Dans l’enfer des prisons secrètes

Le monde a changé après les attentats du 11-Septembre. La « guerre contre le terrorisme » qui s’en est suivi a broyé des vies, comme celle de l’Italien d’origine marocaine Abou Elkassim Britel. Arrêté au Pakistan en 2002, il est livré aux services secrets américains, avant d’être transféré au Maroc. Accusé d’appartenance djihadiste sans aucune preuve, il passe 9 ans en prison. S’il est désormais libre, pour lui rien ne sera jamais plus comme avant.

Depuis qu’il est redevenu un homme libre, il y a trois ans, et qu’il a pu regagner l’Italie, Abou Elkassim Britel ne s’est jamais confié à la presse sur son odyssée. Celle d’un homme arrêté dans le cadre si flou de la « guerre contre le terrorisme » décrétée par George W. Bush, après le 11-Septembre 2001 aux États-Unis. Celle d’un homme qui a vécu les fameux vols secrets de la CIA et les prisons secrètes.

Un silence pudique, pour ne pas évoquer la prison, la torture, la séparation avec son épouse… Mais aussi et surtout car il souffre toujours, notamment psychologiquement.

Sans travail, sans soutien et sans perspectives, Abou Elkassim Britel passe par des phases de déprime, de colère, de désespoir. Il est devenu velléitaire et n’arrive pas à faire aboutir ses projets de traduction de textes religieux en italien.

L’ancien détenu n’a pas la force, ni les moyens de porter plainte contre l’État italien, qui n’a jamais répondu aux appels à l’aide de son épouse .

Des mois de persuasion ont été nécéssaires pour qu’il accepte enfin de se livrer aux caméras de France 24. Auprès de son épouse notamment, qui nous a longtemps expliqué qu’il ne se sentait pas prêt. Jusqu’au jour où elle a accepté de nous mettre en contact avec lui. Par mail d’abord, puis via Skype.

Abou Elkassim Britel a finalement accepté de nous parler de son passé, du présent, de ses aspirations, de son rapport à l’Islam. Une expérience qui s’est révélée éprouvante, parfois, mais qui d’une certaine manière lui a permis de revenir sur ce passé qui le hante.



Articles Par : Marc Perelman et Karim Hakiki

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