Attaquer le Venezuela ? Trump ne peut être sérieux !

Il y a quelque chose de troublant à propos de la façon dont le président Trump s’est entouré de généraux. De son secrétaire de la Défense à son conseiller en sécurité nationale et jusqu’au secrétaire général de la Maison Blanche, Trump a choisi des officiers supérieurs de l’armée pour occuper des postes clés habituellement occupés par des civils. Il est entouré de généraux et menace de déclencher la guerre à tout bout de champ.

Le président Trump a débuté la semaine dernière en menaçant de déclencher «le feu et la fureur» sur la Corée du Nord. Il a poursuivi dans le cours de la semaine avec de fausses affirmations selon lesquelles l’Iran violerait les termes de l’accord nucléaire. Il a terminé la semaine en menaçant le Venezuela d’une attaque militaire américaine.

Il a déclaré vendredi aux journalistes: « Nous avons plusieurs options pour le Venezuela, y compris une éventuelle option militaire si nécessaire. … Nous avons des troupes partout dans le monde dans des endroits très, très éloignés. Le Venezuela n’est pas très loin et la population souffre, et les gens sont en train de mourir. «

Le ministre de la Défense du Venezuela a qualifié la menace de Trump d’«acte de folie».

Encore plus inquiétant, lorsque le président vénézuélien Nicolas Maduro a tenté d’appeler le président Trump pour des éclaircissements, son appel a été refusé. La Maison Blanche a déclaré que les discussions avec le président vénézuélien ne pourraient avoir lieu qu’une fois la démocratie restaurée dans le pays. Est-ce que cela signifie que le président Trump s’apprête à dire que Maduro n’est plus légitime comme président du Venezuela? Trump est-il en train de copier une partie de la politique ratée de Obama de changement de régime en Syrie et déclarer que « Maduro doit partir »?

Les troubles actuels au Venezuela sont liés aux déficiences de l’économie planifiée et centralisée de ce pays. Le 20ème siècle nous a montré très clairement que le contrôle de l’État sur une économie conduit à une mauvaise gestion, de mauvais investissements, des pénuries massives et enfin un effondrement économique. C’est pourquoi ceux d’entre nous qui défendons l’économie libre de marché alertons sans relâche sur le fait que l’intervention du gouvernement américain dans notre propre économie nous conduit vers une crise financière similaire.

Mais il existe un autre facteur dans les troubles du Venezuela. Pendant de nombreuses années, le gouvernement américain, par l’intermédiaire de la CIA, de la Fondation nationale pour la démocratie et des ONG financées par le gouvernement américain, a essayé de renverser le gouvernement vénézuélien. Ils y ont presque réussi en 2002, quand le président Hugo Chavez avait été brièvement destitué. Washington a dépensé des millions pour manipuler les élections du Venezuela et inverser les résultats. La politique des États-Unis consiste à créer des troubles et à utiliser cette agitation comme prétexte pour une intervention américaine.

Les officiers de l’armée jouent un rôle important dans la défense des États-Unis. Leur travail consiste à se battre et à gagner des guerres. Mais la Maison Blanche devient la maison de la guerre et le président semble voir la guerre comme une première solution plutôt que comme un dernier recours. Ses menaces d’action militaire contre un Venezuela qui ne menace ni ne peut menacer les États-Unis témoignent d’un affreux manque de jugement.

Le Congrès devrait prendre au sérieux les menaces du président Trump. Dans les années 1980, quand le président Reagan avait décidé de renverser le gouvernement nicaraguayen en utilisant une armée de mercenaires, le Congrès a adopté une série d’amendements, du nom de leur auteur Edward Boland (D-MA), pour interdire au président l’utilisation des fonds qu’il s’était appropriés à cet effet. Le congrès devrait préciser de manière similaire que, en l’absence d’une attaque vénézuélienne contre les États-Unis, le président Trump commettrait un grave crime en ignorant la Constitution s’il devait exécuter ses menaces. On pourrait peut-être l’appeler « We’re Not The World’s Policeman » act.

Ron Paul

 

Source de l’article original en anglais : Attack Venezuela? Trump Can’t be Serious!, ronpaulinstitute.org, 14 août 2017.

Traduction : AvicRéseau International



Articles Par : Rep. Ron Paul

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