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Algérie : douze employés de la société canadienne SNC-Lavalin tués dans un attentat
Par Global Research
Mondialisation.ca, 21 août 2008
Aloufok 21 août 2008
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https://www.mondialisation.ca/alg-rie-douze-employ-s-de-la-soci-t-canadienne-snc-lavalin-tu-s-dans-un-attentat/9904

Douze employés algériens de la firme d’ingénierie canadienne SNC-Lavalin ont été tués et 15 autres blessés lors d’un attentat à la voiture piégée survenu mercredi en Algérie, a annoncé la compagnie.

Deux voitures piégées ont explosé mercredi à Bouira, à 120 km au sud-est d’Alger. La radio algérienne avait fait état d’un bilan de 11 morts et 31 blessés, à la suite de ces explosions.
« C’est avec une grande tristesse que SNC-Lavalin a été informée d’un attentat à la voiture piégée survenu mercredi qui a touché un autobus transportant des employés algériens au projet de distribution d’eau et d’usine de traitement d’Acerdoune en Algérie », a indiqué SNC-Lavalin dans un communiqué.

« Douze employés ont été tués dans l’explosion de l’autobus et approximativement quinze autres ont été blessés », a ajouté la société en adressant ses condoléances aux familles des victimes.
SNC-Lavalin est un important groupes d’ingénierie et de construction.

L’Algérie a vécu depuis jeudi une semaine sanglante, jalonnée d’embuscades et d’attentats suicide qui ont fait au total plus de 70 morts et plusieurs dizaines de blessés dans l’est du pays.
Mercredi matin, deux voitures piégées ont explosé au centre de Bouira, à 120 km au sud-est d’Alger, faisant 11 morts et 31 blessés, selon un bilan de la radio algérienne.
 
Une première voiture a visé un bus stationné près d’un hôtel et une seconde le siège du secteur militaire de cette ville, faisant partie d’un « quadrilatère de la mort » formé d’Alger, Bouira, Tizi Ouzou et Boumerdès, adossé à la Kabylie.

Cette région montagneuse et boisée est le repaire de plusieurs « émirs » (chefs islamistes), dont Abdelmalek Droukdel, alias Abou Moussaab Abdelouadoud, « patron » d’Al Qaïda au Mahgreb islamique (AQMI), branche du réseau d’Oussama Ben Laden, qui a revendiqué les attentats suicide commis depuis 2007 en Algérie.

Ce double attentat n’avait pas été revendiqué mercredi en fin de matinée et la radio n’a pas précisé s’il s’agissait d’attaques suicide.

Il intervient 24 heures après une attaque suicide qui a fait 43 morts et 45 blessés devant l’école de gendarmerie des Issers, à 60 km à l’est d’Alger, selon un bilan officiel.

Cet attentat était le plus meurtrier en Algérie depuis le 11 décembre 2007, lorsque deux bâtiments publics, dont le siège du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), situés dans des quartiers sécurisés, avaient été visés par deux attaques suicides faisant 41 morts et plusieurs dizaines de blessés.

Dimanche, des groupes armés islamistes avaient tendu une embuscade à un convoi des forces de l’ordre à Skikda, à 350 km à l’est d’Alger, dans laquelle huit policiers, trois militaires et un civil avaient été tués. Une dizaine de membres des forces de l’ordre avaient également été blessés, selon la presse.

Les forces de l’ordre avaient abattu quatre islamistes dans l’accrochage survenu après cette embuscade, selon la même source.

Jeudi, le commandant du secteur militaire de Jijel avait été tué dans une autre embuscade dans la zone montagneuse surplombant Skikda.

Cette recrudescence des attentats islamistes survient à l’approche du mois de Ramadan, qui commence début septembre.

Les « émirs » considèrent le mois sacré du jeûne musulman comme une période propice au « jihad » (guerre sainte) et promettent le paradis à leurs adeptes tombés en « martyrs » pendant ce mois.
Selon les experts de l’antiterrorisme, les « émirs » chercheraient aussi à étendre leur zone d’activité au delà du « quadrilatère de la mort » afin de contraindre les forces de l’ordre à se redéployer et à desserrer la pression qu’ils subissent en Kabylie.

La dernière opération de l’armée en Kabylie, le 8 août, en représailles à une attaque kamikaze contre le commissariat des renseignements généraux de Tizi Ouzou, s’était soldée par la mort de 12 islamistes.

Des sources non-officielles estiment à 300 à 400 le nombre d’islamistes armés encore disséminés à travers le territoire.

Le fondateur et ancien chef du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC, rebaptisé AQMI) Hassan Hattab les a appelés à « renoncer à la lutte armée et rendre les armes » peu après l’attentat de mardi aux Issers.

Le gouvernement algérien a pour par sa part réaffirmé sa détermination à « combattre le terrorisme, jusqu’a son élimination totale ».

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