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Convoi d’aide russe en Ukraine: les États-Unis et l’OTAN menacent Moscou
Par Niles Williamson
Mondialisation.ca, 24 août 2014
wsws.org
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Un convoi humanitaire russe est entré en Ukraine vendredi en suscitant de rapides dénonciations et menaces du gouvernement Obama, de l’OTAN et du régime fantoche des États-Unis à Kiev.

Empruntant des routes de campagne afin d’éviter une confrontation avec les forces armées ukrainiennes, le convoi de plusieurs centaines de camions transportant de la nourriture, de l’eau, des sacs de couchage, des génératrices et autres approvisionnements est arrivé vendredi matin sans incident à Lugansk. La distribution de l’aide par les centres mis en place partout dans la ville devrait débuter samedi.

Le convoi avait été bloqué à la frontière entre l’Ukraine et la Russie pendant plus d’une semaine alors que le régime de Kiev dirigé par le président Petro Porochenko cherchait à gagner du temps dans l’attente de pouvoir réaliser son attaque brutale dans les zones de la région de Donbass qui sont contrôlées par les séparatistes prorusses, y compris les villes de Lugansk et de Donetsk. Le convoi a fini par franchir la frontière sans l’approbation de Kiev.

L’ONU estime que plus de 2.000 personnes ont été tuées et que plus de 400.000 ont été forcées de fuir leurs domiciles depuis le début de l’assaut militaire lancé en avril contre l’est du pays.

Ceux qui sont restés à Lugansk sont confrontés à des conditions catastrophiques, vivant sans électricité ou eau courante depuis près de trois semaines. Les quartiers résidentiels ont été assiégés pendant plusieurs semaines par des tirs d’artillerie en provenance des forces armées ukrainiennes. Au cours de ces derniers jours, des combats de rue ont été rapportés dans certaines parties de la ville entre les groupes rebelles et l’armée ukrainienne.

Le président russe Vladimir Poutine aurait dit à la chancelière allemande Angela Merkel être d’avis que tout retard supplémentaire du convoi aurait été inacceptable compte tenu de l’attaque continue contre Lugansk et Donetsk. «Au vu des atermoiements évidents de Kiev concernant la livraison de l’aide russe aux régions du sud-est de l’Ukraine qui subissent une catastrophe humaine, la décision a été prise d’envoyer le convoi», a dit Poutine.

Le gouvernement Obama a publié vendredi un communiqué dans lequel il condamne les actions de la Russie en menaçant qu’il y aura «d’autres conséquences» pour violation de la «souveraineté» de l’Ukraine. La Maison-Blanche a demandé à la Russie de retirer immédiatement du territoire ukrainien tous ses véhicules et son personnel en affirmant que l’expédition unilatérale d’aide humanitaire violait la loi internationale ainsi que les accords passés précédemment entre la Russie et les pouvoirs occidentaux.

Se servant du déploiement du convoi d’aide comme prétexte, les États-Unis et l’OTAN menacent de nouvelles sanctions qui viennent s’ajouter à celles déjà imposées à la Russie.

Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen a soutenu la campagne menée contre la Russie en dénonçant l’avance du convoi en Ukraine comme une «violation des engagements internationaux de la Russie» et une «nouvelle violation de la souveraineté ukrainienne par la Russie.»

Rasmussen a accusé de manière provocatrice la Russie de mener une guerre de fait contre l’Ukraine en appui des séparatistes prorusses au moyen de tirs d’artillerie contre les forces ukrainiennes armées, tant au-delà de la frontière qu’à partir du sol ukrainien.

Rasmussen a poursuivi en avançant la perspective de guerre ouverte et en reprochant à la Russie une présence militaire «alarmante» à la frontière ukrainienne tout en mettant en garde contre toutes «nouvelles actions provocatrices».

Le chef des services de sécurité de l’Ukraine (SBU), Valentyn Nalyvaichenko, a déclaré que le franchissement de la frontière par les camions russes était une «invasion directe», mais qu’ils leur permettraient le passage pour éviter toute provocation. Le premier ministre Arseniy Iatseniouk a dit que l’Ukraine s’abstiendrait d’attaquer le convoi, mais que les séparatistes prorusses pourraient profiter de l’occasion pour attaquer le convoi et rejeter la faute sur Kiev afin de provoquer une invasion à grande échelle par Moscou.

La veille de sa visite de samedi à Kiev, la chancelière allemande Angela Merkel avait adopté une ligne quelque peu différente de celle des États-Unis et de l’OTAN en réaction au convoi, en cherchant un quelconque accord entre l’Ukraine et la Russie.

Selon une déclaration de son secrétaire de presse, Merkel a, lors d’une conversation téléphonique avec Poutine et Porochenko, exprimé son inquiétude aux deux dirigeants comme quoi l’entrée du convoi pourrait entraîner l’escalade d’une situation déjà tendue sur le terrain en réclamant un cessez-le-feu immédiat et un accord garantissant l’intégrité des frontières de l’Ukraine.

Les allégations de Washington et de l’OTAN disant que c’est la Russie qui est engagée dans des actions agressives est une escroquerie cynique. Les États-Unis et leurs alliés impérialistes sont engagés dans une série de provocations irresponsables en Ukraine visant à défier la Russie. Le gouvernement américain a organisé en février un coup d’État droitier mené par des forces fascistes et a promu depuis à l’est une impitoyable campagne militaire dirigée par le régime de Kiev dans le but d’étouffer un sentiment prorusse et anti-Kiev.

Tout signe de résistance ou de réaction de Moscou aux manœuvres impérialistes en Ukraine s’est traduit par un renforcement des sanctions économiques contre la Russie et une accumulation de troupes de l’OTAN en Europe de l’Est.

La campagne menée contre les séparatistes prorusses en Ukraine orientale fait partie intégrante d’un plan des États-Unis et de l’UE pour déstabiliser politiquement la Russie par le biais d’une série de sanctions économiques, de provocations politiques et de menaces militaires. En fin de compte, l’impérialisme américain vise à totalement subordonner la Russie en la réduisant au statut de protectorat néocolonial et en agitant la menace d’une guerre entre deux puissances qui disposent de l’arme nucléaire.

Niles Williamson

Article original, WSWS, paru le 23 août 2014

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