virus qui se transmet par aérosol ne respecte aucune distance.

Donc la première mesure à prendre est l’arrêt immédiat de toute activité économique non-essentielle, avec seulement le télétravail permis. Certainement on peut se passer d’aller chez le coiffeur dans une crise. Il faut impérativement fermer les crèches, à la Belge donc, en laissant une garderie pour le personnel essentiel, mais autrement il faut fermer les crèches. Les bébés peuvent être très contagieux, par exemple un bébé de 6 mois en Corée du Sud, en observation dans un hôpital parce que ses parents étaient infectés, a produit une quantité de virus considérée contagieuse pendant 20 jours. Son seul symptôme ? 38ºC pendant moins d’une heure sur la durée totale des observations.

Pour comprendre ce qui va se passer, il faut maintenant considérer deux populations distinctes en Belgique, ceux qui restent actifs parce qu’ils ont une fonction essentielle, et ceux qui sont confinés en lockdown, car le pronostic est très différent pour ces deux populations.

La population en lockdown.

Dans toute épidémie virale, il y a une fraction de la population non infectée, une fraction infectée mais asymptomatique (et ici potentiellement contagieuse et dont le nombre est inconnu), et une fraction infectée avec divers symptômes et des degrés divers de sévérité. Quand on met la population en lockdown, on commence par 4 semaines puis on avise, on limite les contacts à la maisonnée et les personnes rencontrées dans les magasins d’alimentation.

Donc les personnes infectées ne vont contaminer au plus que ceux qui vivent sous le même toit, plus une toute petite fraction hors de la maison. Le nombre de personnes infectées dans cette population ne peut donc qu’être multiplié au plus par disons quatre, il faudrait prendre le nombre moyen de personnes vivant sous le même toit comme multiplicateur. Pendant le lockdown, ceux qui étaient infectés et asymptomatiques peuvent soit se débarrasser du virus naturellement, soit devenir symptomatiques, être identifiés et ensuite traités de manière adaptée à la sévérité de leurs symptômes.

Contrastons-ça à un scénario d’absence de confinement pendant ces 4 semaines, où le nombre de personnes infectées serait multiplié par 256 au rythme actuel de 3,3 jours comme temps de doublement. Les mesures en place aujourd’hui en Belgique vont rallonger ce temps de doublement, mais pas suffisamment, la courbe restera exponentielle.

Donc pour la population dont l’activité est non essentielle, c’est le bon sens le plus élémentaire que le lockdown s’impose dès aujourd’hui, et plus tôt il est instauré, plus tôt on pourra en sortir et retourner à une activité économique quasi-normale. Et plus tôt il est instauré, moins on aura d’infectés, d’hospitalisés et de morts au bilan final.

La population à fonction essentielle.

C’est bien sûr la population essentielle qui court le plus grand danger pendant la période de lockdown. J’ai eu un flashback à cette scène dans le film de Stanley Kubrick, Barry Lyndon, où l’on voit les troupes avancer en rangs serrés, et lignes après lignes qui tombent sous la mitraille, la folie de la guerre version milieu du XIXème siècle.

Je me suis mis sur Facebook et je reçois des messages de partout, en particulier ceux qui sont sur les premières lignes, et je suis sur le groupe COVID-19 pour médecins. Je peux vous dire qu’en public le personnel soignant fait surtout bonne mine, comme le gouvernement, ils ne peuvent pas montrer leurs sentiments, mais en privé il y a tous les sentiments, la trouille, la rage, l’incompréhension qu’au 21ième siècle une société qui se croit avancée se retrouve si démunie face à un nombre relativement restreint de cas.

Rappelons la différence entre les masques d’isolation (ou chirurgicaux) et les fameux masques FFP2. La première vague à Wuhan le personnel médical était à court de FFP2, toutes les photos les montrent avec des masques chirurgicaux, résultat 3.000 personnel médical infecté. Le gouvernement chinois envoie des renforts, 42.000 personnel médical équipé de FFP2, résultat, zéro infection sur 42.000 !

Ils vont fièrement au combat sans la protection indispensable, à savoir un FFP2, sachant qu’ils vont tomber comme des mouches les uns après les autres, comme les soldats de l’empire, comme déjà le Dr. Philippe Devos avec qui j’étais sur le plateau de la RTBF au début du mois. Mais on ne peut pas dire ça en bonne société, en France un scientifique s’est fait longuement rabroué parce qu’il a osé dire que Macron envoie le personnel soignant au casse-pipe. C’est apparemment trop cru de décrire la réalité tout simplement, il faut l’enrober de moult euphémismes.

C’est tout simplement INACCEPTABLE comme situation et absolument tout doit être fait pour la rectifier dans les plus brefs délais. Quand j’apprends qu’on a passé UNE commande en Turquie pour un matériel aussi vital, j’enrage, il fallait en passer 100 ! Il y a eu fraude et on n’a rien reçu, on pourra les poursuivre en justice mais ça ne sauvera aucune vie chez nous.

La Chine offre de nouveau ce matériel à la vente et en affrétant un avion on peut avoir le matériel en deux jours. Il y avait un article dans la Libre d’une journaliste à Hong Kong qui s’offusquait que des membres du gouvernement français continuent avec la désinformation que ces masques n’aideraient pas la population, et elle fait le point essentiel que ces masques sont disponibles en Chine, qu’attendons nous ?

Il faut recycler les FFP2 pour le moment.

Par ailleurs, j’ai essayé de communiquer l’importance de recycler les masques FFP2, sans le moindre succès. C’est une question de vie et de mort. Ces masques sont considérés à usage unique et le personnel les jette trop vite. Ce n’est pas la place pour être technique, mais j’ai proposé quatre méthodes pour les recycler et il faut les implémenter en fonction du matériel de stérilisation disponible dans les hôpitaux, une information que je n’ai toujours pas réussi à obtenir. Il faut instruire le personnel médical sur comment prolonger la vie de ces masques et les recycler, dès aujourd’hui, l’urgence est immense.

L’armée, les pompiers et probablement la police, ont des masques à gaz, qu’on ne les laisse pas dans les casernes, ils sont encore plus efficaces que les FFP2. On s’en fout si ça fait des photos loufoques de voir des médecins avec des masques à gaz, je préfère de les voir rester vivants et capables de s’occuper des patients, et aussi éviter qu’ils ne deviennent vecteurs de propagation eux-mêmes. Combien de masques à gaz, qui sont nettoyables et réutilisables à l’infini, sont-ils disponibles ?

Enfin pour le personnel de première ligne qui ne peut pas être protégé par un FFP2 ou un masque à gaz, j’ai flotté sur Facebook COVID-19 médecin l’idée de l’usage prophylactique de l’hydroxychloroquine pour voir leurs réactions, qui bien sûr allait d’un rejet total à l’approbation comme une idée à explorer.

L’objection majeure c’est que les études sont préliminaires, mais nous n’avons pas le temps pour une étude avec plus de patients en double aveugle, notre personnel soignant sera infecté inutilement d’ici là. L’usage prophylactique de cette drogue pour le paludisme est bien démontré, il y a une population pour qui ce serait contre-indiqué mais c’est bien connu et on parle de personnel médical, pas d’automédication.

Il faut laisser le choix à chaque individu de se protéger de cette manière ou pas en fonction des masques disponibles, et ne pas croire que les médecins ne connaissent pas leurs droits, qui est notamment de ne pas travailler dans des conditions qui les mettent en trop grand danger. La déclaration de Maggie De Block lundi, pas de FFP2 en première ligne, a choqué et réveillé plus d’un personnel soignant.

La deuxième difficulté est logistique et toutes les guerres se gagnent ou se perdent dans la logistique. Il n’est pas clair si on a assez de cette drogue, l’hydroxychloroquine, car bien sûr la priorité va aux patients COVID-19, et les patients affligés de maladies chroniques comme l’arthrite rhumatoïde, le lupus, etc., qui ont aussi besoin de cette drogue.

J’entends que la Belgique, comme la France, a mis la main sur le stock national, et que la France possède plusieurs usines capables de produire de l’hydroxychloroquine. Il faut savoir ce qui en est de leur stock et de leur capacité productive, et de la quantité qu’il serait capable de fournir, avec quel délai, pour pouvoir calculer l’usage judicieux de nos stocks.

Et, si nous savons que des renforcements arriveront à temps, utiliser une partie de nos stocks comme prophylactiques pour ceux en première ligne qui le souhaitent parce qu’ils n’ont pas de masque adéquat, y compris pour ceux qui ne voient pas les patients symptomatiques, à cause de la contagion par personne asymptomatique. Ceux qui ne peuvent pas être protégés par un FFP2 ou de l’hydroxychloroquine doivent rester en réserve, c’est impératif  !

Des masques FFP2 pour la population, solution simple pour le retour au travail.

Pour en finir avec les masques, comprenons bien que ce qui va nous sortir du confinement, du lockdown, et permettre à la population de reprendre un travail quasi-normal, est bien la production massive de masques FFP2 pour toute la population, petits (enfants) et grands (adultes). Plus vite les outils de production nécessaires sont mis en place, plus vite la Belgique pourra se remettre au travail, c’est vraiment aussi simple que ça.

Pendant les 4 semaines minimum de lockdown, il faut instaurer un dépistage massif, et l’établissement de la task force est un pas dans la bonne direction. On ne peut pas lever le lockdown tant que notre capacité à dépister n’a pas été très largement augmentée.

À Vo’Euganeo en Italie, tous les habitants confinés (3.300) ont été testés il y a un mois. Résultat, sur 89 cas positifs, ils ne sont plus qu’une poignée, rapporte La Voix du Nord. L’approche que je propose marche quand on peut combiner lockdown et dépistage massif.

Dépistage, dépistage, dépistage.

Ce dépistage ne doit surtout pas se limiter à l’acide nucléique du coronavirus. Une équipe de Namur a produit un test sérologique qui a été validé, puis promptement interdit, sous prétexte qu’il ne détectera pas les patients infectés récemment, avant qu’ils ne produisent des anticorps. Une position absurde, car tous les médecins sont déjà bien conscients de cette limitation.

Ce test a son utilité, pensons à tous ceux qui ont été mis ou qui se sont mis en quarantaine à cause de symptômes grippaux, mais qui n’ont pas pu être testés par faute de matériel de prélèvement, ou pas assez prioritaires pendant la pénurie de test. Ils aimeraient bien savoir ce qui les a infectés. Un dépistage pour la présence d’acide nucléique, le test pour le dépistage utilisé pour le moment, n’a plus de sens si les individus se sont débarrassés du virus au moment d’être testés. Outre une information précieuse sur la dissémination du virus dans notre pays, les cas positifs par cette technique, pour les individus en isolation chez eux, motiveraient une désinfection de leur domicile.

Autres aspects logistiques qui demandent une attention urgente est la situation des routiers qui sont sur les genoux et n’ont plus accès aux facilités qui normalement leur permettent de fonctionner humainement, et les agriculteurs qui replantent. Il faut s’assurer qu’on replante ce dont la Belgique aura besoin car il y a le risque que les pays gardent leur production agricole à des fins domestiques dans cette situation de pandémie.

Il faut bien sûr augmenter le nombre de respirateurs disponibles.

Revenu universel pour la durée du lockdown mandaté par le gouvernement.

Il faut aussi soutenir la population avec une forme de revenu universel pour la durée du lockdown mandaté par le gouvernement, c’est non seulement nécessaire financièrement pour beaucoup qui ont leurs factures à payer, leur loyer et la nourriture, mais cela diminuera certainement l’anxiété générale de la population, ce qui lui permettra de résister plus efficacement au virus. Cela facilitera aussi l’acceptation du confinement et le respect des règles.

Enfin, alors que la Belgique se reconstruira post-corona, tout en se préparant au retour probable du virus en octobre, et encore une fois des masques pour tout le monde est la solution simple et efficace (et on peut en fabriquer en tissus qui doivent être validés bien sûr, les modèles existant ne l’étant pas, et recyclables), il faut considérer que notre personnel médical et autres premières lignes seront probablement dans un état de révolte comparable aux gilets jaunes.

Notre société doit changer et bien sûr le politique a un rôle essentiel à jouer. N’ayons pas d’idées préconçues, Paul Craig Roberts propose une approche rationnelle qui a fait ses preuves pour les compagnies en difficulté, que nous serions très inspiré de considérer :

https://www.paulcraigroberts.org/2020/03/23/china-uses-the-michael-hudson-paul-craig-roberts-solution-for-the-economic-crisis/

https://www.paulcraigroberts.org/2020/03/23/debt-forgivness-and-nationalization-are-the-answers-to-the-economic-crisis/

Donc en résumé, et sans plus attendre :

1) Lockdown à l’italienne, mais avec la discipline belge ;

2) Fermeture des crèches à la belge ;

3) Masques FFP2 ou masques à gaz ou hydroxychloroquine, pour tout ceux en première ligne ; recyclage des masques ; ceux qui n’ont aucune vraie protection restent en réserve   ; il faut plus de respirateurs ;

4) Dépistage massif acide nucléique et sérologique de tous les cas suspects ;

5) Production industrielle de masques FFP2 pour remettre la population au travail quand le lockdown sanitaire est levé ;

6) Revenu universel pendant la période de lockdown mandatée par le gouvernement.

Marc Wathelet

Cette lettre a été publié par Sudinfo.com, le 25 mars 2020

Marc Wathelet est Docteur en Sciences. Il a étudié les interactions entre les virus et la réponse immunitaire innée tout au long de sa carrière.

Il a dirigé un petit groupe de chercheurs aux États-Unis sur les coronavirus humains en général et sur celui responsable de l’épidémie de SRAS en 2003 en particulier, à la fois en tant que membre du corps professoral du Collège of Médecine de l’Université de Cincinnati, et en tant que scientifique au seul institut axé exclusivement sur les maladies respiratoires, à Albuquerque.

L’OMS qualifie désormais l’épidémie du Coronavirus de « pandémie » et appelle tous les pays à appliquer des politiques sanitaires drastiques.  La propagation rapide, la morbidité et la mortalité associées à la maladie inquiètent d’autant plus qu’elles peuvent épuiser rapidement les ressources des systèmes de santé pour répondre aux besoins des populations.

Tous les pays sont ainsi en état d’alerte. Aux États-Unis, le président Trump, après avoir minimisé un temps la menace, a décrété l’État d’urgence nationale. Le premier ministre Trudeau invite pour le moment la population à réduire ses déplacements. L’Italie, dépassée, a annoncé 250 morts en 24 heures, et est arrivé à choisir de traiter les malades plus jeunes au détriment des plus vieux.

L’Iran a déclaré 1000 nouveaux cas en 24 heures, sachant que les chiffres sont inférieurs à la réalité puisque le pays n’a pas les ressources pour faire le diagnostic national complet. Seule la Chine a pris le dessus avec 8 nouveaux cas déclarés depuis 24 h, le plus bas chiffre depuis la mi-janvier.

L’Iran et l’Italie sont désormais les pays en « première ligne » de la lutte contre la COVID- 19. La situation est particulièrement grave en Iran où il y a « pénurie d’appareils d’assistance respiratoire et d’oxygène », selon le responsable des programmes sanitaires d’urgence de l’OMS, le Dr Ryan.

Le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, pour sa part affirme que « L’Iran fait de son mieux. Ils ont besoin davantage d’équipement. »

Le comportement de la Covid-19 dicte de chercher la sécurité sanitaire par un effort global concerté. Il oblige à collaborer et coordonner les actions sans frontières puisque notre sécurité sanitaire est plus que jamais interdépendante.

Or, la Covid-19 met en lumière la double illégitimité des sanctions draconiennes et unilatérales des États-Unis contre divers pays, l’Iran en particulier. En l’occurrence l’Iran, touché gravement par la pandémie, est incapable de vendre son pétrole. Et les sanctions bancaires l’empêchent de se procurer les produits essentiels au diagnostic, à la prévention et au traitement du coronavirus. Ces sanctions compromettent à la fois les vies en Iran et la lutte planétaire contre la pandémie. 

Les États-Unis refusent de retirer les sanctions malgré la demande des Nations unies alors que l’Iran est l’un des épicentres de la pandémie dans la région du Moyen-Orient comme la Chine l’a été en Asie et l’Italie l’est en Europe. 

Combien en Iran mourront inutilement à cause de ces sanctions économiques illogiques, illégitimes, immorales, et illégales.

Ajoutons, que les sanctions des USA contre l’Iran sont condamnées par l’ONU qui a endossé l’accord nucléaire à travers la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU. 

Certes le gouvernement iranien a la responsabilité des manquements dans la gestion de la crise sanitaire. Toutefois, actuellement l’Italie vit la même situation de propagation, mais les budgets européens dégagés pour le contrôle de la Covid-19 sont de l’ordre de plusieurs milliards d’euros par pays. L’Iran a des ressources financières beaucoup plus limitées, et largement bloquées par les sanctions, avec une population équivalente à celle de l’Allemagne.

Selon un site financé par le gouvernement américain, « Radio Farda », l’Iran ne peut exporter que 250 000 barils par jour, un dixième de ce qu’il exportait avant l’accord de 2015.

On peut voir que la stratégie de « pression maximale » de Trump contre l’Iran (blocus financier et commercial sans précédent visant à appauvrir les iraniens en espérant les pousser à renverser le gouvernement) a plus de responsabilité dans les difficultés actuelles du pays face à la pandémie.

Dans ce contexte de tension extrême imposée par les États-Unis, le gouvernement iranien a senti, dès l’éclosion de l’épidémie Covid-19, qu’il ne devait pas paraître vulnérable.

Le trésor américain ayant imposé des sanctions de tierce parti sur les firmes européennes, indiennes et autres, l’Iran a été poussée à une dépendance accrue sur la Chine, seul pays capable de défier quelque peu Trump. L’Iran n’a donc pas eu le luxe de couper les échanges et les voyages avec la Chine.

La sortie cette semaine de l’UANI (United against Nuclear Iran (groupe de pression de droite influent aux États-Unis) pour empêcher les compagnies pharmaceutiques détenant des ‘licences spéciales’ (définies comme « exemption humanitaire ») de faire affaire avec l’Iran, en dit long sur la crédibilité des protagonistes des sanctions.

Un autre lobby reconnu comme artisan des sanctions, le FDD (Federation for defense of democracy) s’est réjoui de l’éclosion du coronavirus : « le virus a nui à l’économie du pays là où les sanctions n’avaient pu le faire ».

La rhétorique instrumentalisant la « lutte légitime des droits humains » pour justifier ces sanctions cruelles auprès de l’opinion publique est mise à rude épreuve par les difficultés de l’Iran et les souffrances des Iranien.ne.s, maintenus en situation de vulnérabilité à la pandémie contre tout standard civilisationnel. 

La santé, l’hygiène et l’accès aux soins médicaux sont des droits humains inaliénables. Les peuples américain et iranien, et l’humanité entière, ont un ennemi commun dans cette pandémie : le coronavirus et les sanctions à la fois injustes et inhumaines.

Saideh Khadir

 

Une version courte de cet article a été publié dans le quotidien Le Devoir (Opinion), le 18mars qui a été également mis en ligne sur Mondialisation.

Photo en vedette par Mohsen Atayi :  Des patients avec le coronavirus à l’hôpital Imam Khomeini à Téhéran, le 1er mars 2020. Source : Wikimedia

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Saideh Khadir est médecin de famille à Montréal, Québec, Canada.

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Les travailleurs les plus exploités, les femmes et les hommes migrants qui travaillent dans l’industrie agro-alimentaire pour un patronat esclavagiste, ces êtres humains qui travaillent pour nous nourrir, n’ont ni maison, ni eau. Et le soi-disant « plan » gouvernemental pour les secteurs les plus précaires en période de pandémie, consiste à envoyer des militaires dans les bidonvilles improvisés, à leur ordonner de « rester chez eux ». Les travailleurs leur disent qu’ils n’ont pas d’eau et qu’ils craignent pour leur santé, mais la réponse est seulement la répression : ce qui aggrave la situation, car la gestion des déchets se complique sans aucun système d’assainissement[1].

«Il y a des femmes et des enfants dans les campements… Il est très difficile de rester à la « maison » sans nourriture. On ne peut pas rester sans travailler. Nous réclamons de l’eau. Nous sommes comme toujours, les invisibles, ceux dont personne ne se soucie au-delà de nous exploiter, c’est-à-dire des gens qui vont travailler, puis c’est comme si nous n’existions pas» [2].

La moitié du budget public destiné soi-disant à « la crise du coronavirus », va directement à financer la banque, une autre grosse part à la grande industrie, une autre part à l’armée (au profit du complexe militaro-industriel), et les miettes restantes vont aux petites entreprises, à la santé et aux services sociaux. À cause de cette répartition du budget, et à cause de la privatisation de la santé perpétrée au cours des dernières décennies, le personnel de santé travaille sans les équipements de protection nécessaires (ce qui contribue à l’expansion du virus), les personnes âgées meurent en quantités effrayantes dans des résidences sans personnel médical suffisant, et la partie la plus exploitée de la classe ouvrière est laissée de côté… Pendant ce temps, la banque est toujours gagnante.

Pour le capitalisme, les travailleurs sont des vies « jetables », une main-d’œuvre utilisée et moulue. Les travailleurs en semi-esclavage de l’industrie agro-alimentaire sont considérés comme « jetables-remplaçables » par le patronat, parce que le pillage brutal perpétré par l’impérialisme européen et étasunien en Afrique, en Asie et en Amérique latine, provoque un appauvrissement meurtrier et la dévastation de la nature, ce qui entraîne évidemment un exode de population… qui procure, aux exploiteurs de tout poil, une « mine d’esclaves » constamment renouvelée.

Des millions de personnes sont obligées d’entreprendre des trajets migratoires dantesques à cause du pillage capitaliste de leurs pays, et si elles réussissent à survivre au voyage, elles sont reléguées à une sorte d’apartheid par les lois d’immigration de l’Union européenne et des États-Unis. Femmes et hommes sont contraints, en raison de lois qui violent leurs droits, de subir les pires exploitations, comme travailler aux pièces dans l’agriculture industrielle dans des conditions de travail et de logement inhumaines, ou acculées (dans le cas des femmes) à l’exploitation effroyable qu’est la prostitution. C’est le pillage des corps humains, inhérent au pillage capitaliste des territoires. C’est le fonctionnement d’un système criminel héritier d’une histoire coloniale et dont le présent est la continuité sanglante d’un système de classes, dans lequel une poignée de milliardaires décuplent leur fortune sur la base de l’exploitation des travailleurs et du pillage de la nature. L’impérialisme européen et étasunien veut extorquer les immenses richesses de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine, mais rejette les personnes ainsi dépossédées. La voracité impériale construit une gigantesque forteresse autour du butin pillé à coups de guerres d’invasion, de dettes illicites et d’une incessante ingérence responsable de l’extermination de générations entières de révolutionnaires sur tous les continents (des coups d’État, des plans d’extermination, unconstant soutien aux régimes favorables au pillage transnational et des plans génocidaires de contre-insurrection sont constamment mis en œuvre). Le capitalisme c’est la barbarie.

Mais nous sommes des êtres humains et nous refusons d’être réduits à une simple force de production à la merci de la classe exploiteuse : nous aimons, nous avons des familles, des cerveaux et de la créativité… Et un jour, la colère rejoindra la conscience de classe sur un rouge point d’horizon : ce jour-là, nous renverserons ce système criminel, nous renverserons la classe exploiteuse, nous renverserons tous les esclavagistes avec leur fiel suprémaciste, tous ceux qui bâtissent des fortunes sur nos peuples et nos vies déchiquetées.

Cecilia Zamudio

Texte original écrit en espagnol, traduction pour ce texte par Rose Marie Lou (révision de traduction C. Zamudio)

www.cecilia-zamudio.blogspot.com

Notes :

[1] – www.redandaluzaagua.org/actividades/crisis-del-agua-en-los-asentamientos-chabolistas-de-huelva-comunicado-del-colectivo-de-trabajadores-africanos/

– www.eldiario.es/andalucia/enabierto/Carta-Mesa-Agua-Sanidad-Huelva_6_1008659131.html
– www.france24.com/es/20200325-espa%C3%B1a-trabajadores-africanos-covid19-jornaleros

[2] –www.zintzilik.net/2020/03/25/situacion-en-los-campamentos-de-migrantes-en-lepe/

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Dans le sillage du verrouillage : Les faillites et le chômage de masse, la déstabilisation économique de pays entiers. 

Des millions de personnes ont perdu leur emploi et leurs économies de toute une vie. Ils sont incapables de payer leur hypothèque.

Dans les pays en développement, la pauvreté et le désespoir règnent.

Les implications politiques sont considérables. Le verrouillage nuit à la démocratie réelle.

Il serait naïf de croire que la crise financière est uniquement le résultat des forces spontanées du marché. Elle a été soigneusement conçue.

Le coronavirus continue à fournir un camouflage. La peur et la panique (générées à profusion par les médias corporatifs) créent des « conditions favorables » pour les « spéculateurs institutionnels », dont beaucoup avaient une connaissance préalable détaillée de la décision de l’OMS de lancer une urgence mondiale de santé publique le 30 janvier, à un moment où il n’y avait que 150 « cas confirmés » en dehors de la Chine.

L’effondrement des marchés boursiers a entraîné l’un des plus importants transferts de richesse monétaire de l’histoire moderne, qui n’est pas encore fermement établi.

Le Coronavirus n’est pas la cause de l’effondrement financier. Ce qui prévaut, c’est une atmosphère de peur et d’incertitude qui permet à de puissants intérêts financiers de manipuler le marché boursier et de consolider leur position financière.  Il est prouvé que « des initiés* au sein des compagnies (Corporate Insiders) ont vendu pour des milliards de dollars d’actions de leur propre entreprise juste avant l’implosion de la bourse ».

Cette crise a conduit à une concentration sans précédent de la richesse monétaire.

Au début du mois de février, environ 6 000 milliards de dollars ont été effacés de la valeur des marchés boursiers du monde entier. Des pertes massives d’épargne personnelle (par exemple des Étasuniens de la classe moyenne) sont en cours, sans parler des faillites et des faillites d’entreprises.

Chaque fois que M. Trump ouvre la bouche, ou qu’il accuse les Chinois sur Twitter, les marchés boursiers réagissent. Ceux qui disposent d’informations privilégiées ou de connaissances préalables sur les décisions politiques étasuniennes se font un paquet d’argent.

Derrière l’urgence de santé publique mondiale, il y a de puissants intérêts économiques : Wall Street, Big Pharma, le Consensus de Washington, les organisations caritatives et les fondations, le FMI, la Banque mondiale, etc. Ils se sont réunis en marge du Forum économique mondial (FEM) du 21 au 24 janvier, une semaine avant le lancement de l’urgence de santé publique mondiale de l’OMS.

La « communauté internationale » appelle à la reprise économique. Comment sera-t-elle instrumentalisée ? On envisage des « sauvetages d’entreprises », c’est-à-dire des « aides » aux banques, aux grandes entreprises, y compris les compagnies aériennes.

Un trillion de dollars promis par la Réserve fédérale américaine, un autre trillion par la Banque centrale européenne (BCE) désormais dirigée par Christine Lagarde. « Nous avons la responsabilité de mieux nous remettre » qu’après la crise financière de 2008, a déclaré le secrétaire général des Nations unies, António Guterres :

 « Nous avons un cadre d’action – l’Agenda 2030 pour le développement durable et l’Accord de Paris sur le changement climatique. Nous devons tenir nos promesses pour les populations et la planète ».

Cette soi-disant « promesse » vise à promouvoir les « Green Bonds » (obligations vertesé), un projet d’investissement de plusieurs milliards de dollars parrainé par les Rockefeller entre autres, dont l’objectif est de « réorienter les plans de pension et les fonds communs de placement vers des projets verts ».

Pour les grands argentiers d’Amérique et d’Europe occidentale, c’est une « aumône ». Pour les grandes entreprises pharmaceutiques, le programme de vaccination mondial de plusieurs milliards de dollars sera financé par la dette.

« Les pays en développement »

Et qu’advient-il des pays dits « en développement », dont la plupart sont endettés jusqu’au cou.

Le processus d’appauvrissement en Amérique latine et en Afrique subsaharienne est indescriptible. Dans les grandes villes, les travailleurs du secteur urbain informel sont des travailleurs indépendants, payés à la journée, d’autres sont payés à la semaine. Cela signifie que pour de larges secteurs de la population urbaine, les revenus des ménages ont littéralement été anéantis.

En Inde, le Premier ministre Narendra Modi a ordonné un embargo de 21 jours, ce qui a entraîné une spirale immédiate de chômage, associée à la famine, au désespoir et à la maladie :

« La seule façon de nous sauver du coronavirus est de ne pas quitter nos maisons, quoi qu’il arrive, nous restons à la maison… » a déclaré Modi.

Cette déclaration s’accompagnait de menaces catégoriques : « Si nous ne sommes pas capables de gérer les 21 prochains jours, alors de nombreuses familles seront détruites à jamais. » Déclaration diabolique d’un chef de gouvernement « démocratiquement élu ».

Au moment de l’annonce de Modi (20 mars), l’Inde comptait 482 cas de coronavirus et 10 décès (population totale de l’Inde : 1,37 milliard). Oubliez la COVID-19 ? En Inde, on estime à 37 500 le nombre d’enfants de moins de cinq ans qui meurent chaque jour. Et ce chiffre va grimper en raison de la quarantaine de 21 jours (estimation de 2015, The Lancet)

Mon message au Premier ministre Modi : « Vous tuez les enfants de l’Inde ».

Le surendettement du tiers monde 

Le surendettement des pays en développement se mesure en billions.

Il s’agit d’un programme axé sur la dette et visant les pays en développement qui sont déjà lourdement endettés : de nouveaux prêts pour rembourser les « mauvaises dettes ». C’est un « filet de sécurité » pour les créanciers occidentaux et les grandes entreprises pharmaceutiques impliquées dans le projet mondial de vaccination de plusieurs milliards.

Une réelle abolition de la dette n’est pas envisagée.

Un plan de sauvetage pour les pays en développement très endettés a été annoncé. Début mars, le directeur général du FMI et le président du groupe de la Banque mondiale ont tenu une conférence de presse commune. Beaucoup de rhétorique humanitaire.

Le chiffre magique : « Nous comptons sur une capacité de prêt globale de 1 000 milliards de dollars« . (FMI M-D Georgieva)

À première vue, cela semble « généreux », beaucoup d’argent. Elle encourage la corruption aux plus hauts rangs du gouvernement. Mais en fin de compte, c’est ce qu’on pourrait appeler de l’ « argent fictif », ce qui veut dire

« Nous vous prêterons l’argent et avec l’argent que nous vous prêterons, vous nous rembourserez » (paraphrase).

C’est équivalent à une usure.

La vérité tacite est que ce trillion de dollars ++ est destiné à augmenter la dette extérieure. Et ensuite, les créanciers occidentaux imposeront des réformes économiques massives, notamment la privatisation de la santé et de l’éducation, le gel des salaires, etc. C’est la solution néolibérale appliquée au niveau mondial : Pas de véritable reprise économique, plus de pauvreté et de chômage dans le monde.

Le FMI est explicite. Dans l’un de ses guichets de prêt, le Catastrophe Containment and Relief Trust, qui s’applique aux pandémies, accorde généreusement « des subventions pour l’allégement de la dette de nos membres les plus pauvres et les plus vulnérables ». Déclaration absurde, il est là pour renflouer les caisses des créanciers, l’argent est affecté au service de la dette.

« Pour les pays à faible revenu et pour les pays émergents à revenu intermédiaire, nous avons … jusqu’à 50 milliards de dollars qui ne nécessitent pas un programme complet du FMI. »

Aucune condition sur la façon dont vous dépensez l’argent. Mais cet argent augmente l’encours de la dette et doit être remboursé. Les pays sont déjà dans une camisole de force. Plus vous prêtez, plus vous contraignez les pays en développement à se conformer aux règles politiques. Et c’est finalement l’objectif de l’empire américain en faillite.

« Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque mondiale a annoncé un programme de 12 milliards de dollars pour apporter une réponse rapide et souple afin de réduire la transmission des agents pathogènes. (fournitures, équipements, médicaments, etc. vaccination ?) »

Le financement du programme de vaccination n’est pas explicitement mentionné. Il est fort probable que les prêts destinés au programme de vaccination seront annoncés ultérieurement.

En savoir plus: L’économie mondiale est au bord d’une récession qui va transformer la géopolitique (en anglais)

Les « pays développés » économiquement avancés

Pour les pays membres de l’UE, un redressement des économies nationales en faillite, fondé sur la dette, est en cours.

Sans un allégement ou une annulation significatifs de la dette, à quoi pouvons-nous nous attendre au lendemain du blocage ?

Un processus de « tiers-mondisation » pure et simple des pays européens « avancés » ?

Si ce programme est accepté par les États membres de l’UE : Les salaires réels vont s’effondrer, l’État providence qui s’est développé dans l’après-guerre sera mis au rebut. Les services sociaux seront privatisés. Les actifs seront vendus pour rembourser la dette.

Des millions de petites et moyennes entreprises, y compris les exploitations agricoles familiales et les services urbains, le tourisme, etc. sont touchés. Le « modèle grec » de restructuration brutale de la dette en 2015 (ou pire) pourrait être appliqué à l’Italie et à l’Espagne…

Nous avons fourni un bref résumé d’un processus complexe. Les négociations avec les créanciers sont en cours pendant le lock-down.

Bien que la panique et la peur règnent à l’égard de COVID-19, ce sont les impacts potentiels de ce que nous pourrions qualifier de « la médecine économique sale » (Dirty Economic Medicine).

Les gens de tous les pays, au niveau national et international, doivent, par solidarité, comprendre ce qui se passe.

Au lendemain du confinement: quelles sont les conséquences économiques et sociales de cette crise?

Il est crucial que cette « solution néo-libérale » à la crise qui consiste à accumuler des dettes soit fortement rejetée.

Michel Chossudovsky

 

Article original en anglais :

What Happens In the Wake of the COVID-19 Lockdown? Economic Destruction, Global Poverty, Bankruptcies, Mass Unemployment. Neoliberalism to the Rescue, le 28 mars 2020.

Traduction par Maya pour Mondialisation.ca

 

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L’exécutif martèle que le confinement est la seule façon de résoudre la crise sanitaire. Mais il a également d’autres utilités, explique François Martin, du fonds de recherche amitié politique. 

Pour beaucoup de français, le but du confinement est strictement sanitaire. C’est ce qu’on leur dit, mais évidemment, ce n’est pas vrai. D’abord, le pouvoir n’est sans doute pas terrorisé par le nombre de morts. En effet, chaque année, le nombre de morts de la grippe est de l’ordre de 7000 à 9000 personnes. Tant que l’on n’atteint pas ce chiffre, pense probablement le gouvernement, l’épidémie du coronavirus restera à peu près « dans les clous ». Et puis, si on avait « feuilletonné » jusqu’ici, comme le Ministre le fait chaque soir, le nombre de contaminés et de morts de la grippe « classique », personne n’oserait jamais sortir de chez soi entre Décembre et Avril. Enfin, chaque année, les maladies cardiovasculaires font de l’ordre de 140 000 victimes, et le cancer environ 150 000. Cela n’empêche visiblement personne de s’offrir de temps en temps une belle cochonnaille (pleine de cholestérol…) avec une bonne bouteille de vin, et le gouvernement, s’il nous incite à l’activité physique, ne nous interdit pas pour autant la liberté de nos repas. Et si nous craignons le cancer, il ne nous empêche pas pourtant d’essayer de vivre heureux. Et les campagnes contre le cancer, s’il les prend au sérieux, ne tétanisent pas non plus le gouvernement. Que craint donc le gouvernement ?

 Le gouvernement craint plus la crise médiatique que sanitaire

Ce que craint le gouvernement, ce n’est pas la crise sanitaire, mais c’est la crise médiatique. En effet, le virus, à défaut d’être beaucoup plus létal que la grippe, en tout cas dans les pays où il est correctement traité, en-dehors de la catégorie des personnes âgées, et sous réserve que les statistiques veuillent dire quelque chose (puisque les méthodes de dépistage sont très différentes d’un pays à l’autre), est au moins, c’est avéré, nettement plus agressif. Cela veut dire que la contagion, lorsque les « mesures barrières » sont insuffisantes, se transmet beaucoup plus vite d’un sujet à l’autre. Le pic est plus rapide, d’où le risque (contrairement à une grippe classique, où le pic semble moins brutal, ou même aux maladies cardiovasculaires ou aux cancers, où les morts sont répartis sur toute l’année) que l’on ait, à un moment donné, le spectacle désastreux de ce que l’on cherchait justement à cacher : le délabrement de notre système hospitalier, avec les médecins et infirmières débordés, les malades couchés dans les couloirs, les camions militaires évacuant les morts, etc… Plus que le nombre de morts, ce que craint le gouvernement, c’est la médiatisation d’un scénario à l’italienne mettant son impréparation au grand jour. C’est ça, sa crainte. Et, malheureusement pour lui, c’est bien ce qui se passe.

La preuve que ce ne sont pas les morts qui semblent être sa préoccupation principale, c’est, par exemple, l’appel désespéré des députés de Mayotte, où l’on craint une véritable hécatombe, et où pourtant le gouvernement reste sourd, en tout cas jusqu’ici, parce que Mayotte restera sous les radars médiatiques.

Mais l’autre crainte du gouvernement, la principale, sans doute, c’est la future crise économique. En effet, le gouvernement n’est pas plus préparé au sauvetage des milliers de PME qui risquent de se trouver rapidement en faillite, qu’il ne l’est concernant la crise sanitaire. Par contre, il sait que si la crise sanitaire est passagère (elle ne devrait pas résister à l’été, selon les experts), la crise économique, elle, sera permanente. Elle durera jusqu’en 2022, date de la future élection présidentielle. Par conséquent, le gouvernement a beaucoup plus à craindre de la seconde que de la première, d’où ses injonctions contradictoires, incitant d’une part les français à se confiner du mieux possible, et d’autre part, à continuer à travailler autant que possible, en télétravail, mais aussi en direct, lorsqu’ils y sont obligés. Deux injonctions contradictoires, qui ne peuvent être menée de front, parce que chacune invalide l’autre : on ne peut vraiment travailler tant qu’on est confiné, ni être vraiment confiné tant que l’on travaille. Aucun des objectifs ne sera atteint.

En confinant les contestataires, la situation actuelle a malgré tout un côté très pratique pour le gouvernement

De cela, on peut tirer un certain nombre de conclusions : d’abord, le but du confinement n’est pas uniquement sanitaire. Il est aussi, évidemment, politique. En effet, pour le gouvernement, malgré la crise sanitaire, et le spectacle permanent de son impréparation, la situation a malgré tout un côté très pratique : les contestataires, les politiques de l’opposition, les « dissidents », les Gilets Jaunes, les syndicats, les mécontents, même les Black Blocks, tous les « empêcheurs de gouverner en rond » sont confinés. Tout le monde chez soi, personne dans la rue. Seul le Président, tel Clémenceau, « fait la guerre », et fait campagne dans les « tranchées » des hôpitaux…

Mais le confinement a un autre intérêt. En effet, le gouvernement sait maintenant que sa stratégie première a raté, puisqu’il n’a pas pu éviter la « montée en crise » sanitaire (dont nous aurons les effets maximums dans 15 jours, puisque tous les malades d’aujourd’hui sont encore issus de la période précédente préconfinée), que par ailleurs, chaque jour de confinement qui passe creuse un peu plus la vague de la crise économique à venir, et qu’enfin, il ne peut tenir sur la durée, avec le confinement, les deux stratégies de front : sauver les malades et sauver les PME. La situation actuelle n’est pas tenable, il doit impérativement en sortir rapidement.

Vu sous cet angle, le confinement permet donc au gouvernement de gagner du temps. A l’abri momentané, pourrait-on dire, du confinement, il peut préparer la deuxième réponse, celle qu’il a négligée de prime abord : fournir tous les masques nécessaires, non pas seulement aux personnes exposées ou fragiles, mais à tous les Français. En effet, le masque est évidemment l’arme absolue, puisqu’il est le « geste barrière » parfait, et qu’il permet le « confinement sans confinement », individuel. Avec les masques, on peut aller travailler sans contaminer tout le monde. Avec les masques, plus de contradiction entre stratégie sanitaire et stratégie économique.

Le confinement permet au gouvernement de gagner du temps

L’autre réponse, ce sont les dépistages. Le gouvernement a quelques semaines pour s’équiper en kits, et s’organiser pour faire pratiquer les dépistages massifs au niveau des médecins traitants, comme c’est fait en Allemagne. Ainsi, évidemment, le nombre de malades identifiés bondira (alors qu’aujourd’hui, on fait tout pour les cacher, et les dépister le plus tard possible, ce qui multiplie la contamination générale). Mais dans ce cas, puisqu’on les dépistera beaucoup plus tôt, on les confinera aussi plus vite, ce qui évitera peut-être, pour chacun d’eux, la contamination de toute leur famille. Et surtout, dans ce cas, on pourra aussi arrêter le confinement des autres, ceux qui sont sains.

C’est la stratégie « masques/kits pour tous » qui permet seule de sortir du piège mortel du confinement dans lequel nous sommes. Avec, peut-être, en plus, l’effet retardant de la chloroquine, si son caractère bénéfique est finalement reconnu. On remarquera que les pays qui s’en sortent le mieux ont pris résolument cette direction. C’est aussi ce qu’a commencé à faire le Pr Raoult à Marseille, montrant le chemin du bon sens.

Si c’est bien ce que le gouvernement cherche maintenant à faire, on peut supposer qu’il va maintenir le confinement officiellement, mais qu’il va l’arrêter dès que la stratégie de deuxième réponse sera en place, dès qu’il aura ses produits, ses plans et sa logistique. Si le gouvernement agit ainsi, il sera intelligent, et il limitera la casse. Mais il faudra aussi qu’il « mange son chapeau », qu’il reconnaisse qu’il s’est trompé jusque-là sur toute la ligne : dans l’évaluation de la crise, dans sa préparation, dans son choix stratégique initial, dans ses stocks de matériel, dans sa chaîne de commandement, dans son organisation, dans sa communication plus qu’hasardeuse, et finalement dans sa critique, qui n’a pas encore cessé, de tout ce dont il va finalement avoir besoin. Aura-t-il cette sincérité et ce courage ? C’est bien ça qui est la principale question.

François Martin

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«Je ne suis pas au restaurant. Je ne prends pas fromage, dessert chloroquine et Plaquénil (hydroxychloroquine au Canada) avec une tarte aux fraises. Ce n’est pas comme ça que ça se passe. Je suis malade, un médecin me propose un traitement, je dis oui», a-t-elle indiqué en entretien téléphonique dans l’émission On n’est pas obligé d’être d’accord.

Écoutez l’entrevue complète ici:

Qu’est-ce que la chloroquine?

La chloroquine est un médicament utilisé depuis plusieurs décennies contre le paludisme. Plusieurs tests, notamment en Chine et en France, auraient révélé qu’elle atténuerait les effets viraux de la COVID-19.

Sa consommation compte toutefois plusieurs effets secondaires, dont les nausées, les vomissements et les éruptions cutanées. Son surdosage peut aussi s’avérer très dangereux.

Au Québec, son dérivé, l’hydroxychloroquine, est utilisé par des médecins de l’Hôpital juif de Montréal pour traiter les patients atteints du coronavirus.

Un médicament qui sème la controverse

Si d’un côté, plusieurs politiciens français pressent le gouvernement d’Emmanuel Macron d’en généraliser son accessibilité, celui-ci demeure très prudent, tout comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui ne veut trancher sur son efficacité vu le nombre réduit de patients qui en ont fait l’usage.

Sans ressentir d’effets secondaires de la chloroquine, Valérie Boyer se révolte des décisions gouvernementales prises en France. «Jusqu’à présent, je n’ai jamais entendu dire personne qu’il était mort de ça. En revanche, la COVID-19 tue», s’est-elle insurgée.

 L’élue française se dit aussi consternée du traitement réservé à Didier Raoult, fervent défenseur de la chloroquine en France, dont les travaux ont notamment été vantés par le président américain Donald Trump.

Didier Raoult, directeur de l’IHU et spécialiste reconnu des maladies infectieuses, se trouve au cœur d’une polémique depuis plusieurs jours dans les corps politique et médical, où l’on rappelle qu’aucun test clinique n’a encore été effectué avec le médicament.

Pour sa part, Mme Boyer ne peut s’expliquer que l’on perde du temps à tergiverser sur les bienfaits du traitement, d’autant plus que le dépistage de la maladie n’est pas aussi massif en France que dans d’autres pays comme l’Allemagne ou la Corée du Sud.

«Ce n’est pas comme si on n’avait pas les moyens», a-t-elle dénoncé de son gouvernement quant au dépistage limité, à l’accès au matériel et à la production de médicaments.

«Mon moral personnel est très bon, mais mon moral pour le pays est très bas», a-t-elle ajouté.

Myriam Lefebvre

Photo en vedette : Valérie Boyer. Parap13. Source : Wikipédia

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La lutte contre la Covid 19 en Amérique Latine

mars 29th, 2020 by Eduardo Meneses

UNE MÊME PANDÉMIE, PLUSIEURS RÉPONSES SANITAIRES

Comment les gouvernements d’AMÉRIQUE LATINE luttent-ils contre le Covid 19?

Le Coronavirus a fini par déferler sur l’Amérique Latine. Malgré les recommandations de l’OMS, la façon dont les gouvernements affrontent la pandémie varie d’un pays à l’autre et fait ressortir les options idéologiques qui fracturent le continent.

Pour analyser ces politiques sanitaires, nous sommes avec :

🔹Eduardo MENESES, activiste social, en direct de Quito, Équateur 🇪🇨

🔹Benjamin FERNÁNDEZ, enseignant, journaliste, en direct de Mexico, Mexique 🇲🇽

🔹Marco Teruggi, journaliste, en direct de Caracas, Venezuela 🇻🇪

 

Note :

Le vendredi 27 mars 2020, Andres Manuel López Obrador a invité les Mexicains à rester chez eux.

Le Mexique a été verrouillé le samedi 28 mars, en apprenant que le nombre de décès dus à COVID-19 est passé à 16. Le nombre de morts s’élevait à 848 à cette date. Le gouvernement d’AMLO n’a pas encore déclaré de quarantaine. (source : mag.elcomercio.pe)

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L’armée US confinée en Pologne

mars 29th, 2020 by Comaguer

La plus grande manœuvre militaire depuis un quart de siècle de l’armée US sur le sol européen avait été programmée pour se tenir en avril et mai. Plus de 30000 soldats devaient traverser l’Atlantique et se joindre à des troupes de l’OTAN sur le sol de l’Allemagne, de la Pologne et des républiques baltes dans le cadre d’un exercice intitulé DEFENDER EUROPE2020. L’OTAN dont les troupes se trouvaient placées sous les ordres du général US comandant de l’EUCOM (Commandement US pour l’Europe – quartier général à Stuttgart) allait donc manœuvrer à quelques kilomètres des frontières du Belarus et de la Russie. Le titre de l’exercice prenait donc tout son sens. Il prétextait la défense de cette partie orientale de l’Europe contre un agresseur qui ne pouvait être que la Russie et au passage d’encercler l’enclave russe de Kaliningrad en sécurisant l’étroit passage entre la Pologne et la Lituanie.

De Tallin à Saint Petersbourg : moins de 400km, de Riga à Moscou moins de1000km

Les troupes US ont commencé à débarquer dans des ports belges, néerlandais et allemands à partir du mois de Février. Elles allaient donc devoir emprunter le couloir nord européen des envahisseurs cette grande plaine qui s’étend du bassin parisien à Moscou en passant par Berlin et Varsovie et qui a été empruntée par Napoléon puis par Hitler en 1941 ,de baliser ce long trajet par des dépôts d’armes, de vivres, de carburants , de vérifier l’état des routes , des ponts, des voies de chemin de fer pour assurer à la future armée d’invasion et à son impressionnant armement une progression sûre et rapide vers l’adversaire qui avait été choisi , le même que celui de Napoléon et d’Hitler mais qu’il ne fallait pas nommer.

Les premiers éléments de l’armée US ont débarqué en Belgique au mois de Février et les unités suivantes devaient arriver progressivement jusqu’au début des manœuvres en Avril et retrouver sur place les contingents OTAN britanniques, polonais, baltes, croates et roumains.

Le COVID 19 est venu perturber ce programme grandiose dont le coût annoncé était de l’ordre de 400 millions de dollars. L’Allemagne fermant ses frontières pour cause de pandémie s’est vite retirée du jeu mais le commandement OTAN a continué à affirmer que les préparatifs continuaient que les troupes s’installaient dans leurs bases et qu’il était attentif à la question de l’épidémie théoriquement sous contrôle puisque jusqu’au début du mois de mars les Etats-Unis et leur président pouvaient parler du virus chinois qui n’aurait pas l’outrecuidance de s’installer sur le sol étasunien et l’impolitesse de contaminer des Gis éternellement invincibles. Or les jours passant Le commandement des troupes US en Europe (EUCOM) organisateur de la manœuvre a fini par admettre dans des communiqués officiels quelques cas de malades parmi les soldats US. Il s’agissait de rassurer l’opinion publique des pays où commençaient à circuler ces troupes comme celle des familles des soldats aux Etats- Unis. Dés le 13 Mars EUCOM annonçait que l’envoi de nouvelles troupes devant participer à la manœuvre était suspendu Enfin le 27 Mars la page d’information consacrée à la pandémie a disparu du site internet officiel de l’EUCOM. Ce silence soudain laisse penser que le nombre des soldats malades a beaucoup augmenté et qu’il faut éviter que les populations locales ne demandent le départ des unités US déjà déployées et potentiellement contagieuses.

Mais il n’était pas question de perdre la face en annulant l’exercice et de reconnaitre qu’un virus malin avait fait reculer la plus grande armée du monde. C’est exactement le contraire qui a été annoncé le 24 Mars dans une lettre adressée aux familles des soldats de la 2° brigade blindée et de la 3° divisiond’infanterie. La dizaine de milliers d’hommes déjà sur place en Pologne et dans les trois républiques baltés vont y rester pour une durée indéterminée pour « sic » « contribuer à la lutte contre l’épidémie ». Alors que la Russie, la Chine, Cuba envoient des médecins des médicaments et du matériel médical dans les pays touchés par l’épidémie les Etats-Unis participent à la lutte contre le coronavirus en Pologne, en Lituanie en Lettonie et en Estonie avec des tanks des hélicoptères de combat et des missiles et les gouvernements imbéciles de ces pays préfèrent avoir sur leur sol des militaires US qui peuvent être porteurs du virus que des médecins cubains ou pire encore des unités de désinfection russes idée inadmissible pour les dirigeants polonais pour qui le russe est l’incarnation du mal.

En réalité les troupes venues des Etats-Unis pour un exercice vont devenir des troupes d’occupation. Ce n’était peut-être pas prévu à l’origine mais pour les tenants de la domination totale des Etats-Unis sur le monde entier c’est une occasion à ne pas laisser passer tant que les citoyens polonais, lituaniens, lettons et estoniens qui envisageraient de le faire ne peuvent pas manifester dans la rue pour protester et tant que leur gouvernement se soumet.

Comaguer

Photo en vedette : Le Général de division John Gronski visite le groupement tactique de Pologne, le 30 octobre 2018. Photo par: Sgt. Sarah Kirby. Source: National Guard

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Cet article a été publié pour la première fois le 30 juin 2014

Le système de santé cubain est mondialement reconnu pour son excellence et son efficacité. Malgré des ressources extrêmement limitées et l’impact dramatique causé par les sanctions économiques imposées par les Etats-Unis depuis plus d’un demi-siècle, Cuba a réussi à universaliser l’accès aux soins à toutes les catégories de la population et à obtenir des résultats similaires à ceux des nations les plus développées.

Lors de sa récente visite à La Havane en juillet 2014, Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé, a fait l’éloge du système de santé cubain et s’est montrée impressionnée par les réussites dans ce domaine. «  Cuba est le seul pays qui dispose d’un système de santé étroitement lié à la recherche et au développement en cycle fermé. C’est la voie à suivre, car la santé humaine ne peut s’améliorer que grâce à l’innovation », a-t-elle déclaré. Elle a salué « les efforts de la direction de ce pays pour faire de la santé un pilier essentiel de développement[1] ».

Cuba a basé son système de santé sur la médecine préventive et ses résultats sont exceptionnels. Selon Margaret Chan, le monde doit suivre l’exemple de l’île dans ce domaine et remplacer le modèle curatif, inefficace et plus couteux, par un système basé sur la prévention. « Nous souhaitons ardemment que tous les habitants de la planète puissent avoir accès à des services médicaux de qualité, comme à Cuba », a-t-elle souligné[2].

Wikimedia Commons

L’Ecole latino-américaine de médecine (ELAM)

L’OMS rappelle que le manque d’accès aux soins dans le monde n’est en aucun cas une fatalité découlant d’un manque de ressources. Il traduit, au contraire, un manque de volonté politique de la part des dirigeants de protéger les populations les plus vulnérables. L’organisation cite à ce titre le cas de l’île de la Caraïbe comme étant le parfait contre-exemple[3]. D’ailleurs, en mai 2014, en guise de reconnaissance à l’excellence de son système de santé, Cuba a présidé la 67ème Assemblée mondiale de la Santé[4].

Avec un taux de mortalité infantile de 4,2 pour mille, l’île de la Caraïbe présente le meilleur indicateur du continent et du Tiers-Monde, reflétant ainsi la qualité de son système et l’impact sur le bien-être des enfants et des femmes enceintes. Le taux de mortalité infantile de Cuba est même inférieur à celui des Etats-Unis et se situe parmi les plus bas au monde[5].

Avec une espérance de vie de 78 ans, Cuba est l’un des meilleurs élèves du continent américain et du Tiers-monde, avec un indicateur similaire à celui des nations les plus développées. En moyenne, les Cubains vivent 30 ans de plus que leurs voisins haïtiens. En 2025, Cuba disposera de la plus grande proportion de personnes de plus de 60 ans d’Amérique latine[6].

Un système de santé au service des peuples du Tiers-monde

Cuba fait également bénéficier les populations du Tiers-monde de son expertise dans le domaine de la santé. En effet, depuis 1963, Cuba envoie des médecins et autres personnels de santé dans les pays du Tiers-Monde afin de soigner les déshérités. Actuellement, près de 30 000 collaborateurs médicaux travaillent dans plus de 60 pays de la planète[7].

L’exemple emblématique de cette solidarité vis-à-vis des plus démunis est l’Opération Miracle lancée en 2004 par Fidel Castro et Hugo Chávez. Cette campagne humanitaire, mise en place au niveau continental dans le cadre du projet d’intégration de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), consiste à opérer gratuitement les Latino-américains pauvres atteints de cataractes et autres maladies oculaires[8].

En une décennie, près de 3,5 millions de personnes ont pu retrouver la vue grâce à l’internationalisme cubain. Ce programme social, créé dans un premier temps pour le Venezuela, a été étendu à tout le continent avec l’objectif d’opérer un total de 6 millions de personnes. En plus des opérations chirurgicales, la Mission Miracle fournit gratuitement des lunettes et des lentilles de contact aux personnes atteintes de troubles de la vue[9].

Au total, près de 165 institutions cubaines participent à l’Opération Miracle, qui dispose d’un réseau de 49 centres ophtalmologiques et de 82 blocs opératoires dans 14 pays d’Amérique latine : la Bolivie, le Costa Rica, l’Equateur, le Guatemala, le Guyana, Haïti, le Honduras, la Grenade, le Nicaragua, le Panama, le Paraguay, Saint-Vincent et les Grenadines, le Venezuela et l’Uruguay[10].

La solidarité médicale cubaine s’étend également à l’Afrique. En 2014, LABIOFAM, l’entreprise de production chimique et biopharmaceutique cubaine, a lancé une campagne de vaccination contre le paludisme en Afrique de l’Ouest, dans pas moins de 15 pays[11]. Selon l’OMS, ce virus, qui affecte en majorité les enfants, coûte la vie à pas de moins de 630 000 personnes par an, « la plupart étant des enfants âgés de moins de cinq ans vivant en Afrique ». « Cela signifie que 1 000 jeunes enfants meurent chaque jour de paludisme[12] », rappelle l’Organisation.

De la même manière, Cuba forme de jeunes médecins du monde entier au sein de l’Ecole latino-américaine de médecine (ELAM). Depuis sa création en 1998, l’ELAM a diplômé plus de 20 000 médecins de plus de 123 pays. Actuellement, 11 000 jeunes en provenance de plus de 120 nations suivent une carrière de médecine au sein de l’institution cubaine. Selon Ban Ki Moon, secrétaire général des Nations unies, l’ELAM est « l’école de médecine la plus avancée au monde ». Il a également fait l’éloge des médecins cubains qui travaillent dans le monde entier et notamment à Haïti : « Ce sont toujours les premiers arrivés et ce sont les derniers à partir. Ils restent sur place après les crises. Cuba peut montrer au monde entier son système de santé, un modèle pour beaucoup de pays[13] ».

En faisant l’éloge de Cuba, l’Organisation mondiale de la santé souligne qu’il est possible pour un pays du Tiers-monde aux ressources limitées de mettre en place un système de santé performant et d’offrir à l’ensemble des populations une protection sociale digne de ce nom, s’il y a la volonté politique de placer l’être humain au centre du projet de société.

Salim Lamrani

 

 

Notes :

[1] Prensa Latina, « Directora de OMS reconoció labor de Cuba en materia de salud », 16 juillet 2014.

[2] Agencia Cubana de Noticias, « World Health Organization Praises Cuba’s Achievements », 14 juillet 2014.

[3] Prensa Latina, « Directora de OMS reconoció labor de Cuba en materia de salud », op. cit.

[4] EFE, « Directora general de la OMS está en Cuba para ver avances en investigaciones », 15 juillet 2014.

[5] EFE, « Cuba cierra 2013 con la tasa de mortalidad infantil más baja de su historia », 2 janvier 2014.

[6] Oscar Alfonso Sosa, « Crece esperanza de vida geriátrica en Cuba”, Cubadebate, 29 avril 2014.

[7] Salim Lamrani, Cuba: les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013, p. 49.

[8] Cubadebate, « La Misión Milagro cumple hoy diez años : ha devuelto la vista a 3,4 millones de personas », 8 juillet 2014.

[9]Ibid.

[10] Ibid.

[11] Agencia Cubana de Noticias, « Cuba’s LABIOFARM Launches Malaria Campaign in Western Africa », 30 mai 2014.

[12] Organisation mondiale de la santé, « World Malaria Report 2013 », 2013, p. v. http://www.who.int/malaria/publications/world_malaria_report_2013/report/en/ (site consulté le 19 juillet 2014).

[13] Nyliam Vásquez García, « La escuela médica más avanzada del mundo », Juventud Rebelde, 28 janvier 2014.

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Son nouvel ouvrage s’intitule « Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité« , Paris, Editions Estrella, 2013 et comporte une préface d’Eduardo Galeano.

Contact : [email protected] ; [email protected]

Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel

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Coronavirus, confinement et répression en marche!

mars 29th, 2020 by Claude Janvier

Impossible d’éviter le bourrage de crâne médiatique à propos de la propagation du coronavirus. Même en évitant soigneusement de regarder les JT, – vivement recommandé – le moindre déplacement hors de chez soi nous plonge inévitablement dans l’omniprésence d’une chape de plomb gouvernemental, de peur, d’incertitude et de désarroi sur fond de talibanisme français et mondial. 

Du commerçant au regard courroucé si vous venez faire vos courses tous les jours, – c’est pas bien -, des gendarmes nouvellement baptisés  P.O.R.C – Patrouilleur Officiel Respect Confinement –  toujours prompts à vous verbaliser -Le petit qui monte illustré, 22 mars 2020, L’écrou totalitaire, en passant par la brave mamie gantée, masquée et désinfectée qui remplit son caddie de pâtes, pour en arriver à l’attestation de déplacement dérogatoire avec date et heure de sortie – souriez, vous êtes fliqués -, impossible d’échapper à cette ambiance de camp de concentration qu’est devenu la France, l’Europe entière et les pays alignés. Manque plus que les miradors…

Tous les pantins qui gouvernent l’Europe se sont mis d’accord pour nous réhabituer aux laissez-passer, à la consommation minima, aux libertés restreintes et à l’immobilisme mondial. Seul l’élite pourra désormais bouger. Terminé, la contestation. Terminé, les manifestations. Terminé, les attroupements. Terminé, les réunions. Terminé, l’apéro entre potes. Tous confinés,  à cause du Coron Avis Russe – mince, encore un coup du méchant Président Poutine-. 

Sauf qu’en Russie, le nombre de cas est très faible. Les pro-mondialistes vont argumenter que les médias russes occultent la vérité et que seule BFM Torchon Vocal peut nous informer… Le bla-bla habituel des merdias mondialistes à la solde de la ploutocratie régnante. 

Les quatre « leaders » du mouvement des Gilets Jaunes devraient profiter du confinement pour réfléchir à la suite du mouvement. Car le futur s’annonce crépusculaire. Macron vient d’annoncer une nouvelle opération des armées sur le territoire national : Opération Résilience. (Le Point 26 mars 2020. Coronavirus : les détails de l’opération militaire résilience.) 

Ça sent le couvre-feu et la loi martiale. Bientôt les tanks dans les rues…  Mesures d’exceptions, car il a presque les pleins pouvoirs. Déjà, les lois répressives sont votées à tour de bras pendant que tout le monde est confiné. Pratique. Avant, ils votaient la nuit pour éviter que l’on sache. Maintenant c’est en plein jour. Les députés et les ministres peuvent enfin dormir la nuit. Durée du travail extensible, RTT imposées unilatéralement, congés imposés sous conditions, liste non exhaustive. France Info 23 mars 2020, RTT, congés, 35 heures… Ce que prévoit vraiment le projet de loi sur l’état d’urgence sanitaire.

Les syndicats, à la ramasse depuis trop longtemps, se taisent – encore l’excuse du confinement – et les quelques députés de l’opposition se terrent dans leurs fiefs. L’autoroute rêvée pour Macron et sa suite d’asseoir son pouvoir. Rien de tel qu’un virus pour éteindre toute contestation. Ce n’est plus la faute du gouvernement mais la faute de la Covid-19, qui arrive à point nommé. Car, depuis un an et demi, la contestation avait envahi le pays et le président ne savait pas comment se sortir du bourbier jaune. Un petit virus, du confinement et hop, passez muscade. Sa cote remonte grâce à une majorité de citoyens apeurés, secoués et légèrement collabos. On ne sait jamais, dès fois que… Mieux vaut être du côté de la majorité.

Enfin, les CRS, la BAC et les gendarmes vont pouvoir respirer et se transformer en Patrouilleur Officiel Respect Confinement – P.O.R.C. voir plus haut- . Plus sympa de patrouiller sur les plages que sur les pavés de Paris. Moins sympa, les quelques zones de non droit, car là, l’humour est absent. Les dealers n’ont pas envie d’être confinés. Mauvais pour le business. 

L’OMS a déclaré le 30 janvier 2020  qu’il s’agissait d’une urgence de santé publique de portée internationale. Depuis c’est parti « en live« , grâce aux média mainstream et aux « zélites » occidentales. 

Inutile de palabrer davantage sur qui aurait créé ce virus, car on ne saura jamais vraiment la vérité. Curieusement, le 18 octobre 2019, le John Hopkins Center for Health Security à Baltimore a entrepris un exercice de simulation consciencieusement élaboré d’une épidémie de coronavirus appelée nCoV-2019. E-Press 6 février 2020. Coronavirus, d’où vient l’attaque

Est-ce un virus existant chez dame nature ou est-ce le produit de scientifiques cinglés à la solde des mondialistes ? Il existe en ce bas monde au moins une trentaine de laboratoires P4. Ces « fameux » laboratoires où personne ne sait vraiment ce qu’il s’y passe. (fr.wikipedia.org)

Celui de Wuhan en Chine nous intéresse particulièrement puisqu’il s’ouvre en 2015, en collaboration avec des ingénieurs français de Lyon. Coût : 300 millions de yuans (44 millions de dollars). Une partie du personnel s’est notamment formé au laboratoire P4 Jean Mérieux à Lyon. Inauguré en 2017 par le Premier ministre français Bernard Cazeneuve, accompagné de la ministre française des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine, ainsi que Yves Lévy, président de l’INSERM. (à l’époque, car depuis, pour éviter un conflit d’intérêt avec son épouse, Agnès Buzyn, Ministre de la Santé – plus maintenant… Oui je sais, faut suivre… -, il a été « recasé » comme conseiller juridique du gouvernement au Conseil d’État. 1 500 à 6 100 € par mois, pendant cinq ans, bien qu’il n’ait jamais pratiqué le droit public. Relax ! Overblog 19 mars 2020, Le mari d’Agnès Buzyn ex-directeur du projet biologique à Wuhan. (brujitafr.fr)

Yves Lévy et Agnès Buzyn jettent l’opprobre sur  les actions du Professeur Raoult de l’IHU Méditerranée à Marseille, alors que ce dernier est reconnu comme un des meilleurs spécialistes virologues au monde entier. Avant de développer plus avant la trahison d’Agnès Buzyn, de son mari et du gouvernement entier, il faut noter que le laboratoire de Wuhan entretient des liens étroits avec le Laboratoire national de Galveston de l’Université du Texas… Curieux ! Transmission de virus l’un envers l’autre ? Mauvaise langue je suis. 

Le Professeur Didier Raoult figure dans la liste des « Highly Cited Researchers » de Clarivate Analytics130, qui répertorie les chercheurs qui influencent le plus la recherche dans leurs domaines et dont les publications sont parmi les plus consultées dans les revues académiques. Il y apparaît comme l’un des 99 microbiologistes mondiaux et l’un des 73 scientifiques français les plus hautement cités. Selon le classement expertscape il est le premier expert mondial en matière de maladies transmissibles. (wikipedia.org)

Coronavirus : Remerciements, toxicité des traitements, mortalité. Youtube. 24 mars 2020

Mais le professeur Raoult dérange. Il préconise depuis le début de l’épidémie de tester, soigner et guérir. Traitement : Chloroquine : Plaquénil 200 mg associé à l’Azithromycine 250 mg. Médicaments efficaces et pas cher. Le Maire de Nice, Christian Estrosi, Le Point 23 mars 2020, Il faut faire confiance au Professeur Raoult et la député LR Valérie Boyer, Le Figaro 25 mars 2020, Coronavirus : agacée par les critiques et les doutes, viennent de guérir grâce à la Chloroquine, mais ce n’est pas probant selon quelques « pontes » bien glauques du système médical.

Car le professeur est en totale contradiction avec le gouvernement et les autres labos qui veulent du confinement et du temps pour breveter d’autres médicaments plus chers. Pour exemple, Karine Lacombe, professeure infectiologue qui vient de remplacer Michel Cymes – ouf, de l’air – comme correspondante scientifique télévisuelle sur TF1. À peine promue, elle vocifère contre le professeur Raoult et estime : « ce qui se passe à Marseille est absolument scandaleux… C’est en dehors de toute démarche éthique… bla-bla-bla ». Son discours prend tout son sens car on apprend qu’elle a touché des laboratoires Gilead* la somme rondelette de 15 000 €. Sans compter, 10 000 € par Bristol-Myers Squibb et d’autres. Geopolintel mardi 24 mars 2020. Coronavirus : Karine Lacombe contre Didier Raoult. 

*Les laboratoires Gilead ont déposé le 17 mars 2020, un traitement antiviral nommé  Remdevisir. Bienvenu dans le monde pourri des labos aboubé par certains pontes de la médecine. Le serment d’Hippocrate… Hippo qui ? 

Toujours chercher où va l’argent. Toujours chercher à qui profite le crime. C’est une constante. 

La saga continue.  Le professeur Raoult vient de claquer la porte du Conseil Scientifique  dont il était membre et qui avait été constitué par Olivier Véran, l’actuel Sinistre de la Santé, le 11 mars 2020. Ras le bol de perdre son temps avec des corrompus. On peut comprendre. Il a mieux à faire. Il y a des vies à sauver. Bravo à lui et à son équipe. 

Donc création le 24 mars 2020, par le même Sinistre de la Santé, du nouveau comité de scientifiques baptisé CARE :  Comité Analyse Recherche Expertise. – We don’t care?  Si seulement on pouvait mais c’est plus compliqué- A sa tête, Françoise Barré-Sinoussi, qui a reçu le prix Nobel 2008 pour la découverte du virus du Sida. 20 minutes, 24 mars 2020, Coronavirus : L’Élysée annonce la création d’un comité de chercheurs, le Care. 

Cette découverte était aussi associée au Professeur Montagnier et au professeur Harald Zur Hausen. Mais ces derniers ne sont pas cités dans les différents articles qui encensent la dame. Curieux, non ?  

À peine nommée, Françoise Barré-Sinoussi, s’est empressée de dénigrer la « Chloroquine » préconisée et utilisée pourtant avec succès par le professeur Raoult. Motif et on cite :  « manque de rigueur scientifique ». Numerama, 24 mars 2020, Qui sont les membres du care, le nouveau comité scientifique d’Emmanuel Macron. (numerama.com)

Pourtant ce médicament est utilisé depuis 1949. Connu sous le nom de Nivaquine, mais selon la professeure, ce produit manque de rigueur scientifique…Raisonnement en totale contradiction avec les guérisons nombreuses obtenues grâce à ce produit.  

La précédente Sinistre de la Santé, Agnès Buzyn, par la voix de son directeur général de la santé, J. Salomon, a placé le 13 janvier 2020 l’hydroxychloroquine, un dérivé de la chloroquine sur la liste II des substances vénéneuses. Geopolintel 19 mars 2020, Agnès Buzyn a classé la Chloroquine sur la liste des substances vénéneuses et légifrance JORF n°0012 du 15 janvier 2020, arrêté du 13 janvier 2020 portant classement sur les listes des substances vénéneuses. (geopolintel.frlegifrance)

Autre présence non anodine dans le CARE, et certainement plus inquiétante pour le futur :  Bertrand Thirion. Directeur de l’institut de convergence DatalA, spécialiste des sciences des données et intelligence artificielle appliquées au domaine qui recoupe la perspective d’une « stratégie numérique d’identification des personnes » pour un éventuel dépistage plus massif de la Covid-19. 

Vous verrez, dans peu de temps, tout le monde aura sa « pu-puce » électronique implantée dans le corps avec votre CV. Localisable à tous moments. Comme ça si vous êtes infecté par un virus ou trop épris de libertés, hop, direct dans un camp. Vous pensez que j’exagère ? Bill Gates , « l’humanitaire », celui qui veut que tout un chacun soit vacciné, a injecté via sa fondation 100 millions de dollars US à la lutte contre l’épidémie de coronavirus. 

Illogique, vu que le professeur Raoult met en avant un traitement qui fonctionne avec un médicament, la Chloroquine, et qui fait ses preuves depuis 1949. Il suffisait à Gates « l’humanitaire » de financer une production mondiale de la Chloroquine et de soigner tout le monde. Business Insider France, 6 février 2020, La Fondation Gates consacre 100 M$ à la lutte contre l’épidémie de coronavirus. businessinsider.fr)

Mais si la solution est trop simple et trop rapide, impossible pour des labos d’obtenir des nouveaux brevets et donc pas de pognon. Pas de grisbi. Diantre, les actionnaires vont râler. Et ensuite, pas de confinement, pas de terreur, pas de dictature. Rien ne va plus. Les familles des défunts apprécieront le manque de réactivité des pouvoirs publics et de certains pontes de la médecine. La plupart seront morts pour rien, puisque traitement il y a. 

Heureusement, nous sommes plusieurs à écrire sur le sujet et nous sommes plusieurs à défendre le Professeur Raoult. Comme quoi, il faut toujours pousser encore et encore. Au moment où j’écris ce billet, Emmanuel Macron vient d’appeler Didier Raoult. Virage à 180 ° sur l’usage de la Chloroquine. Jusqu’à présent l’Hydroxychloroquine qui n’était autorisée que pour les cas graves – ce qui ne servait pas à grand-chose – vient d’être autorisée par décret le 26 mars 2020. Extrait :

« …sous la responsabilité d’un médecin aux patients atteints par le covid-19, dans les établissements de santé qui les prennent en charge, ainsi que pour la poursuite de leur traitement si leur état le permet et sur autorisation du prescripteur initial, à domicile… » Légifrance JORF n° 0074 du 26 mars 2020. (Le média pour tous et msn.com/fr)

Mais, coup de théâtre en ce 27 mars 2020, 15h00. BFM Torchon Vocal, vient d’annoncer que le décret paru hier et donnant raison au Professeur Raoult, vient d’être modifié. Je cite :

« …le décret hier ne préconisait pas dans quel contexte l’Hydroxychloroquine devait être utilisée. Le décret laissait entendre que n’importe quel patient atteint par le coronavirus pouvait bénéficier du produit, sous encadrement médical… »

Le Sinistre de la Santé a du se faire taper sur les doigts par les labos. En effet, une modification rapide du décret vient d’être publié et je cite

« …L’Hydroxychloroquine ne pourra être utilisée uniquement sur des patients atteints d’une forme de pneumonie oygéno requérante ou d’une défaillance d’organe… ».

Donc, uniquement dans des cas graves, ce qui ne sert à rien d’après le Professeur Raoult. D’après lui, et je pense qu’au vu des résultats qu’il a obtenu, il n’y a pas de doutes à avoir, le produit doit être administré au début, quand la personne est testée positive. Nous sommes donc revenus au point de départ. Un pas en avant, deux pas en arrière. Ceux qui ont encore des doutes sur la haute dose de criminalité de nos gouvernants devraient revoir leurs copies. Continuons à pousser et à dénoncer, c’est vital.

Au fait, où est parti l’argent de nos impôts ? En effet, depuis plus de 20 ans, les gouvernements successifs en France, mais aussi en Europe, ont saboté le service public. Les hôpitaux ont été laissés à l’abandon. La déliquescence est constante. Fermeture d’unités de soins, manque de moyens, locaux plus ou moins vétustes.  Depuis le début de cette épidémie, pas de masques, pas de gels, pas d’appareils respiratoires, pas de testeurs, pas assez de lits. Des urgences saturées et un désert médical dans l’hexagone. Top ! Les bouffons du gouvernement nous assurent que les masques sont en route. Ils ont dû se perdre grâce au service impeccable de Chronopost. Europe 19 décembre 2019 : Chronopost : des livreurs disparaissent avec un million d’euros de marchandise. (europe1.fr)

Mais rassurez-vous ! Tout va aller pour le mieux pour les ultra riches. Ils vont devenir encore plus riches. Mais pour ce faire, il fallait « réinitialiser » l’économie planétaire. Comme pour un ordinateur trop lent. Tout remettre à zéro, grâce au blanc-seing qu’offre ce virus providentiel.  

Car, la crise de 2008 a laissé un goût amer. Trop voyant. Crise de l’immobilier, des gens ruinés, du chômage et des SDF en surnombre. Rien de mieux que l’exploitation d’un virus pour masquer une crise économique qui, inévitablement, arrivait au grand galop. 

Redoutable bonne idée ! Machiavélique. Même dans mes cauchemars les plus fous, je n’aurai pas pu imaginer un scénario aussi répugnant. Et pourtant, c’est ce qui est en train de se passer. 

Il fallait mettre à genoux d’un point de vue économique la Chine et l’Europe. C’est fait.

Les réunions au sein de la BRI – Banque Règlements Internationaux – sont rythmées. Toutes les banques mondiales, ou presque, sont affiliées à la BRI. Banque mystérieuse, peu connue du grand public, localisée à Bâle. Tranquille, la Suisse. 

La Banque centrale américaine, avec l’accord de la BRI, ne fixe désormais plus de limite à ses achats de bons du Trésor et de titres hypothécaires et annonce toute une série de mesures permettant à un large éventail d’entreprises d’accéder à de l’argent frais.

La Fed procèdera à des achats de dette « d’un montant nécessaire pour favoriser le bon fonctionnement du marché et la transmission efficace des politiques à des conditions financières plus larges et à l’économie », a-t-elle annoncé dans un communiqué. Elle a récemment repris les achats massifs d’obligations, face aux effets sur l’économie de l’épidémie de coronavirus.

La Réserve fédérale américaine a par ailleurs rappelé qu’elle ferait tout pour aider les marchés à continuer à fonctionner et lancé un nouveau programme de 300 milliards de dollars d’aides pour « soutenir le flux de crédit aux employeurs, aux consommateurs et aux entreprises ».

En clair, elle fournira autant de liquidités dans les marchés, sans aucune limite. La planche à billets tourne à plein régime. Cela vous éclaire-t-il sur ce qui est en train de se passer ? Qui va gagner à votre avis ? Toujours les mêmes, puisque ce sont eux qui font les lois et que ce sont eux qui décident si vous devez vivre ou mourir.  (La Tribune 23 mars 2020, La Fed continue d’abreuver les marchés en liquidités. )

Tout ce beau monde n’en n’a rien à faire des petits commerçants, artisans, PME, PMI et de quelques grosses entreprises. Pas mal d’entre eux  vont devoir mettre la clé sous la porte. Chômage, misère, et beaucoup de malheur. Car quand vous avez des crédits à honorer, des traites à payer, des loyers, des impôts, des charges et des salaires à verser, vous faites comment ? Aides de l’état ? Dans vos rêves. À part un report de charges et peut-être un léger crédit d’impôts, le reste, c’est pour votre pomme. Pensez à tous les hôteliers, restaurateurs, commerçants, artisans qui, grâce à ce confinement imbécile, vont faire faillite. Car c’est bien de cela dont il s’agit. 

Jusqu’à quand tout ce cirque ? Nul ne le sait, à part la bande de criminels qui sévit sur cette planète. Et si vous doutez encore que cette clique de voyous en cols blancs veulent un gouvernement unique, l’ancien premier ministre britannique Gordon Brown appelle à un gouvernement mondial pour lutter contre le coronavirus. Ca vient de sortir dans Summit News du 26 mars 2020. CQFD

D’ores et déjà, cette année sera zéro sur le plan touristique. Ceux qui ont un peu de trésorerie tiendront peut-être le choc. Mais beaucoup ne s’en relèveront pas. Ils iront grossir la statistique de Pôle Emploi qui s’empressera de les radier au moindre oubli de signer un formulaire inutile. 

Quid du gaspillage alimentaire ? Les boutiques qui vendaient moitié de la nourriture, moitié du bricolage et objets de décorations sont fermées. Cela veut dire quantité non négligeable de denrées périssables qui vont être jetées à la poubelle. À ce propos, je n’entends pas beaucoup les Enfoirés se mobiliser pour que tous ces stocks soit donnés aux Resto du Cœur. 

Les sinistres au pouvoir ont fermé du jour au lendemain les cantines, les restos, les boutiques dans les stations-services autoroutières – merci pour les routiers qui ne peuvent pas se laver, qui ne peuvent pas aller aux toilettes alors qu’ils bossent pour nous ravitailler – sauf que l’on peut se demander ce que sont devenus les stocks de viandes et de légumes. Vous imaginez la perte et le gaspillage au niveau national !

On n’entend pas Hulot non plus. Il devrait être content, lui qui nous bassine depuis plus d’une décennie qu’il faut implanter une taxe carbone individuelle. – sauf pour les vrais pollueurs comme les bateaux, les avions, Exxon Mobil, Total, ou BP. Vœux exaucés, Saint Nicolas et  Sainte Greta. La planète est au repos. Terminée, la pollution. Vive le confinement. Alléluia !  Sauf que le confinement, ça peut rendre fou. 

Car quand vous habitez une maison avec jardin, ça va. Mais quand vous habitez 40 m2 avec un enfant, c’est beaucoup moins excitant. Le génie de La Fontaine, grâce à Fabrice Luchini, est toujours d’actualité. Une phrase de l’excellente fable « L’ours et l’amateur de jardin » narrée avec brio par le grand acteur attire forcément l’attention : – La raison d’ordinaire n’habite pas longtemps chez les gens séquestrés – À méditer. RTBF : 23 mars 2020. Une fable sur le confinement ? Fabrice Luchini en connait une. (rtbf.be) 

Claude Janvier

Covid-19, l’occasion de tout redessiner

mars 28th, 2020 by Renaud Duterme

La crise sanitaire que nous sommes en train de vivre nous en apprend beaucoup sur notre société et ses défaillances. L’occasion d’insister sur ce qui a rendu possible cette épidémie afin d’en tirer les leçons et d’ores et déjà d’envisager des initiatives et des politiques radicalement différentes pour que les prochains chocs soient moins douloureux pour le plus grand nombre.

L’échec du marché-roi

Ce que cette crise révèle, c’est avant tout la responsabilité d’une société dans laquelle le marché règne en roi dans la tragédie des évènements qui surviennent. Car le problème n’est pas tant le virus en tant que tel, mais bien l’incapacité de nos sociétés à y faire face. Or, cette incapacité a été savamment entretenue depuis une quarantaine d’année par des réformes néolibérales qui ont transformé la planète en un gigantesque terrain de jeu pour les grandes entreprises et les détenteurs de capitaux : coupes dans les services publics, privatisations massives, délocalisation des entreprises (dont celles fabriquant du matériel médical de base) et dépendance vis-à-vis du commerce extérieur, destruction de l’agriculture de proximité au profit des grands groupes industriels, extrême volatilité des capitaux, financement des États par les marchés financiers, etc.

D’après les prévisions, les conséquences seront d’ailleurs potentiellement les plus graves dans les pays où ces réformes ont été poussées le plus loin. Pensons aux États-Unis où une partie importante de la population est dépourvue d’assurance-santé ou aux nombreux pays du Sud dans lesquels toute mesure structurelle est quasi impossible en raison du sous-financement massif des services publics (en grande partie causée par les politiques du FMI et de la Banque mondiale).

Par conséquent, si nous voulons mettre en place des solutions alternatives, il nous faut tordre le cou à une série de dogmes qui font consensus dans la plupart des cénacles politiques (voire académiques et médiatiques) depuis plusieurs décennies : non, les secteurs de la santé et de la sécurité sociale ne constituent pas des dépenses publiques excessives ; non, des services publics de qualité ne sont pas la porte ouverte à une collectivisation forcée de la société ; non, les accords de libre-échange (en particulier dans le secteur agricole) ne sont pas synonymes de progrès économique et social ; non, le remboursement de la dette n’est pas une fatalité ; non, des déficits excédant 3 % du PIB ne précipitent pas un pays dans le chaos et non, retrouver une certaine autonomie (en particulier dans les domaines alimentaires, énergétiques et financiers) n’est pas le premier pas vers un nouveau conflit mondial.

Contre le virus de la finance

Cela dit, quand bien même cette catastrophe sanitaire serait surmontée (et gageons qu’elle le soit rapidement), nous allons probablement subir une crise économique majeure, sans doute pire que celle de 2007-2008. L’éclatement de bulles financières géantes a déjà commencé et les mises en garde de nombreux économistes quant aux risques systémiques s’amplifiant depuis plusieurs années semblent se révéler fondées [1]. Chute des indices boursiers, paralysie de l’économie mondiale, arrêt quasi complet des voyages transatlantiques, pression considérable sur les budgets d’États déjà en difficultés, arrêt de certaines chaînes d’approvisionnement, chômage technique touchant des millions de personnes. En définitive, tous les ingrédients réunis pour une récession profonde et durable. Sans oublier les attaques spéculatives qui vont sans doute déferler sur les États les plus fragiles.

Ce constat ne vise pas à rajouter du fatalisme là où ce dernier est déjà bien présent. Il vise au contraire à se préparer et d’ores et déjà envisager des mobilisations massives en faveur d’une gestion du cataclysme à venir au profit des populations et au détriment de ceux qui en sont responsables. Car ce que nous sommes en train de vivre est l’occasion de refonder profondément la façon dont fonctionnent nos sociétés, à savoir sortir de cette toute-puissance du marché.

Une porte ouverte

Concrètement, si nous voulons que cette crise soit le début d’une refondation complète de nos institutions, il faudra nécessairement que les initiatives locales mises en place de part et d’autre (réseaux d’entraide et de solidarité, comités de quartier, soutien aux personnes actives dans l’aide à la personne, auto-organisation des habitants, etc.) se renforcent une fois le gros de la tempête passé et surtout que ces initiatives se combinent avec des revendications politiques fortes et sur lesquelles il faudra nous montrer intraitables. Ces revendications devront bien entendu être décidées collectivement mais gageons que rien ne sera possible tant que nos territoires seront soumis aux exigences du Capital mondialisé.

Par conséquent, tout programme de revendications restera lettre morte si quelques fondamentaux ne sont pas posés, à savoir l’annulation des dettes illégitimes ; le refus de sauvetages bancaires [2] sans condition d’une tutelle publique sur les établissements défaillants ; un protectionnisme solidaire et la recréation d’un tissu économique autonome, local et en accord avec les grands enjeux écologiques et climatiques ; un refinancement de services publics de qualité (en particulier dans la santé, la sécurité sociale et les transports publics) ; un soutien massif à l’économie réelle via une aide des pouvoirs publics ; une mise à contribution des grands groupes financiers et industriels au profit des petites entreprises ; la priorité à une agriculture de proximité, riche en main d’œuvre et économe en intrants et machines et bien sûr un contrôle drastique des mouvements de capitaux afin d’éviter toute hémorragie financière.

Bien entendu, il ne s’agit pas ici d’un programme mais de préalables indispensables si l’on veut des réponses adéquates aux chocs à venir. Car n’en déplaise aux incorrigibles optimistes, l’avenir proche va voir de nombreux évènements (sanitaires, climatiques, économiques, géopolitiques, écologiques) venir de nouveau perturber le fonctionnement normal de nos vies quotidiennes. Et dans ces cas, une véritable résilience ne pourra s’organiser sans mettre l’économie au pas.

Renaud Duterme

 

Image en vedette : CC – Pixabay – romanakr

Notes :

[2Si la situation n’était pas aussi dramatique, il serait presque comique d’entendre depuis quelques semaines de la bouche de libéraux convaincus des demandes d’interventions de l’État dans l’économie ou une sortie de certains secteurs essentiels de la logique de marché.

Renaud Duterme est enseignant, actif au sein du CADTM Belgique, il est l’auteur de Rwanda, une histoire volée , éditions Tribord, 2013, co-auteur avec Éric De Ruest de La dette cachée de l’économie, Les Liens qui Libèrent, 2014, auteur de De quoi l’effondrement est-il le nom ?, éditions Utopia, 2016 et auteur de Petit manuel pour une géographie de combat, éditions La Découverte, 2020.

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COVID-19: «America’s first»

mars 28th, 2020 by Vincent Gouysse

Au cours de la seule journée du 26 mars 2020, ce sont rien de moins que 17 224 nouveaux cas de COVID-19 qui ont été recensés aux USA, dont 271 morts en 24 heures. Les USA représentent aujourd’hui le premier contingent mondial de malades du COVID-19, avec un total de 85 594 cas recensés dont 2 122 cas se trouvent dans un état critique. Parmi les cas aujourd’hui recensés aux USA, 82 426 cas sont actifs. Ils sont donc ainsi presque tous tombés malades en même temps !… 

« Ah, ces satanés chinois ! Quelle capacité de nuisance hors normes ! », essai-t-on, depuis la Maison Blanche, de faire avaler au peuple américain !

Plus sérieusement, cela prouve que l’ampleur réelle de la pandémie de COVID-19 est, à l’évidence très sous-estimée depuis plusieurs mois, et ce de manière délibérée. La prévalence du coronavirus aux USA est aujourd’hui officiellement de 0,26 ‰, soit tout de même le quintuple du taux de prévalence enregistré en Chine au plus fort de l’épidémie !… La situation pandémique, qui va se dégradant de jour en jour aux USA, n’a pourtant pas l’air d’inquiéter outre mesure l’administration Trump, qui semble prête à sacrifier la vie de nombreux Américains dans le but assumé d’amoindrir les répercussions économiques :

« Donald Trump a annoncé vouloir relancer l’économie à tout prix. Ainsi, contre l’avis du corps médical, dont celui du docteur Anthony Fauci, expert mondialement reconnu des maladies infectieuses, qui conseille le locataire de la Maison Blanche, le président des Etats-Unis prône la fin de la distanciation sociale dès lundi prochain. Le Washington Post y voit la défense de ses intérêts privés, et une décision prise après que quatre de ses plus gros hôtels et deux clubs privés ont été fermés. Pourtant, son discours commence à trouver une caisse de résonance auprès de plusieurs personnalités conservatrices, qui suggèrent que la mort de milliers de personnes âgées est peut-être un mal nécessaire pour éviter une longue dépression économique. A l’instar de ce lieutenant gouverneur du Texas, Dan Patrick : « Les grands-parents devraient être prêts à mourir pour sauver l’économie pour leurs petits-enfants. »

Comme on le voit, le Capital ne rechigne jamais à sacrifier la vie de ses esclaves dès lors que ses profits sont mis en danger… Le même cynisme prévaut au sein du gouvernement britannique de Boris Johnson qui, il y a encore deux semaines, souhaitait mettre en œuvre la « stratégie » « de l’immunité de masse », un « pari risqué » consistant à simplement essayer de freiner le rythme d’expansion de la pandémie pour permettre aux services de santé d’éviter d’être submergé :

« Le premier ministre britannique tente une approche « d’immunité de masse ». En clair, il pense qu’il est trop tard pour arrêter l’épidémie et table sur un scénario du pire où 80 % de la population pourrait contracter la maladie ».

C’est indéniablement également la même « stratégie » criminelle qu’a adoptée l’équipe Macron en France, dont les pseudo-mesures de confinement ne parviendront jamais à juguler la pandémie. Mais il est vrai que c’est le prix à payer, pour le peuple de France, afin de contenter le puissant lobbying du MEDEF qui « appelle à continuer la production » « coûte que coûte », alors même que les équipements de protection individuels font complètement défaut… « L’Etat et le MEDEF veulent remettre les Français au travail », et ce quoiqu’il en coûte aux masses populaires, prêtes à être sacrifiées sur l’autel du profit de nos élites, décidemment aussi cyniques que criminelles. 

La pseudo-politique de confinement mise en place par Macron commence à l’évidence à porter ses fruits : les derniers jours ont ainsi vu la situation sanitaire continuer à se dégrader rapidement en France. Au cours de la seule journée du 26 mars 2020 ont été recensés 3 922 nouveaux cas et 365 morts, alors même que 3 375 patients se trouvent dans un état critique. Ce sont au total déjà 1 696 décès recensés qui sont à mettre au compteur de la politique criminelle mise en œuvre depuis trois mois par l’équipe de LaREM. 

En France, on renvoie à la maison des cas jugés « peu graves », dont l’état se détériore ensuite à domicile, avant de revenir à l’hôpital dans un état critique, trop tard, et qui auront en outre eu dans l’entretemps l’occasion de contaminer leur entourage… 

Cette politique va indéniablement aggraver la situation sanitaire au cours des prochaines semaines : on est bien loin d’apercevoir la lumière au bout du tunnel… Non, nous ne voyons pour l’instant que les ténèbres de la suffisance et de l’arrogance de nos pantins politiciens, de leurs merdias, et de leur donneur d’ordres : un Capital financier prêt à tout sacrifier pour « limiter ses pertes »…

Et quand on regarde ce qui se passe en Italie ou en Espagne, deux pays qui ont mis en place des mesures de confinement autrement plus radicales que celles mises en place par notre psychopathe de président et son équipe d’incapables, le peuple de France a indéniablement du souci à se faire. 

L’Italie a recensé hier plus de 6 200 nouveaux cas de contamination et 712 décès. L’Italie compte aujourd’hui un total 8 215 décès, ainsi que 3 612 patients dans un état critique. L’Espagne a pour sa part enregistré plus de 8 270 nouveaux contaminés et 718 décès. L’Espagne compte pour sa part déjà au total 4 365 décès et 3 166 patients dans un état critique. Le système sanitaire de l’Italie est sur la corde raide, maintenu sous perfusion par l’aide chinoise, russe et cubaine ; tandis que celui de l’Espagne est déjà submergé. Or le COVID-19 ne touche encore qu’une infime partie de la population !

Oui, l’Europe du Capital est bel et bien en train de faire faillite, et le peuple italien n’est pas prêt de l’oublier : déjà en Italie, on descend et on brûle le drapeau européen pour hisser à la place le drapeau chinois, la Chine ayant notamment promis au gouvernement italien que l’approfondissement de la Nouvelle Route de la soie serait accompagnée d’une reconstruction du système sanitaire italien, au grand dam de l’impérialisme américain qui voit aujourd’hui l’Italie menacer de sortir très bientôt complètement de sa sphère d’influence :

« Les italiens, toutes tendances politiques et idéologiques confondues, refusent absolument tout lien avec l’Union Européenne et sont prêts à prendre les armes pour s’en libérer ».

Selon les cas aujourd’hui recensés, le taux de prévalence du COVID-19 est aujourd’hui de 1,2 ‰ en Espagne, de plus de 1,3 ‰ en Suisse et en Italie, de plus de 1,4 ‰ au Liechtenstein, de 2,3 ‰ au Luxembourg et en Islande, et enfin de près de 2,9 ‰ à Andorre et aux Iles Féroé, paradis fiscaux notoires des élites atlantistes dont nous doutons qu’elles soient les destinations touristiques les plus prisées des touristes chinois, à l’instar du Liechtenstein… 

Dans ces pays les taux de prévalence du COVID-19 sont donc de 21 à 51 fois plus élevés que celui enregistré en Chine au moment du pic épidémique, pays où la pandémie du COVID-19 a été enrayée en un moi et demi, et ce de manière aussi réactive, qu’efficace et transparente, grâce à des mesures de confinement totales, à des protections individuelles obligatoires adaptées, au dépistage à large échelle combiné au traçage systématique des personnes ayant été en contact avec des cas infectés, et enfin grâce à un système sanitaire aussi moderne qu’accessible à tous. Sur un total de 81 340 cas recensés en Chine, 3 292 personnes en sont mortes, 74 588 en ont guéri et il ne reste plus que 3 460 cas actifs dont 1 034 se trouvent dans un état critique. Le taux de létalité a été de 4,0 % en Chine.

Ce bilan est à mettre en regard avec celui de quelques pays inclus dans la sphère atlantiste. Contrairement aux statistiques chinoises, dont la fiabilité est corrélée par les faits, c’est-à-dire par la victoire complète remportée contre l’expansion incontrôlée et exponentielle du COVID-19, les statistiques de nombre de pays de l’alliance Atlantique sont manifestement sous-estimées par rapport à la réalité, du fait notamment du nombre limité de tests de dépistage réalisés. La France n’a pour l’instant également pas recensé les morts dans les EHPAD… 

Nous pensons évidemment en premier lieu ici aux USA, au Royaume-Uni et à la France, pays dont les élites figurent parmi celles qui ont traité avec la plus criminelle légèreté de l’expansion de la pandémie de COVID-19 sur leur sol avec le même mot d’ordre à la bouche : mieux vaut sacrifier la vie de quelques esclaves salariés que de risquer d’impacter lourdement l’économie !

Il est d’abord essentiel de noter que les cas critiques ne sont pas actualisés régulièrement dans nombre de pays soi-disant « démocratiques » et « transparents », à l’instar de l’Allemagne.

Et nous nous sommes concentrés ici que sur le « cœur » du Monde Atlantiste en déclin. Car dans ses zones périphériques, sur les cinq continents, la pandémie du COVID-19 se répand rapidement et y fait des ravages de plus en plus lourds. En attendant la mise au point et la production à grande échelle d’un vaccin, la pandémie actuelle semble belle et bien hors de contrôle, à l’exception de quelques rares pays dont les élites ont été suffisamment intelligentes pour en comprendre le danger. En Roumanie, ce sont désormais les hôpitaux qui en viennent à fermer, faute de personnel, celui-ci ayant été parfois localement massivement contaminé, du fait du manque d’équipements de protection individuels adéquats.

Le Brésil compte aujourd’hui pour sa part 2 985 cas recensés pour 77 morts, soit un taux de létalité de près de 2,6 %. Parmi ces cas, 2 902 sont actifs et 296 d’entre eux se trouvent dans un état critique. Au cours des 24 dernières heures ont été recensés 431 nouveaux cas de contamination et 18 décès. Qu’arrivera-t-il si la souche C du COVID-19 atteint les favelas des grandes métropoles brésiliennes, où bien les bidonvilles des métropoles sud-africaines où s’entassent des millions de miséreux séropositifs immunodéprimés ? L’Afrique du Sud compte aujourd’hui 927 cas recensés, dont 218 au cours des 24 dernières heures…

A la fin de la journée du 26 mars 2020, c’étaient plus de 531 000 cas de personnes infectées par le COVID-19 qui avaient été recensées dans le Monde, dont plus de 24 000 morts (soit un taux de létalité de 4,5 %), sans oublier près de 20 000 personnes dans un état critique.  Six jours auparavant, on n’avait recensé qu’un peu plus de 272 000 cas, dont 11 300 morts à travers le Monde. C’est-à-dire que le nombre de personnes infectées recensées a doublé en six jours… 

Et répétons-le encore, il ne s’agit là que des cas recensés, la réalité étant bien certainement beaucoup plus sombre encore, du fait de la défaillance ou de l’absence même de véritable système de veille sanitaire dans la majorité des pays bourgeois. Un seul exemple : l’Inde ne compte aujourd’hui que 733 cas recensés pour 1,37 milliard d’habitants. Comment y croire une seule seconde, alors même que le Pakistan frontalier (et ses 219 millions d’habitants) a pour sa part déjà recensé plus de 1 200 cas ???!!!…

Assurément, de par sa criminelle politique d’intoxication de l’opinion publique mondiale, le bloc impérialiste Atlantiste va être à l’origine d’un Tchernobyl viral d’une ampleur mondiale, pandémie qui va se traduire par un véritable génocide des populations les plus fragiles, à savoir les personnes âgées et les populations les plus pauvres… Oui, il y aura assurément des comptes à rendre !

Vincent Gouysse

Le 27 mars 2020

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Alors que le monde entier se préoccupe pour la santé de ses proches, le procureur général des États-Unis, William Barr, a mis à prix, le 26 mars, la tête de Nicolas Maduro et de hauts dignitaires de l’État vénézuélien. Récompense : 15 millions de dollars pour le président vénézuélien, 10 millions pour les autres. Cette soudaine préoccupation du procureur étasunien peut faire sourir lorsque l’on sait que la Colombie, principal producteur de cocaïne au monde, est secoué par un scandale qui relie le narcotrafiquant Ñeñe Hernandez…au président colombien.

Si la nouvelle a fait le tour du monde dans le cas de Maduro, peu de monde a prêté attention à la liste complète diffusée aux chasseurs de primes. Pourtant, on y trouve deux anciens militaires vénézuéliens, artisans de la sale guerre contre la Révolution Bolivarienne : Hugo Carvajal et Cliver Alcala.

Qui est Cliver Alcala ?

Cliver Alcala Cordones est un ancien général vénézuélien, ex commandant des garnisons de Valencia et de Maracay. Membre du groupuscule d’extrême gauche dit du « chavisme critique », il déserte en 2016 et rejoint la lutte armée contre le gouvernement bolivarien. Lors de la tentative d’invasion du Venezuela, le 23 février 2019, repeinte en « aide humanitaire » par le système médiatique international, Cliver Alcala est à la tête d’un bataillon de 200 mercenaires et prétend passer la frontière en force. Il en sera empêché par…la police colombienne.

Frustré mais pas résigné, il fera partie, quatre mois plus tard, du groupe de séditieux qui prévoyaient de lancer un coup d’État, le 23 juin 2019. Le putsch sera déjoué, une fois de plus, par le gouvernement vénézuélien qui avait infiltré des taupes des services secrets dans les réunions de préparation des putschistes. Non seulement les agents vénézuéliens se sont infiltrés, mais il ont filmé les rencontres. Il ne s’agit donc pas d’un point de vue, mais de faits. Les vidéos sont mêmes disponibles sur youtube pour ceux qui auraient des doutes.

Dans les échanges entre putschistes, il ressort que Cliver Alcala est à la tête de plusieurs dizaines de mercenaires, et reçoit l’aide tactique du Mossad israélien. Cliver Alcala réside aujourd’hui à Barranquilla dans le nord de la Colombie, où il développe ses activités terroristes sans jamais être inquiété par les autorités de ce pays.

Les révélations du chef des « affreux » vénézuéliens

A peine la nouvelle de sa mise à prix connue, le mercenaire voit rouge. Il sent qu’il a été trahi, et qu’il est un maillon faible sur le macabre échiquier politique des États-Unis dans la région. Il prend alors contact avec un media colombien pour offrir sa version des faits.

Avant d’aller plus loin, il est important de souligner que ces informations ne proviennent pas d’un média bolivarien, et que la personne qui les dénonce est un terroriste vénézuélien prêt à plonger son pays dans le sang. Il s’agit pas d’un coup politique du chavisme mais d’un énième règlement de compte au sein du Gang de Guaido.

L’interview de Cliver Alcala à la radio colombienne WRadio est surréaliste. Il raconte par le détail l’opération militaire contre le Venezuela qui a été mise en déroute deux jours auparavant. En effet, le 24 mars, une cargaison d’armes faisant route vers des camps d’entrainement de terroristes vénézuéliens est saisi par…la police routière de Colombie. 26 fusils AR-15, 36 chargeurs, 37 viseurs nocturnes, huit silencieux passent sous contrôle de la police colombienne.

Cliver Alcala va assumer la responsabilité opérationnelle de l’opération et affirme avoir lui-même envoyé les armes à destination du groupe de mercenaires qu’il dirige le long de la frontière avec le Venezuela. Ces soldats d’infortune, principalement des déserteurs de l’armée vénézuélienne et des membres de la pègre, devaient ensuite franchir illégalement la frontière et, profitant des mesures de confinement dans la lutte contre le Covid 19 au Venezuela, commettre des assassinats sélectifs et des attentats.

Il n’est pas anodin de rappeler que la région de La Guajira, où se trouvent ces camps terroristes a été, du 10 au 20 mars 2020, le théâtre de l’opération Vita, un exercice militaire conjoint entre les troupes colombiennes et leurs homologues états-uniennes.

L’entretien complet de Cliver Alcala sur WRadio (en espagnol)

A la surprise des journalistes de la radio colombienne, il affirme que le gouvernement d’Ivan Duque avait été mis au courant 48 heures avant la livraison des armes. Un des journalistes s’exclame: « C’est ce que Maduro dit tout le temps. Que la Colombie est une base arrière… ». Bienvenue dans le monde réel !

Lorsque le journaliste de WRadio demande à Cliver Alcala qui a acheté ces armes, la réponse du putschiste vénézuélien va être édifiante. Il révèle qu’un accord a été signé entre Juan Guaido, des conseillers états-uniens, le communiquant Juan José Rendón, et le député vénézuélien (du parti de Guaido) Sergio Vergara, pour acheter du matériel militaire et la plannifier des actes de guerre

Alcala, qui joue ici sa survie physique et politique, affirme détenir une copie du pacte signés par les protagonistes.

Dans un vidéo postée le lendemain sur Twitter, Cliver Alcala va encore plus loin. Il accuse certains secteurs au sein même de l’opposition de l’avoir dénoncé et d’avoir fait échouer l’opération planifiée avec Juan Guaido.

Ces révélations qui émanent du secteur le plus intégriste de l’opposition fait une fois de plus ressortir les liens troubles de Juan Guaido. Quand il ne pactise pas avec les cartels de la drogue colombiens, c’est pour mieux tomber dans les bras de la pègre et du terrorisme international. Il est triste de constater que certains nervis médiatiques, académiques et politiques osent encore soutenir ce personnage en Occident.

Cette opération militaire n’est pas un acte isolé. Les États-Unis entendent bien profiter de la pandémie de Covid 19 pour renverser le président vénézuélien Nicolas Maduro. Alors que le Coronavirus se propage comme une trainée de poudre aux États-Unis, Carrie Filipetti, sous-secrétaire d’Etat pour Cuba et le Venezuela, déclare le 26 mars 2020 que le Venezuela va devenir l’épicentre de la pandémie au niveau régional.  Cette déclaration est contredite par les faits. Le Venezuela, à la différence de ses voisins arrive encore à contrôler la pandémie au moyen de mesures progressistes et efficaces. Les pays les plus touchés dans la région sont le Brésil, l’Équateur, le Chili et la Colombie, tous de fervents ennemis de la Révolution bolivarienne.

Le Système de la Patria, un moyen efficace du gouvernement vénézuélien pour dépister les citoyens du Covid 19

Cette déclaration, complètement éloignée de la réalité de terrain, vise surtout à justifier une intervention militaire. Nul doute qu’elle sera suivie d’une pression médiatique intense dans les jours à venir pour préparer l’opinion publique à un changement de régime, « nécessaire » pour préserver des vies humaines. La novlangue des communicants de Washington n’est pas neuve.

Ces derniers jours, alors que plusieurs membres du gang de Guaido (souvent depuis l’étranger) font circuler de fausses informations alarmistes sur les réseaux sociaux, Twitter a suspendu les comptes de plusieurs officiels de l’État vénézuélien, particulièrement ceux qui font des annonces sur la lutte efficace du gouvernement bolivarien contre le coronavirus (Vice-présidente, ministres, gouverneurs mais aussi influencers chavistes). La guerre de l’information suit son cours.

Quand au blocus économique, malgré les différents appels internationaux pour sa suspension -dont celui du président russe, Vladimir Poutine- il a été renforcé par les États-Unis.

La plupart des gouvernements sont occupés à lutter contre le coronavirus. Mais les États-Unis semblent avoir d’autres priorités.

« Le diable ne dort jamais » dit le proverbe. Il semblerait désormais que ses yeux se soient posés sur le Venezuela.

Romain Migus

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Des démocraties occidentales décomposées, au bord de l’implosion sanitaire, incapables de faire face à l’épidémie alors que nous n’en sommes qu’au début, et dont les dirigeants versatiles nous disaient en janvier qu’il n’y avait aucun problème, en février que ce n’était qu’une mauvaise grippe, et début mars qu’il fallait aller voter et nous agglutiner en chœur sur les terrasses des bistrots.

Des dirigeants occidentaux qui comptent sur une immunité collective synonyme d’extermination de nos aînés pour éteindre l’épidémie, mais qui se gardent bien de le dire et invoquent une guerre qu’ils ont déjà perdue faute de vouloir la gagner ; des incompétents et des corrompus vendus à Big Pharma qui répugnent à admettre des résultats qui semblent faire leurs preuves et qui méritent d’être testés de façon massive ; qu’il s’agisse du confinement, du dépistage ou du traitement, une indécision et une cacophonie qui donnent l’impression qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion.   

Sous les projecteurs, de curieux médecins qui, faute d’aller au front en blouse blanche, passent leur temps à pérorer sur les plateaux télé en compagnie de crapules journalistiques dont la vilenie transpire dans le moindre de leurs propos ; loin des projecteurs, en revanche, des personnels soignants qui se battent héroïquement sous le mépris de cette classe dominante qui a exigé le démantèlement de l’hôpital public pour accroître ses profits. 

Un système de soins qui faisait la fierté de la nation, et qu’on a sacrifié sur l’autel du capital à coups de réformes néo-libérales ; une sécurité sociale exemplaire créée par les communistes en 1945, qui a sauvé des millions de vies, mais que l’oligarchie a démantelée au détriment de la santé publique ; un abandon massif des populations à la logique du profit individuel, aujourd’hui, quand il faudrait mobiliser l’esprit de solidarité et saisir fermement les richesses là où elles se trouvent. 

Un échec patent, une incurie massive des soi-disant démocraties devant les défis que nous lance cette pandémie qui n’est pas la première et qui ne sera pas la dernière ; le désarmement unilatéral des populations les plus fragiles devant la maladie orchestré par des gouvernements qui ont livré le peuple de France à ses pires ennemis ; qui l’ont offert en pâture à une oligarchie qui vendrait sa mère pour épaissir son portefeuille dans le but illusoire de remplir une existence vide et plongée, comme dit Marx, « dans les eaux glacées du calcul égoïste ».

A l’autre bout du monde, des Chinois vilipendés sans relâche par nos médias, calomniés sans vergogne par les dirigeants des États-Unis, alors qu’ils ont tout fait pour juguler l’épidémie, en deux mois, sous l’égide d’un État pour qui la santé publique est une priorité nationale et la solidarité autre chose qu’un slogan de campagne électorale sponsorisée par des banquiers d’affaires ; des puissances asiatiques qui réussissent à endiguer le mal en mobilisant des moyens colossaux, s’appuyant sur des valeurs collectives qui n’y ont pas subi comme chez nous le laminage néolibéral ; un grand pays, la Russie, qui a réussi à contenir la progression de l’épidémie sur le sol national.

Des équipes médicales chinoises, cubaines et vénézuéliennes qui volent au secours de l’Italie, pays européen trahi par ses partenaires ; une Union européenne dont l’inutilité est patente, l’impuissance pathétique, le délabrement exposé au regard de tous dans cette incapacité à faire jouer le moindre mécanisme de solidarité intracommunautaire ; des médecins cubains autorisés par le gouvernement français à intervenir en Martinique, véritable camouflet infligé à une grande puissance capitaliste contrainte d’appeler à la rescousse le seul État socialiste de la Caraïbe, lui-même soumis depuis soixante ans au blocus américain. 

Ce même pays, Cuba, qui contient l’épidémie en mobilisant un système de santé exemplaire, loué par l’OMS, et qui vaut au peuple cubain une espérance de vie de 80 ans, désormais supérieure à celle des États-Unis ; la réussite incontestable, donc, des pays dotés d’un État fort, souverain et soucieux de la santé publique ; des États prêts à consentir un ralentissement de la croissance, s’il le faut, pour sauver des vies humaines ; tandis que les dirigeants occidentaux font le choix inverse, au risque de sacrifier à la fois l’économie et la santé, au bout du compte, en laissant la situation empirer. 

Une formidable leçon de choses administrée aux peuples, une magistrale leçon politique, en définitive, sur les vertus comparées des soi-disant démocraties qui les abandonnent à leur sort et des soi-disant dictatures qui font tout pour les sauver d’une mort annoncée ; une leçon sur la supériorité du socialisme chinois ou cubain, et pour tout dire du vrai progressisme, sur des régimes qui n’ont que les droits de l’homme à la bouche, mais qui font comme si la pandémie était l’effet de lois naturelles et ont les yeux rivés sur les cours de la Bourse pendant que se poursuit l’hécatombe.

Bruno Guigue

Source de l’image en vedette : canadiandimension.com

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Nul n’ignore que les pays s’espionnent les uns les autres, si bien qu’en surface, l’accusation émise par la société chinoise de cybersécurité Qihoo 360 selon laquelle la CIA a espionné la Chine au cours des 11 dernières années n’aurait habituellement pas soulevé beaucoup d’attention. Mais ce sont les détails qui rendent cette information des plus intéressantes. Si l’on en croit les informations qui en ressortent, cette société estime que l’agence de renseignements étasunienne a piraté en Chine des agences gouvernementales, des organisations de recherche scientifique, le secteur de l’aviation, et l’industrie énergétique.

Qihoo 360, pour en arriver aux conclusions et au scandale, a comparé les virus qu’elle a découverts avec les révélations sorties des publications Vault 7 sorties par Wikileaks quant aux outils d’espionnage de la CIA. Les découvertes qu’a fait la société confirment que les informations sorties par Wikileaks, l’organisation de défense de la transparence, étaient exactes, chose dont nul n’avait jamais vraiment douté, car Wikileaks n’a jamais rien partagé qui se fût révélé erroné. Néanmoins, cette observation apporte du crédit aux soupçons répandus à travers le monde selon lesquels la CIA espionne tout et tout le monde.

Une analyse des détails des affirmations de Qihoo 360 établit clairement que la stratégie anti-chinoise étasunienne est en fait tout à fait simple. De toute évidence, l’agence veut récupérer des informations confidentielles qui pourraient lui donner de l’avance sur ce qu’elle a déclaré constituer l’une de ses « grandes puissances rivales », mais ce n’est pas tout. Le ciblage d’agences de recherche scientifique, du secteur de l’aviation, et de l’industrie énergétique peut se décrire comme de l’« espionnage industriel », au sens où les États-Unis veulent voler les secrets commerciaux de la Chine pour en tirer un parti économique.

Voilà qui suggère fortement que les États-Unis craignent que leurs organisations de recherche, ainsi que certains secteurs de leur industrie, ne sont plus aussi compétitives que par le passé, chose qui n’est pas trop risquée à avancer, vu comment les sociétés chinoises voient leur renommée croître pendant que les entreprises étasuniennes ont tendance à voir leur aura diminuer. Selon toutes probabilités, la CIA comptait partager les informations qu’elle tâchait de récupérer avec les sociétés en place aux États-Unis, qu’elles connaissent les sources de ces informations, ou qu’elles les reçoivent au travers d’un courriel non sollicité, par exemple.

Répétons-le, il s’agit du comportement standard de toute agence de renseignement au monde, mais le simple fait que la CIA se voie accusée, preuves à l’appui, de ces actions, porte un impact plus puissant que si l’accusation visait quelqu’un d’autre. La raison en est qu’il continue d’exister une notion voulant que les sociétés étasuniennes pourraient supposément rester à niveau d’elles-mêmes, toutes choses égales par ailleurs, d’où la détermination avec laquelle Trump avait déclenché la « guerre commerciale » de son administration. Il est en train d’apparaître, désormais, que ce récit est tout à fait trompeur.

Il semble bien que certaines sociétés étasuniennes ont eu besoin des secrets commerciaux chinois pour rester dans la course, et cela réfute le mythe voulant qu’elles soient « naturellement » meilleures que leurs homologues étrangères. De fait, si l’on considère l’historique de la CIA sur des décennies et que l’on présume que ce n’était évidemment pas ici la première fois que cette agence pratiquait l’espionnage industriel, on en vient à se poser des questions telles que : combien de sociétés étasuniennes ont-elles eu besoin d’informations volées pour parvenir à la place qu’elles occupent à ce jour? On n’en connaîtra jamais la réponse, mais la question reste intéressante à évaluer.

En outre, les accusations émises par Qihoo 360 démontrent que les États-Unis s’emploient à mener les actions-mêmes qu’ils accusent régulièrement la Chine de pratiquer ; de quoi émettre des hypothèses sur le fait que les accusations anti-chinoises proférées d’une voix forte pourraient constituer avant tout une couverture de ses propres actions peu avouables. En outre, si l’on garde tout ceci à l’esprit, et que l’on considère l’influence dont disposent les États-Unis sur le récit mondialisé, au travers de leurs connexions avec de nombreux organes de presse de premier plan, on commence à distinguer comment ces affirmations anti-chinoises ne constituent guère plus qu’une tentative de conserver la mainmise narrative.

C’est pour cette raison que chacun devrait prendre au sérieux les accusations de Qihoo 360. Bien que le gouvernement chinois ait précédemment déclaré que les États-Unis avaient bel et bien tenté de l’espionner par le passé, c’est ici la première fois qu’une société privée a étayé ces affirmations, documents fuités de la CIA elle-même à l’appui. Dans l’ensemble, ce dernier scandale révèle beaucoup de choses quant à la stratégie embarrassante des États-Unis.

Andrew Korybko

 

 

Article original en anglais : CIA’s cyber espionage scandal says a lot about U.S.’ strategy, CGTN, le 8 mars 2020.

Traduit par José Martí, relu par Kira pour le Saker Francophone

 

Andrew Korybko est un analyste politique américain, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

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Aux Etats-Unis, le département d’État et les médias promeuvent massivement comme une doxa l’idée que le COVID-19 est « un virus chinois » et que « la Chine l’a répandu dans le monde », exigeant des excuses et même davantage. Un cabinet d’avocats US de Floride a déjà engagé des poursuites contre le gouvernement chinois, au nom d’un collectif de victimes, exigeant des réparations pour les « dommages » causés par le virus (1). Nous avons examiné et analysé les données disponibles de toutes les premières contaminations confirmées, puis ultérieures, dans tous les pays, concernant notamment les questions de source de contagion, de souche virale et de chronologie de l’épidémie. Ces données démontrent clairement à quel point les faits ne viennent nullement corroborer cette doxa américaine. Il en ressort en effet que deux «vagues» majeures de contamination mondiale se sont succédées, la première vers la fin janvier et la seconde un mois plus tard (2) (3) (4).

Si, effectivement, au tout début de la première vague, 22 pays ont découvert leurs premiers cas confirmés de contaminations chez des voyageurs en provenance de Chine, peu de temps après, lors de la seconde vague, dans 34 pays, les premiers cas confirmés de contamination étaient des voyageurs en provenance d’Italie, et dans 16 autres, en provenance d’Iran. Cependant, dans chacun de ces cas – à deux éventuelles exceptions près – la pertinence de cette prétendue « contamination initiale » issue, dans ces pays, de citoyens chinois ou d’autres voyageurs s’est effondrée : d’une part parce qu’il n’existait aucun lien entre ces premières contaminations d’origine étrangère et les virulentes éruptions locales subséquentes, et d’autre part parce la plupart de ces virulentes éruptions étaient dues à une souche de virus retrouvée, non pas en Chine, mais uniquement aux États-Unis.

Il en découle que, bien que l’Italie ait découvert ses deux premières contaminations chez deux touristes chinois, ces derniers ne pouvaient être à l’origine de la contagion qui allait suivre, parce que la souche virale qui a contaminé l’Italie n’est pas celle qui a contaminé la Chine et dont ces deux touristes chinois étaient effectivement porteurs. En d’autres termes, en Italie, comme dans presque tous les autres pays, la contamination ne pouvait absolument pas venir de Chine, c’était matériellement impossible. Les États-Unis étant le seul pays où l’on retrouve la variante du virus présente en Italie, la contamination ne peut provenir que de ce pays-là, et non de Chine. De même, dans les pays proches de la Chine – Corée du Sud, Japon, Vietnam, et même Taiwan – la contagion est due à la même souche, totalement différente de celle qui s’est répandue en Chine. Or, on n’a retrouvé en Chine qu’une toute petite poche de cette souche virale, et très loin de Wuhan. Ces pays n’ont donc pas, eux non plus, pu être contaminés depuis la Chine. Nous avons déjà évoqué ce point dans un article précédent (5).

On a fait grand cas dans les médias US du « premier cas de contamination confirmé aux USA », un Chinois arrivé de Wuhan, mais ce cas-là non plus n’était pas pertinent, parce que l’épidémie massive qui se répandait alors insidieusement aux USA et n’allait pas tarder se faire jour (ce qu’elle n’a pas manqué de faire) n’avait aucun lien avec ce citoyen chinois ; les milliers de cas confirmés depuis, à Washington, en Californie et à New York, provenant clairement de sources locales non identifiées – parce que non recherchées.

Étant donné le très grand nombre de Chinois qui transitent à travers le monde, il n’est guère surprenant de découvrir des cas de contamination chez des personnes arrivées de Chine dans divers pays, depuis la première vague de contaminations observée en Chine. Il était donc naturel de tester prioritairement les voyageurs en provenance de Chine. En raison de cette concentration, peu de pays ont songé à vérifier les voyageurs en provenance des États-Unis. L’Australie en a fait la preuve. Selon une déclaration officielle du Premier ministre australien, 80% des cas avérés constatés en Australie ont été contaminés aux États-Unis, avant de rentrer chez eux (6). De même en Islande, où l’on confirme que plusieurs cas investigués arrivaient de Denver (7) (8). Il nous semble extrêmement probable que, si tous les pays examinaient systématiquement les antécédents de voyage de leurs plus anciens cas de contamination, ils découvriraient davantage de personnes ayant séjourné aux USA très récemment, peut-être même une majorité.

Inciter les gens à ne pas poser les bonnes questions, c’est ne pas en chercher les réponses. On peut toujours se demander si le virus provient initialement d’une chauve-souris, d’un pangolin ou d’une banane, mais ce n’est pas pertinent. Ce n’est pas une chauve-souris ou une banane qui a infecté les habitants de Wuhan, mais une personne vivante – ou une personne transportant dans un récipient un virus vivant. Les questions qui se posent vraiment concernent l’identité de cette personne et la provenance du contenu de cet éventuel récipient. Or la traque de ces réponses conduisant manifestement aux États-Unis, ce n’est certainement pas en Chine qu’on pourra les trouver.

Rapide coup d’œil à ces deux vagues de contamination qui ont fait le tour du monde.

La première vague a frappé simultanément, en quelques jours, 25 nations ou territoires, aux alentours du 25 janvier. Zones contaminées : Macao, Hong Kong, Taïwan, Singapour, Vietnam, Corée du Sud, Sri Lanka, Philippines, Cambodge, Népal, Malaisie, Australie, Thaïlande, Canada, États-Unis, Allemagne, Italie, Royaume-Uni, France, Espagne, Belgique, Russie, Finlande et Émirats arabes unis.

Un mois plus tard, la deuxième vague a frappé simultanément 85 pays en quelques jours, aux alentours du 25 février. Pays contaminés : Autriche, Pays-Bas, Suisse, Portugal, Luxembourg, Monaco, Saint-Marin, Vatican, Liechtenstein, Malte, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Afghanistan, Indonésie, Bangladesh, Maldives, Bhoutan, Andorre, Bulgarie, Biélorussie, Lituanie, Pologne, Hongrie, Ukraine, République tchèque, Slovénie, Lettonie, Croatie, Estonie, Macédoine du Nord, Géorgie, Roumanie, Bosnie-Herzégovine, Slovaquie, Serbie, Moldavie, Albanie, Égypte, Irak, Oman, Bahreïn, Koweït, Liban, Qatar, Arabie saoudite, Jordanie, Palestine, Islande, Équateur, Arménie, Norvège, Danemark, Costa Rica, Pérou, Colombie, Mexique, République dominicaine, Paraguay, Chili, Brésil, Argentine, Nigéria, Togo, Cameroun, Sénégal, Algérie, Afrique du Sud, Maroc et Tunisie. Le Kosovo, la Namibie, l’Uruguay, le Soudan, l’Éthiopie, le Lesotho, la Bolivie, le Panama, la République démocratique du Congo, la Mongolie, le Burkina Faso, Brunei et Chypre ont été à leur tour frappés simultanément environ une semaine plus tard.

Pas besoin d’être virologue pour commencer à trouver tout ça franchement bizarre ! Un virus naturel n’a pas la capacité d’infecter simultanément 85 pays différents sur tous les continents du monde, avec apparition d’épidémies à plusieurs endroits dans chaque pays – et de le faire sans passer par un marché aux fruits de mer rempli de chauves-souris et de bananes !

Source: Geology.com

Le plus ahurissant étant que, incontestablement, ces pays n’ont pas tous été infectés par la même souche du virus, ce qui signifie que dans ces 85 pays les infections simultanées ne provenaient même pas de la même source. Plus ahurissant encore, la plupart des pays, parmi les plus atteints, ont signalé des explosions simultanées de cas sur plusieurs sites en même temps, et aujourd’hui encore, tandis que certains pays sont parvenus à identifier un ou plusieurs « patients zéro », nous n’en connaissons encore aucun qui soit parvenu à les identifier tous. Lorsqu’on place les faits inventoriés ci-dessus à la lumière des connaissances  les plus élémentaires en matière de contagion virale, l’intuition suggère au minimum la possibilité que ce ne soit pas une seule personne qui ait transporté un récipient de virus vivant, mais bien davantage.

Il est aussi intéressant d’observer que les taux de létalité les plus élevés (Ndt : en proportion de cas, non en quantité) sont apparus en Italie, en Iran et en Chine. Approximativement, le taux de mortalité se situe, en Chine, autour de 3% ou 4%, en Iran autour de 7%, et en l’Italie autour de 9%. Plus intéressant encore, si ces pays ont réellement transmis à d’autres nations leur propre souche du virus, ces souches auraient alors, en partant, abandonné derrière elles leur taux de létalité. Par exemple, dans les 34 pays officiellement contaminés depuis l’Italie, la mortalité reste très faible, et il en va de même des contaminations d’origine chinoise ou iranienne. On en conclura naturellement que ces virus préfèrent leurs « populations d’origine », et constituent au mieux une menace mineure pour les autres.

Larry Romanoff

 

Article original en anglais :

COVID-19: Two Major ‘Waves’ of Global Infection, Towards Global Contamination?, le 26 mars 2020.

Traduction par Dominique Arias pour Mondialisation.ca

 

Notes

(1)https://www.prweb.com/releases/the_berman_law_group_files_class_action_complaint_against_the_chinese_government_for_their_alleged_failures_to_contain_the_coronavirus/prweb16981743.htm

(2) https://www.clinicaltrialsarena.com/features/coronavirus-outbreak-the-countries-affected/

(3) https://www.clinicaltrialsarena.com/features/coronavirus-countries-with-suspected-cases/

(4) https://www.clinicaltrialsarena.com/features/

(5) https://www.globalresearch.ca/covid-usa-targeting-italy-and-south-korea/5707042

(6)https://news.cgtn.com/news/2020-03-22/PM-Morrison-80-percent-Australia-cases-are-imported-mostly-from-U-S–P41uG3CfWU/index.html

(7) https://www.denverpost.com/2020/03/13/iceland-coronavirus-traced-denver/

(8)https://icelandmonitor.mbl.is/news/news/2020/03/13/three_covid_19_cases_in_iceland_traced_to_denver/

 

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Il semblerait que le gouvernement français aide Big Pharma à tirer profit de la pandémie de Covid-19.

Ce qui se passe dans la cinquième plus grande économie du monde laisse supposer un scandale de collusion majeur dans lequel le gouvernement français aide Big Parma à tirer profit de l’expansion du Covid-19. Les citoyens français informés sont absolument furieux à ce sujet.

Ma première question à une source parisienne sérieuse et irréprochable, la juriste Valérie Bugault, portait sur les liaisons dangereuses entre le Macronisme et Big Pharma et surtout sur la mystérieuse « disparition » – plus probablement le vol pur et simple – de tous les stocks de chloroquine en possession du gouvernement français.

Le respecté Professeur Christian Perronne a parlé de ce vol en direct sur l’une des chaînes d’information françaises qui tourne 24/7 : « La pharmacie centrale des hôpitaux a annoncé aujourd’hui qu’ils étaient confrontés à une rupture totale des stocks, qu’ils avaient été pillés ».

Grâce à la contribution d’une autre source anonyme, il est maintenant possible d’établir un calendrier qui met en perspective les actions récentes du gouvernement français.

Commençons par Yves Levy, qui était à la tête de l’INSERM – l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale – de 2014 à 2018, après avoir été nommé conseiller d’État extraordinaire pour l’administration Macron. Seulement 12 personnes en France ont accédé à ce statut.

Levy est marié à Agnès Buzyn, qui était jusqu’à récemment Ministre de la Santé sous MacronFile:Agnès Buzyn 2018-04-06 lancement stratégie autisme 2018-2022.jpg

Buzyn a en fait reçu une « offre qu’on ne peut pas refuser » du parti de Macron de quitter le Ministère – en pleine crise de coronavirus – et de se présenter à la Mairie de Paris, où elle a été impitoyablement battue au premier tour le 16 mars.

Levy mène une lutte acharnée contre le Professeur Didier Raoult, spécialiste des maladies transmissibles prolifique et souvent cité, basé à Marseille. Levy a retiré le label INSERM au centre de recherche de l’IHU (Institut Hospitalo-Universitaire) de renommée mondiale dirigé par Raoult.

En pratique, en octobre 2019, Levy a révoqué le statut de « fondation » des différents IHU afin de pouvoir reprendre leurs recherches.

Raoult a participé à un essai clinique dans lequel l’hydroxychloroquine et l’azithromycine ont guéri 90% des cas de Covid-19 quand ils étaient testés très tôt. (Les tests précoces et de masse sont au cœur de la stratégie sud-coréenne réussie).

Raoult est opposé au confinement total des individus sains et des porteurs potentiels – qu’il considère comme « médiéval », au sens anachronique. Il est en faveur des tests de masse (une méthode qui, comme en Corée du Sud, a été couronnée de succès à Singapour, à Taiwan et au Vietnam) et d’un traitement rapide à l’hydroxychloroquine. Seuls les individus contaminés devraient être confinés.

La chloroquine coûte un euro pour dix pilules. Et c’est là que le bât blesse : Big Pharma – qui finance crucialement l’INSERM, et dont fait partie le « champion national » Sanofi – préfèrerait une solution beaucoup plus rentable. Pour l’instant, Sanofi dit qu’elle se « prépare activement » à produire de la chloroquine, mais cela peut prendre « des semaines », et il n’est pas fait mention du prix.

Une Ministre fuyant un tsunami

Voici la chronologie :

Le 13 janvier, Agnès Buzyn, toujours Ministre française de la Santé, classe la chloroquine comme « substance toxique », désormais disponible uniquement sur ordonnance. Une décision étonnante, si l’on considère qu’elle est vendue sur le marché français depuis un demi-siècle.

Le 16 mars, le gouvernement Macron ordonne un confinement partiel. Il n’y a pas un mot sur la chloroquine. Au début, la police n’est pas tenue de porter des masques ; la plupart ont été volés de toute façon, et il n’y a pas assez de masques, même pour le personnel de santé. En 2011, la France comptait près de 1,5 milliard de masques : 800 millions de masques chirurgicaux et 600 millions de masques pour les professionnels de la santé en général.

Mais ensuite, au fil des ans, les stocks stratégiques n’ont pas été renouvelés, pour satisfaire l’UE et pour appliquer les critères de Maastricht, qui limitaient l’adhésion au Pacte de Croissance et de Stabilité aux pays dont le déficit budgétaire ne dépassait pas 3% du PIB. L’un des responsables de l’époque était Jérôme Salomon, aujourd’hui conseiller scientifique du gouvernement Macron.

Le 17 mars, Agnès Buzyn déclare avoir appris que la propagation du COVID-19 sera un véritable tsunami, pour lequel le système de santé français n’a pas de solution. Elle dit également qu’elle avait compris que l’élection du Maire de Paris « n’aurait pas lieu » et que c’était, en fin de compte, « une mascarade ».

Ce qu’elle ne dit pas, c’est qu’elle n’a pas fait de déclaration publique à l’époque où elle se présentait parce que toute la machine politique de Macron était axée sur le fait de remporter la « mascarade ». Le premier tour de l’élection a été insignifiant, alors que le Covid-19 continuait de se répandre. Le deuxième tour a été reporté indéfiniment. Elle devait être informée de la catastrophe sanitaire imminente. Mais en tant que candidate de la machine Macron, elle n’a pas rendu public ses résultats en temps voulu.

En succession rapide :

Le gouvernement Macron refuse d’appliquer les tests de masse, comme cela a été pratiqué avec succès en Corée du Sud et en Allemagne.

Le Monde et l’agence française de la santé publique qualifient les recherches de Raoult de fausses nouvelles, avant de se rétracter.

Le Professeur Perrone révèle sur la chaîne d’information LCI que le stock de chloroquine de la pharmacie centrale de France a été volé.

Grâce à un tweet d’Elon Musk, le Président Trump affirme que la chloroquine devrait être disponible pour tous les Américains. Les personnes souffrant de lupus et de polyarthrite rhumatoïde, qui ont déjà des problèmes d’approvisionnement avec le seul médicament qui leur offre un soulagement, enflamment les réseaux sociaux par leur panique.

Les médecins et autres professionnels de la santé américains se mettent à thésauriser le médicament pour leur propre usage et celui de leurs proches, en falsifiant les ordonnances pour indiquer qu’elles sont destinées à des patients atteints de lupus ou de polyarthrite rhumatoïde.

Le Maroc achète le stock de chloroquine de Sanofi à Casablanca.

Le Pakistan décide d’augmenter sa production de chloroquine pour l’envoyer en Chine.

La Suisse renonce à l’enfermement total de sa population, opte pour des tests de masse et des traitements rapides, et accuse la France de pratiquer une « politique spectacle ».

Christian Estrosi, le Maire de Nice, s’étant fait soigner à la chloroquine, appelle directement Sanofi pour faire livrer de la chloroquine aux hôpitaux de Nice sans aucune intervention du gouvernement.

Marseille professor seeking to cure Covid-19

Grâce aux recherches de Raoult, un test de chloroquine à grande échelle commence enfin en France, sous la direction – prévisible – de l’INSERM, qui veut « refaire les expériences dans d’autres centres médicaux indépendants ». Cela prendra au moins six semaines de plus, alors que le conseil scientifique du Palais de l’Élysée envisage maintenant de prolonger le verrouillage total de la France à … six semaines.

Si l’utilisation conjointe de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine s’avère définitivement efficace chez les plus gravement malades, les quarantaines pourraient être réduites dans certains groupes sélectionnés.

La seule entreprise française qui fabrique encore de la chloroquine fait l’objet d’une intervention judiciaire. Cela met en perspective la thésaurisation et le vol de la chloroquine. Il faudra du temps pour que ces stocks soient reconstitués, ce qui donnera à Big Pharma la marge de manœuvre nécessaire pour obtenir ce qu’elle veut : une solution coûteuse.

Il semble que les auteurs du vol de chloroquine étaient très bien informés.

Infirmières emballées

Cette chaîne d’événements, étonnante pour un pays du G-7 hautement développé et fier de son service de santé, s’inscrit dans un long et douloureux processus ancré dans le dogme néolibéral. L’austérité imposée par l’UE, associée à la recherche du profit, a entraîné un laxisme extrême à l’égard du système de santé.

Comme me l’a dit Bugault,

« des kits de dépistage – très peu nombreux – étaient toujours disponibles, mais surtout pour un petit groupe lié au gouvernement français [anciens responsables du Ministère des finances, PDG de grandes entreprises, oligarques, magnats des médias et du spectacle]. Même chose pour la chloroquine, que ce gouvernement a tout fait pour rendre inaccessible à la population.

Ils n’ont pas rendu la vie facile au Professeur Raoult – il a reçu des menaces de mort et a été intimidé par des « journalistes ».

Et ils n’ont pas protégé les stocks vitaux. Déjà sous le gouvernement Hollande, il y a eu une liquidation consciente du stock de masques – présents en grande quantité dans tous les hôpitaux. Sans oublier que la suppression des lits d’hôpitaux et des moyens hospitaliers s’est accélérée sous Sarkozy ».

Cela rejoint les rapports angoissés de citoyens français qui affirment que les infirmières doivent maintenant utiliser des sacs poubelles en raison du manque de matériel médical approprié.

Dans le même temps, autre fait étonnant, l’État français refuse de réquisitionner les hôpitaux et cliniques privés – qui sont pratiquement vides à ce stade – alors même que le Président de leur association, Lamine Garbi, a plaidé en faveur de cette initiative de service public :

« Je demande solennellement que nous soyons réquisitionnés pour aider les hôpitaux publics. Nos installations sont prêtes. La vague qui a surpris l’Est de la France doit nous donner une leçon ».

Bugault reconfirme que la situation sanitaire en France « est très grave et va encore s’aggraver du fait de ces décisions politiques – absence de masques, refus politique de tester massivement les gens, refus d’accès gratuit à la chloroquine – dans un contexte de détresse suprême dans les hôpitaux. Cela va durer et les pénuries seront la norme ».

Professeur contre Président

Dans un dénouement explosif mardi, Raoult a déclaré qu’il ne participerait plus au conseil scientifique de Macron, même s’il ne l’abandonne pas complètement. Raoult insiste une fois de plus sur les tests de masse à l’échelle nationale pour détecter les cas suspects, puis isoler et traiter les patients dont le test est positif. En clair : le modèle sud-coréen.

C’est exactement ce que l’on attend de l’IHU de Marseille, où des centaines d’habitants continuent de faire la queue pour se faire dépister. Et cela rejoint les conclusions d’un expert chinois de premier plan sur le Covid-19, Zhang Nanshan, qui affirme que le traitement au phosphate de chloroquine a eu un « impact positif », les patients se voyant testés négatifs après environ quatre jours.

Le point essentiel a été souligné par Raoult : Utiliser la chloroquine dans des circonstances très particulières, pour les personnes testées très tôt, lorsque la maladie n’est pas encore avancée, et seulement dans ces cas-là. Il ne préconise pas la chloroquine pour tout le monde. C’est exactement ce que les Chinois ont fait, en plus de leur utilisation de l’Interféron.

Depuis des années, Raoult plaide pour une révision radicale des modèles économiques de la santé, afin que les traitements, les cures et les thérapies créés pour la plupart au cours du XXe siècle, soient considérés comme un patrimoine au service de l’humanité tout entière : « Ce n’est pas le cas », dit-il, « parce que nous abandonnons la médecine qui n’est pas rentable, même si elle est efficace. C’est pourquoi il n’y a pratiquement pas de fabrication d’antibiotiques en Occident ».

Mardi, le Ministère français de la Santé a officiellement interdit l’utilisation du traitement à base de chloroquine recommandé par Raoult. En fait, le traitement n’est autorisé que pour les patients en phase terminale du Covid-19, sans autre possibilité de guérison. Cela ne peut qu’exposer le gouvernement Macron à d’autres accusations d’inefficacité au minimum – ajoutées à l’absence de masques, de tests, de traçage des contacts et de respirateurs.

Mercredi, commentant les nouvelles directives du gouvernement, Raoult a déclaré :

« Lorsque les dommages aux poumons sont trop importants et que les patients arrivent pour être réanimés, ils n’hébergent pratiquement plus de virus dans leur corps. Il est trop tard pour les traiter avec de la chloroquine. Est-ce que ce sont les seuls cas – les cas très graves – qui seront traités à la chloroquine dans le cadre de la nouvelle directive de Veran ? »

Si c’est le cas, a-t-il ajouté ironiquement, « alors ils pourront dire avec certitude scientifique que la chloroquine ne fonctionne pas ».

Raoult n’était pas disponible pour commenter les articles des médias occidentaux citant les résultats des tests chinois qui suggéreraient qu’il se trompe sur l’efficacité de la chloroquine dans le traitement des cas légers de Covid-19.

Les membres du personnel ont plutôt évoqué ses commentaires dans le bulletin de l’IHU. Raoult y déclare qu’il est « insultant » de demander si on peut faire confiance aux Chinois sur l’utilisation de la chloroquine. Si c’était une maladie américaine et que le Président des États-Unis disait : « Nous devons traiter les patients avec cette substance », personne ne discuterait.

En Chine, ajoute-t-il, il y avait « suffisamment d’éléments pour que le gouvernement chinois et tous les experts chinois qui connaissent les coronavirus adoptent une position officielle selon laquelle ‘nous devons traiter avec de la chloroquine’. Entre le moment où nous avons les premiers résultats et une publication internationale acceptée, il n’y a pas d’alternative crédible parmi les personnes les mieux informées au monde. Ils ont pris cette mesure dans l’intérêt de la santé publique ».

Point crucial : s’il était infecté par un coronavirus, Raoult dit qu’il prendrait de la chloroquine. Étant donné que Raoult est considéré par ses pairs comme le premier expert mondial en matière de maladies transmissibles, bien au-dessus du Dr Anthony Fauci aux États-Unis, je dirais que les nouveaux rapports reflètent plutôt le discours de Big Pharma.

Raoult a été dénigré et diabolisé sans pitié par les médias corporatifs français qui sont contrôlés par quelques oligarques étroitement liés au Macronisme. Ce n’est pas par hasard si la diabolisation a même atteint les Gilets Jaunes, en particulier à cause du hashtag très populaire #IlsSavaient, avec lequel les Gilets Jaunes soulignent que les élites françaises ont « géré » la crise du Covid-19 en se protégeant tout en laissant la population sans défense contre le virus.

Cela rejoint l’analyse controversée du philosophe émérite Giorgio Agamben dans une chronique publiée il y a un mois, où il soutenait déjà que le Covid-19 montre clairement que l’état d’exception – similaire à l’état d’urgence mais avec des différences importantes pour les philosophes – s’est pleinement normalisé en Occident.

Agamben s’exprimait non pas en tant que médecin ou virologue, mais en tant que maître à penser, dans la lignée de Foucault, Walter Benjamin et Hannah Arendt. Notant comment un état latent de peur s’est métastasé en un état de panique collective, pour lequel le Covid-19 « offre une fois de plus le prétexte idéal », il a décrit comment, « dans un cercle vicieux pervers, la limitation de la liberté imposée par les gouvernements est acceptée au nom d’un désir de sécurité qui a été induit par les mêmes gouvernements qui interviennent maintenant pour le satisfaire ».

Il n’y a pas eu de panique collective en Corée du Sud, à Singapour, à Taiwan et au Vietnam – pour ne citer que quatre exemples asiatiques en dehors de la Chine. Une combinaison rigoureuse de tests de masse et de recherche de contacts a été appliquée avec un immense professionnalisme. Cela a fonctionné. Dans le cas de la Chine, avec l’aide de la chloroquine. Et dans tous les cas asiatiques, sans sombres motivations de profit au bénéfice de Big Pharma.

L’arme du crime qui prouve que le système Macron est non seulement incompétent pour traiter le Covid-19, mais qu’il fait traîner le processus pour que Big Pharma puisse mettre au point un vaccin miracle, rapidement, n’est pas encore apparue. Mais le mécanisme visant à dissuader de recourir à la chloroquine est plus qu’exposé ci-dessus – parallèlement à la diabolisation de Raoult.

Pepe Escobar

 

Photo en vedette : Une citoyenne française portant un masque. Photo: Facebook

Article original en anglais :

Why France Is Hiding a Cheap and Tested Virus Cure

L’article en anglais a été publié initialement par Asia Times.

Traduit par Réseau International

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Il n’y a pas si longtemps, le Wall Street Journal a insulté la Chine, la qualifiant de « vrai malade de l’Asie ». La Chine a riposté, puis les États-Unis ont contre-attaqué. Les émotions ont été fortes, des journalistes ont été expulsés.

Soudain, divers responsables chinois ont exprimé publiquement ce que beaucoup, tant en Chine qu’en Russie, exprimaient depuis des semaines en sous-voix : que c’était peut-être l’establishment militaire américain, qui avait apporté le nouveau type de coronavirus (COVID-19) à Wuhan, afin de nuire à la Chine et de ramener le monde, par des voies détournées complexes, sous le contrôle de l’Occident.

Soudain, le monde se sent très mal à l’aise. La façon dont il est gouverné est clairement perverse. Les gens ne savent pas toujours pourquoi, ils se sentent simplement effrayés, piqués et peu sûrs d’eux. En fait, cela a toujours été le cas au cours des dernières décennies, mais cela devient en quelque sorte « trop ».

Les pays ne se font pas confiance. Les gens n’ont pas confiance les uns dans les autres. Les gens n’ont pas confiance en leurs gouvernements. Le capitalisme est méprisé, mais les nations ont été privées d’alternatives.

Je travaille dans le monde entier et j’observe tout cela. Je n’aime pas ce que je vois.

De plus en plus, je crains que ce qui a été mis en route par Washington et Londres ne se termine mal. Qu’une tragédie nous attende au coin de la rue.

***

Depuis de nombreuses années, je préviens que l’impérialisme assassine des dizaines de millions de personnes chaque année. Principalement l’impérialisme occidental, mais aussi ses ramifications dans certains endroits où les élites ont appris de leur ancien maître colonialiste comment brutaliser les territoires conquis, comme Jakarta, New Delhi ou Tel Aviv.

Les génocides et l’esclavage moderne sont devenus les plus vils reflets de la modernité. Pas les seuls, bien sûr, mais les plus vils.

J’ai récemment écrit pour ce magazine (NEO), que je n’ai jamais vu le monde aussi fragmenté.

Les voyages, l’Internet, les médias sociaux – ils étaient tous censés améliorer le monde et rapprocher les gens les uns des autres. Ce n’est pas le cas. Je vois la confusion et la désinformation tout autour de moi. Les gens voyagent, mais ne voient ni ne comprennent. Ils fixent les écrans d’ordinateur pendant des heures chaque jour, comme ils le faisaient pour les écrans de télévision, mais ils n’ont aucune idée de la façon dont le monde fonctionne.

Autrefois, les gens venaient vers nous, les philosophes, pour obtenir des conseils. Nous avions l’habitude d’interagir. Nous ne le faisons plus. Et regardez la philosophie elle-même : elle a été réduite à une discipline universitaire sèche et contrôlée par le régime. Avant, être un philosophe était pareil qu’être un penseur. Maintenant, pathétiquement, un philosophe est un individu qui possède un diplôme universitaire en philosophie, délivré par un collège qui fait partie de l’establishment.

Et de toute façon, aujourd’hui, presque chaque individu, du moins en Occident, croit qu’il ou elle est un philosophe ; égocentrique, posant et publiant sur les médias sociaux à coups de selfies, avec des ego grotesquement stimulés.

Quelque chose a mal tourné. Presque tout a mal tourné. L’humanité est confrontée à un énorme danger. Pourquoi ? Parce qu’elle ne se comprend pas elle-même. Ses rêves ont été réduits à des ambitions basses, pathétiques et tristes. Ses nobles idéaux qui se sont formés au cours de longs siècles ont été rabaissés par le récit nihiliste occidental.

***

Et puis, un nouveau coronavirus a frappé.

Ne sous-estimez pas le coronavirus ! Il a peut-être le taux de mortalité d’une grippe ordinaire, mais il est beaucoup plus dangereux que cela. Son danger est surtout psychologique et philosophique, bien plus que médical.

Il est arrivé, de manière inattendue, et a montré au monde entier qu’il n’y a plus d’unité mondiale, ni de solidarité.

Les pays agissent et réagissent de manière extrêmement brutale. C’est effrayant. Tout cela ressemble à certains des mauvais films d’horreur de seconde zone produits par Hollywood.

Les gouvernements se pointent du doigt, de façon irrationnelle. Les compagnies aériennes mentent, volent les clients, tout en prétendant les protéger.

Je me suis récemment « évadé » de Hong Kong, après que Korean Air ait annulé sans cérémonie ses vols vers la Chine, sans rien faire pour réacheminer les passagers bloqués. J’ai volé pendant 5 jours vers l’Amérique du Sud, chez moi, en passant par plusieurs aéroports asiatiques, par les itinéraires les plus bizarres, nord et sud et nord encore, puis via Amsterdam et le Suriname, en zigzagant à travers les villes brésiliennes, avant d’atteindre le Chili. Curieusement, à un moment donné, je me suis retrouvé à Séoul, d’où l’on m’avait dit plus tôt que je ne devais pas partir. J’ai ressenti le légendaire racisme sud-coréen sur ma peau, et j’ai subi une humiliation et un interrogatoire scandaleux après avoir déclaré, à la porte d’embarquement avant de partir pour Amsterdam, que les Nord-Coréens traitaient certainement les gens avec beaucoup plus de respect et de dignité que Séoul.

J’écrirai beaucoup plus à ce sujet dans un avenir proche, mais ce n’est pas censé être le sujet principal de cet essai.

L’essentiel est que la logique elle-même s’est effondrée. Le comportement de nombreux pays est devenu irrationnel, si la logique est censée être synonyme de progrès de l’humanité et d’amélioration de la vie des êtres humains. Maintenant, les choses n’ont de sens que lorsqu’elles sont vues sous l’angle du désir de contrôler et d’usurper, de piller et d’humilier.

Et le coronavirus ?

Les États-Unis tentent-ils de tirer profit de la situation, de monopoliser le remède et de sauver leur économie et leur monnaie, au détriment de milliards de personnes dans le monde ?

Le 15 mars 2020, The Sun a rapporté :

« Donald Trump a offert des sommes énormes à une société allemande pour qu’elle s’empare du vaccin contre le coronavirus pour les Américains uniquement ».

Un jour plus tard, le 16 mars 2020, le Mail Online, amplifiait l’histoire :

« Les responsables allemands tentent d’empêcher l’administration Trump d’attirer la société biopharmaceutique allemande CureVac aux États-Unis pour qu’elle obtienne ses vaccins expérimentaux contre le coronavirus exclusivement pour les Américains.

Le président Donald Trump a offert des fonds pour attirer la société CureVac aux États-Unis. Le gouvernement allemand a fait des contre-offres pour que la société reste, selon un rapport du journal allemand Welt am Sonntag.

Une source non identifiée du gouvernement allemand a déclaré au journal que Trump essayait de s’assurer l’exclusivité du travail des scientifiques et qu’il ferait tout pour obtenir un vaccin pour les États-Unis – « mais seulement pour les États-Unis ».

Le comportement de l’Empire pourrait facilement rendre quelqu’un plus malade que le coronavirus lui-même.

***

Les États-Unis occupent et antagonisent les pays, puis ils les punissent lorsqu’ils tentent de se protéger. Israël fait de même. Tout comme l’Indonésie, l’Inde et l’OTAN en tant que bloc. La Turquie est en train de devenir folle. L’Iran, le Venezuela et d’autres pays crient, brutalisés sans raison par des sanctions et des embargos. La Russie est constamment calomniée, juste pour avoir aidé des pays blessés, au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique Latine.

Je regarde tout cela et je me demande : jusqu’où tout cela peut-il aller ? Est-ce que tout ce banditisme et cette idiotie vont continuer à partir de maintenant, et seront à jamais acceptés comme une normalité ?

Mais revenons au coronavirus. Tout cela est lié à ce que j’ai mentionné plus haut, non ? Des milliards de personnes sont aujourd’hui dépouillées de leurs droits et de leur volonté, bousculées, et totalement contrôlées, tout cela étant justifié par une maladie dont le taux de mortalité est celui d’une grippe ordinaire. Et les gens remarquent-ils que les victimes sont maintenant traitées comme des criminels, ce qui aurait été inimaginable il y a seulement quelques décennies.

La Chine, qu’elle ait été infectée par les États-Unis ou non, est continuellement insultée, isolée et dénigrée. La propagande occidentale anti-chinoise a fait son apparition, presque dès le début de l’épidémie. Quelle horreur, quelle monstruosité !

Les propagandistes occidentaux sont en alerte, attendent, surveillent le monde. Comme les piranhas, ils attaquent à la vitesse de l’éclair, dès que le sang est versé, ou qu’un morceau de chair est exposé.

En cas de catastrophe, ils profitent pleinement des faiblesses de leur adversaire. Ils cherchent à tuer. Et il n’y a rien d’humain dans leur comportement. C’est un coup calculé contre la victime. C’est le coup de scalpel chirurgical, conçu pour tuer, de la manière la plus terrifiante.

La Chine a réagi de manière totalement opposée : lorsque l’Italie a été infectée, les médecins chinois ont proposé leur aide. Ils se sont envolés pour l’Italie avec des médicaments et du matériel.

Et la Chine n’est pas seule. Chaque fois que des catastrophes surviennent, n’importe où dans le monde, les médecins et les commandos de sauvetage cubains décollent, à condition qu’ils soient autorisés à voyager et à apporter leur aide.

Le Venezuela aussi. Il a fourni du carburant bon marché, même à des personnes dans le besoin qui se trouvaient être des citoyens de son archi-tortionnaire – les États-Unis.

Et la Russie, sous quelque forme que ce soit (en tant que plus grande République Soviétique, ou en tant que Fédération de Russie), a aidé des dizaines et des dizaines de nations décimées : en soignant leurs malades, en éduquant leurs étudiants, en construisant des infrastructures, en diffusant la culture par le biais de livres et de musique, le tout dans les langues locales.

La Russie ne parle pas beaucoup : elle fait juste, exécute, aide. Tout comme la Chine, Cuba et d’autres pays.

***

Je veux voir le monde uni. Je veux voir l’humanité se lancer dans un beau projet : améliorer la planète, rechercher, ensemble, un système égalitaire, sans misère, sans maladies incurables, sans dépravation.

Mais je ne suis pas naïf. Je vois ce que l’Occident et son capitalisme et impérialisme extrêmes font au monde.

Et je suis convaincu que seuls les « ismes » classiques sont capables d’évoquer la compassion et la solidarité des peuples. Les propagandistes de Washington et de Londres vous disent le contraire ; ils vous mentiront en vous disant que le communisme et le socialisme sont morts, ou du moins totalement dépassés. Ne leur faites pas confiance ; vous savez que leurs objectifs n’ont rien à voir avec l’amélioration de la vie sur notre planète. Quoi que vous entendiez de leur part, faites confiance au contraire.

En ce moment, notre race humaine est comme une personne malade, très malade. Non pas à cause du coronavirus, mais à cause de la réaction au coronavirus.

La Chine n’est pas du tout le vrai malade de l’Asie. Peu importe comment cela s’est passé, la Chine a été infectée, mais elle s’est ensuite relevée, s’est battue avec beaucoup de détermination et de courage et a commencé à faire disparaître la maladie. Les médecins chinois, les Chinois en général, font maintenant la fête. Ils sont en extase. Ils gagnent, leurs premiers hôpitaux dédiés aux patients atteints de coronavirus ferment maintenant à Wuhan. Leur système est clairement victorieux, créé pour le peuple.

Presque simultanément, la Chine a commencé à aider d’autres pays.

En fait, la Chine et son peuple se comportent comme des êtres humains sont censés le faire. Et, si on appelle cela « malade », alors qu’est-ce qui est « sain » ?

Andre Vltchek

 

 

Article original en anglais : It is Not China, but the Western World that should be Defined as the “Real Sick Man”, New Eastern Outlook, le 24 mars 2020.

Traduit par Réseau International

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L’apparition soudaine de la COVID-19 dans tout l’Occident a entraîné une série de décisions d’urgence prises par des dizaines de gouvernements qui auraient été impensables il y a quelques semaines à peine. De la fermeture de pratiquement toutes les entreprises, sauf les plus essentielles comme les pharmacies et les épiceries, aux quarantaines obligatoires pour des pays entiers, les Occidentaux n’ont jamais connu de mesures aussi extrêmes, même en temps de guerre.

Ces politiques nécessaires ont toutefois des conséquences indésirables de grande envergure dans les domaines social, économique et politique.

Les Occidentaux ont pour usage de se déplacer à leur guise, mais désormais la plupart d’entre eux sont obligés de rester chez eux, sauf pour se rendre dans les quelques commerces essentiels qui restent ouverts. De nombreuses personnes craignent aujourd’hui pour leurs moyens de subsistance parce qu’elles ont vécu au jour le jour et n’ont pas pu mettre assez de côté pour le proverbial « jour de disette » – ou dans ce cas, au moins « deux semaines de disette ».

D’autres encore craignent que leurs gouvernements n’exploitent à l’avenir ces décisions d’urgence pour des raisons politiques d’intérêt personnel.

Dans l’ensemble, la société occidentale semble avoir fondamentalement changé à la suite de la COVID-19. Il semble impossible, du moins à ce stade précoce des tentatives de confinement d’urgence, d’imaginer que la vie puisse un jour redevenir ce qu’elle était.

Les étudiants suivent désormais des cours sur ordinateur plutôt qu’à l’école, des personnes qui pensaient vivre confortablement attendent désormais désespérément une aide gouvernementale pour les aider à joindre les deux bouts, et le scepticisme antigouvernemental croissant qui a marqué ces dernières années s’est encore accentué.

Qu’importe la durée qu’il faudra pour vaincre la COVID-19, l’humanité l’emportera certainement après que la Chine aura montré au monde que c’est effectivement possible – pourvu que chacun fasse sa part de sacrifices pour le bien commun, mais beaucoup de ces changements d’urgence pourraient devenir la nouvelle norme.

On peut comprendre que les gens deviennent réticents à avoir autant de contacts sociaux qu’auparavant, d’où la raison pour laquelle l’apprentissage en ligne pourrait devenir la norme. Ceux qui peuvent travailler à domicile continueront probablement à le faire pour la plupart, et les sceptiques envers le gouvernement pourraient être pris plus au sérieux.

Les ressortissants allemands ont été interdits de voyager pour les vacances. AFP

Le « bon vieux temps » qui consistait à ce que chacun aille où il veut (surtout dans l’UE), à ne pas trop se soucier de l’emploi et, d’une manière générale, à faire confiance aux gouvernements pour faire respecter les droits constitutionnels à tout prix semble presque être un rêve lointain après tout ce qui s’est passé au cours de ces deux dernières semaines.

On peut même dire que beaucoup sont nostalgiques de ces moments, appréciant enfin ce qu’ils auraient pu considérer auparavant comme acquis mais aussi peut-être en voyant les choses sous un jour nouveau comme étant beaucoup plus fragiles que dans leurs rêves les plus fous.

L’ennemi invisible qu’est la COVID-19 a littéralement entraîné des changements plus visibles que l’ennemi semi-invisible du terrorisme qui était considéré comme le principal ennemi de l’Occident. Tout comme le 11 septembre a transformé l’essence de la société occidentale, les deux premières semaines de mars 2020 pourraient avoir un effet similaire.

Tout s’est finalement calmé après ces terribles attaques terroristes, tout comme ce qui se passera avec cette épidémie virale. Cependant, il est naturel que les personnes les plus directement touchées dans les deux cas se souviennent de l’histoire en termes d’« avant et après » ces événements.

Certes, les changements sociaux resteront toujours flexibles dans une certaine mesure, mais il restera à voir quelle sera la profondeur des changements structurels dans les domaines économique et politique.

La nationalisation des hôpitaux et des établissements de santé en Espagne, ainsi que la possibilité tout à fait réelle de répéter ce modèle ailleurs en Occident, pourraient complètement transformer l’économie occidentale, sans parler des programmes de soutien gouvernementaux de plusieurs milliards de dollars (« renflouements ») qui sont en cours de discussion entre les citoyens pour les industries clés.

Sur le plan politique, il est encore trop tôt pour dire quels seront les changements, mais il est incontestable que le processus démocratique a été perturbé, au grand dam de quelques personnes qui ne comprennent pas la nécessité de ces mesures d’endiguement d’urgence ou qui craignent sincèrement que leurs gouvernements ne profitent du précédent qu’elles viennent de créer.

Quoi qu’il en soit, on peut conclure que la COVID-19 pourrait changer fondamentalement la société occidentale de manière très radicale.

Andrew Korybko

 

Article original en anglais : COVID-19 might fundamentally change Western society, CGTN, le 18 mars 2020

Traduit par Zokal, relu par Kira pour le Saker Francophone

 

Andrew Korybko est un analyste politique américain, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

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Donald Trump, conscient que toute la place médiatique est occupée par la Covid-19, y voit l’opportunité, tout indiquée, pour réaliser une intervention au Venezuela et en finir avec le régime que le peuple vénézuélien s’est donné. Sa cote de popularité pour les présidentielles de novembre prochain est plutôt bas et une victoire sur la conquête du Venezuela en ferait un héros pour tous ceux et celles qui rêvent d’une reprise du Venezuela, avec son pétrole, son or et ses diamants,  au service de l’Empire (venezuelainfos).

Au tout début de la présente semaine, le gouvernement vénézuélien a mis à jour l’existence, en Colombie d’un camp de formation pour paramilitaires en vue d’une invasion au Venezuela dans le but d’assassiner le Président Maduro et les principaux responsables du gouvernement et du parti révolutionnaire bolivarien.

« Une camionnette a été saisie le 23 mars 2020, sur la route de Santa Marta, d’une cargaison d’armes d’une valeur de 500.000 dollars, destinée à entrer illégalement au Venezuela par l’État de Zulia afin d’y commettre des actions terroristes, et selon les aveux du leader de l’opération, d’éliminer le président élu Nicolas Maduro. »

Hier, le 26 mars, Trump et ses acolytes sont passés à l’action médiatique de manière à diaboliser le plus possible Nicolas Maduro ainsi que le gouvernement socialiste qu’il préside. De quoi nous rappeler ce qui s’est passé pour le déclenchement de la guerre en Irak,

Le ministre américain de la Justice, William Barr, a annoncé l’inculpation du président vénézuélien lors d’une conférence de presse à laquelle participaient le chef de la Drug Enforcement Administration (DEA) et les principaux procureurs fédéraux de New York et Miami » De quoi donner au mensonge tout le semblant de la vérité.(courrierinternational.com)

Comment ne pas se souvenir d’un Colin Powell, avec sa petite fiole d’armement chimique, accusant Saddam Hussein de disposer de telles armes de destruction massive. Il y a eu une guerre qui a mis fin à la vie de plus d’un million de personnes, et cela sans qu’on ne soit pas trop surpris, mais qu’on le dise du Venezuela, au moment même où l’on essaie de mettre la main sur le pays, depuis plus de 20 ans, a de quoi nous laisser songeurs sur les dessous de cette mise en scène.

Ils en ont pris du temps, Trump et ses acolytes, pour découvrir une si grosse organisation. Depuis l’arrivée au pouvoir de Chavez et de la Révolution bolivarienne, ils n’ont cessé de harceler cette révolution et ses dirigeants par tous les moyens possibles. Aujourd’hui, alors que le monde, incluant les Etats-Unis, est en lutte contre  le coronavirus pour sauver des vies, Donald Trump sort de son chapeau de magicien le Cartel de Los Sols, lui donnant un prétexte, en toute bonne conscience, pour envahir le Venezuela et y semer  la mort de centaines de milliers de personnes.

Ces vérités mensongères risquent de nous décevoir, comme ce fut le cas en Irak, avec les armes de destruction massive qu’on attribuait à Saddam Hussein et comme ce sera également le cas avec le Venezuela, si jamais Trump passe à l’action. Il y  a toutefois une différence entre l’Irak et le Venezuela : ce dernier est hautement préparé pour contrer une telle aventure de Washington et ses acolytes. La majorité des peuples du monde incluant la Chine et la Russie appuient le gouvernement légitime de Nicolas Maduro qui peut compter sur un peuple, conscient et préparé à cette confrontation. Sa chute et celle de ses acolytes risquent d’être plutôt cruelles.

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour parler de ce problème alors qu’il eut été pertinent d’en faire un débat au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies, question de permettre aux différents intéressés de s’expliquer?

Si la problématique de la drogue préoccupe à ce point Donald Trump et ses acolytes, ils auraient déjà fait le grand ménage en Colombie où ils disposent de neuf bases militaires, des soldats en nombre suffisant qui agissent en toute impunité et qui ont tout loisir pour mettre une terme cette épidémie de la drogue. En dépit de leur présence et des efforts qui y sont mis, la drogue continue de sortir du pays comme si de rien n’était. L’ex-président Uribe, associé à ces cartels de drogue vit en toute tranquillité et immunité en Colombie. Il est un des conseillers non officiels du président actuel, Ivan Duque. Ce dernier est très proche de la Maison-Blanche et ses principales missions portent sur le renversement du régime socialiste du Venezuela

Oscar Fortin

 

Illustration en vedette : flickr.com

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L’arme nucléaire, obsolète face aux nouvelles menaces du 21e siècle

La guerre est déclarée. Le Président l’a dit, il l’a répété. À six reprises. La France est entrée en guerre, en guerre sanitaire. Confinement, restrictions, économie en berne, entreprises réquisitionnées, nationalisations suggérées, grilles de commerces abaissées, et villes désertées. Nous y sommes. Et pourtant, où sommes-nous exactement ? Sommes-nous réellement en guerre, et si oui, contre quoi ? Un virus ? La crise du coronavirus, en menaçant d’asphyxie la santé de populations et d’économies toutes entières, révèle les nouveaux visages de la guerre au 21ème siècle.

Mais quels sont-ils ? Loin des schémas manichéens traditionnels, de l’héritage des deux guerres mondiales passées, ou encore des théories réalistes d’inspiration hobbesienne d’auteurs comme Raymond Aron, la guerre à l’époque contemporaine est plurielle, complexe, et muable. Elle ne se résume plus à la simple alternative : conflits civils ou interétatiques. Elle transcende les frontières, revêt de nouveaux habits – parfois invisibles -, surprend souvent, et désoriente notre imaginaire collectif. Guerre cybernétique, guerre terroriste, guerre climatique, guerre pandémique et sanitaire, qu’ils sont nombreux les visages de la guerre au 21ème siècle.

L’impertinence de la dissuasion nucléaire au 21ème siècle

Et pourtant, alors que le nombre de conflits armés étatiques dans le monde ne cesse de diminuer, que les conflits non étatiques et intra-étatiques internationalisés ne cessent d’augmenter, ébranlant la capacité de résilience d’une communauté internationale démunie [1], il semblerait que quelques-uns, des « puissances à contresens de l’histoire » [2], ne parviennent à mesurer, à analyser et à comprendre l’onde de choc de ces antagonismes nouveaux.

La parure vieillissante des Chefs de guerre du 21ème siècle reste intacte, préservée, voire même modernisée. L’arme de la guerre froide, « la bombe » est là, toujours présente. L’anachronisme est pourtant évident. Pourquoi alors, l’oligarchie dépassée des puissances du siècle dernier, s’entêterait, encore et toujours, à moderniser ses arsenaux nucléaires alors même que le nombre de conflits entre États ne cesse de diminuer, alors même qu’elle se retrouve incapable de répondre aux crises du présent ?

De nouvelles réponses pour de nouveaux défis

La crise du coronavirus se fait, une fois de plus, le reflet de cette contradiction. Les attentats terroristes et les attaques cybernétiques qui ont secoué l’Hexagone – et bien au-delà -, n’auront pas suffi. Il aura au moins fallu une pandémie. À l’heure même où le personnel soignant crie à l’aide, réclamant une protection aussi rudimentaire soit-elle qu’un masque chirurgical pour se prémunir d’un virus possiblement mortel, qu’avons-nous à leur proposer ? De quoi dispose l’État français pour se prémunir de cette guerre, inédite, contre cet ennemi invisible ? De quoi dispose l’État français pour se défendre, pour répliquer, contre cet ennemi à la forme ni humaine, ni étatique ? Pas de masques à l’évidence, mais d’une bombe peut-être.

Face aux nouveaux paradigmes de la guerre, face aux nouveaux virus de ce monde, ne faudrait-il pas repenser ces outils du passé ? Une chose est sûre, ni la rhétorique de la dissuasion, ni la puissance de la bombe ne suffiront à ralentir la propagation de ce virus pandémique, à déjouer l’activation de ce virus informatique ou à enrayer l’endoctrinement viral de ce djihadisme.

Fanny Hervo

 

[1] Peace Research Institute Oslo (PRIO), Conflict trends 05 2018, (p.1).
[2] Bertrand BADIE, Nous ne sommes plus seuls au monde, Éditions la Découverte, 2016 (p.175).

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« La guerre n’est que la continuation de la politique par d’autres moyens ». La célèbre phrase du théoricien militaire Carl von Clausewitz est bien adaptée pour décrire le plan de sauvetage de 756 milliards d’euros du gouvernement allemand pour mener la « guerre » contre la crise des coronavirus. Il s’agit de la poursuite de la politique d’enrichissement des riches aux dépens des pauvres que la grande coalition poursuit depuis des années.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes: 600 milliards d’euros sont prévus pour soutenir les grandes entreprises, contre 50 milliards seulement pour les petites entreprises et les travailleurs indépendants. Pourtant, les petites et moyennes entreprises (PMU) de moins de 500 salariés représentent quelque 58 % de tous les emplois soumis aux cotisations sociales en Allemagne, soit environ 18 millions de personnes.

Les petites entreprises et les travailleurs indépendants en particulier sont durement touchés par la crise du coronavirus. Elles dominent les secteurs de l’alimentation, du divertissement et de nombreux autres services qui ont dû fermer complètement à cause du COVID-19, et disposent généralement de très peu de réserves financières sur lesquelles s’appuyer.

Par exemple, environ un quart des 260 000 emplois soumis à cotisation sociale de Leipzig, ainsi que d’innombrables travailleurs précaires et indépendants, dépendaient de l’organisation de foires commerciales et de conférences, qui ont complètement cessé leurs activités. La situation est similaire dans d’autres villes dotées d’important secteurs touristique et de services.

Le gouvernement s’attend à ce qu’environ 3 millions de petites entreprises et de travailleurs indépendants fasse la demande d’une aide au titre du fonds de 50 milliards d’euros, ce qui signifie un maximum de 15 000 euros par demandeur. Les entreprises de moins de cinq employés recevront un paiement de 9 000 euros pendant trois mois, tandis que les entreprises de moins de 10 employés recevront des paiements allant jusqu’à 15 000 euros pour la même période de trois mois. Cela représente entre 500 et 600 euros par employé et par mois, ce qui est beaucoup trop peu pour vivre.

En outre, on peut se demander si ces fonds parviendront un jour aux demandeurs. Le gouvernement a promis une aide exempte de toute bureaucratie. Mais compte tenu de la surcharge des autorités, elles-mêmes touchées par la crise du coronavirus, et des structures administratives complexes en Allemagne, il ne s’agit là que d’une promesse vide.

La situation est encore pire pour les bas salaires et les bénéficiaires de l’aide sociale Hartz IV, particulièrement touchés par la crise. La plupart des banques alimentaires, qui leur proposaient des produits alimentaires abordables, ont fermé en raison de la pandémie et les denrées dans les supermarchés deviennent plutôt rares ou chères. Aucune aide financière n’a été prévue par le gouvernement pour eux. Il prévoit une augmentation des dépenses de 7,5 milliards d’euros, mais seulement parce que le nombre de demandeurs de Hartz IV augmentera d’environ 1,2 million.

Au contraire, les grandes entreprises et leurs bailleurs de fonds des banques sont inondés de liquidités. Le « fonds de stabilisation économique » (FSE) prévu est encore plus important que le fonds de sauvetage des banques de 2008-2009. À l’époque, celui-ci s’élevait à 480 milliards d’euros. Le FSE est accessible aux entreprises employant au moins 2 000 personnes et réalisant un chiffre d’affaires de 320 millions d’euros par an.

Le frein à l’endettement, qui était considéré comme intouchable tant que le débat tournait autour de l’imposition d’une austérité brutale sur le système de santé et les prestations sociales, est suspendu pour permettre ce sauvetage. Les chambres basses et hautes du Parlement fédéral, le Bundestag et le Bundesrat, se réuniront aujourd’hui et demain à cet effet.

Avec 400 milliards d’euros, le fonds peut acheter des dettes d’entreprises et d’autres obligations d’entreprises qui demandent de l’aide. Un montant supplémentaire de 100 milliards d’euros sera mis à la disposition de la Banque nationale pour la reconstruction (KfW), pour l’émission de prêts. 100 milliards d’euros supplémentaires seront mis à disposition pour que l’État puisse reprendre des entreprises.

Le ministre des affaires économiques, Peter Altmeier (Démocrates-chrétiens), a précisé que l’État reprendrait partiellement ou totalement des entreprises pendant la crise du coronavirus si nécessaire. Ce type de rachat par l’État n’a rien à voir avec la nationalisation des entreprises privées telle que l’entendent les socialistes. Au contraire, ces entreprises recevront une infusion de fonds publics et, une fois qu’elles seront redevenues rentables, le gouvernement les remettra à leurs propriétaires.

Le plan de sauvetage de 600 milliards d’euros n’inclut pas les fonds destinés à payer les travailleurs licenciés, qui peuvent recevoir entre 60 et 67 % de leur salaire antérieur. Cela est financé par la caisse d’assurance chômage et permet aux entreprises de renvoyer les travailleurs chez eux avec des salaires de misère, sans frais supplémentaires.

Les 600 milliards d’euros du FSE sont exclusivement destinés à assurer la liquidité des grandes entreprises et à garantir leur rentabilité future. Le Süddeutsche Zeitung a déclaré que la question de savoir « si le programme de prêts sans restriction pour les entreprises aide réellement les entreprises ou seulement les banques » reste ouverte. Après tout, les garanties de prêts du gouvernement concernent les banques, alors que les entreprises qui ne peuvent plus rien produire ou vendre, portent toujours la responsabilité ».

Les 600 milliards d’euros du FSE s’ajoutent aux 750 milliards d’euros annoncés par la Banque centrale européenne pour l’achat d’actions. Cette mesure vise aussi exclusivement à maintenir en activité le casino qui depuis 2008-2009 génère des profits massifs pour les fonds d’investissement, les banques et les milliardaires.

Les gouvernements européens n’ont même pas pu se mettre d’accord pour interdire les ventes à découvert, qui permettent aux spéculateurs de faire des profits sur les cours des actions lorsqu’ils baissent. Bridgewater, le grand fonds spéculatif mondial, qui a réalisé d’énormes profits pendant la crise de 2008, parie déjà quelque 14 milliards de dollars sur la chute du cours des actions des entreprises européennes.

La chancelière allemande Angela Merkel et d’autres responsables gouvernementaux lancent régulièrement des messages de solidarité à la population et sont soutenus en cela par tous les partis représentés au Parlement. Le leader du groupe parlementaire du Parti de gauche, Dietmar Bartsch, a écrit sur Twitter suite à l’allocution de Merkel dimanche soir: « Merci à la chancelière pour ses paroles claires. Le groupe parlementaire du Parti de gauche soutiendra toutes les mesures qui favorisent la solidarité et évitent de porter préjudice au pays, à la population et à l’économie. Cet appel à la solidarité est une tâche qui incombe au gouvernement ».

La réalité, c’est qu’ils exploitent la crise afin d’étendre systématiquement l’assaut sur les dépenses sociales, d’enrichir les riches et de renforcer l’appareil policier et étatique ainsi que les politiques militaires poursuivies par la grande coalition ces dernières années.

Peter Schwarz

 

Article paru en anglais, WSWS, le 25 mars 2020

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Le compte de médias sociaux de la vedette de la musique pop Britney Spears est devenu viral lundi lorsqu’un message retweeté appelant les gens à «redistribuer la richesse» et à «faire la grève» a été publié dans son fil Instagram. La chanteuse compte 23,7 millions d’abonnés.

La citation, tirée du fil Instagram de l’écrivaine Mimi Zhu et faisant référence à l’impact des mesures de «distanciation sociale» adoptées en réponse à la pandémie de coronavirus, dit en partie: «En cette période d’isolement, nous avons plus que jamais besoin de connexion». Il ajoute: «Nous apprendrons à nous embrasser et à nous serrer dans nos bras à travers les vagues de la toile. Nous nous nourrirons les uns les autres, nous redistribuerons les richesses, nous ferons la grève. Nous comprendrons notre propre importance à partir des endroits où nous sommes confinés. La communion se fait au-delà des murs. Nous pouvons continuer à être ensemble.»

Spears, connu plutôt pour une série de succès «teen pop» énormément vendus à la fin des années 1990, a souligné son commentaire avec trois émojis à la rose rouge, généralement identifiée au socialisme.

Britney Spears en 2013 (Source: Glenn Francis)

L’image utilisée par Spears a fait sensation dans les médias sociaux, son message ayant été repris et partagé des millions de fois. La grande majorité des commentaires s’est concentrée sur la phrase appelant à la redistribution des richesses et sur ce qui a été interprété comme une «grève générale». Spears n’a pas fait de commentaires publics ultérieurs sur cette déclaration. Des références généralement amicales à la «Camarade Britney» ont été relevées un peu partout.

Zhu, dans une interview avec le Paper Magazine, accordée peu après que le commentaire de Spears eut été diffusé, a déclaré que «nous sommes dans une telle période de confusion, de déconnexion et de désespoir que je pense qu’il est vraiment important et nécessaire d’écrire à ce sujet pour ma propre santé mentale … Au moins à New York, tous mes amis ont été licenciés [à cause des arrêts de production dus au coronavirus]. Beaucoup de gens sont stressés par le loyer, les besoins de base, comment vivre et le fait de devoir vivre avec tout cela.»

«Étant données toute cette anxiété et cette confusion, je savais que je devais écrire ce que j’ai écrit, et il y avait certainement des sous-entendus socialistes», a-t-elle ajouté, «parce qu’en général, c’est ce en quoi je crois».

Pendant ce temps, l’actrice Fran Drescher, répondant positivement à un tweet dénonçant les «riches propriétaires du capital [qui] veulent que le travail reprenne» et appelant à une grève générale, a écrit sur son compte twitter: «Je suis d’accord. Le capitalisme est devenu un autre mot pour l’élite de la classe dirigeante! Quand le profit est au détriment de tout ce qui a une valeur réelle, il y a un problème.»

Un commentateur solidaire a noté en plaisantant: «Britney Spears et Fran Drescher ont toutes deux fait des Trotsky d’elles-mêmes aujourd’hui. Là, ça devient intéressant». Un autre a suggéré: «Je ne m’attendais pas vraiment à ce que la révolution soit menée par Fran Drescher et Britney Spears, et pourtant nous y sommes et cela me convient parfaitement».

Autre signe des temps, une vidéo sur Instagram de l’artiste rap Cardi B est également devenue virale en raison des commentaires de la chanteuse qui écorchent l’attitude généralement égocentrique des riches face à l’impact du coronavirus sur la société.

«Le grand public, les gens qui ont un emploi normal, les gens qui reçoivent un salaire normal, la classe moyenne, les pauvres… ils ne sont pas traités comme des célébrités et tout le reste », dit la rappeuse à travers un masque médical bleu. Si les personnes dont le test de dépistage du coronavirus est positif mais qui n’ont pas une forte fièvre sont renvoyées chez elles, poursuit-elle: «Où pensent-ils renvoyer les gens chez eux ? Tout le monde n’a pas le luxe … d’aller dans une super grande maison et de se garder loin des gens. Beaucoup de gens vivent dans de petits… appartements avec plusieurs personnes».

«En fin de compte, cette m—- aurait pu être évitée quand ils ont découvert cette m—- il y a deux mois», a-t-elle dit, en fustigeant le «45» (Donald Trump, 45e président des États-Unis) pour la réponse inhumaine du gouvernement à la crise.

Nick Barrickman

 

Article paru en anglais, WSWS, le 26 mars 2020

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