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Brèves notes sur Gaza et ses environs
Par Paola Caridi
Mondialisation.ca, 25 juin 2007
Lettera22 25 juin 2007
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Mercredi 20 juin 2007-06-23 Les lecteurs de Lettera22 ont été habitués, ces dernières années, à suivre les événements du Moyen-Orient à travers mes articles. D’abord depuis Le Caire, ensuite de Jérusalem. En cet étrange,difficile, quarantième anniversaire de l’occupation de la Palestine, je n’ai pas écrit. Le hasard a voulu que je sois en vacances (pas très loin, en Egypte), après des années passées à beaucoup travailler, tous les jours, sans souffler un instant. La décision de ne pas retourner à Jérusalem, mais de continuer ma « vacance », n’a par contre pas été fortuite, mais le fruit de ma volonté. Parce que, comme dit un proche,  l’histoire commencée à Gaza peu de temps après l’anniversaire du 7 juin, et qui se poursuit à Ramallah avec la création d’un second gouvernement palestinien sera une longue histoire.  Comme ont été longues ces 40 années. Je préfère recharger les batteries, regarder cet énième chapitre de loin. Et réfléchir sur tout ce qui est arrivé ces jours ci, et a été écrit ces jours ci.

Beaucoup de choses, de ce qui s’est passé avant le contrôle total de Gaza par le Hamas, ont été omises par la presse (pas toute heureusement, parce que malgré tout les informations  continuent à se diffuser, par de nombreuses et tortueuses voies). On sait peu de choses  des armes qui ont été  données au Fatah ces derniers mois, du soutien américain à l’entraînement de la garde présidentielle de Mahmoud Abbas en fonction anti-Hamas. Peu de choses ont été  dites sur la façon dont les chancelleries et politiciens occidentaux ont travaillé contre la possibilité de ce gouvernement d’unité nationale palestinien, qui aurait redistribué les cartes du conflit israélo-palestinien de façon très profonde.

De ces jours-ci il ne restera  que le souvenir  du conflit fratricide à Gaza, du frère qui tue son frère. Maintenant, la vulgate dit qu’il y a une Palestine démocratique (la Cisjordanie) qui veut la paix, qui est plus éduquée, bourgeoise, laïque, pro-occidentale, et une Palestine barbue (Gaza), où sont concentrés les terroristes et les analphabètes. Ce n’est pas ça, et cette description manichéenne  ne servira qu’à créer un autre brasier dans un Moyen-Orient déjà surchauffé.

Je renvoie, donc, pour  une lecture moins facile, plus réelle, et plus pessimiste, au travail de qui était là bas pendant ces semaines là. Par exemple Charles Levinson, qui était justement à Gaza ces jours là. De son travail, on pourra lire des comptes-rendus, reportages et impressions sur son blog  http://conflictblotter.com/ .

L’histoire, donc, est plus compliquée que ce que rapporte la vulgate, de la bataille entre les laïcs du Fatah et les islamistes du Hamas. Et si on ne veut pas croire les journalistes, peut-être que quelque doute pourra être instillé par un homme bien connu dans les organisations internationales, un fonctionnaire de grande expérience comme Alvaro De Soto, qui a décidé, dans la plus grande surprise, de quitter sa charge d’envoyé de l’ONU pour le Moyen-Orient, comme par hasard juste quelques mois après le début de la gestion de Ban Ki Moon. Son rapport conclusif de 52 pages, qui devait rester confidentiel, est allé finir sur les pages du Guardian, journal britannique depuis toujours incisif sur la région. Pour qui voudrait donc en savoir plus, la toile met à disposition son rapport scannerisé. Et pour un autre regard sur Gaza, on pourra aller lire sur http://tabulagaza.blogspot.com site caustique et plein d’empathie, où on saura quelque chose de plus sur la géopolitique de cette crise (y compris le rôle de Dahlan) et, en même temps, connaître la souffrance des gaziotes.

Je retourne à ma « vacance ».  Aux lecteurs de Lettera22, une dernière recommandation. Le Moyen-Orient est compliqué. Ne vous contentez pas de lectures faciles, qui font du bien à nos catégories européennes commodes. La réalité dépasse la fantaisie des architectes au chevet des futures frontières.


Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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