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Au Mali, l’anti-G8 des Africains
Par Dominic Johnson
Mondialisation.ca, 09 juin 2007
Il manifesto 9 juin 2007
Url de l'article:
https://www.mondialisation.ca/au-mali-l-anti-g8-des-africains/5930

Les « globalcritics » de Rostock ?  Oui, mais pas seulement eux. Tous ne savent pas en effet que dans la capitale malienne du coton, à Sikasso, se déroule un contre sommet analogue. « Nous rejetons un monde où les paysans ne peuvent pas vivre des fruits de leur propre travail », peut-on lire sur une banderole en face du  stade où se tient la conférence. Sur une autre : « Pour une distribution équitable des ressources ». Organisé par la militante malienne Aminata Touré, présidente de la coalition africaine « Dettes et développement », le « sommet des peuples » se propose d’accueillir les voix des marginaux.

C’est depuis 2002 qu’un contre-G8 a lieu chaque année au Mali. Sikasso, où a lieu la rencontre cette année,  est le centre de l’industrie du coton, qui fait les frais des subventions aux exportations de l’Europe et des Usa. Les paysans du coton n’arrivent pas à tenir face à la concurrence subventionnée et ils cherchent de plus en plus une issue dans la fuite vers les nouvelles mines d’or de la région, ou tentent d’émigrer en Europe. Les thèmes du sommet sont les suivants : dette extérieure, traités sur le libre échange, privatisations, aliments génétiquement modifiés, endettement des paysans,  production locale des aliments, accès à l’eau, conflits territoriaux et objectifs du progrès.

Un millier de militants provenant de tous les pays d’Afrique. Parmi eux beaucoup de paysans, qui se plaignent du fait que les populations locales  ne consomment pas les produits du pays et préfèrent  au contraire les importations étrangères.  Sur les bancs sont offerts des mangues du Mali, de l’huile comestible du Mali et même une version du Viagra du Mali.

« Nos paysans sont tués deux fois », dit le porte-parole du sommet Nouhou Keita, « nos produits ne sont pas vendus sur le marché international alors que les importations subventionnées arrivent sur nos marchés ».  Le sommet  porte aussi sur la mobilisation interne. A partir du Social Forum mondial de Nairobi en janvier – et auparavant celui de Bamako, au Mali en 2006, le premier qui s’est tenu en Afrique-  des campagnes et réseaux sont nés dans plusieurs pays africain, et constituent des  forums sociaux nationaux.

Demain (10 juin 2007) le sommet devrait se conclure avec des déclarations qui concernent de nombreux thèmes qui ont aussi été traités au G8 de Heiligendamm. Mais dans une perspective totalement différente.

© die tageszeitung (traduction de CatrinDingler)

Edition de samedi 9 juin 2007 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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