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Algérie – La loi des finances et la loi sur les hydrocarbures: Une fuite en avant dangereuse
Par Chems Eddine Chitour
Mondialisation.ca, 11 octobre 2019

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« L’environnement et le développement durable : Combien de divisions » ? Paraphrase d’une sentence de Staline à propos du Vatican

Cette citation reprend la fameuse réplique de Staline agacé par ses conseillers qui le relançaient sur le fait que le Vatican n’était pas d’accord avec la politique soviétique. Il eut cette réplique sans appel: «Le Vatican? Combien de divisions?» Mutatis mutandis nous sommes dans la même situation; un gouvernement en fin de parcours se permet d’engager le pays sur des décisions qui à mon humble avis sont prises en dépit du bon sens ou en tout cas qui nuiraient au pays en l’enfonçant un peu plus dans le chaos multidimensionnel qui nous attend.

 Les mesurettes du PLF 2020

Le moins que l’on puisse dire est que les rédacteurs ont le souci de ne rien changer de fondamental en se rabattant sur des mesurettes qui n’attaquent pas le problème dans le fond. Encore une fois du social mal placé pour lequel les citoyens n’ont aucune reconnaissance d’une part parce qu’il profite à ceux qui ont relativement les moyens (comme par exemple celui qui a une bagnole par rapport à celui qui prend le bus). Les calculs montrent que c’est une petite rente de 30DA/litre (si le prix était porté de 70DA et était appliqué) que l’on donne a celui qui a une voiture si seulement son véhicule roule l’équivalent de 1250 litres (une tonne) la prime est de 40 000 DA. Soit pour les 6,3 millions de voitures 250 milliards de DA Cet argent s’il venait à être récupéré par une politique courageuse des prix, permettrait d’améliorer le réseau de transport et le rendre disponible et fiable. Au lieu de cela, par la taxe prévue, les autorités comptent récolter l’équivalent de 12 milliards de dinars, sur les 6,3 millions de véhicules que compte le parc automobile national. Non! la démarche est incorrecte. Les subventions ne profitent en majorité qu’à ceux qui n’en ont pas besoin

 La fuite en avant

Le gouvernement prévoit, dans son projet de loi de finances pour 2020, de ré-autoriser l’importation des véhicules d’occasion de moins de trois ans, mais en imposant des conditions. Seuls les véhicules à motorisation essence sont concernés par la disposition. Les véhicules usagers à importer doivent obligatoirement être équipés au GPL/GNC ou en être prédisposés… la seule disposition écologique vole en éclats, le diesel peut rentrer en Algérie. C’est-à-dire tous les véhicules qui consomment beaucoup de carburants . Ainsi, tous les véhicules de moins de trois ans essence et au cylindre égal ou supérieur à 1800 cm3 (2000 cm3 pour le diesel) peuvent être importés.

Madame Fatma Zohra Zerouati, ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, a raison de s’y opposer. L’argument important est que les pays européens tendent à se débarrasser de ces véhicules pollueurs. «Personne ne veut que l’Algérie devienne une poubelle des véhicules européens.» Nous sommes d’accord avec cette position cohérente et responsable et nous allons expliciter cela, mais auparavant nous allons faire un Etat des lieux de la politique anarchique des transports.

C’est un fait !  L’Algérie vit une situation économique particulièrement difficile depuis mi-2014. Celle-ci est étroitement liée à la dégringolade des cours pétroliers, Après avoir ouvert les vannes et importé certaines années pour plus de 5 milliards de dollars, l’Algérie a décidé de suspendre l’importation des véhicules, ce qui a fait flamber les prix. Pour amortir les dépenses, les autorités ont opté pour un véhicule assemblé localement, ce qui s’est soldé par un fiasco car le véhicule «monté» en Algérie revient de loin plus cher sans qu’il y ait le moindre transfert de technologie. En 2018 c’est 3,2 milliards de pièces pour le montage ckd skd. Si ces voitures étaient importées le coût serait beaucoup moindre!

En septembre 2019 le gouvernement annonce le retour à l’importation des véhicules de moins de trois ans avec un scénario d’abord sans diesel, ensuite avec diesel sans prendre en considération les conséquences, notamment en ce qui concerne le poison diesel.

En fait, dans le cadre d’une politique globale des transports car il y a 6 millions de voitures mais la demande en transport est au moins de 20 millions de citoyen lambda qui ont plus besoin de moyens de transport fiables (bus, tramway, métro, train, que de voitures particulières qui participent grandement à la pollution, notamment lors des encombrements qui font que la locomotion à Alger se solde par 500 000 litres de carburants/jour pour les 500 000 voitures qui circulent du fait de deux heures d’embouteillage en moyenne et sachant qu’une heure d’embouteillage c’est 1/2l de carburant. Ce qui occasionne une perte de 500 000 dollars /jour et l’envoi dans l’espace de 300 tonnes de CO2 /jour à Alger.

Dans une contribution percutante allant dans le même sens et parue sur le «Soir d’Algérie» Belcacem Bellil a tenu à poser les termes d’une fuite en avant du gouvernement concernant la loi de finances 2020. Il est des décisions qui suscitent une avalanche de réactions en chaîne avant même leur mise en application. C’est le cas, en ce moment, de la mesure prévue dans le projet de loi de finances 2020, autorisant l’importation des véhicules de moins de trois ans. En dépit des avis des économistes et des observateurs avertis, qui ont déjà eu à relever l’inconsistance de l’argumentaire décliné par le ministre du Commerce pour tenter de justifier le retour à une disposition suspendue en 2005, le diesel a les faveurs du gouvernement.

S’il est vrai que ce dernier fait l’objet d’une condamnation internationale unanime pour ses importantes émissions de particules (70% contre 30% pour l’essence) et a même été classé en 2012 «cancérogène certain» par l’Organisation mondiale de la santé (…) Ajoutons à cela la politique de soutien des prix du carburant en Algérie qui reste largement en faveur du diesel, puisqu’il coûte à la pompe la moitié de celui de l’essence, alors que le GPL peine à se généraliser à toutes les stations du pays. Cela se passe de commentaire. (…)» (1)

 «Nous ne nous attarderons pas trop sur les prix des véhicules de moins de 3 ans en Europe, notamment qui obéissent à une décote officielle qui ne les rend pas aussi attractifs pour le client algérien que le gouvernement le laisse croire. (…) Il serait plus judicieux, en revanche, de revoir en priorité l’organisation de ce secteur, en instaurant des contrôles en amont et en aval de la chaîne d’approvisionnement des usines déjà en activité tout en envisageant une réouverture contrôlée des importations à travers des quotas pour les concessionnaires automobiles indûment écartés par l’ancien ministre Bouchouareb. Et c’est uniquement cette dernière mesure qui pourrait faire fléchir les tarifs surévalués des véhicules proposés actuellement par les marques présentes en Algérie. Sachant, à l’évidence, que les produits importés seraient largement compétitifs et que la facture globale ne doit pas, en tout état de cause, dépasser les seuils des exercices précédents. (…) En l’état actuel des choses, le retour à l’importation des véhicules d’occasion s’apparente plus à une fuite du gouvernement qui ne veut pas assumer jusqu’au bout les dérives dangereuses de l’ancienne équipe, qu’une solution adaptée au pouvoir d’achat du citoyen.» (1)

 Bannissement du diesel en Europe

Le diesel n’a plus la cote. Après des décennies de «trop diesel», il va être banni graduellement. La décision prise par le Conseil des ministres de l’Union Européenne. Le 15 avril 2019, les Etats membres ont définitivement adopté le futur seuil de CO2 que les constructeurs devront respecter en 2030. On connaît donc désormais le calendrier. En 2021, les gammes des constructeurs ne devront pas excéder, en moyenne, 95 g/km, avant de tomber à 81 g/km en 2025 et 59 g/km en 2030. Une sortie des carburants fossiles est nécessaire à la fois pour préserver la santé de tous et pour lutter contre le réchauffement climatique. Cette sortie permettra aussi de respecter les engagements pris par le pays. Les automobilistes préfèrent le gas-oil, plus polluant car moins cher et les pouvoirs publics sont complices des dégâts sur la santé du diesel.

 L’appel au sirghaz, au GNC

Le modèle actuel de consommation algérien est un modèle qui utilise l’énergie, de manière générale, pour le tertiaire à 45% et le transport (40%). A peine 5% sont consacrés à l’industrie et 10% à l’agriculture. En clair, il n’y a pas de création de richesse. La consommation de gaz naturel débridée (8 à 10% de croissance par an) va se substituer totalement aux exportations qui vont tendre vers zéro si on continue à ce rythme, Pourquoi? Par paresse, mais aussi par calcul politique, le pouvoir n’a pas joué la prudence. De ce fait, la consommation d’énergie est débridée. Le gaspillage est un sport national. Si on ajoute les hémorragies de carburants aux frontières, nous avons une idée du chaos actuel qui fait que l’Algérie achetait pour plus de 2 milliards de $ de carburants à 1$ le litre qu’elle revend à trois fois moins pour l’essence et six fois moins pour le diesel (Euro 6 abc) qui commence à être interdit en Europe car cancérigène. Le Diesel que nous produisons est plus nocif qui est à la norme Euro 2 (2).

Tel est le constat dressé de l’étude intitulée «transition énergétique pour un modèle à 50% durable: la révolution dans les transports en Algérie», présentée lors de la 22e journée sur l’énergie organisée par l’Ecole nationale polytechnique d’Alger. Depuis 2010, partout dans le monde le solaire s’est développé, mieux encore depuis deux ans, il est aussi compétitif sinon moins cher au niveau du kWh. La consommation de gas-oil a plus que doublé entre 2001 et 2015: les émissions gazeuses des moteurs diesel sont nocives pour la santé. Elles sont source d’insuffisances respiratoires et de certains cancers. Les avantages du GPL sont cités: le véhicule GPL coûte moins cher que le véhicule à essence. Le prix de ce carburant est le moins cher du marché. Le GPL est largement disponible en Algérie.

Les émissions de CO2 sont réduites de 18% par rapport au véhicule à essence. Avec une augmentation de la consommation de 7% par an et un parc automobile de 11 millions de véhicules en 2030, la consommation de carburants sera de 26 millions de tonnes en 2030. Pour inverser ces tendances, les auteurs de l’étude proposent un modèle où en 2030, 50% des véhicules circulant en Algérie utiliseraient des carburants propres (25% GPL et GNC, 25% de véhicules électriques).

Dans l’étude nous  suggérons  la conversion de 100 000 véhicules diesel au GPL carburant par an, Dans ce scénario, la quantité d’essence économisée par l’introduction de la voiture électrique, notamment serait de 15 millions de tonnes soit une économie de 20 milliards de dollars. Ce modèle à 50% renouvelables est possible si on commence sans tarder à développer toutes les formules possibles d’économie d’énergie. Il n’est pas normal que quelqu’un qui consomme 5l/100 km pour sa Marruti paie l’essence de la même façon que celui qui dispose d’un 4X4 à 15l/1 00km. Les vignettes devraient de loin être différentes plus différentes. Mieux encore, ce qui intéresse l’immense majorité des Algériens c’est la disponibilité de transports en commun fiables. Un prix élevé permettra d’assécher les pertes aux frontières, moraliser la consommation et respecter l’environnement en polluant moins» (2).

La carte carburant

Il n’est pas interdit de penser à introduire la carte carburant qui permettrait de rationaliser la consommation de carburant. L’état garantirait un prix étudié en alignant d’abord le  prix du diesel sur l’essence pour une quantité moyenne pour 15000 km/an  à 7litres /100 soit 1000 litres/an à  60Da par exemple dans un premier temps et ceci par mise à disposition d’une carte carburant.   Les petites voitures  ne seraient pas impactés. Par contre ceux qui consomment plus parce qu’ils disposent de voitures plus énergivores paieraient le prix réel autour de 100 Da à la pompe. Naturellement les branches spécifiques comme celle des chauffeurs de taxi se verraient proposer des aménagements différents . Toutes ces mesures bien expliquées seraient acceptées par les citoyens sachant qu’au-delà de la moralisation  de la consommation,  de l’amélioration de l’environnement – moins de pollution-, il y aurait moins d’embouteillage et l’Etat pourrait penser à l’amélioration des Transports  qui est de loin la demande de la grande majorité des citoyens.

 La locomotion électrique: l’avenir

Il est nécessaire de savoir que les véhicules thermiques devront disparaître – au vu de leur immense pollution selon les pays européens dans les 10 à 15 années à venir. Ce sont des parcs entiers qui devront disparaître. La France dispose d’un parc de 30 millions de voitures, elle se lance à marche forcée sur les véhicules électriques elle en est à 200 000 en 2018. Son parc thermique sera graduellement voué à la casse et au fur et à mesure qu’il vieillit l’Algérie en sera le réceptacle. On croit que les constructeurs de voitures nous font des fleurs! C’est une erreur! Ils liquident tous les modèles qui n’ont plus court, soit qu’ils consomment plus de 5l/100 km soit qu’ils sont dangereux pour la santé: c’est le cas du gas-oil qui va être abandonné en Europe. Volkswagen arrête les véhicules Diesel en 2025.par contre elle s’est mise comme toutes les autres grandes marques dans la révolution de l’électricité.

Quand Renault nous offre la voiture roumaine dans le même temps elle installe la voiture électrique Zoé en Israël. Quand Peugeot veut bien s’installer en Algérie, il liquide indirectement les stocks, mais dans le même temps il investit à fond dans les voitures électriques au point de vouloir installer une voiture low cost en Inde pour 8000 $! Voire moins en Chine. Pourquoi ne pas demander à ces constructeurs de nous aider à nous lancer dans la locomotion électrique. Pourquoi l’Algérie ne se lance-t-elle pas alors dans les voitures électriques. 80% des pièces sont les mêmes que pour un véhicule thermique. En intégrant la locomotion électrique, ce sont des millions de tonnes d’essence et de pétrole qui seront épargnés pour les générations futures. Pour un parcours de 100 km à seulement à 7 l/100 km pour l’essence c’est 300 DA. Les mêmes 100 km avec l’énergie électrique à 10kWh/l cela revient à 5DA le KWh à 50 DA! Même avec l’électricité d’origine thermique nous sommes gagnants et c’est encore mieux si l’électricité était d’origine solaire!

De ce fait, pourquoi ne pas s’accrocher à une locomotive comme la Chine qui est aussi première danse le domaine. Comme le géant chinois BYD qui annonce s’installer au Maroc en construisant quatre usines (pour les voitures électriques. les bus électriques, les locomotives électriques et même une usine de batteries électriques). C’est une véritable révolution de l’intelligence qu’il faut inventer. Nous devons changer de paradigme et responsabiliser tout le monde. Pour que cette transition puisse réussir, il est nécessaire de faire de la pédagogie pour expliquer au citoyen les enjeux du futur, car c’est à lui de devenir un écocitoyen. Cela commence aussi au niveau des enfants à qui on doit apprendre les rudiments des économies en énergie, en eau, en pain, mais aussi le bien commun. Cela devrait arriver à un baccalauréat du développement durable (2)

Quelques mots enfin sur le projet de Loi sur les hydrocarbures

Un autre avatar celui de remettre sur le tapis pour la nième fois depuis 1986 une autre mouture de la Loi sur les hydrocarbures en absence d’une vision d’ensemble de l’avenir  Là encore un gouvernement en fin de parcours n’a pas décemment le droit d’hypothéquer l’avenir du  pays en tentant de promulguer une loi à la va vite et sans qu’on prenne en compte toutes les contraintes internes et externes. C’est malheureusement en gros le point de vue  aussi des spécialistes algériens du pétrole compétents mais qui  de mon point de vue surfent toujours sur le même logiciel celui d’optimiser les rentrées d’argent pour perpétuer une rente , mettre au calendes grecques toute remise en cause du modèle de consommation actuelle qui nous envoie droit dans le mur.

Etant moi-même pétrolier de formation, j’ai constaté  depuis une quinzaine d’années une rapide évolution mondiale pour sortir du fossile. Chez nous c’est encore et toujours le pompage frénétique. Aussi dans mes écrits, je n’arrête pas de marteler que les hydrocarbures ne devraient être qu’un sous ensemble de la problématique d’ensemble qui est celle de mettre en place un modèle énergétique qui nous permette de sortir par le haut de la malédiction du pétrole en investissant à marche forcées sur les énergies vertes, laissant ce faisant un viatique pour les générations futures. Maintenant si on continue à bricoler pour maximaliser les rentrées conjoncturelles de devises nous irons droit dans un mur qui nous attend dans les trois prochaines années. C’est pourquoi je suis de ceux qui dénonce une loi sur les hydrocarbures au lieu et place d’une stratégie énergétique vers le Développement Durable  

Le pétrole et le gaz naturel devraient être des pourvoyeurs de devises dont l’unique objectif est de sortir par le haut de la rente en investissant à marche forcée sur le développement durable avec un modèle de consommation flexible constamment adaptable qui nous permette d’envisager 2030 avec la rationalité la sobriété et surtout un changement radical de comportement concernant  l’éco-citoyenneté  et la création d’une richesse vertueuse en dehors des hydrocarbures . les quantités d’hydrocarbures  épargnées seront gardées jalousement pour les générations futures. Je n’arrête pas de le marteler à mes élèves ingénieurs : « notre meilleure banque est notre sous-sol !», un baril à 60 $ actuel peut valoir 200 $ dans le futur et c’est un viatique pour les générations de 2030 et au-delà

Dans ce cadre j’ai eu une heureuse surprise en lisant la contribution de Monsieur  Ali Kefaifi ingenieur IFP qui a derrière lui une belle carrière et qui propose quelques pistes de réflexion  pour la stratégie pétrolière qui sont en phase totale avec ce  que je préconise depuis plus de vingt ans dans le cadre d’une transition énergétique vers le développement humain durable. Je le remercie pour ses recommandations notamment celle concernant de « raison garder » concernant les gaz de schiste où il propose d’attendre la maturité de cette technique qui –en l’état- ravagerait le Sahara

Je  résume ces recommandations  : Avant-projet de loi sur les hydrocarbures Pourquoi il faut attendre…  «  (…) Notre propos est de dire que la mère des études est d’abord constituée par l’élaboration d’une politique énergétique et minière, conduisant à cette banale loi pétrolière, dont la construction sera un exercice facile pour nos jeunes frères et sœurs (ingénieurs, économistes, sociologues, environnementalistes, géostratèges, communication, etc.).

1) Retour au principe de la loi 86-14 de  1986 : il ne s’agit pas d’une mesure de nationalisme conjoncturel, mais d’une mesure dictée par la faillite de la loi scélérate de 2005 dont les résultats sont quasi nuls (absence de gestion des gisements pétroliers, aucune découverte autre que des ré-évaluations de gisements découverts et développés de 1956 à 1999)

2) Déterminer une nouvelle politique énergétique, préalable à toute mesure légale ou opérationnelle nouvelle.

3) Proposer de nouveaux prospects pétroliers dont ceux de la frontière géologique dans le Nord algérien (Constantinois, Sétifien, Hauts-Plateaux du Sud-Ouest oranais).

4) Ignorer l’offshore coûteux, non rentable et à très faible probabilité de découverte commerciale.

5) Reporter le gaz de schiste, non rentable et environnementalement inacceptable en l’état actuel des choses, tant technologiques qu’économiques.

6) Mettre le gaz naturel au centre du développement de l’Algérie, de la pétrochimie et des moyens de transport (GNV, GNL), dont véhicules lourd et léger, navires, locomotive de train, engin agricole, etc.

7) Énergie solaire axée sur une industrie équipementière nationale après valorisation des minéraux (silicium, lithium, cuivre, terres rares, etc.). (3)

Conclusion

En fait il faut le dire! Nous ne prenons pas le bon chemin de la sobriété énergétique. Nous n’avons pas de modèle de consommation, chaque département a sa propre logique sectorielle, il y a peu de coordination entre les différents secteurs  En définitive hâtons nous de sortir de l’ébriété énergétique actuelle par le parler vrai  et proposons aux citoyennes et citoyens une vision du futur , un cap non en cachant la réalité mais en les incitant à un effort où chacun d’entre nous à la réussite d’une transition énergétique sereine vers le Développement Durable pour justement laisser un viatique aux générations futures

Le modèle énergétique pour l’Algérie est un modèle qui ne peut réussir que si tout le monde s’y met . je prend à mon compte l’histoire rapportée par Pierre Rabhi l’agro-géologue bien connu né à  Béchar  (Algérie)  :  l’histoire du  Colibri – minuscule petit oiseau- cet  oiseau minuscule  qui en face d’un grand incendie ne s’arrête pas de ramener une goutte d’eau pour tenter de l’éteindre ce qui agaça un tatou qui l’apostrophe : « Arrête toi de t’agiter , tu sais que tu ne pourras rien faire  avec ta goutte ridicule » Oui je sais , répond le colibri, mais moi je fais ma part ! » 

J’en reviens en définitive à la sentence de Staline appliquée chez nous: «Le ministère de l’Environnement? Combien de divisions?» Nous répondons sans hésiter: «Aucune, la culture, voire la gouvernance actuelle est loin d’avoir intégré le paradigme du développement durable qui peut se résumer ainsi: «Nous pouvons consommer mieux en consommant moins et en consommant vert. Tel est le challenge du futur gouvernement si on veut que l’Algérien sorte de la malédiction de la rente et mise sur la bénédiction du neurone

Professeur  Chems eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

 

Notes

 1.B. Bellil https://lesoirdalgerie.com/actualites/la-fuite-en-avant-du-gouvernement-31277

 2.http://magazineogb.com/index.php/le-magazine/a/333-chems-eddine-chitour-professeur-a-l-ecole-polytechnique-alger-un-modele-a-50-renouvelables-est-possible 21 APRIL 2018

3.Ali Kefaifi https://www.liberte-algerie.com/contribution/pourquoi-il-faut-attendre-325423

4. Chems Eddine Chitour  https://www.lexpressiondz.com/chroniques/l-analyse-du-professeur-chitour/la-loi-de-finances-2020-passee-au-crible-316741

 

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