Braquage à l’américaine: comment les États-Unis pillent les ressources de la Syrie

Les autorités américaines doivent immédiatement cesser l’exportation illégale de produits agricoles et de pétrole depuis le territoire syrien, a déclaré le porte-parole de la diplomatie chinoise Wang Wenbin.

Il a pointé le fait que les militaires américains avaient pris et occupé en Syrie des régions primordiales de cultures agricoles et de champs pétroliers.

Le diplomate chinois l’a qualifié de maraudage au niveau de l’État et a exigé non seulement de cesser de piller les ressources syriennes, mais également de compenser tout le préjudice infligé par les Américains à ce pays arabe.

Le porte-parole chinois a indiqué que les Américains contrôlaient les communications principales de la Syrie. Les Syriens sont indignés par les actions des militaires américains et disent que les Américains n’y sont pas venus pour combattre le terrorisme mais pour piller le pays.

Les propos sur le pillage de la Syrie par les Américains sont confirmés par de nombreuses sources, écrit la revue iranienne Resalat. Les statistiques officielles du ministère syrien du Pétrole confirment que jusqu’à 70.000 barils par jour sont exportés du pays par les Américains et les groupes qu’ils contrôlent.

Comme l’a noté la revue saoudienne Asharq Al-Awsat, la taille des réserves pétrolières de la Syrie restait longtemps confidentielle. En 2015, le département américain de la Défense estimait les revenus de l’État islamique (EI, organisation terroriste interdite en Russie) de la vente de pétrole syrien à 40 millions de dollars par mois. Deux ans plus tard, les troupes de l’EI ont été chassées de l’est de la Syrie, alors que les Forces démocratiques syriennes kurdes soutenues par Washington ont établi le contrôle sur les principaux gisements pétroliers du pays.

La production pétrolière en Syrie s’élevait à 406.000 barils par jour en 2008. En 2015, la production avait chuté jusqu’à 27.000 barils, et jusqu’à seulement 24.000 en 2018. Puis, en 2020, elle est répartie à la hausse pour atteindre 89.000 barils par jour, mais, comme l’a déclaré le ministre syrien du Pétrole et de Ressources minérales Bassam Tohmé, pratiquement tout le pétrole produit actuellement dans l’est de la Syrie est volé.

Le ministère russe de la Défense avait attiré plusieurs fois l’attention sur le pillage des ressources syriennes par les Américains. Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou, lors d’un entretien avec son homologue turc Hulusi Akar, a dit que depuis longtemps les militaires américains se trouvaient illégalement sur le territoire syrien et volaient les ressources minières du pays.

C’était également confirmé par l’ancien président américain Donald Trump: « Nous gardons le pétrole. Souvenez-vous en. Je l’ai toujours dit: gardez le pétrole. Et nous voulons garder le pétrole, 45 millions de dollars par mois. »

En 2020, la revue Politico a rapporté qu’une certaine compagnie américaine avait signé un contrat avec les autorités kurdes au nord-est de la Syrie sur l’exploitation et l’exportation de pétrole brut depuis la région dans le cadre d’un accord secret approuvé par le gouvernement américain. « Le ministre syrien des Affaires étrangères a qualifié cet accord d’illégal le qualifiant de vol du pétrole syrien », indique Politico.

Les États-Unis volent non seulement le pétrole, mais aussi les céréales syriennes. Avant le début du conflit, la Syrie était un pays agraire prospère et produisait jusqu’à 4 millions de tonnes de blé par an. Ces récoltes suffisaient non seulement pour satisfaire la demande intérieure, mais également pour les exportations, notamment en Union européenne. À présent, la Syrie manque de céréales et Damas est contraint d’en acheter à l’étranger.

L’armée américaine et les Forces démocratiques syriennes qui lui sont subordonnées ont occupé et retiennent des territoires à l’est de l’Euphrate avec un centre dans la province de Hassaké, qui est le plus grand producteur de blé dans le pays. Les céréales et le pétrole qui y sont produits sont expropriés par les Américains et leurs complices syriens pour être déplacés en Irak.

Si le blé et le pétrole à l’est de l’Euphrate étaient entièrement utilisés pour la demande intérieure, cela aurait nettement réduit les problèmes alimentaires et autres de la Syrie, alors que le niveau de vie de la population locale augmenterait.

Sur fond de préoccupation hypocrite des États-Unis par les céréales ukrainiennes, le pillage de la Syrie par les Américains paraît particulièrement cynique.

Alexandre Lemoine



Articles Par : Alexandre Lemoine

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