Échange de prisonnier en Colombie

La position des FARC

Avant qu’URIBE ne mette brutalement un terme à la tentative d’échange humanitaire de prisonniers, les FARC avaient écrit à la Sénatrice chargée par  le Président colombien de mener la négociation de l’accord.

Elle s’était donc rendue aux Etats-Unis pour rencontrer les deux guérilleros des FARC – SIMON TRINIDAD et ANAYIBE ROJAS VALDERRAMA  (nom de guerre SONIA) * – qui y  sont détenus. Selon ce qu’elle avait déclaré, ces deux guérilleros avaient admis que leur cas pouvait  être un obstacle à un accord plus global.

Dans leur  lettre, les FARC confirment qu’elles n’abandonneront pas leurs deux camarades, mais il est certain que ces deux guérilleros constituent la contrepartie  voulue par Washington à la détention par les FARC de trois espions US (des contractants civils photographiant les zones de combat des FARC).

Il y avait  donc dans la coulisse de la médiation CHAVEZ  un acteur de poids qui n’a pas voulu que l’opération réussisse, car CHAVEZ en serait sorti grandi, et a donné l’ordre à URIBE d’arrêter le processus.

L’autre intérêt de cette lettre est de préciser les conditions techniques posées par les FARC pour l’organisation matérielle de la négociation et de l’échange de prisonniers, conditions élémentaires de sécurité pour les négociateurs comme pour les prisonniers. On peut formuler diverses hypothèses :

– les FARC n’ont pas d’aviation et, dussent certains officiels colombiens et certains prisonniers  y laisser la vie,  un mitraillage aérien du local de la négociation permettrait de tuer les  dirigeants et  les combattants des FARC qui s’y trouveraient

– des commandos colombiens donnent l’assaut au groupe des FARC accompagnant les prisonniers libérés vers le lieu de l’échange, réussissent à tuer les guérilleros et s’emparent des prisonniers.  L’échange n’a dés cet instant plus lieu d’être et les guérilleros détenus par l’Etat colombien restent en prison.

Il ne s’agit pas là d’élucubrations de roman noir. L’Etat colombien a une longue pratique de l’assassinat politique et cette politique sanglante est , depuis au moins  un demi-siècle (assassinat de JORGE GAITAN  en 1948), appuyée politiquement, financièrement et militairement par les Etats-Unis.

* SIMON TRINIDAD  enlevé par les « services » colombiens en Equateur est accusé de « séquestration » pour avoir mis la main sur les trois agents étasuniens. Il risque 40 ans de prison.

* SONIA a été condamnée pour « trafic de drogue » a 17 ans de prison.

Le signataire de la lettre conduisait  la négociation pour les FARC et avait rencontré HUGO CHAVEZ dans ce cadre.

Lettre des FARC-ERP  à la Sénatrice PIEDAD CORDOBA

Lettre publiée  sur le site  http://www.contropiano.org

Traduite de l’italien par COMAGUER

Bogota

Estimée Sénatrice

Votre intervention aux Etats-Unis en faveur de l’échange humanitaire et votre rencontre avec les guérilleros SIMON et SONIA, prisonniers dans ce pays, a fait ressortir en particulier la générosité et la noblesse de sentiment des insurgés bolivariens qui ont déclaré, ainsi que vous l’avez rapporté, être prêts à admettre que leur situation particulière constitue un obstacle insurmontable à l’échange des prisonniers.

Comme le comportement de ces esprits sublimes est impressionnant et comme leur altruisme et leur profonde humanité contraste avec la mesquinerie du président URIBE lequel, halluciné par son intransigeance immuable, croit qu’un instant d’humanité peut signifier l’échec de sa guerre folle et un sérieux revers de sa politique anti-populaire de sécurité pour les investisseurs.

Nous demandons seulement l’éloignement des troupes officielles des provinces de PRODERA et de FLORIDE  pour 45 jours, quelques garanties pour  que les porte-parole des insurgés puissent négocier avec le gouvernement, sans turbulences, les termes d’un accord humanitaire et de sa mise en œuvre ; ceci est compréhensible si l’on considère que les FARC sont un mouvement armé qui n’a pas signé d’accord de paix avec l’Etat.

SIMON et SONIA peuvent être certains que les FARC ne les laisseront pas seuls, enchaînés dans une prison d’un pays étranger. Leurs procès en cours devant les tribunaux des Etats-Unis sont se transformés en un échec éclatant car il n’existe contre eux aucune preuve, que des mensonges. Leur extradition a été un geste perfide d’URIBE.

Eux deux doivent nécessairement faire partie du groupe des guérilleros à libérer dans un échange éventuel comme doivent être libérés par les FARC  les trois citoyens des Etats-Unis capturés dans le Sud de la Colombie  alors qu’ils se livraient à des opérations d’espionnage. Enfin, quant aux preuves de la vie des trois citoyens des Etats-Unis demandées par le même SIMON TRINIDAD, je peux vous annoncer que notre commandant en chef, MANUEL MARULANDA, a donné l’ordre de les faire parvenir au Président de la République Bolivarienne du Venezuela HUGO CHAVEZ  et non seulement celles des trois étasuniens mais aussi celles d’INGRID BETANCOURT  et des autres prisonniers, pourvu que ça n’implique pas un danger pour leur vie.

Un salut cordial d’un compatriote

IVAN MARQUEZ

Membre du secrétariat des FARC-ERP



Articles Par : Global Research

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