Ce que risque l’Algérie de la régression de l’économie européenne

Plusieurs pays européens ébranlés par une crise ardue

Le vieux continent est assis sur un volcan ! L’Europe est incontestablement au bout de son éclatement et la crise de la dette grecque a au moins ce mérite de démontrer à quel point les fondements de l’Union européenne sont factices. Rien ne va plus dans les rapports qu’entretiennent présentement les pays membres de l’UE.

Les dirigeants de ces pays, vraisemblablement loin de s’entendre sur une solution idoine quant à juguler le problème que pose la dette grecque s’annonçant tel un tsunami menaçant les principales placettes boursières européennes, se tirent à boulets rouges les uns les autres.

Un seul dénominateur commun semble ressortir des  propos des chefs d’Etat européens, celui attestant du déclassement de la sphère économique de beaucoup de pays du vieux continent désormais confrontée à une rude épreuve. Et pour cause, la situation interne de beaucoup de ces pays, tels l’Italie, l’Irlande, l’Espagne, la France et bien évidemment la Grèce, est peu loisible, voire fortement déplorable sur le plan social.

Les choses ne s’arrêtent pas à ce niveau, loin s’en faut. Les répercussions pouvant émaner de ce fléchissement draconien de l’environnement économique européen entraînant dans son sillage une dislocation quasi certaine du tissu sociale, eu égard à une activité économique assez réduite et une hausse jamais égalée du taux de chômage, vont certainement peser sur la balance des relations tissées entre l’UE et les pays de la rive sud de la Méditerranée.

L’Algérie est-elle concernée ?

«L’Algérie doit suivre de près l’évolution de la crise économique qui sévit en Europe», soutient l’économiste Mustapha Mekideche qui mettra en exergue d’entrée le fait que l’Union européenne est le premier partenaire de l’Algérie. «De par la proximité géopolitique, la crise économique qui sévit dans beaucoup de pays européens aura à se répercuter assurément sur les relations qu’entretiennent ces mêmes pays avec l’Algérie.»

«Des répercussions qui sont attendues sur le plan économique, plus particulièrement en matière d’échanges commerciaux», explique le même interlocuteur.

Les craintes que nourrit l’expert Mustapha Mekideche sont d’autant plus légitimes dans la mesure où les pays de l’Union européenne restent toujours les principaux partenaires de l’Algérie, avec 54,58% des importations et 57,84% des exportations, selon les statistiques répertoriées par le Centre national de l’informatique et des statistiques (Cnis) des Douanes algériennes pour le compte du 1er trimestre de l’année 2010.

Pour le compte de cette même période, le montant des exportations de l’Algérie à destination de ces mêmes pays a été de l’ordre de 7,9 milliards de dollars consacrant ainsi une augmentation de 23% comparativement avec la même période en 2009. Du coup et avec cette crise économique sévissant dans plusieurs capitale européennes, le volume des exportations de l’Algérie en direction de ces pays sera certainement revu à la baisse et par conséquent les rentrées d’argent que devra engranger le Trésor public de ces transactions ne seront que réduites.

Beaucoup sont en outre les pays européens qui importent le gaz algérien. L’Algérie exporte autrement dit quelque 63 milliards m3 de son gaz vers l’Europe. Là aussi, la dégradation de la situation économique dans beaucoup de pays d’Europe, notamment l’Espagne, un des grands importateurs de nos ressources gazières, risque, selon toujours l’expert Mekideche, d’affecter les exportations énergétiques de l’Algérie.

De plus, dans le cas où il y a envolée de l’euro pouvant survenir de cette crise économique battant son plein dans le continent européen, les importations de l’Algérie en provenance de l’Europe représentant un taux de 60% de la totalité de nos besoins acquis à l’étranger coûteront certainement plus cher, comme le confirme à juste titre M. Mouhoubi, un autre expert économique.
     
La communauté algérienne soumise à pression

Avec un taux de chômage de 20% recensé en Espagne, il ne fait aucun doute que les populations immigrées, notamment les Algériens évoluant dans ce pays; auront à affronter toutes les peines du monde avant de parvenir à dénicher un emploi plus ou moins stable.

En France où il y a concentration de la communauté algérienne, celle-ci n’est point épargnée, voire la première exposée à un durcissement des conditions d’existence face à un système social de plus en plus fragilisé et une flopée de critiques mettant à nu les défaillances du système de retraite hexagonal.

Dans cette optique, l’expert Mouhoubi cité plus haut se désole du fait que les Algériens à l’étranger, plus particulièrement en France, ont cessé depuis un bon  moment déjà d’opérer des transferts de devises vers l’Algérie.

Ce qui certifie, à juste titre, une régression des conditions de vie dans lesquelles évoluent les Algériens se trouvant en Hexagone, laquelle régression va s’accentuer davantage au fur et à mesure que s’amplifie la crise économique fortement ressentie dans la majorité des pays européens.



Articles Par : Karim Aoudia

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