Algérie – Plaidoyer pour un système éducatif en phase avec le mouvement du monde

«Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer.» 

Guillaume d’Orangelesoirdalgerie.com

 

Cette année scolaire et universitaire s’est passée dans l’ensemble sans trop de problèmes malgré la tentative de déstabilisation. Pour avoir observé le système éducatif pendant plus de trente ans, je constate qu’au fil des ans, nous n’avons pas pu, du fait d’une massification importante, d’une démographie galopante et d’une vision privilégiant la paix sociale et l’aspect quantitatif au détriment de l’acte pédagogique que le système éducatif est devenu un train fou que personne ne peut arrêter. De plus La fuite des sujets du baccalauréat — phénomène mondial, mais qui a été massif chez nous — a porté atteinte à la crédibilité de cet examen décisif.

Par ailleurs, les tentatives pour corriger les dérives criantes sont de plus torpillées par des franges d’Algériens pour qui rien ne doit changer et que les fondamentaux, les fameux thaouabet, dont ils seraient les gardiens du temple, doivent être figés dans le marbre. En face nous avons les nostalgiques qui veulent faire perdurer une langue qui n’est plus une langue scientifique, qui nous cause un retard technologique.

1- Etat des lieux du système éducatif

C’est un fait, tous les gouvernements qui se sont succédé ont mis à disposition des moyens. Près de 10,5 millions d’élèves avec un budget de 1 050 milliards de dinars (20% du budget de fonctionnement de l’Etat) soit une moyenne de 100 000 DA, soit encore 8 à 10 fois moins par comparaison avec les pays européens (8 000 à 13 000 euros), on ne peut pas rivaliser d’autant que plus de 90% de ce budget sont constitués par une masse salariale. Sur ce budget, 90% représentent la masse salariale marginalisant de ce fait les travaux pratiques.

Selon les chiffres de l’Onec, le nombre d’élèves candidats à l’examen du bac est de 818 520 élèves.

Le taux de réussite au baccalauréat, session 2016, a atteint 49,47% pour les élèves. Globalement la même répartition des filières pour 2016 ne donnerait pour le baccalauréat mathématiques et techniques mathématiques que 11% du total. Soit moins de 5% du total des reçus au bac. Quid des 400 000 élèves qui ont échoué ? Personne n’en parle. Qui des évacués en 9e année fondamentale ? La formation  professionnelle est devenue un repoussoir. Pourtant nous manquons cruellement de diplômes intermédiaires. Il y a pléthore de médecins, le fait qu’ils soient concentrés dans les grandes villes, cela est dû au fait que le service civil dans sa forme actuelle a montré ses limites.

Pour rappel 700 000 enseignants qui font du mieux qu’ils peuvent et qu’il serait injuste de les classer tous dans la catégorie des incompétents. La situation actuelle fait que l’on s’installe dans la fatalité ; car sur le plan qualitatif là aussi les résultats ne sont pas encourageants. Cela ne peut pas continuer ainsi. Par ailleurs, force est de constater que nous ne savons pas récompenser l’effort et le mérite. Tout le monde est logé à la même enseigne. Ce qui stérilise toute initiative pour l’amélioration de l’acte pédagogique qui n’a pas été jusqu’à présent la priorité.

De fait, le pays donne l’impression d’avancer sans son école et sans son université, nous importons des ingénieurs, des techniciens et même dans certains corps des ouvriers

Certes la massification de l’éducation était incontournable au vu de la situation de l’éducation en 1962. A peine 600 000 élèves pour l’éducation dont à peine 20 000 dans le secondaire et 500 étudiants dans le supérieur, une centaine d’établissements scolaires dont six lycées, 500 étudiants à l’université (10%). Moins d’un millier de diplômés en 132 ans d’œuvre positive.

Quatre millions de diplômés ont été formés par l’université algérienne en cinquante ans d’existence. Cependant il y eut une lente détérioration de l’acte pédagogique, le niveau a cruellement baissé, les bacheliers que nous recevons ne maîtrisent aucune langue, de plus les disciplines scientifiques ont régressé dangereusement qualitativement et quantitativement. Il y eut même disparition des lycées techniques avec aussi la disparition inexorable des bacs maths. Nous avons fait dans la massification et cela continue

Enfin, un constat grave, il y a un total clivage entre les trois sous-systèmes ; chacun s’occupe de sa chapelle et chacun est jaloux de ses prérogatives, ce qui fait que des gisements de productivité aux interfaces sont ignorés surtout par ces temps de vaches maigres. De plus, ce fait constitue un manque de sanctions dissuasives, le plagiat et le copier-coller font des ravages. La charte de l’éthique aurait pu empêcher ces dérives. De plus, quand un footballeur gagne en un an ce que gagne un enseignant en une carrière, il y a quelque chose de détraqué dans l’échelle des valeurs. De ce fait,  l’école ne fait plus rêver. Il nous faut la réhabiliter
2- Comment corriger graduellement les erreurs ? Y aller par étape

L’école algérienne est à la croisée des chemins. Notre système éducatif devra être la priorité des priorités. Cependant et de mon point de vue, du fait que le système éducatif est un système à temps de réponse long, il ne faut pas se leurrer, il nous faut tous ensemble y aller graduellement avec un maitre-mot : comment améliorer l’acte pédagogique qui se décline différemment selon les paliers de l’école et à l’université. L’idée est de partir de l’embouchure pas de la source. Graduellement on remonte à la source pour savoir quels sont les considérants à mettre en place, en amont d’abord, dans le secondaire.

Il n’y a pas de miracle ! Ce n’est pas du jour au lendemain que nous aurons un système parfait. Il est important qu’il y ait un préambule où l’on explique à tous le monde les enjeux du futur. Ceux qui se sont arc-boutés sur une vision passéiste de l’histoire font erreur et ceux qui se piquent de modernité avec le statu quo d’une langue elle-même dépassée sont dans le même travers. Les dynamiques de jeunes sont inconnues. L’apport de l’internet pour le meilleur et pour le pire est en fait un puissant destructeur de l’être-ensemble, vouloir formater l’imaginaire des jeunes avec des clichés du siècle dernier ne fait pas avancer les choses. Il est nécessaire de se battre avec les mêmes outils, ceux de la science pour avoir une chance d’être écoutés par les jeun

3- L’apprentissage des langues

Un combat idéologique qui épuise l’Algérie depuis 1962. Les langues d’enseignement, 54 ans après, nous sommes toujours en panne. Il nous faut donner une chance à l’arabe par la formation de maîtres compétents. Il nous faut lutter contre la dissolution identitaire et l’antidote de cette dissolution est constitué par les deux langues que nous devons développer sans faux-fuyants, sans arrière-pensées, sans guerre de tranchées en donnant sa chance aussi à l’amazighité pour ne pas en faire un enjeu politique qui stérilise toute approche scientifique. Par ailleurs, dans un monde où les langues sont des vecteurs identitaires de civilisation, de consommation et d’accès à la technologie : un postulat de base est de former de parfaits bilingues. Comment y arriver ? Et quelle langue ? Si dans le domaine des sciences humaines, il peut y avoir débat sur la deuxième langue français, anglais, dans le domaine des sciences exactes, la situation est plus claire. Sans état d’âme, sans en référer à aucune chapelle, si ce n’est celle de servir le pays, l’enseignement des sciences exactes, de la vie, les sciences médicales doit pouvoir bénéficier de ce qu’il y a de mieux.

Le constat est que les élèves subissent un choc à l’université à la fois comme mode d’enseignement mais aussi comme langue d’enseignement. C’est un danger que de continuer à enseigner dans le secondaire en langue arabe dans les matières scientifiques, le manque de documents de qualité fait que l’élève ne fait pas de recherche, il n’a pas accès du fait de sa méconnaissance des langues scientifiques aux meilleures connaissances.

Doit-on enseigner ces matières scientifiques en français ou faire le saut qualitatif qui nous permet de sauter une étape qui se posera tôt ou tard aller sans état d’âme vers la langue anglaise qui permet une plus grande banque de données. A titre d’exemple on ne publie plus en France qu’en anglais dans les revues scientifiques ayant un impact factor. Il nous faut préparer graduellement cet objectif dans la sérénité scientifique, car il s’agira de former à la langue anglaise scientifique à la fois les maîtres et les élèves. Nous pourrions démarrer sans précipitation dans trois ans (cycle secondaire plein).

4- La coordination entre les trois sous-systèmes du système éducatif

Les dérives constatées plus haut ont des solutions qui ne peuvent être mises que par une étroite coordination. Il y a une nécessité absolue d’une coordination des trois sous-systèmes : mise en place d’un conseil de coordination. Il est tout à fait possible de faire deux vacations pour donner à l’Etat le temps de réaliser d’une façon correcte les demandes supplémentaires d’infrastructures. Il faudra consacrer une attention particulière à la pédagogie en faisant des chantiers avec l’enseignement supérieur pour la réalisation de manuels et ceci par filière. Pour cela et pour être performant, il y a nécessité de mise en place des «comités pédagogiques» par grandes filières (CPN) entre l’éducation et l’enseignement supérieur et la formation professionnelle en démarrant avec six filières : mathématiques, physique, chimie, sciences naturelles, lettres, langues.

Il est nécessaire de coordonner aussi l’achat d’équipements pédagogiques pour n’acheter de l’étranger que ce que l’on ne peut pas produire dans le pays. Il nous faut aussi donner une durée au livre. On ne peut pas continuer à faire le tirage de 60 millions de manuels dont la présentation n’attire pas l’enfant. La durée de vie devrait être d’au moins 4 ans en mettant en œuvre une politique de récupération à la fin de chaque année avec l’absolue «nécessité par ailleurs de mettre tous les cours sur internet». C’est là où le ministère des Télécommunications serait utile et non pas en flattant les pulsions par la 3G, la 4G, alors que les communications sont gratuites (viber). Barack Obama en parlant de l’internet pense que c’est comme l’oxygène : «A l’ère où vous pouvez postuler à un job, suivre un cours, payer vos factures, commander une pizza, l’internet n’est pas un luxe, c’est une nécessité.» Il pense naturellement à l’internet de la créativité intellectuelle pas à celui du bavardage comme nous le martèle les opérateurs téléphoniques en ne disant pas au citoyen qu’une recharge de 1 000 DA, ce sont 150 m3 d’eau bradés à 6 DA pour un coup de revient de dix fois plus. important.

En fait, le problème des filières scientifiques c’est qu’elles sont engluées dans un magma d’une douzaine de matières. Si l’on veut véritablement propulser l’Algérie dans la modernité sans rien perdre de ses repères, «il paraît utile que la réforme se fasse en privilégiant les disciplines scientifiques». Cela ne veut pas dire naturellement qu’il faille négliger les disciplines littéraires ou autres, mais celles-ci, bien enseignées, ne nécessitent pas des horaires importants d’autant plus que ce qui est important pour nos jeunes, c’est la structuration mentale qui, quoi qu’on puisse en penser, est fondamentale, acquise par le raisonnement mathématique.

De ce fait il est de la plus haute importance de recentrer l’éducation puis l’enseignement en donnant la priorité aux mathématiques dès le primaire. Comment passer de la proportion actuelle autour de 25% (horaire actuel) à un niveau de 40% pour le primaire et le moyen et 50% pour le secondaire avec au moins 60% pour le baccalauréat mathématiques.

5- Pour un diplôme de fin d’études secondaires qui remplace le bac

En Algérie, pour cette année, plus de 800 000 candidats ont passé le baccalauréat. Par comparaison nous avons plus de candidats que la France. Le bac 2015 en France compte 684 734 candidats. Faut-il continuer à mobiliser un pays pour un diplôme qui, à l’échelle internationale, ne donne pas accès à l’université ? Aura-t-on, dans le futur les moyens de le faire ? Est-il nécessaire de le faire en dehors de la dimension symbolique ? On ne sait pas où cela va mener ; à cette cadence d’inscriptions nous aurons 1 million de candidats au bac, les 2 millions d’étudiants bien avant 2020. Un pays comme l’Iran ou la France ont environ 2,5 millions d’étudiants. C’est une évidence : l’Etat ne pourra pas prendre en charge tous les étudiants uniquement à l’université. «L’Algérie a plus besoin de métiers de niveau 5 (technicien et technicien supérieur) que de niveau 6 (ingénieur, médecin…).

Dans la grande majorité des pays, il existe un diplôme de fin d’études secondaires, l’entrée à l’université se fait sur concours en fonction des possibilités d’accueil. Le diplôme de fin d’études secondaires (DFES) qui remplacerait le bac ne fait que consacrer la situation actuelle d’entrée par concours en utilisant comme critère les notes du bac. Le DFES serait en quelque sorte l’équivalent du bac blanc qui serait organisé par chaque lycée. Il y aurait une réelle émulation pour les lycées dans l’accès à l’université pour les filières demandées.

Ce sera une condition nécessaire mais pas suffisante… La mise en place de cette nouvelle vision du bac transformé en DFES pourrait être annoncée pour être appliquée aux nouvelles cohortes qui rentrent dans le secondaire en septembre 2019. Ajoutons que ce sont des centaines de milliards qui seront économisés en plus de toute la mobilisation stressante qui sera évitée.

6- Que doit faire l’université ?

Partout dans le monde, l’université traditionnelle, «l’université de papa», a vécu. «L’université du nouveau siècle est une entreprise du savoir où seuls les plus compétents, quelles que soient leurs origines réussiront et seront rétribués à la juste mesure de leurs efforts.» Un Etat-stratège doit «donner leur chance à toutes et à tous», mais il est évident que chacun s’arrêtera là où ses capacités peuvent le faire aboutir.

Aucun pays au monde ne peut avancer technologiquement s’il ne forme pas d’ingénieurs et de techniciens. L’Algérie a autant besoin d’ouvriers, de techniciens, de maçons, de plombiers que d’ingénieurs ou de médecins. Des passerelles rigoureuses doivent être mises en place pour évoluer ; un technicien peut devenir ingénieur s’il en a les aptitudes. L’université devrait mettre en place l’université virtuelle : l’université de tous les savoirs, les Mooc qui sont des cours en ligne, avec des dispositifs interactifs, dont l’auditoire est théoriquement illimité.

Quel type d’université nous voulons en termes d’apport réel à la société en termes d’éducation ? Quels sont les métiers porteurs ? Combien et dans quelle spécialité ? Comment mettre en œuvre la e-administration, les métiers du développement humain durable, la médecine 2.0, les nanotechnologies la robotique, l’histoire ? Comment enseigner la géographie avec le concours des TIC ? Bien que l’industrie ne soit toujours pas à même de formuler sa demande en termes de formation, les défis sont multiples qu’il s’agisse des effectifs, des programmes ou des nouveaux métiers.

Pour cela les programmes des écoles du moyen et des lycées en amont devraient poser les prémices de ces métiers. A titre d’exemple, dans le domaine du développement humain durable, c’est à l’école que l’on formera l’éco-citoyen de demain. En terminale, la compétence acquise dans ce diplôme de fin d’études secondaires (DFES qui remplacerait le bac) serait le préalable aux formations au développement humain durable.

Quels sont justement les métiers nouveaux de l’Algérie à 2030 ? Dans le domaine du droit, nous devons sortir de notre coquille, enseigner le droit international, le droit des pays avec qui nous avons des relations commerciales, historiques culturelles. Il  nous faut réhabiliter les métiers d’ingénieurs des mines de la prospection géologique. Comment allons nous former des spécialistes de l’agriculture avec et sans OGM ?

Comment se préparer à l’exploitation des gaz de schiste ? Il est dit dans un hadith qu’il faut aller chercher le savoir même en Chine. Dans cet ordre, demandons à la Chine, dans le cadre de l’amitié, de nous aider à mettre en place une université technologique où on enseignerait en chinois et en anglais les métiers du futur qui seront ceux de  2030.

Comment lutter contre la pénurie d’énergie ? Comment protéger nos ressources ou ce qu’il en reste ? Comment lutter contre la pénurie de l’eau ? Comment construire des habitations souterraines pour prévenir les canicules des 35° en moyenne 200 jours par an tel que nous le promet la science ? Voilà ce qui nous attend si nous ne prenons pas nos précautions. «Oua khoudhou hadrakoum», est-il écrit dans le Coran. Nous donnons l’impression de nous être installés dans la fatalité et les invocations pour conjurer la sécheresse, qui plongent dans le panthéon berbère d’il y a plus de 2 000 ans, notamment la version moderne de type «boughandja» et autres, n’auront de poids que si tout ce qui devait être humainement fait l’a été effectivement, laissant en dernier ressort à la volonté divine le soin de disposer.

Nous devons aussi mettre de l’ordre, ceci dans les formations d’institutions privés qui promettent pour qu’elles s’insèrent dans le tissu de demande de formation du pays. Il y a matière à intégrer les établissements sérieux dans la trame du système éducatif, ils pourraient constituer des partenaires. A titre d’exemple l’enseignement privé en France, c’est 2,5 millions d’élèves et d’étudiants sur un total de 12 millions. L’Etat français contribue financièrement dans le cadre d’un cahier des charges rigoureux à leur formation.

7- Les lycées d’excellence

Les mathématiques, les sciences devraient avoir plus de la moitié (60%) dans les bacs scientifiques et au moins 40% dans les autres disciplines. Aller vers les langues du futur sur les 20 prochaines années quatre langues seront dominantes, l’anglais, le chinois, l’allemand et le russe. Nous devons aller même d’une façon progressive vers l’anglais scientifique sans pour autant diminuer le français mais les disciplines gagneraient à être enseignées en anglais.

Il faut penser à mettre dès à présent un lycée d’élite par wilaya pour arriver à une moyenne de 100 000 candidats de top niveau, c’est-à-dire pour cela les enseignants doivent détecter les petits génies dès la sixième et graduellement les encourager en mettant à leur disposition un lycée spécifique avec toutes les commodités, une bourse confortable et surtout en leur affectant les meilleurs enseignants. Cela ne peut se faire que si on est convaincu que c’est une cause nationale qui doit mobiliser tout le  système éducatif, notamment le supérieur par grande discipline (CPN) mathématiques, physique-chimie, informatique, sciences du vivant, sciences naturelles.

Favoriser le vivre-ensemble avec les échanges interwilayas, inter-lycées, inter- universités, il est nécessaire de spécialiser les universités pour éviter la consanguinité régionale synonyme d’effritement identitaire, faire ce que fait le service national et ce que devrait faire le ministre de la jeunesse responsable de 75% de la population, ce ministère ne doit pas être celui d’une équipe nationale offshore qui est le plus mauvais exemple pour la jeunesse. Le ministère de la Jeunesse et des Sports doit avoir une relation privilégiée avec le système éducatif, c’est de là que sortira l’élite olympique, la majorité des athlètes américains des JO sont des universitaires.

8- L’éthique à réhabiliter

Le système éducatif est gangrené par la corruption. En plus de ces chasseurs de primes, il y a le plagiat, il a la triche au bac. La corruption est encore plus grave, puisqu’il s’agit de former l’élite de demain. De ce fait, rien ne peut se faire sans éthique qu’il faut réhabiliter en séparant le bon grain de l’ivraie, les besogneux des tricheurs, coupables doublement de compromettre l’avenir des générations futures. Une charte de l’éthique bien expliquée aux acteurs de la communauté du système éducatif (enseignants, administratifs, élèves étudiants) emportera l’adhésion du plus grand nombre.

Les chefs d’établissement doivent s’interdire d’interférer dans le pédagogique et résister à la tentation du score, du chiffre, de plaire. L’acte pédagogique ne concerne que les enseignants, ce sont eux qui doivent être consultés pour la bonne marche pédagogique, les chefs d’établissement ont un rôle important, celui de ramener la ressource et veiller au bon fonctionnement administratif.

La tutelle ne devrait pas passer par une courroie de transmission (l’administration) pour contacter les enseignants. Par grandes disciplines les comités pédagogiques nationaux (CPN) sont là pour veiller au fonctionnement harmonieux d’une matière et évaluer son état d’avancement. C’est à cette seule condition que l’acte pédagogique sera graduellement amélioré.

La promotion ne devrait plus se faire uniquement à l’ancienneté mais à la production scientifique. Il est important que les enseignants soient consultés, informés, et c’est à eux de s’organiser. Il est important alors de ce fait de mettre en place un programme de formation continue d’au moins 10 heures par mois par grandes disciplines pour réhabiliter le niveau dans un continuum par grandes disciplines les CPN pour les 3 sous systèmes.

9- Conclusion

La formation d’une élite demande du souffle, de l’endurance et une protection des plus hautes autorités pour protéger l’environnement de la future élite la future réelle richesse du pays. Une élite sélectionnée sur la base des mathématiques ne doit pas souffrir de retard. Il nous faut mettre en place dès à présent une vingtaine de lycées d’excellence. «Dans tous les cas, il est important de mettre en œuvre la compétition pour repérer les meilleurs.» Nous devons commencer dès l’école, au CEM, au lycée et à l’université.

Nous devons avec un consensus de la société pour militer pour une école tournée vers l’avenir, une école protégée des convulsions politiques et idéologiques. L’Ecole est le bien commun de chacun, nous devons veiller sur l’éducation de nos enfants. Je plaide pour une école ouverte, fascinée par l’avenir, avec une identité plurielle et assumée, sans faire de la langue arabe et de la religion un fonds de commerce.

Je plaide pour une école qui joue le rôle d’ascenseur social, qui donne la chance à tout le monde et qui ne laisse personne sur le bord de la route. Je plaide pour une Algérie du futur, fascinée par l’avenir. Il nous faut changer de paradigme. Ne pas miser sur la rente.

En son temps, la Révolution de Novembre fut  à la fois un miracle et une belle réussite. Comment faire émerger de nouveaux révolutionnaires capables d’impulser cette Révolution qui fait son Graal de l’économie de la connaissance ; un autre djihad aussi important qui permettra à l’Algérie de garder son rang dans un monde de plus en plus crisique où nous pourrons survivre que scientifiquement et qu’en comptant que sur nous même  en tant que créateurs de richesse, nous avons les compétences. Cela ne pourra se faire ,outre le consensus qu’avec le parler vrai. C’est à cette  seule condition que nous mobiliserons les Algériennes et  les Algériens qui se sentiront alors acteurs de leur destin donnant  ce faisant la pleine mesure de leurs talents.

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

Article de référence :

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2016/08/11/article.php? sid=200433&cid=41

 



Articles Par : Chems Eddine Chitour

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