Algérie – 24 février 1971: Nationalisation des hydrocarbures

Pourquoi il faut continuer à célébrer cette date

«Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer.» Guillaume d’Orange

Faut il ne plus commémoré le 24 février ? Cette sentence provocatrice pour susciter le débat n’est pas de moi, c’est, -en tant qu’ancien du pétrole, faisant partie à la marge du Club Energie des anciens qui ont capitalisé une expérience globale de 2000 ans, en regrettant qu’elle ne soit pas sollicitée,- je me sens interpellé.

Qui se souvient du fameux coup d’éclair dans un ciel serein que fut la décision de Houari Boumediene qui annonçait à la face du monde par son mémorable «Kararna ta’emime el mahroukate» «Nous avons décidé souverainement de nationaliser les hydrocarbures». Cette décision faisait suite à de longues et pénibles négociations avec l’ancienne puissance coloniale , et avait eu lieu dans une atmosphère spéciale celle de la deuxième décolonisation , après la décolonisation géographique, le moment était venu pour une décolonisation économique.

Cette tentative réussie ne fut pas la première, il faut se souvenir avec respect du combat de Mohammed Mossadegh élu démocratiquement premier ministre iranien et de son combat pour l’indépendance « pétrolière » de l’Iran. Il perdit son combat, fut destitué et jugé. L’Anglo-iranienne devenue BP et les compagnies américaines avaient eu raison du nationalisme iranien. Bien plus tard Madeleine Albright la secrétaire d’Etat de l’ère Clinton, reconnaissait l’implication de la CIA et du MI6- Opération Ajax – dans le renversement de Mohammed Mossadegh sa condamnation à 3ans de prison et son remplacement par le général Fazlollah Zahedi plus conciliant. On parle de 200 à 300 morts

Les luttes des pays du Tiers monde pour recouvrir leur pleine souveraineté économique furent épiques. Les puissances coloniales voulant à tout prix maintenir un ordre colonial dans leurs anciennes colonies en leur « permettant » des indépendances formelles L’Algérie fut parmi les pays leaders à la pointe du combat pour la pleine souveraineté   La réussite de l’Algérie donna le La pour tous les autres pays pétroliers pour le recouvrement de leur souveraineté

Le 24 février 1971 il n’y eut ni coup d’état externe, ni arrestation ni des morts, Ce fut un coup d’état scientifique qui surprit les concernés. On rapporte qu’il n’’ y eut que personnes à être au courant. Ceci rappelle la nationalisation du Canal de Suez par Nasser. Mohamed Hassanen Heykel le grand journaliste ami du président Nasser, raconte dans son ouvrage : «  Les Documents du   Caire » comment l’opération fut préparée. Nasser devait tenir un discours dans lequel il donnerait par la prononciation d’un phrase le feu vert pour la prise en charge du fonctionnement du canal par les ingénieurs et les techniciens égyptiens aidés par l’armée.

Longtemps après le 24 février 1971 , ceux qui sont honnêtes avec l’Histoire, se remémoreront cette phrase qui changea le destin pétrolier de l’Algérie. Les accords d’Evian avaient d’une certaine façon perpétué un «ordre» qui était celui de l’exploitation du pétrole par les multinationales. Bref, ce n’était pas l’indépendance réelle. Nous devions réussir une autre indépendance en tenant compte de nos forces, du mouvement du monde, pour proposer aux jeunes un cap basé sur un effort collectif. C’est à un nouveau 24 Février du savoir qu’il nous faut inventer comme je vais tenter d’en tracer les contours

Ayant fait partie de cette génération de pionniers des années 70 qui avaient le feu sacré. A tort- diront certains-, à raison nous le disons, nous avons cru et donné le meilleur de nous-mêmes car il y avait une utopie mobilisatrice. 1971 la force de frappe de toute l’Algérie (environ un millier de diplômés se trouvaient à Cherchell) le 15 mars moins d’un mois après le discours du président Boumediene, toute cette intelligence était répartie sur les différents challenges du pays (hydrocarbures, Trans-saharienne, Barrage vert, les 1000 villages agricoles, l’éducation, l’université, la santé militaire). Tout était à construire, tout était à inventer. A Cherchell, nous étions dans la même chambrée sans autre ambition que de servir le pays. Le brassage permis par le Service national- encore une décision qui participe à l’idée de nation indépendamment de l’ethnie ou de la religion- avait consacré le vivre ensemble, avait une signification. A titre personnel j’ai gardé des liens avec des amis de toutes les régions du pays. Je me suis trouvé d’abord à l’ancienne base Irara, ensuite à l’Ecole des Cadets de la Révolution pour enseigner en terminale.

Où en sommes-nous 46 ans après cette épopée?

Depuis 1971, nous avons extrait du sous-sol environ 2 milliards de tep. Si on continue à ce rythme de production débridée, sans nouvelle découverte significative nous en aurons pour une vingtaine d’années. De 1965 à 1978, l’Algérie a engrangé 22,5 milliards de dollars. Il y eut la création d’une trentaine d’entreprises d’envergure internationale dont la Sonatrach, la Sonelgaz et la Snvi ou ce qu’il en reste. L´essentiel de l´industrie date de cette époque. Nous sommes bien contents d´avoir une capacité de raffinage de 22,5 millions de tonnes. Nous n’avons développé que l’amont uniquement pour rendre disponible les hydrocabures et rien de significatif dans l’aval Depuis, nous avons engrangé plus de 1000 milliards de dollars. Qu’en avons-nous fait de pérenne et surtout pourquoi cette rente ne nous a pas permis de sortir du sortilège du farniente trompeur de la rente qui a donné à l’Algérien que tout lui est dû sans effort, peut-être encore plus par la corruption non réprimée. L’économie se bazarise de plus en plus et nous incite à la paresse.

Nous avons une population de 40 millions d’habitants, des habitudes de consommation de pays riches que l’on se permettait tant que le baril valait 100 dollars et plus. En 2014 nous avons perçu 55 milliards de dollars de rente et en 2017 30 milliards de moins. Dans une conjoncture marquée par la conjugaison des prix erratiques, une production nationale qui stagne et la hausse de la consommation, l’Algérie se trouve devant un dilemme. Comment satisfaire la demande locale tout en préservant ses parts de marché à l’export? La consommation d’électricité augmente de 8% par an, la consommation de gasoil a triplé entre 2000 et 2014, et celle de l’essence a plus que doublé durant cette période. Nous consommerons avant 2020 40 milliards de m3 de GN avec une consommation irrationnelle. Cela est dû aux subventions qui sont données tous azimuts. L’université produit plus de 300.000 diplômés; où sont ils? Que font-ils? Que valent-ils? Nous étions cent fois moins dans les années 70 et nous avons été sur le front du développement.

En 1962 l’Algérie était à 60% hydraulique et 40% charbon. Depuis, le gaz naturel a étouffé toutes velléités de développement des énergies renouvelables du fait de la solution de facilité ; Mieux ! sacrifiant à la mode , en 1980 dans la foulée du « choc pétrolier selon la terminologie occidentale », nous avons par mimétisme créé un Commissariat aux Energies Nouvelles qui est mort de sa belle mort quand le prix du pétrole a dégringolé . Ce qui fait que les slogans préparer l’après pétrole déjà du temps de la présidence Chadli ( 1979-1992) sont restés lettre morte.

1986 contrechoc pétrolier – le pétrole à moins de 10 dollars le baril- fruit d’un combat inégal entre l’Arabie Saoudite et le Royaume Uni de Margareth Thatcher . Résultat des courses l’Algérie a perdu entre 1986 et 1990 18 milliards de dollars selon une étude de Pétrole et gaz arabes.

La décennie noire a vu le pays tenter de survivre avec le pétrole et le gaz. Nous avons de même connu un deuxième contrechoc après celui de 1986 qui a fait descendre le pétrole à moins de 20 dollars . C’est une parenthèse douloureuse que nous ne devons pas juger, il fallait maintenir l’Etat debout à tout prix

De 1999 à 2018 le prix du pétrole a en une pente ascendante jusqu’en 2008, le brent atteint 140 dollars, ensuite il chute pendant une courte période il remonte entre 2010 à 2014 jusqu’à près de 110 dollars. C’est l’euphorie on ne parle plus d’énergie renouvelable des dépenses de prestiges un gaspillage tout azimut, l’Algérie se bazarize ; On achète pour 6 milliards de voitures ( 600.000 voitures à 70 % au gas oil cancérigène mais bradé à moitié prix par rapport à l’essence elle-même bradé à 0,2 dollar le litre ( moyenne mondiale 1 dollar avec en Europe 1,3 dollar)   L’Algérie engrange de plus jusquà près de 190 milliards de dollars Juin 2014 c’est la descente aux enfers, le brut chute durablement jusqà moins de 30 dollars pour remonter péniblement en 2016 à 40 dollars et en 2017 à près de 45 dollars . Les recettes fondent et nous retrouvons avec moins de 90 milliards de dollars de réserve de change

Nous avons construit 75 barrages. Pourquoi n’avons-nous pas des barrages hydroélectriques? On dit qu’il y a un surcoût de 20%. Pourquoi nous ne l’avons pas fait? Et on règle en priorité les anomalies criardes. De mon point de vue, nous sommes tous responsables du gaspillage qui est devenu un sport national encouragé par des prix dérisoires qui n’encouragent pas la sobriété On continue à acheter des équipements énergivores. Des voitures qui dépassent pour certaines 150 g de CO2 par km. Chose qui est interdite en Europe. Parce que la norme en Europe est de 120 g, voire 100g. C’est 30% d’énergie de perdue, mais que nous achetons à près de 2,5 milliards de dollars dont une partie part par les frontières.

L’utopie et le danger du gaz de schiste dans les conditions actuelles

Ce qu’il nous faut comprendre est qu’il ne faut pas compter sur le pétrole et le gaz dans une génération et ne pas se faire d’illusion sur le gaz de schiste; les technologies actuelles fracturation et produits chimiques sont de loin dangereuses pour l’environnement…À deux ou trois mille mètres de profondeur, la réunion des micro-poches à l’aide d’un explosif détonné pour chacune des brèches occasionne un véritable séisme. La fracturation se fait par un mélange d’eau en grande quantité, de sable et de redoutables produits chimiques propulsés à très haute pression (600 bars), méthode qui génère la remontée du gaz à la surface avec une partie du redoutable liquide de fracturation. Chaque «frack» nécessite quasiment 15.000 mètres cubes d’eau, un puits pouvant être fracturé jusqu’à 14 fois. Soit environ 200.000 m3 pour chaque puits tous les 500 mètres! Parce que le puits chute très vite en production. Devons-nous prendre le risque de polluer la nappe phréatique? Cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne faille pas faire de veille technologique et former des ingénieurs et des techniciens pour être prêts le moment venu à mettre en oeuvre le développement du gaz de schiste qui ne compromette en rien l’avenir de l’éco-système du Sahara déjà abimé par les essais nucléaires et dont les conséquences sont encore visibles de nos jours.

Comment se présente le futur?

Le monde de l’énergie est plus chaotique que jamais. Les guerres pour l’énergie vont continuer, il y aura des guerres qui seront dues au climat, des guerres de l’eau, des guerres pour la nourriture. La situation est totalement différente de 1971 où le marché était plus cohérent, sans contrainte en termes d’approvisionnement A titre d’exemple, l’Algérie aura à lutter pour garder ses parts de marché en gaz naturel et devra s’attendre à partir de 2018 à une demande des acheteurs pour la mise en place d’un prix spot qui fera baisser les prix à moins de 6 dollars le million de BTU. Elle devrait s’adapter avec une combinaison des contrats à long terme (5 à 10 ans) et une vigilance sur le marché spot avec d’autres acteurs, l’inévitable adversaire gazier le Qatar, mais des nouveaux acteurs tels que la Russie qui va être l’un des leaders de la fourniture de GNL dans la zone Asie-Pacifique en ravitaillant la Chine. Ainsi, en 2017, la Chine a importé plus de 94 milliards de mètres cubes de gaz naturel avec, environ 52 milliards de mètres cubes, sous la forme de GNL. D’autres pays interviendront, le Mozambique, Israël qui vient de conclure un contrat pluri-annuel avec l’Egypte et la Jordanie. La négociation sera de plus en plus difficile pour placer le gaz et il serait utile dans ce cadre d’inciter les pays qui nous vendent leurs produits d’accepter une nouvelle vision.

Inventer un nouveau 24 Février de l’intelligence

Bill Gates reçu par le président Mitterrand aurait eu cette sentence sans appel : «  l’internet est le nouveau baril de pétrole » C’est dire si il y a trente ans il avait déjà racé la voie à suivre. L’Algérie n’a pas joué la prudence ni dans l’exploitation raisonnée de son pétrole et de son gaz par un pompage effréné qui « fatigue les gisements » , ni dans la nécessité de tourner le dos à la rente avec les dollars de la rente investis d’une façon rationnelle dans le de développement du pays et ne pas se tenir le ventre comme nous le faisons à suivre les convulsions erratiques d’un baril de pétrole dont nous ne maitrisons ni les tenants ni les aboutissants

Imaginons que nous sommes en 2030. La population sera de 52 millions de personnes. Pour la consommation interne, en supposant un modeste développement qui nous fera passer de 1 tonne de pétrole consommée par habitant et par an à seulement 2 tonnes, c’est 100 millions de tonnes à mobiliser. Nous les aurons de moins en moins, ce qui va se ressentir d’une façon drastique sur notre rente car étant mono-exportateur. A ce rythme de gaspillage frénétique de nos ressources, l’Algérie aura épuisé sans discernement ses ressources, véritables défenses

Imaginons par contre, un gouvernement fasciné par l´avenir, la première chose à faire c´est de miser sur l´intelligence et le savoir. Un pays sans ressources pétrolières comme l´Inde, exporte pour 25 milliards de dollars de logiciels. Chacun sait par exemple, que le modèle énergétique algérien prenant en compte les profondes mutations du marché énergétique mondial dans un contexte d´évaporation, est à inventer. En fait, il faut passer de la situation où personne ne se sent concerné à une situation où tout le monde, à des degrés divers, se sent concerné.

Nous avons le soleil, donc l’énergie, l’eau, le sol et une jeunesse nombreuse et capable de relever le défi en opérant de fait un nouveau premier novembre du XXIe siècle. Il s’agit de se battre pour exister dans un monde de plus en plus impitoyable. Le développement durable permettra la création de villes nouvelles dans le Sud. Il nous faut donner des opportunités pour les jeunes en leur donnant les moyens de verdir le Sahara. Pourquoi pas un réseau ferré dans le Sud avec la disponibilité de la motorisation électrique (voitures, camions bus, rails…)? Une autre utopie d’une transaharienne électrique avec le développement du rail pour rendre disponible rentable les potentialités agricoles du Sud à la fois qui seraient dirigées vers le Nord du pays et pourquoi pas vers l’exportation?

Le Développement humain durable: un nouveau 24 Février du XXIe siècle

 Nous ne pouvons que lister les défis imminents qui vont nous impacter. On continue sur une vision classique de plus en plus dépassée ailleurs. Nous continuons à ne nous focaliser que sur les hydrocarbures et le futur sera de plus en plus «difficile avec beaucoup de vendeurs de gaz et de pétrole». C’est une erreur que de vendre le pétrole, un produit aussi noble, à 65 dollars le baril, alors que le baril d’essence est vendu en Europe à 250 dollars. Si l’Algérie rentre dans l’aval pétrolier en Europe ou ailleurs, elle ne se contenterait pas de vendre du pétrole, mais des produits à forte valeur ajoutée, carburants, mais aussi produits pétrochimiques

Cependant, l’avenir de l’Algérie n’est pas uniquement dans les hydrocarbures qu’il faut garder pour les générations futures, mais aussi et surtout dans le Sahara qui peut, s’il était réellement développé, être une véritable pile électrique. Notre gisement solaire est trois fois plus important que celui de l’Allemagne et on dit que le solaire n’est pas rentable!! Il coûte actuellement moins de 4 cents le kWh du même ordre que celui issu du gaz naturel (en Inde un appel d’offres a été adjugé à 5 cents le kWh!) Nous avons moins de 2% en énergie solaire (pas d’énergie hydroélectrique alors que nous avions 450 MW d’hydro-électricité en 1962).

L’électricité renouvelable sera la colonne vertébrale de la consommation énergétique du futur. De ce fait, la Révolution du transport en voiture, bus, camion et rail électrique est en marche. 5 millions de voitures électriques circulent actuellement dans le monde, on en prévoit 400 millions en 2035. Après les voitures hybrides, le marché pousse directement vers les voitures électriques, graduellement l’essence et surtout le gaz oil seront réduits (le gas oil sera supprimé d’ici 2030 car cancérigène). Volkswagen ne produira plus de véhicules au gas oil à partir de 2025, Nous devons avoir à l’esprit que «chaque calorie exportée devrait correspondre à l’importation d’un savoir-faire». La Chine ou l’Allemagne pourraient nous aider d’une façon importante dans la mise en place du solaire. En fait, «calorie thermique contre kWh, voilà le nouveau deal».

Nous gaspillons beaucoup plus que les pays riches et l’intensité énergétique est faible, c’est-à-dire avec la même quantité d’énergie nous faisons moins de travail qu’en Europe. De plus, les subventions vont à 75% aux gens aisés. Cependant, cela ne sera pas suffisant pour la vision d’un Développement humain durable à l’horizon 2030 respectueux de l’environnement avec pour graal laisser un viatique aux générations futures. C’est un changement total de mentalités. Il nous faut mettre en place un plan Marshall avec une ambition comme tous les pays qui se respectent en fixant une utopie mobilisatrice; Un deuxième 24 Février pour une nouvelle indépendance, ce challenge est de disposer de 50% d’énergie renouvelable et d’économie d’énergie en 2030.

Nous avons une génération devant nous (20 ans) pour réussir le coup de rein salvateur qui passe aussi par la formation des hommes. Et l’université a un rôle majeur dans la formation, des ingénieurs des techniciens capables de prendre en charge cette utopie à notre portée. Si l’Algérie décide de rendre coup pour coup, alors la phrase de Boumediene: «Kararna ta’emime el mahroukate», n’aura pas été vaine. Misons sur un avenir apaisé, misons sur le développement durable. Il ne faudrait plus «maximiser» la croissance, mais le bien-être et le bonheur. Si l’Algérie décide de se battre scientifiquement pour un nouveau 24 Février, cette fois du développement durable bien compris et non en distribuant la rente en fonction de la capacité de nuisance. Je pense que le sens à donner à cette célébration doit être axé sur des idées nouvelles qui puissent nous libérer de l’ancrage paralysant au passé tout en suscitant de nouvelles ambitions inspiratrices et motivantes.

Tout revient en définitive à la formation des hommes. Rien ne peut se faire sans l’éducation où devra être formé l’éco-citoyen de demain, au lycée où seront enseignés le Développement humain durable dans le cadre d’un baccalauréat approprié. Il nous faut sans tarder réhabiliter la formation d’ingénieurs et de techniciens, La discipline mathématiques est à réinventer dans le pays. C’est la aussi un challenge à relever pour prendre en charge d’ici à 2030 le destin du pays. En Allemagne, 37% des étudiants sont inscrits en technologie et en sciences. En Inde 33% et en Algérie moins de 5%.

Le Développement humain durable est avant tout une rupture avec le gaspillage tous azimuts des denrées alimentaires, notamment du pain, de l’énergie, de l’eau. J’ambitionne pour le pays un nouveau 24 Février de l’intelligence d’un Développement humain durable qui fera que 50% de l’énergie ne proviendraient pas des énergies fossiles.

En conclusion, avons-nous démérité – nous qui étions sur le front du développement- d’avoir les clercs avec une propension à trahir tel que l’avait annoncé Jules Benda dans son ouvrage culte: «La trahison des clercs», et bien plus tard Edward dans un ouvrage de référence: «Des intellectuels et du pouvoir». Nous fûmes à notre corps défendant des intellectuels organiques au sens d’Antonio Gramsci. L’acte de nationalisations du 24 Février 1971 a marqué un tournant décisif dans le processus de libération et de développement de notre pays; comme en ont témoigné certains amis du Club Energie.

Je suis de ceux qui plaident pour le maintien des festivités – pas au sens d’un rituel sans épaisseur qui consiste à faire le minimum syndical et passer à autre chose- mais à celui d’une invention continue par un travail par des résultats qui feront comprendre à la jeune génération que nous étions indépendants politiquement en 1962, mais que 1971 a été le début de l’indépendance économique culturelle que nous peinons à réhabiliter. Je tente pour ma part, à une échelle bien modeste, de continuer le combat – comme le colibri- à faire ma part aussi dérisoire soit-elle en organisant chaque année une Journée sur l’Energie, mes élèves à Polytechnique sont invités à inventer le futur à travers des modèles énergétiques avec toute leur fougue et leur espérance. Rien que pour cela la commémoration du 24 Février devrait durer 1000 ans!

Professeur Chems Eddine Chitour

 

Article de référence :

http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/287044-pourquoi-il-faut-continuer-a-celebrer-cette-date.html

 



Articles Par : Chems Eddine Chitour

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