Cuba : 50 vérités que taira Yoani Sánchez

La célèbre opposante réalise une tournée mondiale de 80 jours dans près de douze pays du monde pour parler de Cuba. Mais elle ne dira pas tout…

1. L’Article 1705 de la loi Torricelli de 1992, adoptée par le Congrès, stipule que « les États-Unis fourniront une assistance à des organisations non gouvernementales appropriées, pour soutenir des individus et des organisations qui promeuvent un changement démocratique non violent à Cuba ».

2. L’Article 109 de la loi Helms-Burton de 1996, adoptée par le Congrès, confirme cette politique : « Le Président [des États-Unis] est autorisé à fournir une assistance et offrir tout type de soutien à des individus et des organisations non gouvernementales indépendantes pour soutenir des efforts en vue de construire la démocratie à Cuba ».

3. L’agence espagnole EFE parle d’« opposants payés par les États-Unis » à Cuba.

4. Selon l’agence de presse britannique Reuters, « le gouvernement étasunien fournit ouvertement un soutien financier fédéral pour les activités des dissidents ».

5. L’agence de presse étasunienne The Associated Press reconnaît que la politique de financement d’une dissidence interne n’était pas nouvelle : « Depuis des années, le gouvernement des États-Unis a dépensé des millions de dollars pour soutenir l’opposition cubaine ».

6. Jonathan D. Farrar, ancien chef de la Section d’intérêts nord-américains à La Havane (SINA), a révélé que certains alliés des États-Unis tels que le Canada ne partagent pas la politique de Washington : « Nos collègues canadiens nous ont posé la question suivante : quelqu’un qui accepte de l’argent des États-Unis doit-il être considéré comme un prisonnier politique ? ».

7. Pour Farrar, « Aucun dissident n’a de vision politique qui pourrait être appliquée dans un futur gouvernement. Même si les dissidents ne l’admettront pas, ils ne sont que très peu connus à Cuba en dehors du corps diplomatique et médiatique étranger […]. Il est peu probable qu’ils jouent un rôle significatif dans un gouvernement qui succèderait aux frères Castro »

8. Farrar a affirmé que « les représentants de l’Union européenne ont disqualifié les dissidents dans les mêmes termes que ceux du gouvernement de Cuba, en insistant sur le fait qu’ils ‘ne représentent personne’ ».

9. Cuba dispose du taux de mortalité infantile (4,6 pour mille) le plus bas du continent américain – y compris le Canada et les Etats-Unis – et du Tiers-monde.

10. La American Association for World Health, dont le président d’honneur est James Carter, remarque que le système de santé de Cuba est « considéré de manière uniforme comme le modèle prééminent pour le Tiers-monde ».

11. La American Public Health Association note qu’« il n’y a pas de barrière raciale qui empêche l’accès à la santé » et remarque « l’exemple offert par Cuba – un exemple d’un pays avec la volonté politique de fournir une bonne attention médicale à tous ses citoyens ».

12. Avec un médecin pour 148 habitants (78 622 au total), Cuba est, selon l’Organisation mondiale de la Santé, la nation au monde la mieux pourvue dans ce secteur.

13. Selon le New England Journal of Medecine, la plus prestigieuse revue médicale au monde, « le système de santé cubain semble irréel. Il y a trop de docteurs. Tout le monde a un médecin de famille. Tout est gratuit, entièrement gratuit […]. Malgré le fait que Cuba dispose de ressources limitées, son système de santé a résolu des problèmes que le nôtre [celui des États-Unis] n’a pas encore réussi à régler. Cuba dispose désormais de deux fois plus de médecins par habitant que les États-Unis ».

14. Selon le Bureau de l’Indice de développement humain du Programme des Nations unies pour le développement, Cuba est le seul pays d’Amérique latine et du Tiers-monde qui se trouve parmi les dix premières nations du monde avec le meilleur Indice de Développement Humain sur les trois critères espérance de vie, éducation et niveau de vie lors de la dernière décennie.

15. Selon l’UNESCO, Cuba dispose du taux d’analphabétisme le plus bas et du taux de scolarisation le plus élevé d’Amérique latine.

16. D’après l’UNESCO, un élève cubain possède deux fois plus de connaissances qu’un enfant latino-américain. L’organisme note que « Cuba, bien que ce soit l’un des pays les plus pauvres d’Amérique latine, dispose des meilleurs résultats en ce qui concerne l’éducation basique ».

17. Un rapport de l’UNESCO sur l’éducation dans 13 pays d’Amérique latine classe Cuba en tête dans toutes les matières d’enseignement.

18. Selon l’UNESCO, Cuba occupe le seizième rang mondial – le premier du continent américain – de l’indice de développement de l’éducation pour tous (IDE) qui évalue l’enseignement primaire universel, l’alphabétisation des adultes, la parité et l’égalité entre les sexes ainsi que la qualité de l’éducation. A titre de comparaison, les États-Unis sont classés au vingt-cinquième rang.

19. D’après l’UNESCO, Cuba est la nation au monde qui consacre la part de budget national la plus élevée à l’éducation, avec près de 13% du PIB.

20. L’Ecole latino-américaine de médecine de La Havane est l’une des plus réputées du continent américain et a formé des dizaines de milliers de professionnels de la santé de plus de 123 pays dans le monde.

21. L’UNICEF souligne que « Cuba est un exemple dans la protection de l’enfance ».

22. Selon Juan José Ortiz, représentant de l’UNICEF à La Havane, à Cuba, « il n’y a aucun enfant dans les rues. A Cuba, les enfants sont toujours une priorité et c’est pourquoi ils ne souffrent pas des manques qui affectent des millions d’enfants en Amérique latine, qui travaillent, qui sont exploités ou qui se trouvent dans des réseaux de prostitution ».

23. Selon l’UNICEF, Cuba est un « paradis de l’enfance en Amérique latine ».

24. L’UNICEF souligne que Cuba est le seul pays d’Amérique latine et du Tiers-monde à avoir éradiqué la malnutrition infantile.

25. L’organisation non gouvernementale Save the Children classe Cuba au premier rang des pays en développement pour les conditions offertes pour être mère, devant l’Argentine, Israël ou la Corée du Sud.

26. Le premier vaccin au monde contre le cancer du poumon, le Cimavax-EGF, a été élaboré par des scientifiques cubains du Centre d’immunologie moléculaire de La Havane.

27. Depuis 1963 et l’envoi de la première mission médicale humanitaire en Algérie, près de 132 000 médecins cubains et autres personnels de santé ont bénévolement œuvré dans 102 pays.

28. Au total, plus de 85 millions de personnes ont été soignées à travers la planète par les médecins cubains qui ont ainsi sauvé 615 000 vies.

29. Actuellement, 38 868 collaborateurs médicaux cubains, dont 15 407 médecins, offrent leurs services dans 66 nations.

30. Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), « l’un des exemples les plus réussis de la coopération cubaine avec le Tiers-monde a été le Programme Intégral de Santé pour l’Amérique centrale, la Caraïbe et l’Afrique ».

31. En 2012, Cuba a formé plus de 11 000 nouveaux docteurs. 5 315 sont cubains et 5 694 sont issus de 59 pays d’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie… et même des Etats-Unis.

32. En 2005, suite à la tragédie engendrée par l’ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans, Cuba avait offert à Washington d’envoyer 1 586 médecins secourir les victimes, mais s’était heurté au refus du président de l’époque George W. Bush.

33. Suite au tremblement de terre qui avait ravagé le Pakistan en novembre 2005, 2 564 médecins cubains se rendirent sur place et portèrent secours aux victimes pendant plus de huit mois. Trente-deux hôpitaux de campagne furent montés et furent ensuite offerts aux autorités sanitaires du pays. Plus de 1 800 000 patients furent soignés et 2 086 vies furent ainsi sauvées. Aucune autre nation au monde n’apporta une aide aussi importante, pas même les États-Unis, principal allié d’Islamabad. Selon le journal britannique The Independent, la brigade médicale cubaine fut la première à arriver sur les lieux et la dernière à quitter le pays.

34. Suite au tremblement de terre à Haïti en janvier 2010, la brigade médicale cubaine, étant sur place depuis 1998, a été la première à porter secours à la population et a soigné près de 40% des victimes.

35. Selon Paul Farmer, envoyé spécial de l’ONU, en décembre 2010, lorsque l’épidémie de choléra avait atteint son sommet en Haïti avec un taux de mortalité sans précédent et que le monde avait les yeux rivés ailleurs, « la moitié des ONG étaient déjà parties, alors que les Cubains étaient toujours présents ».

36. Selon le PNUD, l’aide humanitaire cubaine représente proportionnellement au PIB un pourcentage supérieur à la moyenne des 18 nations les plus développées.

37. Grâce à l’Opération Miracle lancée en 2004 par Cuba et le Venezuela, qui consiste à opérer gratuitement les populations pauvres atteintes de cataractes et autres maladies oculaires, plus de deux millions de personnes en provenance de 35 pays ont pu retrouver la vue.

38. Le programme d’alphabétisation cubain Yo, sí puedo, lancé en 2003, a permis à plus de cinq millions de personnes de 28 pays différents, y compris l’Espagne et l’Australie, à apprendre à lire, écrire et compter.

39. Depuis la création du Programme humanitaire Tarará en 1990, en réponse à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, près de 30 000 enfants âgés de 5 à 15 ans ont été soignés gratuitement à Cuba.

40. Selon Elias Carranza, directeur de l’Institut latino-américain des Nations unies pour la prévention du délit et le traitement de la délinquance, Cuba a éradiqué l’exclusion sociale grâce « à de grands acquis dans la réduction de la criminalité ». Il s’agit du « pays le plus sûr de la région [alors que] la situation quant aux délits et l’insécurité à l’échelle continentale s’est détériorée durant ces trois décennies avec l’augmentation du nombre de morts dans les prisons et à l’extérieur ».

41. Au sujet du système de Défense civile cubain, le Centre pour la politique internationale de Washington, dirigé par Wayne S. Smith, ancien ambassadeur étasunien à Cuba, note dans un rapport que « l’efficacité du système cubain ne fait aucun doute. Seuls quelques Cubains ont perdu la vie dans les 16 ouragans les plus importants qui ont frappé l’île lors de la dernière décennie, et la probabilité de perdre la vie lors d’un ouragan aux États-Unis est 15 fois supérieure à celle de Cuba ».

42. Le rapport de l’ONU sur « l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2012 » montre que les seuls pays qui ont éradiqué la faim en Amérique latine sont Cuba, le Chili, le Venezuela et l’Uruguay.

43. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), « les mesures prises par Cuba dans la mise à jour de son modèle économique en vue de la réalisation de la souveraineté alimentaire peuvent devenir un exemple pour l’humanité ».

44. Selon la Banque mondiale, « Cuba est internationalement reconnue pour ses succès dans le domaine de l’éducation et de la santé, avec un service social qui dépasse celui de la plupart des pays en voie de développement et qui, dans certains secteurs, est comparable à celui des pays développés »

45. Le Fond des Nations unies pour la population souligne que Cuba « a adopté il y a plus d’un demi-siècle des programmes sociaux très avancés, qui ont permis au pays d’atteindre des indicateurs sociaux et démographiques comparables à ceux des pays développés ».

46. Depuis 1959 et l’arrivée de Fidel Castro au pouvoir, aucun journaliste n’a été assassiné à Cuba. Le dernier à perdre la vie fut Carlos Bastidas Argüello, assassiné par le régime militaire de Fulgencio Batista le 13 mai 1958.

47. Selon le rapport 2012 d’Amnesty International, Cuba est l’un des pays d’Amérique qui viole le moins les droits de l’homme.

48. Selon Amnesty International, les violations des droits de l’homme sont plus graves aux Etats-Unis qu’à Cuba.

49. Selon Amnesty International, il n’y a actuellement aucun prisonnier politique à Cuba.

50. Le seul pays du continent américain qui ne dispose pas de relations diplomatiques et commerciales normales avec Cuba est les Etats-Unis.

Salim Lamrani

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade).

Contact : [email protected] ; [email protected]

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Articles Par : Salim Lamrani

A propos :

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Son nouvel ouvrage s’intitule Fidel Castro, héros des déshérités, Paris, Editions Estrella, 2016. Préface d’Ignacio Ramonet. Contact : [email protected] ; [email protected]on.fr Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel

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