Agression de Damas par l’aviation israélienne : Le leurre israélien des plans d’Obama

Trois jours après l’agression de Damas par l’aviation israélienne, nous connaissons la plus grande part de sa réalité, au-delà et en dépit de l’habillage israélien et des mensonges américains.

Notons au passage que les USA, l’Angleterre ou la France sont passés de la ligne rouge, que serait l’usage des armes chimiques, à une ligne rouge aléatoire, que pourrait être d’invérifiables livraisons d’armes au Hezbollah. Cela nous rappelle la triste époque quand Mahmoud Abbas condamnait la résistance parce qu’elle donnait des prétextes à Israël. Ni Israël, ni les USA ou la France ou l’Angleterre n’ont besoin de prétextes. Ils les inventent en fonction de leurs besoins. Ils le prouvent une fois de plus. Obama et Hague viennent de rappeler le meilleur d’entre eux : le droit d’Israël à l’autodéfense. Contre tout ce qui lui semble représenter une menace, y compris la marine algérienne, qu’il a montrée du doigt et du canon dès 2008, avec la complaisance que vous devinez de la part des intermédiaires US chargés accessoirement d’en informer les Algériens et plus essentiellement d’en prendre prétexte pour s’arroger le droit de nous questionner sur nos options de défense.
Car si ses parrains fondateurs lui donnent le droit à se créer tous les prétextes, Israël est d’abord un excellent prétexte et un leurre idéal de leurs propres politiques. Nous savons aujourd’hui que le bombardement israélien ne visait aucune arme destinée au Hezbollah, mais des positions de défense autour de la capitale syrienne. Certaines sources parlent d’une quarantaine d’objectifs, d’autres les évaluent à plus d’une dizaine, dont deux emplacements des unités d’élite de la Garde républicaine. Les médias arabes embarqués dans cette guerre contre la Syrie ont pu diffuser très vite des images très nettes, donc professionnelles, des explosions, ce qui implique une coordination avec des opérateurs au sol. La coordination concernait également les rebelles syriens qui ont mené une nouvelle offensive contre les lignes de défense de la ville, qu’ils auraient dû franchir avec aisance suite aux dégâts militaires et psychologiques provoqués par la puissance des bombardements. Un colonel syrien a parlé d’une impression de séisme. Cette description laisse penser que des missiles sol-sol ont été utilisés, car seuls capables de produire cet effet.
Bien sûr, la violence et la puissance de ces moyens militaires auraient dû créer, selon un expert syrien, une grande panique chez les civils, qui aurait achevé de désorganiser les lignes de l’Armée arabe syrienne. Bref, Israël a participé directement à la sixième offensive rebelle contre Damas. Israël vient de faire le sale boulot pour les Américains et de nous dévoiler, par cette sous-traitance, quelques secrets du récent voyage d’Obama dans la région. La presse israélienne, dans une première et hâtive évaluation, a souligné combien la réconciliation avec la Turquie a été un facteur « facilitant » pour cette agression. Entendez aussi pour les futures. La visite de Chuck Haguel qui a suivi a dû « faciliter » le pack de dix milliards de dollars d’armement destiné à Israël, au Qatar et à l’Arabie Saoudite. L’association médiatique de ces pays prend tout son sens maintenant que nous devinons qui a payé le prix des missiles qui ont servi contre Damas.
Turquie, Qatar, Arabie Saoudite, Jordanie, que les médias « mouillaient » par des « scoops » répétés dans une alliance secrète ou ouverte avec Israël, devaient donner une « caution musulmane et arabe » à la participation directe d’Israël dans la guerre faite à la Syrie, dans l’impossibilité pour les USA, la France et l’Angleterre d’envoyer leurs propres troupes. L’échec de cette attaque se retournera contre ses organisateurs. Les plans de démolition de la Syrie, comme de tout Etat-nation, doit se réaliser vite et sous couverture de « révolution » interne. Plus l’opération s’allonge et plus ses véritables acteurs apparaissent. Deux ans après le début de la démolition, force est de constater l’échec de la «chute imminente» d’Al Assad, de la mise en place des couloirs humanitaires, de la zone d’exclusion aérienne, des zones tampons réservées aux réfugiés, des zones sous
«gouvernement» rebelle, de l’action psychologique pour faire changer d’avis à Poutine, de l’échec des désertions et des défections,… Bref, force est de constater l’échec de tous les plans initiaux.
L’échec de l’attaque d’Israël vient de mettre fin à l’illusion américaine d’une victoire sans engagement de sa part. Pour espérer un succès, Obama devra obliger Israël et la Turquie à faire la guerre pour son compte ou se résigner à l’idée de défaite. C’est à Poutine de l’aider à amortir le choc, car l’Hybris des décadents est une terrible conseillère.
Mohamed Bouhamidi


Articles Par : Mohamed Bouhamidi

Avis de non-responsabilité : Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que le ou les auteurs. Le Centre de recherche sur la mondialisation se dégage de toute responsabilité concernant le contenu de cet article et ne sera pas tenu responsable pour des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes.

Le Centre de recherche sur la mondialisation (CRM) accorde la permission de reproduire la version intégrale ou des extraits d'articles du site Mondialisation.ca sur des sites de médias alternatifs. La source de l'article, l'adresse url ainsi qu'un hyperlien vers l'article original du CRM doivent être indiqués. Une note de droit d'auteur (copyright) doit également être indiquée.

Pour publier des articles de Mondialisation.ca en format papier ou autre, y compris les sites Internet commerciaux, contactez: [email protected]

Mondialisation.ca contient du matériel protégé par le droit d'auteur, dont le détenteur n'a pas toujours autorisé l’utilisation. Nous mettons ce matériel à la disposition de nos lecteurs en vertu du principe "d'utilisation équitable", dans le but d'améliorer la compréhension des enjeux politiques, économiques et sociaux. Tout le matériel mis en ligne sur ce site est à but non lucratif. Il est mis à la disposition de tous ceux qui s'y intéressent dans le but de faire de la recherche ainsi qu'à des fins éducatives. Si vous désirez utiliser du matériel protégé par le droit d'auteur pour des raisons autres que "l'utilisation équitable", vous devez demander la permission au détenteur du droit d'auteur.

Contact média: [email protected]