Adlène Hicheur ou le terroriste malgé lui
J’aimerais par ce billet attirer votre attention sur le sort de mon collègue et ami le physicien des particules Adlène Hicheur.
Voici plus d’un an, le 8 octobre 2009, Adlène Hicheur était arrêté au domicile de ses parents à Vienne, dans l’Isère, puis après plusieurs jours de garde à vue était inculpé d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Il est depuis incarcéré à Fresnes en détention provisoire, un provisoire qui dure car le juge anti-terroriste Jean-Christophe Teissier est bien sur convaincu que notre homme s’est livré à des agissements très graves et mettant en danger la sécurité de l’ état et des citoyens francais. Il est à noter qu’Adlène forme cette association de malfaiteurs à lui tout seul puisqu’ il est le seul inculpé dans cette affaire et a été à de nombreuses reprises présentés par les autorités policières ou judiciaires comme le prototype du terroriste solitaire.
Adlène a constamment protesté de son innocence et se débat depuis son arrestation dans un univers digne de Kafka. Depuis près d’une année toutes les demandes de mise en liberté provisoire présentées par l’avocate d’Adlène, Maitre Dominique Bayreuter, sont refusées, sans qu’aucune preuve tangible ne soit avancée pour étayer les accusations. Sa détention provisoire a à nouveau été prolongée de quatre mois fin septembre 2010. L’acte d’accusation est mince : suspicions de contacts avec Al-Quaida Maghreb Islamique (AQMI) suite à des conversations d’Adlène sur des forums internet avec un interlocuteur suspecté par les services de renseignements français d’être un activiste de l’AQMI.Oui, en France, le pays qui se prétend la patrie des droits de l’homme, on peut aujourd’hui se retrouver incarcerer pendant des mois, voir des années, pour avoir surfé sur un forum « suspect ».
Ses collègues directs, beaucoup de physiciens, comme sa famille et ses amis ont naturellement été choqué par son arrestation et sont inquiets de son maintien en incarcération. Ils s’inquiètent en particulier de l’avenir de ce jeune physicien et de la possibilité qu’il ait, s’il était finalement innocenté des charges qui pèsent sur lui, de poursuivre sa carrière.
De nombreux rapports internationaux on attiré l’attention sur l’arbitraire de la législation anti terroriste française, dont les critères sont peu exigeants en matière de preuve lorsqu’il s’agit de décider de l’arrestation de suspects ou de l’ouverture d’une instruction par un juge. Sur la base d’indices minimes, voire inexistants, elle permet le maintien en détention provisoire des suspects pendant des mois, voire dans certains cas pendant des années, tandis que les liens étroits entre les juges d’instruction spécialisés et les services de renseignement dans les affaires de terrorisme mettent sérieusement à mal le droit des accusés à un procès équitable. Pour comprendre mes inquétudes et mes doutes, je vous invite à consulter l’excellent rapport d’human rights watch, téléchargeable à ‘l’adresse suivante :
http://www.hrw.org/french/reports/2008/france0708/