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Africom, l’outil américain pour contrôler l’Afrique
Par Global Research
Mondialisation.ca, 03 octobre 2008
Liberté (Algérie) 3 octobre 2008
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https://www.mondialisation.ca/africom-l-outil-am-ricain-pour-contr-ler-l-afrique/10424

Bien que le Pentagone n’ait pas réussi à lui trouver un siège sur le continent, en raison du refus de nombreux pays de l’accueillir, dont l’Algérie et le Nigeria, le commandement militaire américain pour l’Afrique (Africom) entamera demain sa mission consistant officiellement  “à apporter une assistance aux pays africains en matière de sécurité”.  

Malgré l’hostilité affichée par la majeure partie des pays africains à cette initiative militaire, Washington va jusqu’au bout de son entreprise. Ainsi, le commandement militaire américain pour l’Afrique (Africom), deviendra pleinement opérationnel demain, mais opérera à partir de Stuttgart (Allemagne). Reste à savoir si l’objectif réel est celui annoncé officiellement, à savoir apporter une assistance aux pays africains en matière de sécurité, car les sceptiques, et ils sont nombreux, ne sont guère convaincus des bonnes intentions US. Selon le Pentagone, l’Africom “de concert avec d’autres agences gouvernementales et des partenaires internationaux, vise à promouvoir un environnement africain sûr et stable en soutien de la politique étrangère américaine”. C’est du moins ce qu’indique le site internet de cette nouvelle structure, qui précise que cela servira à prévenir les conflits. Il n’en demeure pas moins que depuis sa création par George Bush en 2007, l’Africom continue à susciter des réactions hostiles. L’armée américaine assure qu’il n’est pas prévu d’établir de vastes bases en Afrique, seulement d’apporter une assistance militaire aux pays africains. “Tout ce que nous souhaitons, c’est travailler avec les nations africaines qui veulent mieux protéger leur population, leur territoire et leurs frontières, et les aider à atteindre ces objectifs”, assure un haut gradé américain, qui espère qu’Africom convaincra par ses actes. Néanmoins, les contestataires de ce projet redoutent que les États-Unis ne cherchent, par cette opération, qu’à étendre leur domination militaire à l’Afrique, dans le seul but de contrer l’influence économique grandissante de la Chine.  L’autre but, non avoué non plus, mais qui semble plus évident, est celui de sécuriser l’approvisionnement énergétique US, car d’ici à 2015, 25% des importations pétrolières américaines proviendront du continent Noir, en particulier du golfe de Guinée. Cette crainte est confortée par les déclarations de Mark Fancher, membre de la Conférence américaine des avocats noirs (NCBL), qui a affirmé que : “Le commandement africain des États-Unis n’est rien d’autre qu’un instrument visant à garantir l’accès de l’industrie pétrolière américaine aux larges réserves énergétiques de l’Afrique. Si quiconque interfère, nous craignons qu’ils soient étiquetés +terroristes+ et deviennent la cible d’attaques militaires”. 

Ceci étant, l’Africom, qui pourra compter sur près de 1 300 membres, à la fois militaires et civils, n’a pas échappé à des critiques aux États-Unis où des voix se sont élevées pour dénoncer une tentative de militarisation de la politique étrangère américaine.  Selon un rapport de la Cour des comptes américaine (GAO) publié en juillet dernier, “le département d’État et des responsables de l’Agence pour le développement international s’inquiètent qu’Africom prenne la direction de tous les efforts américains en Afrique, et pas seulement des activités du département de la Défense”.

Parmi les programmes de l’Africom, figurent la gestion d’une force d’action commune à Djibouti, la lutte contre le terrorisme régional en partenariat avec les nations nord-africaines, la formation de gardes-côtes spécialisés dans la lutte anti-piraterie et les trafics, la professionnalisation des armées africaines et le renforcement des coopérations militaires. Il y a lieu de rappeler que jusque-là, l’Africom était  sous la responsabilité de trois différents commandements, européen, moyen-oriental et pacifique.

Le 30 septembre 2008.

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