Attaques terroristes à Paris : la tragédie peut-elle apporter un changement ?

Le chaos se propage depuis le Moyen Orient à l’Europe. Un courant continu de réfugiés et de migrants dont l’origine est impossible à identifier afflue par les Balkans en direction des terres promises que sont l’Allemagne ou la Suède. Des bagarres éclatent à l’intérieur des camps de réfugiés entre les différents groupes. L’impatience et la colère montent aussi bien chez les migrants qui tentent en vain d’entrer en Grande Bretagne que chez les habitants de Calais exaspérés par la situation. Pour les dirigeants des Etats, dont la vision d’une intégration harmonieuse européenne est bien ancrée et qui ont embrassé et plaidé pour les idéaux de frontières ouvertes et de multiculturalisme, le réveil est douloureux et il révèle l’incapacité à faire face à la situation. C’est maintenant au tour de Paris de subir un type d’attaques qu’on avait plus l’habitude de voir à Beyrouth ou en Russie.

Comme le souligne Chris Floyd, oui l’Occident connait un retour de bâton pour son soutien à la violence extrémiste. Mais ce n’est pas le moment de dire aux victimes qu’elles sont à blâmer, particulièrement lorsqu’on sait que les cibles principales étaient des personnes jeunes qui prenaient du bon temps un vendredi soir, trop jeunes pour endosser la responsabilité de politiques occidentales désastreuses et qui ont eu pour conséquence de semer la folie au Moyen Orient depuis plusieurs décennies.

L’assassinat en janvier dernier des membres du journal Charlie Hebdo avait entrainé le slogan « Nous sommes tous Charlie ». Ce slogan est malheureusement devenu réalité : oui, nous sommes tous Charlie désormais. N’importe lequel d’entre nous qui profite d’un repas pas cher dans un modeste restaurant cambodgien dans le non moins modeste 10ème arrondissement de Paris, peut être abattu de sang froid, comme cela. Les assassins n’ont pas cherché des symboles du pouvoir, ils en avaient après tout le monde. Le carnage a été commis dans un quartier sans attraction touristique, seulement des terrasses de cafés ordinaires reconnus comme populaires par les jeunes Parisiens. Ils ont été choisis par des personnes qui connaissaient le terrain. La question majeure est : et après ? Est ce que cette peur va amener les gens à prendre conscience de la réalité et à penser de manière lucide ?

Le Président François Hollande est rapidement intervenu à la télévision évidemment bouleversé, faisant de son mieux pour être à la hauteur de la situation. Mais il est passé à côté. En insistant sur le fait que ‘’nous étions désormais en guerre’’, le Président Hollande semble prendre la même voie que la réaction Américaine post 11 Septembre. Mais en guerre contre qui exactement ? La France a été un des plus fervent partisan de la ligne « anti Assad ». La France doit-elle changer de guerres ? Est-ce que cela devrait ou pourrait changer la politique étrangère ?

Le Président Obama est apparu à la télévision pour déclarer sa solidarité alors que les attaques étaient encore en cours. Ces déclarations ont bien-sûr été reprises par les médias qui souhaitent profiter de ces attaques pour affirmer et renforcer l’actuelle domination américaine sur la politique étrangère française. Les condoléances israéliennes ont rapidement été utilisées par les analystes habituels pour insister sur le fait qu’Israël nous comprend et nous soutient, car Israël est une victime perpétuelle de ces attaques terroristes, notamment ces derniers jours avec les « attaques au couteau ».

Non, les attaques par des Palestiniens désespérés n’ont rien à voir avec les assassinats gratuits de Paris. L’argument est bien connu : à cause du 11 Septembre, et maintenant à cause du 13 Novembre, nous sommes dans le même bateau qu’Israël, combattant un ennemi commun. Mais qui est cet ennemi, après tout ? L’ennemi d’Israël est le Hezbollah, qui vient de subir une attaque dévastatrice à Beyrouth menée par ceux-là même qui ont massacré des Parisiens. L’ennemi d’israël, c’est l’Iran qui combat Daech. Dans tout ça, qui sont nos ennemis et qui sont nos alliés ?

De plus en plus de voix n’hésitent plus à le dire : les médias français sont complètement à la solde du sionisme. L’influence israélienne sur les médias est probablement plus forte en France que partout ailleurs – peut-être même plus qu’en Israël, où il existe un journal critique, Haaretz, qui ose dire des choses qu’aucun journal français n’oserait dire.

Aucun analyste médiatique n’a fait remarquer que les attaques survenus à Paris ressemblaient d’avantage aux attaques que la Russie a pu vivre. Où était leur sympathie pour les victimes du crash de la Singapore Airlines ? Ou pour les enfants assassinés à Beslan en 2006 ? A Moscou, de nombreux Russes ont déposé des fleurs à l’Ambassade de France en guise de solidarité, mais cela n’a pas été rapporté par les médias français.

Les médias s’en tiennent uniquement à leur version du grand méchant Poutine et du grand méchant Assad. Ils ne sont pas disposés à changer de voie et à admettre qu’ils faisaient fausse route. Mais les faits sont là et il nous faut accepter la réalité.

La question majeure est : comment va réagir la France ? Aux Etats-Unis, on a rapidement annoncé que les responsables français allaient réagir de manière aussi hystérique et belliqueuse que leurs homologues Américains après le 11 Septembre, profitant de ces terribles évènements pour raboter les libertés individuelles et se lancer dans de nouvelles guerres hors de ses frontières. Il y a néanmoins de bonnes raisons de penser que des esprits plus tempérés sauront faire entendre leur voix. La réaction émotive face au destin tragique des victimes n’est pas différente. Mais l’émotion ne doit pas empêcher les gens de faire preuve de lucidité, même si c’est souvent le cas. On peut être en deuil tout en faisant preuve de raison.

Les réactions seront de deux ordres ; sur le plan intérieur et sur le plan de la politique étrangère, les deux étant évidemment liées.

Les réactions en France

La première réaction officielle, celle de François Hollande déclarant que « nous sommes en guerre », suivie de l’ordre donné aux soldats de patrouiller dans les rues de Paris, n’est pas particulièrement prometteuse. De toute évidence, la présence de soldats dans les rues sert principalement à rassurer la population (même si tout le monde ne se sent pas sécurisé par la présence de toutes ces armes à feu), mais ils ne peuvent ni empêcher les attentats-suicides ni aller au fond du problème. Il est probable que quiconque ayant le malheur de « ressembler » à l’image que la police se fait d’un terroriste se fera arrêter dans la rue ou une gare et verra son identité contrôlée. Cela peut être désagréable mais pas tragique si cela s’arrête là.

On réclame à l’heure actuelle un assouplissement des restrictions sévères concernant l’utilisation des armes à feu par les policiers, ce qui peut empirer un peu plus la situation. Contrairement aux États-Unis, en France, il est juridiquement impossible qu’un meurtre commis par un policier reste impuni, et on peut espérer fervemment que cela demeure toujours le cas. Au sein de la population, on pourrait prédire que l’hostilité anti-musulmans ou même anti-arabes prenne la forme d’attaques dirigées contre des mosquées ou même contre des individus. Mais l’appréhension de cette réaction, et les mesures visant à la prévenir, sont encore plus générales. Contrairement à ce que veulent souvent nous faire croire les reportages diffusés par les médias américains, les individus d’origine arabe ou de confession musulmane ne sont pas tous enfermés dans de misérables ghettos de banlieue. Ils font partie de la société française, et comptaient parmi les victimes des assassinats du 13 novembre. Malgré toutes leurs erreurs, les médias français joindront leurs efforts à ceux des écoles françaises afin d’empêcher une dangereuse montée de l’islamophobie. Il est évident que des mauvais traitements envers les musulmans constitueraient le plus beau des cadeaux aux extrémistes. En pratique, les enquêteurs français auront besoin de l’aide des musulmans loyaux afin de contrecarrer les attaques terroristes.

Cette dernière tâche est d’une nécessité absolue. Il faut tenter de comprendre ce qui se cache derrière ce phénomène (ce qui ne veut pas dire lui trouver des excuses). Il est une certaine tendance gauchiste consistant à sympathiser avec tous les mouvements de rébellion possibles et imaginables sans se soucier de leurs motivations ou leurs conséquences, de les considérer comme une réaction justifiée face à l’oppression. Cette présomption, qui relève des sentiments et est dénuée de tout fondement, se démode progressivement.

Même si les terroristes qui ont attaqué Paris étaient aussi opprimés qu’on le prétend (ce qui est discutable), il existe beaucoup d’autres façons de réagir lorsqu’on se trouve en situation d’infériorité sociale que de commettre des massacres à l’aveugle et systématiques. Les afro-américains peuvent en témoigner, l’oppression qu’ils ont subie a été, sans comparaison possible, pire que la discrimination (illégale) dont souffrent les musulmans français. Le chômage, qui est surtout une conséquence des politiques économiques imposées par l’Union Européenne, touche toute la jeunesse, en particulier les personnes peu instruites et sans aucun réseau de relations. Le manque de perspectives d’avenir professionnelles décentes entraîne inévitablement une hausse de la petite délinquance, et beaucoup parmi ceux devenus des extrémistes islamiques se sont convertis en prison. Ce sont des maux sociaux que l’on doit aborder en rétablissant de façon radicale les mesures sociales qui sont systématiquement en train d’être supprimées par le gouvernement « socialiste » en place.

N’empêche qu’une comparaison (de la situation actuelle) avec beaucoup d’autres périodes difficiles démontrerait que les éruptions de violence fanatique islamiste ne peuvent pas être uniquement imputées à des facteurs économiques. L’origine fondamentale de la rage meurtrière que l’on a pu voir ce 13 novembre est à chercher au Moyen Orient. Les membres de Daech, ou de l’État islamique, ou peu importe le nom qu’on lui donne, sont des figures phares pour des jeunes hommes dont la plupart avait déjà basculé dans les activités criminelles, et ayant besoin d’une raison de vivre et de canaliser leurs sentiments. Cette raison est fournie par des images sur lesquelles figurent des individus auxquels ils peuvent s’identifier : des palestiniens à Gaza, des familles décimées par des bombes américaines lors de fêtes de mariage, des nations entières humiliées par des occidentaux arrogants. Il y a quelque chose de grandiose dans le fait de rejoindre le djihad contre « les croisés de l’Occident » afin de mettre en place un nouveau « califat », ce qui attire le meilleur comme le pire chez certaines personnes impressionnables.

Ceux qui ont été stigmatisés comme des criminels et ont purgé des peines de prison peuvent se sentir rachetés par l’illusion d’attribuer leur sort à quelque vertu transcendante. Confrontée aux promesses de paradis d’Allah, la société occidentale contemporaine n’est attrayante que sur la base de son auto-représentation commerciale plutôt que sur sa réalité, telle que vécue par des exclus qui y préfèrent y voir un cloaque du péché. L’idéologie de ces djihadistes relève de la névrose sociale engendrée par le libéralisme mais, faute de la moindre conscience politique, s’exprime dans un puritanisme fanatique : ils peuvent froidement assassiner les jeunes sur les terrasses des cafés ou dans un théâtre au prétexte d’éradication du péché contre « Allah le tout-puissant ». Cette illusion est loin de se limiter aux marges de la société française. La France, avec sa tradition de laïcité et de lumières, devrait être parfaitement armée pour combattre en son sein cette perversion délirante de la raison et de l’argumentation. Au lieu de cela, la tendance récente a été, là comme ailleurs, de singer l’usage américain de « on ne pas discute pas sur la religion », pas même dans la salle de classe lorsque les élèves musulmans rejettent la théorie de l’évolution comme contraire au Coran. Certes, la France est connue pour ses efforts visant à restreindre certaines coutumes musulmanes, mais elle épargne l’aliénation idéologique sous-jacente. L’idéal du multiculturalisme est devenu l’ennemi de la raison. On oublie simplement que contester les idées d’un individu n’est pas une attaque personnelle. Le relativisme intellectuel, tout en prétendant favoriser l’amour fraternel, ouvre surtout la porte au fanatisme. Récuser par principe que certaines choses sont partageables, par tous, comme vraies et certaines choses comme fausses, et la notion postmoderne que chaque individu a « sa propre vérité », induit qu’en fin de compte ça n’est pas la raison, mais la force qui prévaut.

Mais encore une fois, la source de l’idéologie meurtrière derrière les attaques terroristes a sa source au Moyen-Orient et dans les évolutions dramatiques qui ont secoué cette région du monde depuis des décennies.

La réaction internationale

Les suites de la réaction de la France au 13 Novembre en termes de politique étrangère sont contradictoires. Malgré le spectacle très fugace de « l’unité nationale » et de l’hymne patriotique entonné au « congrès » ou dans les stades, de profondes fractures d’intérêt fissurent déjà le bel unanimisme de l’élite politique, plus vite encore que pour « l’esprit du 11 janvier ».

Le Président Hollande est un excellent exemple du leadership européen actuel, qui a depuis longtemps abandonné tout effort de réflexion stratégique réaliste, empêtré dans ses angoisses budgétaires et l’obsession de la « construction Européenne », d’où est supposé venir le « salut ». Les questions internationales ont été abandonnées au « parrain » américain (Rappelez-vous le jour J !). Les États-Unis, censés d’autant mieux nous sauver de tout ce chaos qu’ils l’ont eux-mêmes créé.

Il est temps maintenant de se réveiller. La situation est compliquée, mais pas du tout impossible à comprendre, même si à première vue elle n’a aucun sens. Le chaos s’est initialement déclenché en deux endroits : la conquête israélienne de la Palestine, et la manipulation américaine de fanatiques islamiques en Afghanistan pour combattre l’ennemi héréditaire : l’Union soviétique.

Parallèlement, afin de lutter contre le nationalisme arabe, considéré comme son principal ennemi régional, Israël était prêt à accueillir la croissance de l’islam politique comme un bon moyen de saper le pan-arabisme laïcisant, le nasserisme, les États baasistes de l’Irak et la Syrie et la modernisation kadhafiste en Libye. C’est pourquoi les États-Unis ont entrepris la destruction méthodique de ces États, en exploitant des prétextes « humanitaires ». Une politique impérialiste promue par les milieux chrétiens fondamentalistes et les inconditionnels d’Israël aux États-Unis, qui l’ont imposée par médias interposés en vendant l’idée que les ennemis d’Israël étaient les ennemis des Etats-Unis. La responsabilité d’Israël dans ces désastres est une évidence désormais mondialement acquise sauf naturellement aux États-Unis. L’exploitation inavouable au profit des objectifs des États-Unis et d’Israël, des tendances extrémistes latentes a été encouragée par des succès initiaux, et du fait de sa croissance spectaculaire, elle en est arrivée à représenter, aux yeux de beaucoup, la manière la plus efficace de rejeter la domination occidentale. Pour aggraver les choses, l’Arabie saoudite a rejoint la mêlée, en utilisant ses vaste surplus monétaires pour construire des mosquées et répandre ses idées wahhabites des Balkans au Nigeria. Ce financement saoudien des fanatiques sunnites a pour but, en menant une guerre de religion contre l’Islam chiite, d’éradiquer la menace de son rival, l’Iran. Depuis qu’Israël voit aussi l’Iran comme un ennemi régional majeur, l’Arabie saoudite et Israël sont devenus de facto des alliés régionaux, dans une sorte de « triple alliance » opportuniste avec États-Unis.

De son coté, la France s’est progressivement liée à Israël par un syndrome de « mauvaise conscience » encouragé et promu par les médias, les personnalités et les politiciens sous l’influence d’organisations comme le CRIF (Conseil représentatif des organisations juives de France). Par ailleurs, elle s’est placée sous la dépendance de l’Arabie Saoudite non seulement par ses approvisionnements énergétiques, mais plus encore par le débouché saoudien pour le matériel militaire français.

Pour faire de cette longue histoire un court résumé, cette construction perverse et mortifère d’alliances contradictoires et contre-nature a conduit à une situation où « l’Occident », autrement dit les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, sont « en guerre » contre les deux adversaires du conflit en Syrie. Ils font mine de bombarder les fanatiques islamiques qui affirment leur intention de détruire l’Etat syrien mais proclament qu’avant tout « Assad doit partir ». Ce qui suppose que si Assad « s’en va », la Syrie serait toujours là. Mais les « faits têtus » et reconnus de tous ( sauf de nos démocrates occidentaux) attestent du fait que la seule réalité de l’État syrien, c’est Assad… qui en est avant tout le symbole et le seul élément unificateur, et dont l’armée (multiconfessionnelle) était seule à poursuivre la lutte contre les forces djihadistes constituées et soutenues par l’étranger depuis quatre ans, malgré de lourdes pertes. Une armée nationale arabe et un Président qui porte toujours ses fonctions gouvernementales. Assad commande le respect et l’adhésion de l’Armée et de la majorité des citoyens qui restent dans ce qui reste de ce pays assiégé. La guerre en Syrie est tout simplement la dernière en date d’une série de guerres consistant à éliminer les ennemis d’Israël et de l’Arabie Saoudite, grâce au soutien américain .. Appeler Assad à « s’en aller » signifie appeler la Syrie à partir en morceaux.

Et qui va ramasser les morceaux ? Trois voisins hostiles du pays, bien sûr : la Turquie prendrait le Nord, Israël prendrait le plateau du Golan (de façon permanente) et peut-être plus, tandis que les fanatiques clients de l’Arabie Saoudite seraient tentés de mettre la main sur ce qui reste, et que la même stratégie « gagnante » se poursuivrait au Yémen, etc.

Dans ce délire chaotique, seule la Russie a agit clairement, rationnellement et efficacement. Elle est intervenue, légalement, à la demande du gouvernement syrien, pour tenter de sauver un état constitué et emblématique de la conscience arabe, et de bloquer l’expansion des fanatiques islamiques, qui sont une menace que la Russie elle-même connaît bien pour l’avoir durement éprouvée. Les dirigeants américains et israéliens se sont précipités pour couvrir la France de leur « solidarité », en réalité destinée à prévenir le risque que « sous le choc », la France ne découvre enfin qu’il lui faut urgemment se défaire de l’étreinte mortelle qu’a provoqué cette alliance destructrice. Parfois, une catastrophe peut signaler un tournant dans le désastre.

Alors que faire ? La France est déjà en guerre en Syrie, mais quelle guerre ? Le président Hollande désormais sous l’injonction comminatoire « d’unité nationale », n’a plus d’autre choix que de se rendre aux appels de l’ancien président Nicolas Sarkozy, que son statut d’opposant autorise à préconiser un radical changement d’alliance : avec la Russie contre Daech. « Il ne peut y avoir deux coalitions en Syrie », ont dit Marine Le Pen et Sarkozy qui ont « été à Moscou » et ont de longue date appelé à de meilleures relations avec Vladimir Poutine. Qu’est-ce que ce nouveau « tournant » peut signifier pour les relations avec l’OTAN et les États-Unis, si délicates en ce moment. Car, l’Union européenne est également ébranlée par la propagation du chaos engendré par sa propre logique atlantiste au Moyen-Orient. Les attaques terroristes de Paris vont certainement refroidir l’enthousiasme de façade, initialement affiché pour accueillir en masses et dans toute leur confuse « diversité » les migrants du Moyen-Orient. Une manière « démocratique et humanitaire » d’assumer les déplacements de population comme conséquence logique de la stratégie du chaos promue dans les pays d’origine ce ces réfugiés, supposément politiques. Mais désormais, comme la Hongrie et l’Autriche, la France a maintenant fermé ses frontières. Schengen (accord de l’UE sur les frontières) est « kaput ».

« Que faire alors des réfugiés ? » devient une question angoissante … sans aucune bonne réponse. La gauche française, dans sa forme actuelle (dite « de gouvernement »), est manifestement sur son lit de mort. Victime agonisante, par sa propre faute, de sa dépendance trop doctrinaire de l’UE et de l’euro, de trop de trahison de la classe ouvrière, de trop d’influence pro-israélienne, de trop d’allégeance à Washington, de trop d’incantations creuses sur le « multiculturalisme » et le « sauvetage de la planète », de trop de censure du débat et de trop d’étouffement de toute controverse , de trop d’auto-satisfaction cyniquement aveugle et de trop d’illusions de classe dans ses stéréotypes vertueux. L’arrogance, l’aveuglement et la malhonnêteté de la gauche politicienne déplacent inéluctablement la France vers la droite. Mais attention : la droite française est encore très à gauche de la droite américaine, et même d’une grande partie de la gauche américaine dans de nombreux domaines essentiels. Les Américains soucieux de la paix mondiale devraient donc suspendre leur jugement d’un pays enfin sur le point de remettre en cause sa politique étrangère « made in USA ».

Diana Johnstone, depuis Paris.

Source originale en anglais : Terrorist Attacks in Paris: Can Tragedy Bring Change? Counterpunch, le 16 novembre 2015

Traduit par MB et SC pour Investig’Action et par Librairie Tropiques



Articles Par : Diana Johnstone

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